The Anthropocene Extinction

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Nom du groupe Cattle Decapitation
Nom de l'album The Anthropocene Extinction
Type Album
Date de parution 07 Août 2015
Enregistré à Flatline Audio
Style MusicalDeath Grind
Membres possèdant cet album97

Tracklist

1.
 Manufactured Extinct
 04:41
2.
 The Prophets of Loss
 04:07
3.
 Plagueborne
 04:58
4.
 Clandestine Ways (Krokodil Rot)
 04:34
5.
 Circo Inhumanitas
 04:03
6.
 The Burden of Seven Billion
 01:23
7.
 Mammals in Babylon
 04:09
8.
 Mutual Assured Destruction
 02:42
9.
 Not Suitable for Life
 03:16
10.
 Apex Blasphemy
 03:45
11.
 Ave Exitium
 03:06
12.
 Pacific Grim
 05:25

Durée totale : 46:09


Chronique @ growler

19 Septembre 2015

Avec « The Anthropocene Extinction », Cattle Decapitation vient d’accoucher de son meilleur disque à ce jour

La fin est proche...Cattle Decapitation, fervent défenseur de la cause animale devant l’éternel, avait dressé un constat sans appel de notre humanité décadente où l’homme, qui n’avait pour dessein que sa survie, ne pouvaient se soustraire au cannibalisme, puisqu’il avait épuisé toutes les ressources naturelles qui étaient à sa disposition, tel fut le thème du monstrueux « Monolith of Inhumanity », publié en 2012. Les américains débutèrent leur carrière musicale en pratiquant un « grind/death » pur et dur, mais tendant vers une perpétuelle évolution, en incluant dans leurs compositions des réminiscences black-métal, et, en complexifiant l’agencement de leurs titres.

« The Anthropocene Extinction » poursuit sur la voie tracée par son illustre prédécesseur, en faisant évoluer le récit entamé sur « Monolith of Inhumanity ». Après en être venu à ingérer ses congénères, l’humain voit tout son écosystème s’écrouler, l’obligeant à se nourrir de toutes les immondices qu’il a semé au cours de sa longue existence. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, Cattle Decapitation a de nouveau fait appel à Dave Otero (Cephalic Carnage) pour la production de sa dernière pièce du boucher, emballé, une fois de plus, par Wes Benscoter.

Une légère houle accueille l’auditeur, on sentirait presque les embruns sur nos visages, mais connaissant les californiens, il est fort probable que nous ne soyons pas sur une île paradisiaque. Pire même, dès les premiers accords de « Manufactured Extinct », l’île paradisiaque entrevue dans les toutes premières secondes du morceau, se transforme en un véritable enfer, nous entraînant au beau milieu d’un cyclone, une sorte de tourbillon sonore duquel personne ne sortira indemne. Cette composition alterne entre blasts hystériques et breaks massifs, le riffing y est surpuissant, le tout rehaussé d’un solo de haute volée.

Tous les titres de « The Anthropocene Extinction » sont du même caveau (à deux exceptions près), Cattle Decapitation n’est pas content et, il le fait savoir. Ce disque est un condensé de haine, doublé d’une énorme brutalité et d’une grande violence. Mais, où l’intelligence d’écriture des américains fait mouche (verte, forcément), est qu’ils savent aérer leurs morceaux pourtant très compacts, afin de rendre cette masse homogène plus accessible, même pour l’éventuel néophyte. Les nombreux breaks, fracassants au demeurant, n’y sont pas étrangers (« The Prophets Of Loss », « Clandestine Ways (Krokodile Rot) » ou « Pacific Grim »). Ceux-ci sont sublimés par les accélérations hallucinantes qui émaillent l’opus, il vous suffit d’écouter « Manufactured Extinct », « Circo Inhumanitas » ou encore « Mammals In Babylon » pour vous en convaincre.

La brutalité inhérente à cette album est juste impressionnante car, en plus des accélérations supersoniques, nos « grinders » végétariens ont également une science du riff très aiguisée, les accords massifs et surpuissants déchausseront de nombreuses dents et laisseront une vive douleur dans vos nuques, qui seront, à n’en pas douter, mises à rude épreuve, lors des prochaines séances de headbanging furieux que déclencheront l’écoute de ce disque (Clandestine Ways (Krokodile Rot) », « Mutual Assured Destruction », « Mammals In Babylon » et surtout « Circo Inhumanitas »).

Nonobstant les qualités sus citées, Cattle Decapitation réussit le tour de force de rendre « The Anthropocene Extinction » bigrement accrocheur à bien des égards, ce qui, dans le style, est un vrai exploit. Malgré la brutalité, la violence et la complexité de son propos, qui, sur ce disque, atteint son paroxysme, le quatuor a disséminé ici ou là, de véritables « refrains », comme celui de « Circo Inhumanitas » (pour ne citer que ce titre), qui pénètre votre cortex aussi facilement qu’une balle de kalachnikov pour ne plus jamais en ressortir. Afin d’éviter l’asphyxie à l’auditeur, un interlude ambiant (« The Burden Of Seven Billion ») et « Ave Exitium », un morceau très sombre que n’aurait pas renié les suédois de Tiamat (époque « Whildhoney »), font office de respiration salvatrice.

Côté interprétation, rien à redire non plus, les musiciens sont tous au diapason, la guitare de Josh Elmore est aussi tranchante qu’une feuille de boucher, la basse de Derek Engemann est parfaitement audible (« Clandestine Ways (Krokodile Rot) » ou « Circo Inhumanitas »), David Mc Graw fait office de centrale nucléaire mais que dire de Travis Ryan qui éclabousse cet opus de tout son talent. Le bougre alterne, sans sourciller, entre growl profond, cris porcins cradingues, chant criard hérité du black- métal et vocaux plaintifs, écorchés vifs.

Dave Otero, qui avait déjà fait des merveilles sur « Monolith of Inhumanity », réitère l’exploit, dotant « The Anthropocene Extinction » d’un son en béton armé, parfaitement équilibré et donnant beaucoup de relief à l’ensemble. Aussi, comme le quatuor a décidé de mettre les petits plats dans les grands, trois guests de choix interviennent sur cette galette avec Phil Anselmo sur « The Prophets Of The Loss », Jürgen Bartsch de Bethlehem dans la langue de goethe sur « Pacific Grim » et Tristan Shone d’Author And Punisher qui s’est occupé de la production de l’introduction de « Plagueborne ».

Sans vouloir jouer les rabats joies ou le brise burette de service, votre serviteur trouve « Not Suitable For Life » et « Apex Blasphemy » sont légèrement en dessous du reste de l’album et, l’enchaînement de ces deux compositions, représente une sorte de ventre mou de cet enregistrement. Cependant, une pléiade de formation ferait bien de ce ventre mou, un full-lenght entier.

Avec « The Anthropocene Extinction », Cattle Decapitation vient d’accoucher de son meilleur disque à ce jour, se plaçant même en sérieux postulant au titre convoité d’album de l’année dans le style. Ce disque possède un pouvoir addictif très important, ne s’épuisant nullement avec la multiplicité des écoutes. Cet enregistrement est un concentré de brutalité, de puissance et de haine, le tout fleurant bon la putréfaction de notre humanité engloutie sous toute « la merde » qu’elle a accumulé.

Dévastateur !!!

35 Commentaires

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Metalder - 24 Octobre 2015: Bon! pour moi y'a pas photos les derniers Hate eternal et Nile deux groupes archi-culte a mes yeux vont passer après ce skeud : m'en fou! lapider moi! Je maintien ma position...
David_Bordg - 30 Décembre 2016: Oui tu as raison cet album est au-dessus , même avec le temps. Une tuerie.
Fyrnael - 20 Avril 2017: Super chro qui se lit d'une traite et avec plaisir sans se rendre compte de la longueur.
Après avoir pris une claque (doux euphémisme pour ne pas avouer ma mise en PLS) lors de leur passage au Hellfest 2016, je suis en train de mettre à jour ma disco. J'ai commencé par le précédent, je crois que celui-ci va suivre incessamment sous peu... si ce n'est tout de suite!
exelkorto - 24 Septembre 2018:

Super chronique qui met l'eau à la bouche !  Et la première écoute donne encore plus faim. En tout cas, très belle découverte pour moi qui ne suis pas spécialement fan de ce style. Mais tu as justement souligné l'intelligence d'écriture et la capacité à aérer le propos.

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