7 ans après le split qui suivit la sortie du très controversé
Lego, les Italiens reviennent en force avec un album éponyme.
Outre le sobre titre de l'album (cette fois sans jeu de mot foireux n'évoquant à l'auditeur non italien que des jouets très douloureux pour les pieds imprudents), la pochette laisse également présager d'un retour aux sources : sombre, mystérieuse, avec le logo caractéristique du groupe.
Dès la première écoute, force est de constater que l'impression était bonne. Cet album c'est du
Sadist pur jus, dense, complexe, qu'on pourrait étiquetter comme du Death technique avec des relents jazzy et une place importante au synthé.
Pas facile à vrai dire de décrire cet album à multiples facettes.
L'intro Jagriti, très orientale avec ses percussions, accélère progressivement pour nous emmener dans une ambiance envoûtante, exotique et franchement pas commune pour un album de Death.
Exotique, oui, car en plus du synthétiseur déjà original et caractéristique de la musique de
Sadist, ici les musicos ont choisi d'utiliser des instruments comme le bouzouki grec, la mandoline, le sitar (très présent sur Excited and desirous) et des percussions orientales, qui apportent une touche bien particulière à l'album.
Une touche pas si nouvelle, car elle rappellera aux fans inconditionnels des premiers albums des morceaux comme India ou encore le splendide Reign of Asmat (sur l'album culte
Tribe).
Comme d'habitude avec
Sadist, il y a un côté jazzy dans les compos. Sauf que comparé aux autres albums, cette facette est encore plus accentuée ici. Exemple, les morceaux
Embracing The Form of
Life et Different Melodies, qui ne sont pas sans rappeller
Atheist, la référence dans le genre, avec un côté plus mélodique.
Autre point commun avec les vieux albums, la présence des instrus. Kopto, très apaisante et presque aérienne, est un pur joyau, digne de From Bellatrix to Betelgeuse de
Tribe. A la fin de l'album, surprise, on retrouve même la vieille instru
Sadist (en version remasterisée, même si moins sympa qu'à l'origine) du premier chef d'oeuvre du groupe,
Above the Light.
Mais bon sang, j'en oublierais l'essentiel. C'est avant tout un album de Death metal, avec son lot de riffs headbangants. Malgré sa virtuosité, le guitariste Tommy Talamanca ne se perd pas dans une démonstration technique ennuyeuse. Les riffs sont efficaces, vont à l'essentiel, parfois très terre-à-terre (One thousand memories), et le chant de Trevor, très criard, apporte une sacrée énergie à l'album. Il peut ne pas plaire au premier abord mais a le mérite de coller avec la musique et finalement d'ajouter encore à l'identité du groupe. Ajoutez à ça un synthé judicieusement utilisé, tantôt mystérieux ou malsain, qui permet aux passages plus pêchus de ressortir encore mieux. Mais attention, quand je dis ça, ça reste du
Sadist, un groupe très atypique. Ne vous attendez pas à un concentré de brutalité aseptisée tels que le font des millions de groupes aujourd'hui, vous seriez déçus.
Concernant le jeu des musiciens, aucun doute là dessus, ils sont exceptionnels. Les solos éclatants de Talamanca font mouche à chaque fois, tout dans le feeling, à l'italienne. Il faut aussi saluer le travail formidable du bassiste Andy Marchini, avec des lignes de basse très diversifiées, qui apportent groove et profondeur. Le batteur Alessio Spallarossa est lui aussi très polyvalent, pas en reste pour marteler les fûts puis passer instantanément à un délire jazz.
Pour conclure cette chronique décousue, cet album est une sorte de petit frère de
Tribe, plus sage, plus moderne, et devrait plaire à tous les inconditionnels des deux premiers albums, ou pour ceux qui ne connaissent pas, à
Atheist,
Cynic ou encore
Pestilence. C'est un album bien pensé, mature, avec une certaine uniformité, mais des morceaux qui se démarquent suffisamment entre eux. Quelques points négatifs quand même, la complexité de l'album, presque aussi décousu que ma chronique. Il faut bien des écoutes pour arriver à apprivoiser la bête, même si les habitués du genre sauront entrevoir dès les premières écoutes ce que recèle cette galette. Deuxièmement, malgré la comparaison, ne vous attendez peut-être pas à être aussi surpris qu'avec
Tribe, cet album est plus sage, moins inattendu...
17/20
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