Drawing Down the Moon

Liste des groupes Black Metal Beherit Drawing Down the Moon
Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Beherit
Nom de l'album Drawing Down the Moon
Type Album
Date de parution 13 Novembre 1993
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album196

Tracklist

1.
 Intro / Tireheb
 00:44
2.
 Solomon's Gate
 03:42
3.
 Nocturnal Evil
 02:53
4.
 Sodomatic Rites
 04:07
5.
 Black Arts
 03:33
6.
 The Gate of Nanna
 04:15
7.
 Nuclear Girl
 01:32
8.
 Unholy Pagan Fire
 03:53
9.
 Down There...
 02:36
10.
 Summerlands
 03:20
11.
 Werewolf, Semen and Blood
 03:08
12.
 Thou Angels of the God
 02:22
13.
 Lord of Shadows and Goldenwoods
 03:23

Durée totale : 39:28


Chronique @ Fabien

30 Avril 2010
Formé en 1989 en Finlande, à l’heure où le deathmetal impose son insolente suprématie grâce à l’avènement de Death ou de Morbid Angel, Beherit compte durant ses jeunes années parmi les quelques formations extrêmes évoluant dans un registre plus foncièrement black, sous influence des premières oeuvres blackthrash de Bathory, Sodom ou Sarcofago. Il faut attendre quelques détonateurs comme Samael, Blasphemy ou Darkthrone pour que la scène blackmetal fasse de nouveau parler d'elle, se hissant comme un bastion de résistance dédié à la mort et aux ténèbres, face à une scène death qui semble devenir plus conformiste, davantage concentrée sur la technique que sur le message.

Beherit connait toutefois des débuts mitigés, mis directement sous les feux de la rampe par le label crapuleux Turbo Music, qui n’hésite pas dès 1991 à vendre comme premier album (le fameux The Oath of Black Blood) ses démos sales & approximatives Demonomancy et Dawn of Satan's Millennium, remixées au passage. Immédiatement, le disque fait son petit effet dans l’underground, entre les adorateurs de ce chaos et les détracteurs n’hésitant pas à qualifier la bande de Marko Laiho comme l’une des plus mauvaises formations extrêmes de l’époque.

Au même titre que Darkthrone, Emperor, Mayhem ou Impaled Nazarene qui commencent sérieusement à attirer les regards, Beherit bénéficie ainsi de l’attention de la presse spécialisée, lui permettant de conclure un contrat discographique avec l’écurie finlandaise Spinefarm Records, détentrice à cette époque des deathsters de Sentenced & Funebre. Durant plusieurs passages aux Sound Studios finnois entre avril et septembre 1992, le trio formé par Nuclear Holocauto (Marko Laiho), Black Jesus et Necroperversor met ainsi sur pied Drawing Down the Moon, son premier véritable album. Celui-ci sort toutefois tardivement, en novembre 1993, durant une période où la scène blackmetal est alors en pleine explosion.

Toutefois, alors que le concept musical et spirituel des groupes blackmetal scandinaves se focalise sur les codes dictés par Mayhem, Emperor ou Darkthrone, Beherit sort déjà des carcans, à l’instar de quelques formations de l’époque comme les black-punkers d’Impaled Nazarene ou les ambient-darkers d’Abruptum. Le titre et la pochette de Drawing Down the Moon, aux dimensions spatiales, donnent déjà le signe fort d'une volonté de démarcation.

L'album débute pourtant conventionnellement, sur une intro dominée par la présence du Malin, s’enchainant sur les rythmiques tapageuses, le riffing délibérément primitif et le langage bestial de Salomon’s Gate. Mais très vite, au coeur du premier morceau, Beherit ralentit la cadence et insère voix chuchotées & nappes de claviers cosmiques, apportant une tout autre dimension, tout en entretenant le côté malsain et cru de son oeuvre.

Tour à tour bestial et chaotique -mais diablement maîtrisé- (Nocturnal Evil), lent et poignant (Sadomatic Rites), lunaire et planant (The Gate of Nanna), mystique (Lord of Shadows), ou carrément ambiant (Nuclear Girl), Beherit aime surprendre l’auditeur au fil de l’avancée de son album, jonglant ainsi sur plusieurs tableaux. Drawing Down the Moon reste toutefois une réalisation très homogène, chaque morceau étant relié par cette même noirceur, formant un tout d’une dimension à la fois astrale et satanique.

Loin de l’approximation de ses débuts, Beherit surprend en cette année 1993 avec un album d’avant-garde aux atmosphères uniques, imposant aux côtés de son compatriote Impaled Nazarene sa vision personnelle de la noirceur, et n’hésitant ainsi pas à bousculer l’ordre établi par les ténors norvégiens de l’époque. Plus discret, rebutant et minimaliste en apparence, Drawing Down the Moon dévoile pourtant originalité et finesse d’écriture au fil de ses écoutes, oeuvre d’autant plus unique dans la carrière de Beherit (du moins jusqu'en 2009), qui se tournera très vite vers des sonorités ambiantes et électro, loin des sentiers mêmes du blackmetal.

Fabien.

5 Commentaires

17 J'aime

Partager
SatanicBear - 01 Mai 2010: Merci pour la chronique !

Cet album est doté d'une telle ambiance que rien que pour cela, il faut le posséder !
BEERGRINDER - 02 Mai 2010: Oui! J'aime beaucoup ce disque de Beherit, très personnel, occulte et moins bordélique que Oath of the Black Blood.

Par contre, incomparable avec le premier album de leurs compatriotes Impaled Nazarene qui fait partie de mon top 5-10 des albums de Black Metal.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ tartare

18 Avril 2005
Beherit ou l’un des précurseurs du black metal et l’un des groupes les plus influents de ces 10 dernières années. Beherit était au début des années 90 un des leaders de la scène black finlandaise et leur premier album The Oath of Black Blood reste une référence increvable en matière de black crade et malsain. Puis en 93, ils sortirent Drawing Down the Moon qui est considéré comme leur meilleur album et qui est un des ces chefs d’œuvres oubliés du début des années 90. Si cet album n’a pas autant marqué son époque à l’inverse des albums de ses illustres voisins norvégiens, c’est qu’il propose un black beaucoup plus difficile d’accès et beaucoup plus répugnant.
Tout dans cette album n’est que chaos, laideur et occultisme à commencer par un son extrêmement crade et gras qui renforce le côté lourd et sale des compos et rend l’album asphyxiant. Les compos sont extrêmement malsaines et elles transpirent la laideur et une certaine putréfaction. On ressent vraiment le mal et leurs côtés incantatoires transforment l’album en véritable messe noire dont l’écoute ne laisse pas indemne. On ne peut être qu’aspiré par ce tourbillon de folie et d’occultisme. La voix résonne comme un appel d’outre tombe. Certains titres sont devenus des vrais classiques comme « The Gate of Nanna » qui reste une référence et qui est couramment repris par des groupes.
Pour finir je dirais que cet album pue le black metal, il suinte le mal par tous ces pores. Il représente une forme de black metal vraiment dérangeante et malsaine. Une increvable référence. A se procurer si se n’est déjà fait.

1 Commentaire

5 J'aime

Partager
 
leviathanVI - 29 Mars 2009: t'as bien raison tartare cet album est une veritable tuerie qui vaut autant voir mieu que ses voisins norvegiens!!! bonne chronique !!
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ wodulf

17 Décembre 2012

Un des albums de black metal les plus cultes

Après la sortie du promo 1992, alors que le groupe est en plein enregistrement, deux des trois membres fondateurs claquent la porte pour des raisons qui ne me sont pas connus, et Nuclear Holocausto Vengeance se retrouve donc seul.
Il va d'abord recruter Kimmo Luttinen d'Impaled Nazarene le temps d'un concert en août 1992 qui sera d'ailleurs le dernier de Beherit. On peut retrouver deux morceaux de ce fameux concert sur la compilation Beast of Beherit : Complete Worxxx.
En ce qui concerne les membres recrutés pour finir l'enregistrement de Drawning Down The Moon, ce qui est certain c'est que le bassiste Black Jesus, bien que mentionné dans le livret, n'a absolument rien enregistré sur cet album, toutes les parties de guitare et basse l'ont été par Nuclear Holocausto Vengeance lui-même. Il ne reste donc que ce mystérieux batteur Necroperversor dont on ne connaît pas l'identité ...
Considéré à l'époque comme un disque plutôt expérimental du fait de son caractère très rituel et occulte, il fait partie aujourd'hui des albums de black metal les plus culte qui soit.
En fait, sur cet album, il faut distinguer les vieux morceaux composés entre 1990 /91 et ceux qui l'ont été fin 1991/ début 1992. Les premiers, comme "Nocturnal Evil" (déjà présent sur la démo de The Lord Diabolus ), "Werewolf, Semen and Blood" ( que l'on avait déjà pu découvrir sur le fameux split avec Death Yell) ou "Down There ..." sont dans un registre, je dirais, plus traditionnel de Beherit : primitif et bestial. Puis les autres qui nous montrent un visage plus ritualiste de Beherit, comme le fameux "The Gate Of Nanna" avec son chant robotique voire nous plongent dans le pur ambiant comme "Nuclear Girl" et "Summerlands" - que personnellement je n'ai jamais pu supporter-.
Dans les interviews, Nuclear Holocausto Vengeance dit avoir énormément écouté Bathory pendant la période d'enregistrement de Drawning Down The Moon; ce qui se ressent énormément sur un titre tel que "Black Arts".

0 Commentaire

2 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire