Voici le lieu où tout débuta.
La bonne fortune de certains artistes peut être irrémédiablement marquée par certains aléas qui modèlent immanquablement leur destin. Et alors qu’un avenir prometteur leur semblait acquis, l’impondérable ironie du sort peut semer en ces chemins le doute destructeur duquel même les plus obstinés ne parviennent pas nécessairement à s’extraire.
Encore une fois, évoquons ici
Return to Heaven Denied (1998) qui aurait dut consacrer légitimement les transalpins de
Labyrinth. Le sacre, simple formalité, devait être splendide et la chute en fut d’autant plus désastreuse. Au son détestable d’un moyen
Sons of Thunder (2000) les italiens virent leur devenir bouleversé alors même qu’il n’était pas totalement responsable de ce naufrage sonore au mixage épouvantable. Le récit de ce drame sans cesse ressassé pourrait n’être qu’une obsession amère née de l’indicible peine d’adeptes déçus, et ceux qui continueraient, encore et encore, à le ressasser sans cesse n’en deviendraient alors que davantage aigris. Pourtant l’histoire n’est qu’un éternel recommencement et semblant animer par la volonté de reprendre la trame de cette destiné promise là où elle se brisa nette,
Labyrinth décide de sortir le deuxième tomes de cette formidable épopées que fut
Return to Heaven Denied.
Voici le lieu où la légende renait.
Douze ans auront passées. Douze longues années d’une interminable convalescence. Douze printemps où le groupe aura essaimés des œuvres à l’intérêt, somme toute, assez relatif. Douze étés où il aura acquis un caractère qui, à défaut d’être toujours totalement séduisant pour les adeptes nés de l’ère de
Return to Heaven Denied premier, demeure très personnel. Douze automnes et douze hivers où chacun des indéfectibles partisans de ce groupe aura gardé vivace l’espoir, même infime, de voir renaître la formation enfin guéries. Les désirs inassouvis prennent fin ici et, dès lors, l’interrogation s’impose, qu’en-est-il de cette suite d’une histoire entamé il y a plus d’une décennie ? Merveilleuse ? Médiocre ? Les deux ?
A vrai dire si, bien évidemment, la magie liée à l’exaltation fébrile de ces formidables premières fois n’est plus guère de mise avec
Labyrinth ; ce nouveau chapitre nous ramène forcément avec nostalgie en des contrées délicieusement connues. Cette évidence subjective énoncés, laissons place dès lors à une certaines objectivités.
Musicalement l’opus se définis très clairement comme le successeur du premier volet en défendant un Heavy Speed
Metal s’éloignant, quelques peu, de la musique aux aspirations plus progressive d’un
6 Days to Nowhere (2007).
Plus incisif, plus véloce, plus agressif et plus inspirés l’ensemble apparait d’emblé comme plus séduisant et des titres tels que le rapide The
Shooting Star, dont les prémices nous rappellent subrepticement le titre
Moonlight, ou, par exemple, le prompt To Where We Belong semblent charmeurs. Si l’ensemble est indiscutablement plus âpre, les italiens, en musiciens aguerris et nourris de ces années passées, savent aussi bâtir des titres aux constructions variés où les pianos et claviers s’expriment en des passages plus intimistes (A Chance, A Midnight Autumns
Dream ou encore, par exemple, A Painting in the Wall). Ainsi le groupe parvient admirablement à faire le lien entre celui qu’il fut autrefois et celui qu’il est désormais.
S’il n’est pas absolument nécessaire d’évoquer les exceptionnels talents de ces musiciens, et notamment d’un remarquable Roberto Tiranti, il nous est impossible de taire le retour d’Olaf Thorsen au sein de la formation.
Cependant, si l’ensemble demeure donc remarquablement séduisant, il ne peut se défaire de certains stigmates gênant et, notamment, par exemple, de ce dessein farouche à vouloir faire de ce second volet, parfois, une copie un peu trop conforme à l’œuvre originelle.
Voici le lieu où tout s’achève ?
Ce deuxième épisode recèle donc tout l’art de
Labyrinth et il s’affirme incontestablement comme une œuvre attachante. Si l’opus semble moins réussi, et moins charismatique, que le premier chapitre de ce conte, il n’en demeure pas moins une superbe manière de faire revivre, sans être caricaturale, une époque où ces italiens excellaient. Il n’est pas certain, toutefois, que cette vision quelque peu passéiste soit totalement convaincante pour ceux que seule la nouveauté intrigue.
J'ai aussi eu la chance de les voir sur scène du temps du premier Return to Heaven Denied et ça reste un grand souvenir.
Pour ce qui est du gâchis, évidemment je partage ton avis...
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