Le nom de certains groupes est ancré dans l’imaginaire collectif, vestige d’un passé lointain et glorieux respecté pour leur travail mais que personne n’écoute et a fortiori n’achète, on les croit même parfois disparus...
Sadist fait partie de ceux là : fondé en 1990 et ayant notamment pondu deux albums de Death technique monumentaux ,
Above the Light (1993) et
Tribe (1996) unanimement encensés (à part sur
Metal Archives où le péquin de chroniqueur n’a rien saisi). Pourtant jamais le groupe de Tommy Talamanca ne parviendra à se faire un nom dans le style comme les légendaires
Atheist notamment, et l’incursion Mathcore de l’album
Lego suivi d’une séparation auraient due clore l’affaire.
Seulement après la reformation de 2005 avec un disque éponyme marquant leur retour, les transalpins sont toujours là, lâchant leur sixième Full Lenght
Season in Silence (2010) avec le soutien de Scarlet Records. La présence du vieux logo sur la pochette rassurera sans nulle doute les vieux fans sur les intentions du combo ici : pas d’expérimentations Mathcore hasardeuses ici,
Sadist reste fidèle au Death
Metal même en étant loin des canons du style.
Le son de clavier de l’intro paraîtra d’ailleurs très familier aux habitués des deux premiers albums du combo avant de constater dès Broken and
Reborn qu’il n’a rien perdu de sa maîtrise et de sa précision dans des constructions parfois alambiquées, souvent originales et généralement imparables.
Sadist est composé avant tout de musiciens très doués, d’ailleurs on retrouve tout au long de
Season in Silence les riffs époustouflants de Tommy Talamanca ainsi que ses touches de clavier (a)typiques et judicieuses, le jeu de basse flamboyant mais pas démonstratif de Andy Marchini ainsi que la maîtrise et la polyvalence du batteur Alessio Spallarossa. Le chanteur Trevor n’est pas en reste, aussi à l’aise dans les growls que dans des parties plus criardes calquées sur Tomas Lindberg (
At The Gates) et auteur de l’intégralité des paroles, genre de conte d’épouvante à mi chemin entre Tim Burton et
Halloween. On signalera à ce propos le très bel artwork de Davide Nadalin, mis d’autant plus en valeur par le superbe digipack de Scarlet Records.
Bien loin de se plier aux règles établies, le Death
Metal de
Sadist n’est pas une course à la rapidité et la brutalité, ni d’ailleurs une compétition pour placer le plus possibles de riffs complexes et techniques, la maîtrise des musiciens sert ici à magnifier les compositions, pas pour frimer sur leur niveau.
Season in Silence sonne comme du Theory in Practice (époque Colonizing the Sun) / Old
Cynic avec des plans Heavy / Thrash Prog à la Symphony-X, quelques vestiges de ce dernier est notamment palpable au travers du dynamique titre éponyme ou des harmonies de Bloody
Cold Winter. Remarquable d’homogénéité, difficile de mettre en avant un titre plutôt qu’un autre sur cette galette, on peut cependant citer
Evil Birds aux guitares accrocheuses, breaks angoissants et parties narrées façon
King Diamond (quand je dis qu’ils savent tout faire !) ou Snowman plus direct et percutant. D’ailleurs ceux qui ont été déçu (on les comprend !) pas le dernier
Cynic un peu trop mou de genou trouveront peut-être avec ce skeud de quoi étancher leur soif de Death / Prog de qualité.
Quand on tire le bilan il est difficile de reprocher quoi que ce soit à ce 6ème album des italiens, si ce n’est l’absence du grain de folie et de l’ambiance parfois ésotérique qui régnait sur ses deux premiers méfaits. Attention toutefois, inconditionnels du Death brutal uniquement : passez votre chemin, la subtilité de
Season in Silence risque de vous rebuter bien vite… Les autres se délecteront de cette offrande subtile d’un Tommy Talamanca se moquant des modes actuelles et proposant une fois de plus un opus tout à fait personnel : une goutte de finesse dans un océan de Slam Death caricatural et brutal Death sans personnalité. La classe tout simplement.
BG
J'ai encore écouté cet opus l'autre jour je le trouve superbe tout comme l'artwork. La comparaison avec King Diamond et Tim burton pour l'ambiance générale qui émane de ce disque est bien vu tout comme la chronique. Pour moi la note est un poil sévère j'aurai mis un excellent 16 voir proche d'un 17/20.Je suppose que la notation se fait aussi en comparaison des deux premiers opus du groupe que je n'ai pas encore eu le plaisir d'écouter il me tarde de les découvrir.
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