The Eyes of Alice Cooper

Liste des groupes Hard Rock Alice Cooper The Eyes of Alice Cooper
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16/20
Nom du groupe Alice Cooper
Nom de l'album The Eyes of Alice Cooper
Type Album
Date de parution 22 Septembre 2003
Enregistré à Mates Rehearsal Studios
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album166

Tracklist

Re-Issue in 2010 by Armoury Records
1. What Do You Want from Me ? 03:25
2. Between High School and the Old School 03:02
3. Man of the Year 02:52
4. Novocaine 03:08
5. Bye Bye Baby 03:27
6. Be With You Awhile 04:17
7. Detroit City 03:59
8. Spirits Rebellious 03:35
9. This House Is Haunted 03:31
10. Love Should Never Feel Like This 03:33
11. The Song That Didn't Rhyme 03:17
12. I'm So Angry 03:36
13. Backyard Brawl 02:37
Total playing time 44:20

Chronique @ vincesnake

13 Août 2020

Un label qualité qui reflète l’indéniable savoir-faire de ses auteurs et interprètes.

Il y a ces albums phares qui ont marqué le public tout comme la carrière de leurs auteurs. Il y a ceux qui, en dépit d’évidentes qualités, semblent condamnés à sombrer dans les abîmes du temps. La très vaste discographie d’Alice Cooper parle d’elle-même à tel point qu’il n’est pas aisé de s’y retrouver ou d’en faire une sélection. Et à quoi bon en fait ? Chaque album d’Alice Cooper, quelle que soit son influence, est le fruit de son parcours aussi bien artistique que personnel ; Un témoignage de là où il en était au moment de sa conception. Aussi, je ne vous ferai pas l’affront de vous le présenter. Alice Cooper, c’est l’oncle qu’on a toujours rêvé d’avoir. Celui qu’on prenait comme modèle quand nous étions ados. Celui qu’on écoute aujourd’hui avec la même passion.

« The Eyes of Alice Cooper » est sorti en 2003, et disons le franchement, ce n’est ni le meilleur ni le plus célèbre et encore moins le plus novateur de tous les albums de tonton Alice. Non, mais il fait partie de ces œuvres qui ne vieillissent pas, qui respirent la passion et l’envie de jouer. Un label qualité qui reflète l’indéniable savoir-faire de ses auteurs et interprètes. Je dois dire que j’ai hésité entre deux options avant d’écrire cette chronique : Soit essayer de vous convaincre à quel point « The Eyes of Alice Cooper » est un sacré bon skeud, soit m’en tenir à compléter le webzine en me focalisant davantage sur les détails, le factuel. Puisque choisir c’est se priver, j’ai opté pour un mélange des deux ! Alors pour comprendre le pourquoi du comment d’un tel album, donnons un bref aperçu du contexte qui entoure sa sortie :

Précédemment, Alice Cooper s’était illustré avec « Brutal Planet » (2000) et « Dragontown » (2002), deux albums aux sonorités Indus qui devaient initialement faire partie d’une trilogie portée par un concept futuriste dépeignant un monde en perdition. Mais ça, c’était avant, avant qu’il ne fasse machine arrière et opère un virage à 180°. C’est d’ailleurs lui qui va nous le raconter :

« Nous avons bien essayé de le faire mais ça n’a pas fonctionné. J’ai commencé à écrire cette troisième partie mais j’ai réalisé très rapidement que je ne pouvais pas donner une suite à Dragontown…car tout avait déjà été dit ! Cette histoire était arrivée à son terme » (extrait de Rock Hard N° 26, octobre/novembre 2003).

Personnellement, j’apprécie (à un degré moindre cependant) ces albums qui témoignent d’une volonté de s’adapter à leur époque tout en conservant certains gimmicks (ce qu’il a toujours fait en somme) inhérents à son style. Notons qu’au même moment, Marilyn Manson et Rob Zombie étaient au top de leur popularité. Cette fois, il semblerait qu’Alice Cooper souhaitait évoluer vers quelque chose de moins sophistiqué, voire de plus spontané. Une valeur qui, selon lui, manquait cruellement à ses précédentes réalisations, comme il nous l’explique :

« Cette fois-ci j’ai voulu me démarquer, refaire un album qui s’inscrive dans la lignée de Love it to Death (1971) et Killer (1972). Je souhaitais revenir au cœur d’Alice Cooper dans son noyau dur ». (…) « Mes deux guitaristes ont écrit toutes les compos. (…) C’est pourquoi ce nouvel opus sonne comme un véritable effort de groupe. C’est peut-être cette approche commune qui me manquait » (toujours extrait de Rock Hard N° 26, octobre/novembre 2003).

Suite à de telles déclarations, on peut facilement imaginer un son brut, sans artifice, privilégiant la tradition à la modernité. Sans aller jusqu’ à évoquer un pseudo « retour aux sources » (terme à la mode qui ne veut finalement pas dire grand-chose, surtout dans le cas présent), notre maître de cérémonie s’est une nouvelle fois entouré de musiciens expérimentés. Comme vous le verrez plus loin, ces mêmes musiciens sont loin d’être des inconnus et ont déjà eu l’occasion d’évoluer dans l’entourage plus ou moins proche d’Alice Cooper.

Ce groupe est donc composé d’Eric Dover et Ryan Roxie. Deux guitaristes célèbres pour avoir fait partie de Slash’s Snakepit, notamment. Le batteur, Eric Singer, officiait également chez Kiss, ce qui n’est pas anodin, vous en conviendrez. Nouvelle recrue en la personne de Chuck Garric (ex Dio) à la basse, qui restera, par ailleurs, sur ce poste jusqu’en 2011. Seul le choix d’Andrew Murdoch (Godsmack, Avenged Sevenfold) à la production étonne, mais au vu du résultat, on peut dire qu’Alice a eu l’œil (et surtout l’oreille) pour choisir quelqu’un en phase avec lui. Notons qu’il a été bien inspiré de leur proposer d’enregistrer en condition « Live » (comprendre : On pose les micros devant les amplis et on envoie la sauce !), ce qui coïncidait précisément avec l’idée de départ du chanteur.

Le moins que l’on puisse dire c’est que « The Eyes of Alice Cooper » offre tout ce que l’on peut attendre d’un bon album de (Hard) Rock. Dès les premiers accords de « What Do You Want from Me ? », on est littéralement happé par ce son chaud qui met en exergue l’énergie communicative du morceau. Pas de doute, on est en terrain connu, d’autant plus que le reste est du même acabit. Qu’il est parfois bon de rester dans sa zone de confort ! Toujours est-il que les 13 titres sont particulièrement variés et s’enchaînent sans temps mort.

Comme je l’ai toujours dit : Au royaume du bon goût, la guitare est reine ! En même temps, avec de tels guitaristes, il ne pouvait en être autrement. Surtout quand ils se partagent des compositions débordantes de feeling (flagrant sur le bluesy « Novacaine », par exemple). Au niveau des pépites, citons « Spirit Rebellious », un morceau très Heavy, qui décolle au moment du refrain (du genre à vous donner envie de sortir la veille Harley du garage !). Bien entendu, la section rythmique n’est pas en reste. Loin de faire de la figuration, le bassiste apporte un groove des plus chaleureux en complément du célèbre batteur (Son CV parle de lui-même). Dans cette optique, citons également les attaques franches, au ton résolument sauvage, de « Man of the Year » et « I’m So Angry ». Pour le coup, Alice fait un sacré clin d’œil à ses débuts quand il partageait la scène avec le MC5, les Stooges d’Iggy Pop, et Ted Nugent. J’allais y venir, « Detroit City » est, comme son nom l’indique, un hommage à la scène qui l’a vu naître et s’offre la présence d’un invité : Wayne Kramer (ancien guitariste du groupe culte MC5) assurant le solo. Pour l’anecdote, il fut invité par Gilby Clark (ex guitariste de Guns ‘N Roses) chez lui et à la grande surprise d’Alice Cooper pendant qu’ils enregistraient, tranquillement, quelques démos (!).

Le bien-nommé « Between High School and Old School », quant à lui, est un clin d’œil aux nouvelles générations (les White Stripes, The Strokes et autres The Hives), supposées assurer la relève et dont Alice ne tarissait pas d’éloges à leur égard. A l’écoute de tout ça, on se dit qu’ils devaient être chaud bouillants au moment d’enregistrer ces titres. Pour l’anecdote, ils s’enfermaient pendants 6 ou 7 heures pour roder un morceau avant d’aller se reposer pour enfin l’enregistrer en un minimum de prises. Une bonne façon de garder toute la fraîcheur et la spontanéité que requiert ce genre d’exercice ! Au rayon des surprises, « This House Is Haunted » renoue avec le Alice Cooper « conteur » qui, comme à son habitude, prend un malin plaisir à nous transporter dans son cabaret / théâtre des horreurs.

Concernant les « musiciens additionnels », on peut dire que la présence d’un claviériste et d’un saxophoniste apportent un plus non négligeable. Leurs parties sont diluées ici et là à la faveur d’un disque finalement bien plus riche qu’il n'en a l’air ! Ainsi, s'insère judicieusement le saxo sur « Bye Bye Baby » ou encore le clavier sur « Be With You Awhile », une ballade intimiste et nullement racoleuse.

Avant de terminer, un mot sur les paroles. Comme son auteur l’indique, elles ne tournent pas autour d’un concept mais plutôt d’un fil conducteur dont le thème est : « l’absurdité des histoires d’amour ». Voilà de quoi vous éclairer sur la teneur bien Rock ‘n Roll de l’album !

« Le premier mot qui me vient à l’esprit pour parler de cet album est : Fun. (..) Il fallait que je revienne à quelque chose de beaucoup plus léger et que tout le monde prenne enfin un peu de bon temps » (Hard ‘N Heavy N°96, octobre 2003).

Comme je vous l’ai dit, ici, point de retour dans les 70’s, bien que l’ambiance générale en incarne l’esprit d’une certaine manière. C’est comme cela que je perçois ce très bon cru d’Alice Cooper : Un disque sans prétention mais qui respire la sincérité doublée d’une maîtrise à la hauteur de sa réputation. Une réussite qui n’a sans doute pas révolutionné l’histoire du Rock mais où il est bon de se replonger de temps en temps. Notons qu’Alice Cooper récidivera, deux ans plus tard, dans cette même veine avec le non moins excellent « Dirty Diamonds ». Et dire qu’il était encore loin d’avoir dit son dernier mot, comme en témoigne l’intérêt suscité par ses sorties les plus récentes. Force est de constater qu’il est toujours aussi pertinent plus de 50 ans après ses débuts !




2 Commentaires

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Yann.77 - 14 Août 2020:

Merci à toi VinceSnake pour cette kro qui nous ressort l'anecdote du troisième album indé dont plus personne ne se souviens, et que j'essaye de replacer un peu partout dès que je le peux :) !!!! Je me souviens à l'époque attendre ce fameux troisième album après un "Dragontown" légèrement moins bon que "Brutal planer" qui lui est juste extraordinaire!!!! Mais notre tonton en avais décidé autrement et finalement ce fût une bonne décision, parce que je pense que ce troisième opus aurait été encore moins bon que "Dragontown" (ou pas... on le saura jamais...) et pour finalement nous sortir ce "retour aux sources" qu'est "The eyes of Alice Cooper" que j'ai eu beaucoup de mal à trouver à l'époque... J'ai fini par mettre la main dessus à la Fnac de Paris pour 5 euros.... quelques mois après sa sortie....

ZazPanzer - 20 Août 2020:

Merci pour ce texte fort bien écrit avec lequel je suis entièrement en accord. La discographie d'Alice le Caméléon est un régal et cet album prenait encore ses fans à contre-pied avec une classe totale. A noter que le morceau DETROIT CITY a bénéficié d'une nouvelle version sur le dernier EP, Breadcrumbs.

Jusqu'en 2008, en excluant l'infecte trilogie Flush The Fashion / Special forces / Zipper Catches Skin qui correpond à ses années Cocaïne, il y a selon moi vraiment très peu à jeter. J'ai un peu de mal par contre avec les deux derniers opus de 2011 et 2017. Heureusement le maître est toujours aussi bon en live, ça rattrape le creux de ces dernières sorties.

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