Solveig

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Seven Spires
Nom de l'album Solveig
Type Album
Date de parution 04 Août 2017
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album23

Tracklist

1.
 The Siren
 01:51
2.
 Encounter
 03:51
3.
 The Siren (Reprise)
 00:27
4.
 The Cabaret of Dreams
 04:27
5.
 Choices
 04:45
6.
 Closure
 05:47
7.
 100 Days
 03:28
8.
 Stay
 04:32
9.
 The Paradox
 05:01
10.
 Serenity
 04:36
11.
 Depths
 04:17
12.
 Distant Lights
 04:56
13.
 Burn
 08:20
14.
 Ashes
 04:45
15.
 Reflections
 03:10

Durée totale : 01:04:13

Acheter cet album

 $57.53  2 000,00 €  13,91 €  £34.00  $17.20  29,77 €  38,99 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Seven Spires


Chronique @ ericb4

24 Juillet 2020

Quand la fragile chrysalide se mue en rayonnant monarque...

Les événements se sont accélérés à la vitesse grand V pour le groupe bostonnien depuis son introductif et friable EP « The Cabaret of Dreams ». réalisé un an à peine suite à sa co-fondation, en 2013, par le fin guitariste Jack Kosto et la talentueuse auteure/interprète et claviériste Adrienne Cowan (Light And Shade, Winds Of Plague, Avantasia...). En dépit de ses finitions lacunaires, la menue rondelle lui ouvrira largement les portes de la scène metal locale, le groupe enchaînant dès lors et à tour de bras les concerts aux quatre coins des Etats-Unis, partageant ainsi l'espace avec moult formations aguerries, dont : Amaranthe et Butcher Babies (Stafford Springs)... en 2015) ; Sonata Arctica, Apocalyptica et Epica (Worcester)... en 2016 ; Evergrey (Manchester)... en 2017. Un riche background live corroboré par la sortie, dans la foulée, de son premier album full length dénommé « Solveig » ; une auto-production généreuse de ses 60 minutes où ne s'égrainent pas moins de quinze pistes, dont les sept de leur initiale offrande. Indices révélateurs d'une détermination sans failles affichée par le collectif nord-américain...

Fidèle à ses aspirations premières, la troupe continue d'oeuvrer dans un metal symphonique gothique aux relents heavy, power et death mélodique, dans le sillage de Nightwish, Xandria, Epica, Ancient Bards, Draconian, et consorts. Ce faisant, elle nous propose un concept album en deux actes, au propos à la fois pulsionnel, épique, théâtral, énigmatique et romanesque, où nous est contée l'histoire d'une âme perdue et son voyage dans les entrailles d'un monde sous-terrain et éminemment démoniaque. Une incursion en d'insécurisantes contrées, où l'accent serait mis aussi bien sur la mort, la décadence que l'évasion. Dans ce dessein, le line-up a subi quelques remaniements, nos maîtres d'oeuvre faisant aujourd'hui appel aux talents du bassiste/vocaliste Peter de Reyna (Aversed, Unflesh...), en remplacement de J.P. Goldman. Mais là ne sont pas les seuls changements opérés...

Pour la mise en relief de ce set de compositions, le mixage tout comme le mastering ont à nouveau été laissés aux mains expertes d'un certain Sascha Paeth (pluri-instrumentiste chevronné (Avantasia, ex-Aina, ex-Luca Turilli...), connu pour avoir oeuvré auprès de grandes signatures du genre, dont : After Forever, Angra, Epica, Kamelot, Rhapsody Of Fire, parmi tant d'autres) et celles, non moins habiles, de Miro Rodenberg (émérite claviériste d' Avantasia, ex-Aina, ex-Trillium...), sollicité par Amberian Dawn, Beyond The Black, Diabulus In Musica, Epica, Lunatica... Ce qui s'en ressent quant à la qualité de l'enregistrement et des enchaînements dispensés. Envolés désormais les irrégularités et autres tâtonnements des débuts, les sonorités résiduelles étant dorénavant peau de chagrin. Pour compléter le tableau, on appréciera la finesse des arrangements instrumentaux signés Covin Bahn (claviériste de Perpetual, guest chez Gamma Ray, Mob Rules, UDO...), orchestrateur chez Neopera, notamment. Il semblerait que l'on soit entré dans une tout autre dimension...

Si la troupe nous octroie plusieurs passages instrumentaux, elle n'y a pas pour autant misé tous ses espoirs de l'emporter, ces mouvements orchestraux étant à considérer soit comme des entames de titres qu'ils se chargent d'introduire, soit telle une fermeture du message musical. Ainsi, classiquement dans ce registre, l'ouverture de l'opus s'effectue en douceur, à l'image de « The Siren », bref et cinématique instrumental où s'inscrit un piano disséminant de somptueux arpèges. L'éveil orchestral s'effectue à mi-morceau à l'orée de nappes synthétiques profondes, déployant de seyantes ondulations, mais calées sur un chemin mélodique linéaire parallèlement à un schéma d'accords tendant à se répéter. Plus emphatique et luxuriant, le ''nightwishien'' « Reflections », lui, se pose telle une frissonnante outro aux allures de générique d'une grande production hollywoodienne. Une manière certes convenue mais des plus raffinées de boucler la boucle. Mais dirigeons-nous plutôt vers le plat de résistance, qui sera loin de vous laisser sur votre faim...

C'est à l'instar d'un heavy symphonique bien cadencé et enivrant, un brin revêche, que le combo étasunien marque ses premiers points. Ainsi, non sans rappeler Xandria, le frondeur « Encounter » tout comme le saillant « Distant Lights » n'ont de cesse de déverser leurs riffs acérés et leur rythmique épaisse. Dans ces champs de turbulences, la sirène, par ses puissantes inflexions rock, nous mène agréablement à l'exploration de couplets finement sculptés relayés par d'invitants refrains. Tous deux nous gratifient, en prime, d'un petit solo de guitare s'inscrivant au sein d'un pont technique finement élaboré, avant que la reprise sur le refrain ne prenne le relais, et cela, de bien belle manière. Par ailleurs, d'envoûtantes notes orientalisantes nous installent sur « Closure », mid tempo progressif dans la veine d'Epica, battant le pavé avec insistance, tout en desserrant l'étreinte eu égard à de délicates gammes au piano et à son enveloppant refrain. D'une technicité complexe, un tantinet déroutant dans son cheminement mélodique, l'auditeur non averti pourrait se perdre en conjectures sur un titre qui, pourtant, ne manque ni d'allant ni de panache.

Ayant le plus souvent accéléré d'un cran la cadence de leur convoi instrumental, nous plaçant dès lors sur un terrain de lave en fusion, nos acolytes y trouvent les clés pour nous rallier plus volontiers à leur cause. Ce qu'illustrent « Choices », « Stay » et « Serenity », titres power à l'assise orchestrale nuancée et roborative, dans l'esprit d'Ancient Bards, fouettant inlassablement le tympan tant par leurs toniques et intarissables frappes de fûts qu'au regard des inaliénables attaques frontales d'une frontwoman bien habitée. En outre, ces palpitants efforts recèlent tous trois une growleuse présence et d'originales séries d'accords pour développer leurs arguments. Stratégie payante, in fine. Un headbang bien senti ne pourra davantage être éludé à l'instar de « Ashes », tubesque piste heavy speed dotée d'un refrain d'une redoutable efficacité et d'un éblouissant solo de guitare, ne relâchant sa proie qu'en de bien rares moments. Calé sur un tapping martelant, le ''draconien'' « The Paradox », quant à lui, nous mène en de gorgonesques contrées, aptes à nous glacer les sangs sans avoir à forcer le trait. Dans cet étrange et poignant bal des vampires, les anxiogènes grunts coalisées aux claires impulsions de la princesse offrent un saisissant face à face. Et la sauce prend, une fois encore...

Par ailleurs, dans un souci de diversification atmosphérique, quelques sonorités cabaret nous parviennent, non sans éveiller en nous d'authentiques plaisirs. Aussi, une ambiance à la fois tortueuse et festive transpire par tous les pores de « The Cabaret of Dreams », éruptif méfait dans le sillage d'Ela. Dispensant quelques échappées jazzy au piano, cette piste rythmiquement incisive, un poil syncopée, et aux riffs écornés, d'inspiration gothique, suit, elle aussi, le schéma de la belle et la bête, rôles tous deux à nouveau assurés par la frontwoman elle-même. Puissante et corrosive, la fragile créature ne se laisse pas compter et distille ses inflexions démoniaques sans en démordre, et ce, non sans rappeler Bif Naked. Par contraste, la flamboyante ritournelle s'achève sur de sensibles notes au piano.

Que l'aficionado d'intimistes moments se rassure, quelques mots de tendresse lui ont également été insufflés, et non des moins émouvants. Ainsi, à l'aune de « 100 Days », s'esquisse une ballade à fleur de peau où ruissellent quelques larmes d'un délicat piano doublées des sanglots d'un violon mélancolique, où la petite sirène nous octroie une spectaculaire et incandescente envolée sur le refrain en bout de piste. On ne sera guère moins imprégné du climat éthéré inhérent à « Depths », power ballade mise en exergue par une basse délicieusement ronronnante, de fins clapotis pianistiques, ainsi qu'une insoupçonnée et grisante gradation du corps orchestral. A la déesse, eu égard à ses corpulentes et rocailleuses patines de rendre l'instant privilégié des plus hypnotiques, inoubliables.

Enfin, nos compères sont allés jusqu'à élargir d'un cran encore le champ des possibles, offrant, pour la première fois, une pièce en actes symphonico-progressive, non sans générer quelques frissons... Ainsi, l'épique, foisonnante et ''nightwishienne'' fresque « Burn » déverse ses 8:20 minutes d'un spectacle aux multiples rebondissements, témoignant d'une technicité instrumentale éprouvée mais non ostentatoire et distillant une mélodicité des plus nuancées et ensorcelantes. Aussi, effeuille-t-on une luxuriante, puissante, altière et sensible proposition, pourvue d'enchaînements sécurisés, où les effets de contraste atmosphérique, rythmique et vocal sont loin de manquer à l'appel. Au cœur de ce champ de pression, les impulsions écorchées vif de la douce s'unissent aux serpes oratoires de la growleuse créature, pour un duo tenant toutes ses promesses. Assurément le masterpiece de cette livraison.

Message a donc été reçu par nos acolytes... Ces derniers nous octroient dès lors un propos à la fois volontiers éruptif, plutôt enjoué, chavirant, sans temps morts ni zones de remplissage, et désormais doté d'un petit supplément d'âme. En outre, sans sacrifier un potentiel technique difficile à prendre en défaut, loin s'en faut, les lignes mélodiques dispensées ont fait l'objet d'une reconsidération de fond, les rendant aujourd'hui plus enveloppantes qu'autrefois. En outre, ayant diversifié ses atmosphères et pluralisé ses joutes oratoires, avec une frontwoman plus habitée à la clé, et étoffé la palette de son offre en matière d'exercices de style, la troupe détiendrait dorénavant une nouvelle corde, et non des moindres, à son arc. De plus, l'ingénierie du son tout comme les arrangements instrumentaux ont bénéficié d'un réel lifting, nous installant alors confortablement à bord du navire, du moins suffisamment pour ne pas ressentir l'irrépressible envie de le quitter prématurément. Pas de doute, à l'image de cette plantureuse et réjouissante offrande, le combo étasunien détiendrait l'arsenal requis pour convoler parmi les valeurs montantes de ce si concurrentiel registre metal. Quand la fragile chrysalide se mue en rayonnant monarque...

0 Commentaire

1 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire