The Shadow Self

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Nom du groupe Tarja
Nom de l'album The Shadow Self
Type Album
Date de parution 05 Août 2016
Labels Ear Music
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album47

Tracklist

1.
 Innocence
 06:03
2.
 Demons in You
 04:44
3.
 No Bitter End
 04:26
4.
 Love to Hate
 05:57
5.
 Supremacy (Muse Cover)
 05:03
6.
 The Living End
 04:41
7.
 Diva
 05:45
8.
 Eagle Eye (Album Version)
 04:36
9.
 Undertaker
 06:41
10.
 Calling from the Wild
 05:13
11.
 Too Many
 12:53

Durée totale : 01:06:02


Chronique @ Eternalis

11 Août 2016

Tarja pêche une fois de plus à offrir plus que sa voix et à captiver grâce à de bonnes compositions

Ce qui ne tue pas rend plus fort.
Cette phrase éculée de Nietzsche peut se rapprocher d’un nombre incalculable de situations et l’on a, bien souvent, la sensation que, loin de rendre plus fort, une attaque fragilise réellement, rend plus faible et définit un avenir qui ne sera définitivement plus jamais pareil.

Tarja Turinen n’est plus exactement la même femme que celle, blessée et confuse, qui découvrait qu’elle était mise hors-circuit du groupe qui l’avait mise dans la lumière (Nightwish évidemment) par l’intermédiaire d’une lettre ouverte sur internet. Dix ans après, elle réécrit même l’histoire en disant à qui veut l’entendre qu’elle décida de « quitter le groupe pour voler de ses propres ailes ». Comme quoi toutes les blessures peuvent guérir, même les plus profondes…
Néanmoins, le destin ne fut pas aussi fructueux pour tout le monde car, si Nightwish a acquis un succès encore plus phénoménal par la suite (que ce soit les chiffres de vente et les multiples tournées avec Anette Olzon et désormais avec Floor Jansen), Tarja a mis bien plus de temps à émerger vers la lumière. Ses principales carences étaient celles que tous attendaient : Tarja était avant tout (uniquement ?) une sublime interprète au répertoire technique impressionnant mais n’avait jamais composé ou écrit. Ainsi, les premières expériences studio furent surtout la preuve d’un manque cruel d’identité et de personnalité dans l’écriture des morceaux, souvent fades et sans grand intérêt, qui laissait filtrer une coquille vide qui avait brillé grâce au génie créatif de Tuomas Holopainen.

Mais oublions désormais le mauvais (n’ayons pas peur du mot) "My Winter Storm" et le très inégal "What Lies Beneath" (ainsi que les multiples live qui ne font jamais l’impasse sur Nightwish, bien évidemment…) pour se souvenir que "Colours in the Dark" il y a trois ans avait surpris par sa fraicheur, sa puissance et sa richesse tandis que suivait juste après le très singulier "Beauty & the Beat" où la Finlandaise reprenait les grandes heures de la musique classique en collaboration avec Mike Terrana à la batterie. Des projets qui laissaient à penser que, définitivement, Tarja n’était plus « l’ancienne chanteuse de Nightwish en solo » mais bien une artiste indépendante à part entière.
Forte de sa popularité et d’une image redevenue populaire avec le temps (son éviction de Nightwish n’ayant pas été tendre avec elle), elle sort cette année un nouvel opus full-lenght précédé d’un ep longue durée ("The Brighest Void") où l’on retrouvait des inédits, des reprises ainsi qu’une nouvelle version du "Paradise (What About Us)" de Within Temptation sur lequel elle était invitée. Une sortie sympathique avant le plat de résistance qu’est The Shadow Self.
Deux pochettes quasi identiques, pour créer un lien, un premier extrait puissant ("No Bitter End") et surtout un premier clip pour le morceau ouvrant le disque, "Innocence", qui semblent porteurs de beaucoup d’espoir.

Car là où Ear Music vend « le disque le plus personnel et original de son histoire », "Innocence" est une superbe vitrine qui ne trouvera malheureusement que peu d’écho dans le reste du disque.
Une sublime introduction au piano, un ton baroque très marqué, un riff simple en arrière-plan et une ligne vocale forte pleine de poésie et de lyrisme. Le refrain arrive rapidement ponctué d’un piano mélancolique et de subtils arrangements (quelques chœurs, quelques notes de violoncelle…) offrant une grande force à la composition, sortant des sentiers battus et des clichés par sa construction loin d’un standard rock/metal. Le pont est une petite merveille de virtuosité au piano et démontre un véritable talent de composition et de créativité.
Sans dire que ce coup d’éclat restera sans suite, il est bien dommage que, passée cette claque introductrice, "The Shadow Self" retombe dans beaucoup de travers qu’à déjà connus Tarja précédemment, à savoir des compositions parfois molles et sans grande passion avec des idées parfois saugrenues. Il suffit d’écouter l’introduction hasardeuse de "Demons in You" qui s’enchaine sur une ligne de basse quasi néo et un riff sous-accordé qui colle étrangement à Tarja, comme une tentative d’intégrer un côté moderne de façon assez bancale. Tarja, dont la ligne vocale est d’une platitude extrême (ce refrain…) est accompagnée par Alissa White-Gluz qui n’a pas vraiment sa place ici. "Love to Hate" est tout autant soporifique, comme une ballade avec quelques orchestrations mais qui, en plus de ne jamais décoller, ressemble à un amoncellement d’idées n’allant pas ensemble (les couplets qui ne vont pas avec le très beau break lyrique). "The Living End" joue la carte de la ballade acoustique mais ne parvient pas à se tirer de ce lent endormissement que subit l’album pendant que Diva, une fois de plus, souffre d’une ligne vocale d’une passivité exemplaire posée sur un morceau tellement basique que l’on n'en retient rien.

Evidemment, le tableau n’est pas entièrement noir puisque, en plus de la superbe "Innocence", nous aurons le déjà connu "No Bitter End" et son riff puissant (lorgnant également vers le neo metal d’ailleurs) qui se ponctue de « hohoho » dont la Finlandaise est si coutumière. "Eagle Eye" est également une jolie réussite pleine de poésie et de tendresse avec un refrain qui s’envole merveilleusement avec beaucoup de grâce. Le final en duo avec Chad Smith est l’un des plus beaux moments du disque il faut le dire.
Quant à la reprise de "Supremacy" (Muse), on regrettera qu’elle soit si proche de la version originale et que Tarja ne sorte jamais des sentiers de Matthew Bellamy, même sur le refrain où elle ne fait que transposer en chant lyrique la partie très aiguë chantée par le Britannique. Le reste, dans les arrangements et la musique, est quasiment identique et ne possède malheureusement pas le souffle épique du titre de "The 2nd Law".

"The Shadow Self" est donc une relative déception, notamment après l’excellent "Colours in the Dark" et après les deux premiers extraits très prometteurs qu’étaient "No Bitter End" et "Innocence" (ainsi que "Eagle Eye" qui était déjà sur le ep…les meilleurs titres étaient donc déjà connus). Tarja pêche une fois de plus à offrir plus que sa voix et à captiver grâce à de bonnes compositions, fortes et bien écrites, plutôt que son unique talent d’interprétation. Il ne restait qu’à transformer l’essai mais ce ne sera (encore) pas pour cette fois. Dommage.

10 Commentaires

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Op467 - 22 Août 2016: Un peu deçu par ce que j'ai écouté 13/20
Elencirya - 03 Septembre 2016: Complètement d'accord avec la chronique, sauf que je n'ai pas beaucoup plus apprécié l'album précédent, ni tous les autres d'ailleurs... C'est bien simple, depuis "Winter Storm", je trouve qu'il manque toujours quelque chose dans les albums de Tarja. Les compos sont largement responsables, avec des harmonies bizarres, ou des mélodies plates et inintéressantes, ou encore des instrumentations mal construites...
Bref, si elle ne s'appelait pas Tarja, personne ne louerait autant la musique elle-même de ses albums, tellement la plupart des compos sont mal faites. Son chant ne suffit pas à masquer ces lacunes...

Je sais qu'elle participe de plus en plus à l'écriture musicale et c'est là que le bât blesse : visiblement personne n'ose dire franchement à la "diva" que ses compos ne sont pas parfaites... N'est pas Holopainen qui veut, et ça on le constate lourdement à chaque album de Tarja!

Autre aspect ennuyeux : j'ai l'impression que d'un point de vue de style elle ne sait pas du tout où elle va... Le seul lien entre toutes ses chansons, en gros, c'est le chant lyrique (et encore, je trouve qu'elle a perdu en technique par rapport aux 1ers albums de Nightwish...).

Bref : une carrière solo qui continue à me décevoir...
Lelfenoire - 11 Octobre 2016: Comme pour chaque album de Tarja, la première écoute me déçoit et me déconcerte: j'ai l'impression d'entendre des compositions bariolées ou plates. Et puis je range le CD, et puis comme c'est Tarja et que je ne peux me résoudre à penser qu'elle fait de la bouse, je le ressors quelques semaines après. Et c'est toujours un choc. Aussi déceptive que puisse être la première écoute, je découvre toujours par la suite des pépites et une cohérence d'ensemble qui me donnent envie de suivre Tarja dans son univers à multiples facettes. Car c'est cela qui déconcerte : avec Nightwish, on avait un genre bien identifié, qui offrait peu de surprises; Tarja elle, surfe sur plusieurs vagues et traverse les styles musicaux sans se fixer, elle est en permanente re-création et ne se satisfait que dans l'inventivité. Alors oui, quand on invente, on prend des risques. J'attendrai donc de réécouter cet album pour me faire mon avis.

Mais il y a une chose qui m'interpelle dans cet album : le chant de Tarja a changé. Si si. Elle est moins lyrique. Quelques envolées très techniques de temps en temps, mais cela n'a plus rien à voir avec le souffle epico-lyrique qu'elle pouvait tenir sur tout un album par le passé. Et je regarde son dernier clip et je me dis qu'elle vieillit. Et les voix vieillissent. Doit-elle penser à préserver sa voix en concert? Et donc à donner dans ses albums un chant plus en adéquation avec ses capacités en live? J'avoue être inquiète : ce qui plaît chez Tarja, c'est son coffre et son timbre, et il me semble que c'est en train de changer !

Autrement je trouve la chronique sévère et surtout le jugement sur My Winter Storm et What Lies Beneath abusivement gratuit.

 
mirwa - 19 Novembre 2018:

il faut arreter les conneries

il faut voir le bluray act 2 en premier car tarja en concert est carrément monumental en plus dans ce bluray il y a 4 concerts différents qui sont tous extraordinaires

apres avoir vu ça on peux ecouter the shadow self et c est la que on va se rendre compte que c est un petit chef d'oeuvre d'émotion et de superbes compositions. Certains morceaux comme the bitter end sont dangereux si on les écoutes beaucoups car ils me restent dans la tete de nuit de jour et je n arrive pas a m' en débarrasser comme quoi celui qui trouve que les compos ne sont pas bonnes il ferait mieux de suivre mon conseil

mais bien sur il ne faut surtout pas juger à la première ecoute ce superbe cd et c'est la que on se rend compte de l'énorme artiste qu' est tarja

quant a la reprise de muse, en concert tarja pousse sa voix comme je n'ai jamais entendu quelqu 'un dans le show bizness faire autant bref c'est la claque totale; sur le cd hélas le chant est noyé par les autres instruments

pour moi nightwish a du succes je ne sais pas trop pourquoi car depuis qu ils ont virés tarja je n'aime pas du tout les nouvelles chanteuses et du coup je ne les écoutes plus

cest comme marillon quand fish est parti tout a completement changé et ce n est plus le vrai marillon du début

je vous conseille donc avant de juger ce cd de l'écouter au moins 3 bonnes fois avant de donner des avis

 

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