The Morning Never Came

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17/20
Nom du groupe Swallow The Sun
Nom de l'album The Morning Never Came
Type Album
Date de parution 15 Novembre 2003
Style MusicalDoom Death
Membres possèdant cet album110

Tracklist

Bonustrack (American Release)
1.
 Through Her Silvery Body
 08:40
2.
 Deadly Nightshade
 05:48
3.
 Out of This Gloomy Light
 05:37
4.
 Swallow (Horror Pt.1)
 05:23
5.
 Silence of the Womb
 06:50
6.
 Hold This Woe
 08:04
7.
 Under the Waves
 06:46
8.
 The Morning Never Came
 09:19
9.
 Solitude (Candlemass Cover)
 06:23

Durée totale : 01:02:50


Chronique @ Vinterdrom

24 Janvier 2009

Eu égard à la promotion orchestrée par son label de l’époque, Firebox Records, on s’attendait, avec Swallow The Sun et son premier album "The Morning Never Came" (reprenant les quatre titres de sa promo "Out of This Gloomy Light" dans des versions optimisées, en plus de quatre autres titres inédits), à voir débouler un énième combo finlandais pratiquant la spécialité maison : le Funeral Doom. Bien sûr, la sortie de nouvelles œuvres de ses compagnons d'écurie que sont My Shameful, Pantheïst et Until Death Overtakes Me la même année (2003) n’a rien arrangé, pas plus que la presse usant et abusant d'une comparaison hâtive et facile avec les compatriotes de Shape Of Despair.
Evidemment, la musique jouée par le sextet de Jyväskylä est loin de respirer la joie et la bonne humeur (le pourrait-elle seulement avec un pareil titre d'album ?), mais elle affiche une teneur bien moins ambiante que celle de son voisin de Helsinki, tout en reposant sur des structures bien moins rigides et répétitives. Une musique plus foncièrement metal qui entend remettre au goût du jour le bon vieux doom/death mélodique tel que pratiqué par les old-My Silver Bride, Anathema et Katatonia, soit une association de rythmiques massives et de mélodies, à la frappe lourde autant qu’à la caresse soyeuse, telle une main de fer dans un gant de velours.

Loin de n’être qu’un simple réchauffé de ses illustres ainés, Swallow The Sun en offre une relecture aussi passionnante qu’inspirée, avec une maturité impressionnante pour un premier opus. Comme tout bon finlandais qui se respecte, chaque membre du sextet multiplie (ou a multiplié) les projets parallèles et a pu ainsi engranger un maximum d’expérience au sein de diverses formations underground telles que Plutonium Orange ou Funeris Nocturnum avant de s’associer sous la bannière Swallow The Sun érigée par le guitariste Juha Raivio. Et cela se sent : le groupe sait où il va, sait ce qu’il veut et sait comment l’obtenir.
L’interprétation est irréprochable et chaque élément de ce matin qui ne vint jamais fait systématiquement mouche. Une jolie réussite qui repose principalement sur la brillante paire de guitaristes Raivio/Jämsen, au jeu très complémentaire, combinant tout à tour rythmiques plombées, leads mélodiques et arpèges cristallins avec aisance et fluidité, capable de distiller des atmosphères délicieusement tristes et envoutantes ("Out of This Gloomy Light", "Hold This Woe", "Under the Waves") ou de plonger dans des abimes ténébreuses et menaçantes ("Deadly Nightshade", "Swallow" qui constitue le premier volet de la saga des "Horror" qui sera poursuivie sur l’album "Hope" quatre ans plus tard), sans oublier les incontournables odes à la dépression ("Through Her Silvery Body", "The Morning Never Came") sur un rythme essentiellement low-tempo n’atteignant le mid qu’en de très rares occasions ("Deadly Nightshade"). Un rythme néanmoins étranger à toute forme de monolithisme, le batteur offrant moult plans élaborés de même que des breaks relativement fréquents.
Les claviers, assez discrets et principalement utilisés en doublure ou en soutien de l’architecture metal, renforcent son aspect mélodique et son aura majestueuse au travers d’harmonies simples mais élégantes, tout en jouant habilement sur les ambiances avec force nappes éthérées ou effets angoissants. Les rares incursions en lead apparaissent sous la forme de légères notes de piano invitant à la mélancolie, en intro de "Through Her Silvery Body", en trame de "Hold This Woe" ou encore en break dans "Silence of the Womb", ce dernier morceau étant particulièrement marquant par son caractère multi-facette : on y retrouve un condensé de toutes les composantes et atmosphères propres à la musique de Swallow The Sun : de l'âpreté à la douceur en passant par un pur moment d'angoisse sur fond de pulsations de basse sinistres et d'effets guitares/synthé inquiétants, de même qu'il révèle tout le talent de son chanteur, l'étonnant Mikko Kotamäki : son growl, véritablement hanté, semble tout droit sorti de nos pires cauchemars et s'associe à des débordements black du meilleur effet, preuve que le bonhomme n'a pas oublié ses origines (il officiait sous le pseudonyme de Trmnt.xes dans le combo black Funeris Nocturnum splitté depuis 2004 après avoir sorti trois albums). Une excellente prestation qui l'impose d'entrée comme un des tous meilleurs dans la catégorie chant extrême.
Kotamäki nous gratifie également de quelques interventions en chant clair, une nouveauté par rapport à la promo "Out of This Gloomy Light". Il faut néanmoins reconnaître que son timbre typé goth-rock désabusé et ses harmonies davantage fredonnées que véritablement chantées ne cassent pas des briques, mais leur placement juste et la conviction de leur interprète donnent le résultat escompté, celui de renforcer la langueur des passages atmosphériques.

Voilà ce que l’on retient à l’issue de l’écoute de "The Morning Never Came" : on a toujours le bon riff, le bon lead, le bon break, la bonne mélodie, la bonne tonalité de chant au bon moment … Swallow The Sun déroule son style avec une facilité et une précision déconcertantes, aidé en cela par une production admirable de puissance, de densité et de clarté. Bien que concoctée par un illustre inconnu (Sami Kokko, ex-guitariste de l'obscur combo de death metal Paraxism, depuis longtemps splitté) dans son home-studio (le Sam's Workshop), elle est tout simplement parfaite (comme quoi, la renommée ne fait pas tout) et permet de ne rien louper du spectacle. Aucun arrangement ne peut échapper à notre oreille, même lors du sensationnel final du morceau-titre, combinant trois lignes de guitare dans une limpidité absolue.

Malgré des influences archi-évidentes et donc un manque d'originalité flagrant, Swallow The Sun parvient sans peine à charmer les adeptes de doom/death à forte orientation mélodique avec ce premier album et ses morceaux bien ficelés, son interprétation sans faille et son merveilleux travail sur les atmosphères, parfaitement en phase avec l'artwork (signé par un certain Tuomo Lehtonen, visiblement très inspiré par Travis Smith) et cette mystérieuse et inquiétante demeure trônant dans un paysage aussi beau que sinistre et baignant dans des tons verdâtres.
Mais au-delà de ces qualités-ci, c'est aussi la sincérité dont fait preuve la formation finlandaise qui est marquante, les musiciens n'ayant d'autre ambition que celle de jouer la musique qu'ils affectionnent, qu'ils ressentent au plus profond d'eux-mêmes, et de livrer des prestations live impeccables, toutes en classe et en sobriété.
Le toc et le clinquant n'ont aucunement leur place dans Swallow The Sun qui apparaît comme une force tranquille, un groupe sûr de lui et pouvant envisager l’avenir avec sérénité. La suite confirmera cette première impression …

3 Commentaires

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Eternalis - 24 Janvier 2009: Splendide chronique, fourmillant de nombreux détails sur la vie extérieure à l'album, qui permet d'apprendre beaucoup de choses. Une sorte d'encyclopédie finlandaise qui deviendrait une ode à la dépression...et quelle écriture...
tonybatterie - 02 Septembre 2010: Super album! The Morning never came est géniale même si je trouve la mélodie principale très (très) inspirée sur la chanson extraordinaire "July Morning" du groupe de rock des années 70, Uriah Heep.
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Commentaire @ Vengeful

11 Janvier 2009
Voici le groupe qui est considéré comme étant le plus prometteur, dans la catégorie doom-death. Formé de six jeunes finlandais, Swallow the Sun nous présentent une première parution pour le moins impressionnante. L’album porte très bien son nom, car il se peut qu’après l’écoute de The Morning Never Came vous ayez peur de ne plus jamais revoir la lumière du jour. Je qualifierais leur musique de noirceur totale, aucune lueur n’y pénètre. La qualité de la composition de chacune des pièces, ainsi que la lourdeur du son, nous plaquent contre le sol avant de nous aplatir avec un rouleau compresseur. Les ambiances funèbres produites par le clavier et les guitares nous amènent à nous questionner sur la pertinence de la vie. La voix grave ressentie, vient déranger la quiétude de notre âme, pendant que la voix plus haute et agressive déchire les tympans et fracture les osselets de nos oreilles. Quelques voix claires ont été aussi ajoutées à cette potion mortelle. Une excursion six pieds sous terre à l’intérieur de notre cercueil pour un avant goût de ce que sera notre repos éternel.

-M-A-

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Viggdred - 18 Janvier 2010: A l'affiche du Summer Breeze cette année.........
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