Fondé à Preston en 1986 autour du guitariste chanteur Chris Astley,
Xentrix débute sa carrière par des reprises, avant de se lancer dans la composition d’un speed thrash directement inspiré par l’école Bay
Area de
Metallica &
Testament, tout comme ses compatriotes de
Slammer ou
DAM. Encore intéressée par le thrash à cette époque, et séduite par les deux démos du groupe, l’écurie Roadrunner lui offre alors un contrat début 1989, débouchant sur le premier LP
Shattered Existence. L’album est relativement bien accueilli à sa sortie, et particulièrement sur le territoire britannique, qui possède en plus de
Sabbat un nouveau leader, capable de rivaliser avec les formations heavy thrash californiennes, d’une suprématie insolente.
D’entrée,
Shattered Existence frappe fort avec les mémorables No Compromise et
Balance Of Power, sur leurs rythmiques entraînantes et leurs riffs mélodiques, soutenant le chant nerveux de Chris Astley, rappelant incroyablement les intonations de James Hetfield et de Chuck Billy. Mais, bien que l’album réserve encore d’agréables surprises, à l’image des inspirés
Crimes et
Heaven Cent, il développe en revanche des structures trop similaires, pour conserver la force de ses deux premiers morceaux.
Heureusement, grâce à la qualité de ses harmonies et de ses nombreux soli, tout en restant brillamment hargneux,
Shattered Existence s’écoute ainsi très facilement, dégageant une fraîcheur en tout point appréciable. L’album bénéficie en outre d’un enregistrement soigné de John Cuniberti, dotant l’ensemble d’un son à la fois mordant, profond et chaleureux, qui illumine admirablement les compositions.
Aux colorations
Master Of Puppets et The
Legacy évidentes,
Shattered Existence trouve ainsi immédiatement son public, citant
Xentrix comme la relève assurée de
Metallica et de
Testament, qui s’écartent progressivement du thrash fougueux de leurs débuts. Ces comparaisons flatteuses sous-entendent toutefois le manque flagrant d’identité du quatuor britannique, dont la pérennité doit impérativement passer par un thrash plus personnel, qui lui permettrait de dépasser le simple stade des bons albums.
Fabien.
Sorti la même année (1989) que "Practice What You Preach" de Testament, ce très bon "Shattered Existence" de Xentrix lui est supérieur.
Je n'irais pas jusqu'à affirmer que l'élève allait surpasser le maître (par la suite Testament reprendra du poil de la bête, alors que Xentrix splittera), mais comme le dit Fabien, à cette période Testament et Metallica commençaient à s'éloigner du Speed/Thrash Metal pour interpréter un style moins virulent.
D'ailleurs on peut rajouter dans la même catégorie que Xentrix (car évoluant dans le même registre) les américains d'Atrophy, dont le très bon "Socialized Hate" était sorti l'année précédente (1988).
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