Sacred Heart

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Nom du groupe Dio (USA)
Nom de l'album Sacred Heart
Type Album
Date de parution 15 Août 1985
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album445

Tracklist

1.
 King of Rock and Roll
 03:43
2.
 Sacred Heart
 06:25
3.
 Another Lie
 03:50
4.
 Rock 'n' Roll Children
 04:30
5.
 Hungry for Heaven
 04:08
6.
 Like the Beat of a Heart
 04:20
7.
 Just Another Day
 03:20
8.
 Fallen Angels
 03:59
9.
 Shoot Shoot
 04:16

Durée totale : 38:31


Chronique @ AlonewithL

28 Octobre 2010
À chaque année son défi. Car l’avenir ne se lisait pas au travers d’une boule de cristal, ni à l’époque, ni aujourd’hui d’ailleurs. En l’espace d’une poignée d’années, Ronnie James Dio a assuré pour l’avenir la pérennité de son œuvre sous l’étiquette « Dio ». Les deux premiers opus de son projet solo, à savoir « Holy Diver » (1983) et « The Last in Line » (1984), sont les plus unanimement perçus comme étant l’excellence de sa carrière de chanteur et compositeur. Le 3ème opus, celui qui va nous intéresser, « Sacred Heart » (1985), lui aussi grand classique de la formation, n’est pas forcément considéré à la même estime par les fans comme par les non-fans. Ce constat peut s’établir avec plus de certitude avec le recul pris des décennies passées.
En effet, les sonorités exploitées sur « Sacred Heart » étaient consensuelles, voir même repliées, aux années 80. « Holy Diver » a traversée les années sans encombre; « Sacred Heart » plus difficilement. La magnifique et néanmoins énigmatique pochette, d’une dimension épique encore jamais vu dans les œuvres de la carrière de Dio, nous invite autant à l’interrogation qu’à l’imaginaire. Même les formules inscrites sur le cadran sont encore actuellement sujettes à questionnements. Rien ne transpire de la qualité ou du style contenu à l’intérieur du produit; à moins d’en venir à briser la boule de cristal sacrée.

« King of Rock and Roll » était pourtant là dans l’unique but de faire disparaître toutes nos craintes. Un chant y délivre toute sa puissance et de solides riffs dans un parfait équilibre continu surgissent sous les acclamations nourries d’une foule. C’est une ambiance de stade où Ronnie James Dio se sent l’égal d’un roi.
Un autre grand titre va lui succéder, mais dans un tout autre milieu et au travers d’une autre facette de l’album, moins heavy. On passe des palpitations torrides à une marche frigorifiée. Ambiance moins chaleureuse donc pour « Sacred Heart », mais emprunt d’un certain mysticisme enchanteur, marqués principalement avec ses airs riffés ou en fond sonore de claviers qui nous feraient facilement croire à de la « magie ». Une seule cadence calme et automatisée à travers toute la piste. Même la guitare de Vivian Campbell est tenue au respect. Cet instrument sera placé dans une situation difficile, presque inconfortable, où il sera mis à égalité avec les claviers sur les titres FM « Rock ‘n’ Roll Children » et « Hungry for Heaven ». Le premier de ces titres sera cependant plus volatile que le second, avec ses couplets aux riffs et au ton crispés.
Vivian Campbell disposera tout de même de magnifiques solis pour s’exprimer à son avantage. Quand on songe que cela aura été son dernier album aux côtés de « Dio »…

Quant au maître sorcier en personne, R.J.D; pas de réelle surprise dans son chant. Une voix toujours aussi scandée et martelée, propre à lui-même. Plus concentré, peut être plus clair sur les titres FM précités. Il jouera au magicien de « Fantasia » sur l’étrange « Like the Beat of a Heart ». Le rythme nonchalant, « traîne-pieds » des instruments sera placé sous la coordination de sa baguette maléfique.
Il fera un peu plus défaut sur « Another Lie ». Un timbre de voix neutre qui s’accommode mal avec les effusions hardesques et incongrues de la musique.
On se serait dit ensuite que Dio aurait été plus performant encore sur un titre purement heavy. En fait ce n’est pas tellement le cas. Le titre heavy vient sur « Just Another Day », et le chant plutôt sommaire, se met en complet décalage au milieu d’une agitation faite de prises de vitesse et de rétrogradations. Un passant errant sur la piste d’une course, à quelque chose près. Guitare et basse tiennent leur revanche, mais le titre laisse un goût d’inachevé. Pourtant l’exploit était à portée de micro.

Sur « Fallen Angels », Dio se mettra au défit de ses habitudes, en proposant un chant moins étriqué, qui parvient péniblement à l’emporter sur la rébellion guitare/batterie. Seul un coup de fusil à pompe permettra d’y mettre fin, avant que ne suive le dernier titre de l’album « Shoot Shoot », qu’on estimerait assez osé au niveau de la constitution. S’y développe une rythmique hard qui se limitera le plus essentiellement à de petits riffs simples, effeuillés par ci par là, tout au contraire de la cadence lourde de vieille locomotive du heavy propre à « Dio ». Ici on a le vague sentiment que les instruments se laissent aller. Ce n’est pourtant qu’une impression, car le morceau en soi est solidement charpenté. Pour conjurer cela, il faut souligner que le titre ne rentrera pas pour autant dans les annales du groupe, ou bien seulement en bas de page.

« Sacred Heart » confirme le sentiment que le cap du troisième album pour une formation (même légendaire) est toujours le plus difficile à passer. En quête perpétuel de nouveaux sons, aussi et surtout pour ne pas être amené à se répéter, on en vient parfois à adoucir et même à régresser sa musique. En ce qui concerne « Sacred Heart », il serait impardonnable d’évoquer une régression. Un album plus compliqué, oui. Dans un sens, on parvient aussi à entrevoir un passage à creux entamé par le départ de Messire Campbell pour rejoindre les « Whitesnake ». Dio devra invoquer plusieurs fois le diable Murray pour qu’un shaman accompagné d’un dragon n’apparaissent enfin au secours du sorcier.

14/20

20 Commentaires

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AlonewithL - 31 Octobre 2010: "Quant à Dio vénérant Satan ou je ne sais quelle connerie, c'est complètement ridicule".

C'était pas bien méchant. C'est vrai qu'à comparer avec "Mayhem", "Emperor" and Co, c'est drôle.

Tiens, "Dream Evil" je l'ai pas senti pareil, mais pas du tout. J'ai pourtant écouté à la même durée par rapport aux deux premiers opus (je me le suis coltiné sur mes trajets; j'avais alors la flemme de passer un autre disque). Je suis peut être trop sévère.
Celà vaudrait bien une réécoute de ma part.
ZazPanzer - 31 Octobre 2010: Je ne parlais pas de ta chro Alone mais du comment de Botem. Et d'ailleurs je me suis mal exprimé, je ne voulais pas paraître hautain. Désolé.
AlonewithL - 31 Octobre 2010: Non, j'avais bien compris que celà désignait Botem. Dio sataniste, je n'y avais jamais songé, il faut le dire. Ce genre d'allégation est juste amusante, et je penses que Botem ne prenait pas celà vraiment au sérieux. On recherche parfois à donner une image au delà du simple mythique à une de nos idôle. Songes un peu à ce qui a été dit sur Presley après sa mort, là c'était vraiment ridicule.
samolice - 11 Décembre 2012: Merci pour la chronique Alone, même si je la trouve sévère.
"Rock ‘n’ Roll Children" par exemple est à mon goût un trés bon morceau de hard rock et les claviers, bien présents certes, n'en font pas un titre fm pour autant.

Tout à fait d'accord avec toi en revanche pour souligner la qualité des soli de Campbell. Ce gars là avait l'art de proposer des lignes hyper mélodiques que l'on pouvait facilement mémoriser et fredonner. Je suis fan.
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