Shelter

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Nom du groupe Alcest
Nom de l'album Shelter
Type Album
Date de parution 17 Janvier 2014
Style MusicalMetal Atmosphérique
Membres possèdant cet album58

Tracklist

1. Wings 01:32
2. Opale 04:56
3. La Nuit Marche avec Moi 04:58
4. Voix Sereines 06:43
5. L'Éveil des Muses 06:49
6. Shelter 05:29
7. Away 05:02
8. Délivrance 10:05
Total playing time 45:34

Chronique @ Naiwan

29 Janvier 2014

Une rénovation digne des maçons du cœur. Bien pimpante et neuve… Mais je préfèrais le petit cabanon...

Alcest... Qui ne connaît pas Alcest dans la sphère metal française de nos jours? Ce projet mené d'une main de velours dans un gant de soie par Neige a illuminé les recoins les plus sombres du Black Metal hexagonal en y apportant une touche de mélodie, de fraîcheur, tout en gardant son aspect primitif. Coupler le son harsh, les riffs en trémolo picking, les voix hurlées et maîtrisées comme peu savent, avec des nappes mélodiques, acoustiques, des rythmes lents et porteur d'une douceur peu commune, douceur supportée par une voix angélique, cajolant nos oreilles comme le ferait un bon repas à notre ventre affamé... C'était le cadeau d'Alcest au monde.

A mi-chemin entre Black Metal, Post-Rock et Shoegaze, Alcest a toujours proposé une musique hybride, voir bâtarde tant certains éléments s'opposaient fortement, ce qui a d'ailleurs fait jaser énormément d'habitués du BM trad', qualifiant le groupe de Neige de « formation de pédales » et autre mots tournant pas mal autour de... Ouais, l'anus. Et des délires un poil homophobes.
Mais outrepassée la fermeture d'esprit de certains, Alcest a su s'imposer comme un leader du Post-Black Metal en seulement trois albums d'intensité et de profondeur difficilement égalables dans le milieu.

Lorsqu'en 2012, Neige a annoncé qu'il laissait tomber le chant hurlé, je me suis dit qu'on se rapprocherait sans doute d'un adoucissement dans les mœurs au profit d'un abandon du metal, à la manière d'Opeth ou Anathema. Je me suis pris à espérer que ce n'était pas le cas... Et lorsque la nouvelle est tombée, que le combo a déclaré que leur prochaine production s'intitulerait « Shelter » et ne serait pas un album de Metal mais un album de Shoegaze... Et bien j'ai pris un poing dans les couilles.
Il est avec certains artistes parfois une intuition qui susurre dans le coin de l’oreille que ça ne pourra pas être mieux, que s'ils changent de registre, ça sera forcément moins bien, qu'au final, on se verra se lamenter en écoutant nostalgiquement les anciens albums en piaillant de nos voix de vieux cons « C'était mieux avant »...
Bizarrement, et ce contrairement aux deux piliers du metal susnommés, ce fut le cas pour moi avec Alcest.

Shelter a donc débuté dans mes oreilles avec un sacré handicap. Handicap décuplé à la sortie du clip de « Opale », qui s'éloigne définitivement des délires champêtres, féériques s'inscrivant dans la lignée de ce trip véhiculé par le sieur Neige depuis « Le Secret ». Un truc totalement perrave, sans aucun autre intérêt que de dire « Voilà. On a changé, maintenant, on fait de la pop ».

Bon, je vous vois venir « oh le fils de pute, il a pris parti! Il va descendre Shelter! ». Et bien oui. C’est ça. Fils de pute. Mais non, en fait. Parce qu'au-delà de la première impression vient la seconde. L'accès à l'écoute intégrale permet de se faire une idée plus optimale de ce qu'est ce changement et d'appuyer les propos véhiculés précédemment par une construction plus large. Et un brin plus objective aussi.

Pour commencer, oui, Alcest a dégringolé cash dans mon estime et dans mes impressions quand le clip d'Opale a été mis en ligne.
C'est vraiment fade, insipide, beaucoup trop lumineux. Dans la production, dans le geste et l'intention générale, on a l'impression d'entendre du U2, en français et auquel on ne comprend cependant pas toutes les paroles. Comment est-ce qu'Alcest a pu descendre aussi bas dans ce type de choix? Comment un groupe si imposant auparavant de par son parti pris de mélanger avec brio ténèbres et lumière a pu choir de son piédestal en un seul morceau?

La réponse vient après : Alcest n'a pas chu. Enfin, du moins pas totalement. Pas jusqu'au sol.
La suite se veut un peu moins « moyenne » pour parler franchement, et des titres comme « La Nuit Marche Avec Moi » ou « Voix Sereines » créent une véritable ambiance post-rock totalement planante. On se surprend à remettre les morceaux une, deux puis trois fois en s'étonnant avec quelle simplicité la pilule passe. On reconnaît la patte de Neige sur les compositions, les arpèges et le côté léger des anciens morceaux (avec quand même une mention spéciale à la distorsion toute gentille des guitares de « Voix Sereines », car bordel, ça fait du bien d'entendre un poil de saturation). C'est même beau tant c'est bien pensé.

Bien évidemment, plus une once de Blast pour faire bouger la nuque, et l'aspect « visuel » de la mélodie indique clairement une orientation solaire. Plus une goutte de noirceur, et les quelques ponts qui entraînent une certaine mélancolie ne sont plus aussi poignants qu'ils l'étaient auparavant. Tout est vraiment éthéré, propre, agréable à l'écoute. Tellement que sur certains titres, on se fait chier.

Dire que ce n'était pas le cas avant serait un peu comme voiler une semi-vérité. Sur chaque album d'Alcest, il y a toujours eu des « temps forts » et des « temps mous ». Rétrospectivement, c'était soit des instrumentaux présents apportant une ambiance continue pour terminer ou relancer l'album après deux ou trois morceaux extraordinaires, soit des chansons plus douces, utilisant des formes moins accrocheuses que les morceaux précédents... Mais voilà, ils étaient là, et même si on les aimait moins, on les écoutait quand même.
Ce qui manque le plus, c'est l'aspect progressif, à la fois des titres, mais aussi de l'album en général. C'est beaucoup plus linéaire, plus « facile d'accès ». En soi ce n'est pas forcément un mal quand on veut gagner du public, mais par forcément un plus quand on veut garder celui qu'on a déjà acquis.

Cependant, et ce malgré l'aspect plutôt « négatif » de ma rédaction jusqu'à présent, je tiens quand même à dire qu'au moins à mes yeux, la démarche paraît sincère. Si mal formulée et pas encore au point, Alcest a quand même le mérite d'avoir pris la décision de cracher sur ce qu'on « attendait » d'eux au profit de ce qu'ils avaient envie de faire. Ne pas s'enfermer dans un carcan et explorer de nouvelles contrées sont toujours pour un groupe un exercice périlleux, mais c'est à ce moment qu'on peut définir si un groupe passe au rang des divinités ou alors échoue et se casse la gueule.

Dans le cas de Shelter, ce n'est pas tout à fait un échec. Objectivement pas une victoire, tant j'ai eu du mal à vraiment m'en imprégner et rendre l'écoute agréable, mais recelant de bonnes idées d'intérêts divers.
Alors pour le fan de Black Metal de base qui se disait que passer « Ecailles de Lune » était son moment « tarlouze » de la journée, je le déconseille fortement. L'apoplexie lui serait sans doute fatale.
Pour quelqu'un d'un poil plus ouvert et intéressé... Et bien en retirera ce qu'il en retirera, mais ne pas passer à côté serait déjà un bon début, pour, ne serait-ce que dire « voilà, je l'ai fait ».

Ah, dernière chose.
Dans un commentaire d'une News récemment postée, quelqu'un s'offusquait de la simplicité de la piste de batterie sur le morceau « Délivrance », qui clôture le disque. Il est évident que sur tout l'album, le niveau technique a considérablement baissé. Mais bon...
Un jour, si tu nous lis... S'il te plaît Winterhalter. Cale du blast quelque part. Il était si beau, si pur... Ça manque.

14 Commentaires

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rikkit - 03 Fevrier 2014: Opale pète sa mère. En live c'est quelque chose.
Jcbrutal - 03 Fevrier 2014: Excellent album pour ma part. Différent mais fidèle.
vedder - 06 Juillet 2016: Et personne ne mentionne le fait que Neil Halstead vient s'incruster sur Away ? Une petite mention de cette légende vivante du shoegaze dans la chronique me semblait nécessaire, qu'on aime ou pas le morceau et l'album.
Naiwan - 06 Juillet 2016: Personne.
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