En 1990,
Beherit s'était déjà fait une sacré réputation dans le milieu underground notamment grâce à des shows excessivement sanglant avec tout un arsenal de crucifix renversés et de têtes de porc empalés.
Ceci attire donc l'attention d'un petit label allemand,
Turbo Music, qui signe le groupe pour un EP et un album.
Après donc la sortie du picture disc
Dawn of Satan's Millennium, il était convenu avec le label
Turbo Music que
Beherit enregistre un album dont le nom serait
The Oath of Black Blood. Pour cela, le groupe reçoit 100 dollars (!!!). Croyant certainement qu'il s'agissait là d'argent de poche (parce que 100 dollars pour enregistrer un album, c'est un peu se foutre du monde !), les mecs vont dépenser cette somme en drogue et alcool.
Chose qui, bien entendu, ne va pas du tout plaire au boss de
Turbo Music qui, sans consulter le groupe, va compiler la démo
Demonomancy avec le EP
Dawn of Satan's Millennium pour en faire un album et le sortir sous le titre de
The Oath of Black Blood.
Ceci va bien sûr entraîner un gros conflit entre
Turbo Music et
Beherit qui va aller jusqu'à changer de nom et devenir
Lord Diabolus le temps de couper tous les ponts.
Pendant très longtemps,
The Oath of Black Blood a été désavoué par
Beherit qui ne le considérait que comme un bootleg. Mais voilà, ce disque est devenu archi culte et surtout un élément fondateur de la frange bestial du Black
Metal. C'est certainement pour cela qu'à l'occasion de la réédition 2005 par le label Spikefarm,
Nuclear Holocausto Vengeance a reconnu officiellement
The Oath of Black Blood comme étant le premier album de
Beherit.
Il faut quand même préciser que le son a été retouché certainement pour une remise à niveau parce que sur la démo
Demonomancy c'est beaucoup plus raw et un volume sonore plus bas.
Sinon, pour le contenu, il y a vraiment une distinction à faire entre la partie
Demonomancy et
Dawn Of
Satan’s Millennium.
Demonomancy c’est en fait le résultat de la découverte de
Blasphemy. Pendant les quatre mois qui séparent les deux premières démos (je ne compte pas la rehearsal), les mecs ils n’ont écouté que ça !
Bien entendu, cela s’entend à mort sur les morceaux de la démo. Déjà au niveau du chant bestial avec ces grognements chuchotés puis même au niveau de la structure des morceaux qui sur la première démo était dans un style Sodom/Sarcofago, on sent vraiment ici du
Blasphemy. Sur des morceaux comme «
Metal of Death » mais surtout « Grave
Desecration », on n’est même vraiment pas loin du plagiat.
Puis il y a
Satan’s
Dawn Millennium, qui est l’enregistrement où
Beherit trouve réellement son style à lui avec ce chant de plus en plus chuchoté et ces ambiances très occultes. Par contre, autant l’influence de
Blasphemy semble avoir été, disons digéré autant celle de
Bathory époque The
Return… reste toujours flagrantes, notamment sur des titres tels que "
Hail Sathanas" et "
Dawn of Satan's Millennium".
Ce disque a, je trouve, connu un peu le même destin que le Apocalyptic Raids de
Hellhammer. Complètement rejeté, moqué, honni à sa sortie par, bien entendu, l’immense majorité de la presse
Metal de l’époque (mais ça ce n’est pas une surprise),
The Oath of Black Blood a fait figure de vilain petit canard adulé uniquement par la frange la plus extrême des pires psychopathes qui ne jouissaient que dans les écoutes des In the
Sign of
Evil et autre
Fallen Angel Of
Doom.
Tout comme Tom
Warrior à l’époque de
Cold Lake qui s’était mis à rejeter la période
Hellhammer avant de revenir sur ses propos quelques années plus tard,
Nuclear Vengeance Holocausto, surtout pendant sa période Electro, ne se privait pas de quelques moqueries à l’égard de ses vieux enregistrements. Moqueries qui ont évidemment disparu quand ce disque a commencé à être considéré –surtout à partir de la fin des années 1990- comme un élément culte et fondateur du
Metal extrême.
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