Silence of Northern Hell

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Nom du groupe Blood Stain Child
Nom de l'album Silence of Northern Hell
Type Album
Date de parution 17 Juillet 2002
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album24

Tracklist

1.
 Silence of Northern Hell
 03:41
2.
 Crimson Symphony
 04:45
3.
 Under the Sin of Grief
 05:42
4.
 Legend of Dark
 04:03
5.
 Requiem
 04:49
6.
 King of the Sacred Sword
 04:50
7.
 Infernal World
 03:25

Durée totale : 31:15

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Blood Stain Child


Chronique @ Fyrnael

06 Mai 2015

Une première œuvre remarquable, malheureusement reléguée au rang de curiosité.



Si on connaît aujourd'hui BSC pour son death mélodique ayant évolué vers un genre de trance-métal pour anime, leurs origines sont toutes autres et agréablement étonnantes ! Silence of Northern Hell, leur premier album faisant suite à une démo prometteuse se démarque distinctement de ce qui viendra à l'avenir. Le groupe nous sert là un métal novateur pour des japonnais, à savoir un mélange de black, de death, voir de power métal, le tout dans une ambiance symphonique grandiloquente.


Les sept morceaux sont chacun de réelles innovations, toutes relatives certes, mais qui en veulent et qui n'auraient jamais du passer inaperçues. Malgré la singularité de chacun, l'ensemble des titres reste très homogène, s'organisant autour d'une base épique d'inspiration médiévale baroque très surprenante. On sent toutefois une influence européenne notamment de Children Of Bodom et de Rhapsody - le groupe le reconnaît lui même – néanmoins cela n'empêche pas à l'ensemble d'avoir une grande cohérence et une personnalité rare, tant le rapprochement entre symphonie et death métal est réussi. Les claviers se font orgues, violons et flûte, quand par la suite ils seront essentiellement électro. Ces claviers sont d'ailleurs les principaux vecteurs de l'originalité de cet album, Ryu nous démontrant des talents de composition impressionnants pour une premier album.


Le ton est donné dès les premières notes d'Aki sur le titre éponyme : les arrangements symphoniques vont avoir la part belle, et ce n'est pas peu dire ! A un point tel d'ailleurs que cela se fait au détriment des autres instruments. En effet, la rythmique se fait très palote tout au long de l'album, et la batterie est très peu mise en avant alors même qu'elle mène la quasi totalité des morceaux tambours battants. Et question basse, elle est presque inexistante, à croire que Ryo préfère s'égosiller plutôt que de faire valoir sa 4 cordes. Oui, si comme nous allons le voir les compositions sont de qualité, la production est particulièrement médiocre, ce qui atténue tristement l'énorme potentiel de cet album.


Deuxième chose que l'on remarque rapidement et particulièrement avec ce premier titre, c'est la voix : si Ryo semble être sincère dans ses hurlements, ceux-ci ne sont pas à la hauteur de la musique. Ils sont trop souvent poussifs voir insupportables, alors que l'intonation parfois black aurait pu donner un rendu saisissant. Tout bien considéré, heureusement que les claviers prennent le dessus sur la voix, car celle-ci se révèle être bien souvent du mauvais Laiho. Pourtant, sans être une réelle révélation, ce titre donne déjà une bonne impression de ce que peu envoyer le groupe, notamment des duels guitare/clavier très présents et fort inspirés qui rappellent une nouvelle fois les enfants de Bodom.


La claque arrive avec "Crimson Symphony". Véritable rouleau compresseur, son intro grandiloquente à souhait et ses lyrics sombres menés par une voix très tintée black nous mènent au cœur de cette symphonie guerrière d'une puissance impressionnante. Les breaks parsemés de choeurs lointains ne sont là que pour permettre à la cavalcade de mieux repartir, un solo bref et efficace se joint à la ruée avant un final implacable et sombre.


Dans la même lignée de puissance, on trouve "Requiem", quoique moins sombre. Les orchestrations se taillent vraiment la part du lion, violons et cloches s'en donnent à cœur joie pour une intro solennelle, avant que le tout ne flirte avec un power métal agrémenté des cris sans fins de Ryo et ponctué d'accalmies classiques judicieuses. On retrouve là un de ces duels clavier/guitare en aucun cas démonstratif, mais qui révèle la propension du groupe à créer des mélodies plus accrocheuses les unes que les autres, très médiévales-fantastiques.


Malgré sa vélocité, "Under the Sin of Grief" calme un peu le jeu, nous offrant un bel exemple de la diversité de l'utilisation des éléments classiques par un Ryu décidément fort inspiré. Ici c'est l'orgue, et surtout la flûte qui sont mis à l'honneur et font ressortir de l'ensemble une mélancolie prenante. Et la variété des compositions ne va pas s'atténuer en si bon chemin avec "King of Sacred Sword" qui nous emmène dans une toute autre direction. Après une intro celtico-moyen-âgeuse, déferlante de 6 cordes et de batterie avant de nous retrouver dans une ambiance de cour de palais à grand renfort de cuivres et de violons que n'aurait pas renié Malice Mizer, et ensuite un nouveau duel des plus plaisants qui n'est pas sans rappeler le Rhapsody de Symphony of Enchanted Land II, certes postérieur.


La Finlande n'est tout de même jamais bien loin car autant pour "Under the Sin of Grief" que pour "Legend of Dark" ou "Infernal World", on reconnaît des riffs largement inspirés de COB ou de Kalmah ("Using the wore" pour le couplet d'"Infernal World"). Fort heureusement, cela ne se limite qu'aux couplets, et les refrains originaux se chargent d'éloigner sûrement le groupe du quasi-plagiat qui sera par la suite malheureusement récurrent. "Infernal World", mid-tempo accrocheur, nous propose d'ailleurs un long solo particulièrement prenant aboutissant sur un hurlement interminable accompagné d'une mélodie imparable.


Avec Silence of Northern Hell, pas de In Flames, pas de synthétisation à outrance, tout juste une ombre de Children Of Bodom planant sur une partie des titres, mais sans commune mesure avec les opus suivants. Là on sent toute la fougue mais aussi la naïveté d'un groupe talentueux et qui entend le montrer. Cela donne une œuvre hybride, parfois hésitante, particulièrement au niveau du chant, mais bigrement efficace et touchante par des orchestrations d'une fraîcheur bienvenue, malgré une production faiblarde. Ryu s'est donné à fond pour pondre ce bijou, à croire même qu'il a tout donné du premier coup, tant les productions ultérieures, sans être des ratés, n'atteindront jamais l'authenticité de cet album.

17/20

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