Gods of Debauchery

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18/20
Nom du groupe Seven Spires
Nom de l'album Gods of Debauchery
Type Album
Date de parution 10 Septembre 2021
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1.
 Wanderer’s Prayer
 01:42
2.
 Gods of Debauchery
 06:46
3.
 The Cursed Muse
 04:19
4.
 Ghost of Yesterday
 03:53
5.
 Lightbringer
 03:03
6.
 Echoes of Eternity
 05:13
7.
 Shadow on an Endless Sea
 05:10
8.
 Dare to Live
 04:44
9.
 In Sickness, in Health
 04:21
10.
 This God Is Dead
 10:37
11.
 Oceans of Time
 04:19
12.
 The Unforgotten Name
 05:26
13.
 Gods Amongst Men
 04:10
14.
 Dreamchaser
 05:40
15.
 Through Lifetimes
 04:13
16.
 Fall with Me
 04:00

Durée totale : 01:17:36

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Seven Spires


Chronique @ ericb4

22 Septembre 2021

Un dantesque troisième volet qui bousculera quelques certitudes pour mieux imposer ses gammes...

Porté par un ensorcelant « Emerald Seas » (2020), son second album full length, le prolifique quartet bostonnien cofondé il y a tout juste huit ans par le guitariste Jack Kosto (Threads Of Fate) et l'auteure/interprète et claviériste Adrienne Cowan (Light And Shade, Winds Of Plague, Avantasia...) ne sera pas resté dans l'ombre bien longtemps... Si nos acolytes furent alors invités à partager l'affiche avec Insomnium et Omnium Gatherum, tout d'abord, Amaranthe et Battle Beast, quelques mois plus tard, lors d'une tournée nord-américaine, guère plus d'un seul concert ne sera finalement réalisé, la-dite tournée se voyant prestement annulée en raison de la crise sanitaire liée à la covid-19. Dépitée mais nullement désarçonnée par ce revirement de situation, la troupe étasunienne redoublera d'efforts en studio, mettant alors à profit ce temps de latence pour le moins imprévu pour peaufiner ses gammes et affiner encore son jeu d'écriture tout comme sa production d'ensemble. Ce faisant, nos quatre belligérants dévoileraient à demi-mot l'ardent désir de porter l'estocade...

Plus boosté que jamais, et aux fins d'un travail des plus minutieux en studio, le collectif nord-américain nous gratifiera quelques mois plus tard de deux singles (« The Cursed Muse » et « This God Is Dead » successivement), soit deux des seize pistes de leur troisième et présent album studio, « Gods of Debauchery » ; une galette généreuse de ses 77 minutes signée, tout comme sa devancière, chez le puissant label italien Frontiers Records. Dans ce dessein, le line-up du précédent effort est resté inchangé, le bassiste Peter de Reyna (Firewing, ex-Aversed, ex-Unflesh...) et le batteur Chris Dovas (Dovas, Firewing, Omega Point, ex-FirstBourne, ex-Unflesh...) continuant d'escorter nos deux maîtres d'oeuvre dans leurs pérégrinations. De cette étroite collaboration émane un mouvement rock'n'metal symphonique gothique, théâtral et cinématique, aux relents heavy, power et à la touche death mélodique plus marquée aujourd'hui qu'hier. Etat de fait le plaçant dans la veine de Nightwish, Xandria, Amberian Dawn, Delain, Ancient Bards, Ad Infinitum, Tristania et Draconian, soit à quelques encablures de son illustre prédécesseur. Une manière habile d'exclure un frustrant bis repetita sans pour autant avoir totalement tourné le dos à leur passé...

Afin de conférer davantage de relief à son corps oratoire, le combo bostonnien a sollicité les talents de vocalistes des plus éclectiques sur certains de leurs titres, leur touche personnelle contribuant précisément à leur conférer ce petit supplément d'âme les rendant précisément aussi singuliers que liants. Ainsi, ont été appelés en renfort Roy Khan (Conception, ex-Kamelot, guest chez Avantasia, Epica...), Casey Lee Williams (Ok Goodnight) et John Pyres (Among The Giants, Threads Of Fate), sans oublier David Åkesson (Qantice, ex-Moonlight Agony, guest chez Vivaldi Metal Project, Signum Regis, Moonscape...), en qualité de choriste. Indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos quatre valeureux gladiateurs, ces derniers rajoutant par là même une nouvelle corde à leur arc, et non des moindres...

A l'image de son aîné, ce luxuriant opus témoigne d'un enregistrement d'excellente facture, les sonorités résiduelles étant peau de chagrin, d'un mixage parfaitement équilibré entre instrumentation et lignes de chant et d'une saisissante profondeur de champ acoustique ; une ingénierie du son rutilante qui a pour corollaire des arrangements instrumentaux et vocaux de bon aloi. Un an et demi suite à leur rayonnant méfait, à l'aune de cette fraîche livraison, nos acolytes seraient-ils en passe de réaliser un tiercé gagnant ? Auraient-ils les arguments requis pour asseoir leur statut de valeur confirmée, ou même s'imposer parmi les valeurs de référence de ce si concurrentiel registre metal ? Mais montons plutôt à bord du vaisseau amiral pour une croisière au long cours et, espérons-le, parsemée d'îlots d'enchantement...


C'est à l'aune de ses passages les plus offensifs et sous couvert de forts contrastes vocaux que la troupe marque ses premiers points, avec d'insoupçonnées accélérations et de galvanisantes séries de notes au programme. Ainsi, suite à la brève et classieuse entame alimentée d'un récitatif en voix féminines claires, « Wanderer’s Prayer », l'effet de contraste atmosphérique et rythmique sera des plus saisissants. Aussi, c'est sous un véritable déluge que l'on sera plongé à l'instar de ses voisins de bobine, « Gods of Debauchery » et « The Cursed Muse », deux up tempi metal symphonique aux relents death et cinématique, nous plaçant à la confluence de Xandria, Tristania et Draconian. Mis en exergue tant par les limpides inflexions que par les growls tranchants tour à tour dispensés par la belle, et recelant chacun un fuligineux solo de guitare, ces deux magmatiques propos se quitteront non sans éprouver de tenaces regrets. Autres véritables torches incendiaires, les ''draconiens'' « Dare to Live » et « Dreamchaser », quant à eux, se plaisent tant à décocher leurs riffs en tirs en rafale adossés à une sanguine rythmique qu'à essaimer leurs refrains catchy, se jouant ainsi des plus farouches des résistances ; d'incisifs et délectables instants qu'encensent les cristallines volutes comme les serpes oratoires de la princesse. Mais l'argumentaire du combo est loin d'être épuisé...

Sur un même modus operandi mais surmontés pour l'essentiel d'un chant clair, d'autres plages pourront non moins aspirer le tympan du chaland. Ce qu'atteste, tout d'abord, « Ghost of Yesterday », un rayonnant up tempo power symphonique au carrefour entre Delain et Ad Infinitum. N'ayant de cesse de nous asséner ses puissants et véloces coups de boutoir et se calant sur une ligne mélodique des plus enveloppantes sur laquelle viennent se greffer les angéliques impulsions de la sirène, le tubesque méfait poussera assurément à un headbang bien senti. Dans cette énergie, on retiendra également l'entraînant et ''nightwishien'' « Lightbringer » au regard d'un enchanteur duo féminin en voix claires, le gracile filet de voix de Casey Lee Williams épousant parfaitement les fluides oscillations d'Adrienne. Difficile également de se soustraire aux vibes enchanteresses jaillissant des entrailles de « Oceans of Time », trépidante plage à la basse vrombissante et aux grisants changements de tonalité, que n'aurait nullement reniée Ancient Bards.

Au moment où la cadence se fait un tantinet moins alerte, le spectacle sera, là encore, au rendez-vous des attentes de l'aficionado du genre, et ce, quelle que soit l'orientation atmosphérique investie.
Ainsi, quand le chant guttural se fait dominant, on ne résistera que malaisément aux incessantes et poignantes attaques de la belle ici muée en une redoutable prédatrice. Ce qu'illustre, d'une part, « Shadow on an Endless Sea », un solaire mid tempo death gothico-symphonique campé sur d'ondoyantes nappes synthétiques, recelant un éblouissant legato ainsi qu'un refrain immersif à souhait, et mis en relief par les corrosives patines d'une interprète bien habitée, qui s'apparenteraient à celles de Melissa Ebony (Ad Infinitum, ex-Evenmore Of Light, ex-Evenmore). On ne saurait davantage éluder ni « In Sickness, in Health », dévorant mid/up tempo syncopé à mi-chemin entre Delain, Ancient Bards et Ad Infinitum, eu égard à ses enchaînements intra piste ultra sécurisés, ni le polyrythmique et ''draconien'' « Gods Amongst Men », un ténébreux et théâtral effort aspirant le tympan par la soudaineté des montées en régime du convoi orchestral et sachant cultiver l'effet de surprise jusqu'à son terme.

Quant aux passages en voix claire, ils ne seront pas en reste, réservant de non moins savoureuses surprises à celui qui y aura plongé le pavillon. Aussi, c'est d'un battement de cils que le pavillon sera happé sous le joug de l'entêtant refrain dont se pare le ''xandrien'' mid/up tempo « Echoes of Eternity » ; un hit en puissance aux délicates senteurs orientalisantes et surmonté d'un flamboyant solo de guitare qui, peu ou prou, incitera à une remise en selle sitôt l'ultime mesure envolée.

Lorsque l'ambiance se fait plus apaisante, la troupe nous adresse par là même ses mots bleus les plus sensibles, et ce, de trois manières différentes, ce qui ne sera pas, dans un cas comme dans l'autre, sans générer la petite larme au coin de l'oeil. Aussi, c'est au cœur d'un océan de félicité que nous plonge « The Unforgotten Name », une power ballade romantique jusqu'au bout des ongles, dans la mouvance coalisée d' Epica et Ancient Bards. Porté par un duo mixte en voix claires des plus émouvants, le velours du filet de John Pyres s'unissant aux délicates et troublantes modulations de la maîtresse de cérémonie, l'instant privilégié comblera à n'en pas douter les plus exigeantes des attentes de l'aficionado du genre intimiste. Ce dernier ne pourra pas davantage esquiver « Fall with Me », une somptueuse ballade aux airs d'un slow qui emballe, où de sensibles arpèges au piano trouvent leur pendant dans les caressantes ondulations, parfois haut perchées, d'une interprète que l'on croirait alors touchée par la grâce. Enfin, arc-boutée sur une violoneuse assise, recelant d'insoupçonnées digressions et magnifiée par des choeurs aux abois, l'opératique ballade « Through Lifetimes » saura, à son tour, faire plier l'échine à plus d'une âme rétive.

Mais ce serait dans le secteur des pièces en actes metal symphonico-progressif que le quartet serait au faîte de son art. Ainsi, à la croisée des chemins entre Draconian, Tristania, Epica et Ad Infinitum, l'épique et opératique « This God Is Dead » déroule ses quelque 10:37 minutes d'une traversée sous haute tension, abondant en péripéties et au tragique dénouement. En proie à d'incessants tourments mais laissant entrevoir de forts contrastes atmosphériques et rythmiques, cette tortueuse offrande aux effluves death se fait tour à tour frondeuse, engloutissante, enivrante et fortement chargée en émotions. Enfin, évoluant parallèlement à une imposante et poignante muraille de choeurs, le duo unissant la chatoyante mais fugace empreinte de Roy Khan et celle, dominante et plurielle, de sa charismatique comparse, fait mouche où qu'il se meut. Peut-être bien la gemme de la rondelle...


A l'issue de notre périple, un doux sentiment de plénitude nous étreint, le quartet étasunien nous livrant une œuvre à la fois éminemment solaire, efficace sans se vouloir ostentatoire, délicieusement corrosive, empreinte de magnétiques noirceurs, un brin romantique, étant parvenue à harmoniser le yin et le yang. Pluralisant ses atmosphères, ses phases rythmiques, et plus encore ses joutes oratoires, au demeurant menées avec brio, la troupe a également veillé à varier davantage ses exercices de style et à consentir à l'une ou l'autre prise de risque. De plus, égrainant des arpèges d'accords plus personnels que naguère, le collectif nord-américain confère désormais une identité artistique stable à son propos. Un louable effort, s'il en est...

Marchant sur les traces de son illustre aîné, ce troisième et rutilant mouvement s'avère cependant un poil plus abouti en termes de qualité d'écriture et de composition, mais aussi de technicité instrumentale et vocale. Plaçant la barre dorénavant plus haute, l'inspiré quartet lance ainsi un message fort à la concurrence d'où quelle vienne et, plus encore, nous signifie qu'il aurait dores et déjà les cartes en main pour asseoir sa position de valeur confirmée de ce registre metal. A l'aune de ce second masterpiece qu'il brandit tel un bâton de maréchal, selon votre humble serviteur, le combo ne serait plus qu'à deux doigts de se muer en valeur de référence. Bref, un groupe à suivre de près, de très près...

Note : 17,5/20

2 Commentaires

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Eternalis - 23 Septembre 2021:

Tu donnes bien envie. J'avais trouvé sympa le précédent (que j'avais surtout suivi parce que Adrienne a chanté dans Avantasia et participé au projet de Sascha Paeth Master of Ceremony) mais rien de réellement marquant non plus. 

J'irais écouter celui là, tu m'as donné envie d'aller écouter ça !

ericb4 - 01 Octobre 2021:

Merci pour ton retour. Pour moi, c'est là l'un des meilleurs albums de cette année en metal symphonique, que je situe en peu au-dessus de son prédécesseur. Affaire à suivre, donc...

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