Reptilian

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Nom du groupe Keep Of Kalessin
Nom de l'album Reptilian
Type Album
Date de parution 10 Mai 2010
Style MusicalBlack Thrash
Membres possèdant cet album84

Tracklist

1. Dragon Iconography 07:30
2. The Awakening 08:19
3. Judgement 05:10
4. The Dragontower 04:43
5. Leaving the Mortal Flesh 04:25
6. Dark as Moonless Night 05:50
7. The Divine Land 06:47
8. Reptilian Majesty 14:13
Total playing time 56:57

Chronique @ Matai

03 Juin 2010

Keep of Kalessin perd peu à peu son âme et devient quasiment une entité commerciale...

Nouvel album pour Keep of Kalessin, qui ne cesse de progresser année après année. En quête d’une certaine reconnaissance, le combo nous concocte encore du black/thrash plus épique et symphonique cette fois-ci. Plus éloigné d’un « Armada » ultra accrochant, agressif et aux titres dantesques, plus près d’un « Kolossus » aux relents atmosphériques et sympho, « Reptilian » et sa pochette eragonesque s’inscrit plus dans la suite logique à laquelle il se prédestinait : une entité plus commerciale, moins originale, plus passe partout. Leur candidature à l’Eurovision cette année avait encore plus semé le doute et la sortie de cet album renforce de nouveau ce doute : l’agressivité des titres a été atténuée, les mélodies priment, et pour couronner le tout, la longueur et le manque de progression lassent bien trop rapidement. Huit titres assez linéaires composent l’album, les structures variant peu et donnant parfois une impression de déjà-vu. Ajoutons à cela une production trop lisse, trop nickel, et un ensemble assez mou du genou, même si quelques passages rapides remontent le niveau. Cerise sur le gâteau, le chant, qui a perdu son tranchant et son grain caverneux au profit de quelque chose plus modulé, grave, peut-être, mais pas assez incisif, et d’un chant clair plus omniprésent.

Que de défauts pour un album assez attendu par les critiques mais aussi les fans. Que de points négatifs pour un groupe qui pourtant sait nous concocter des titres transcendants, remplis d’émotion et de sensibilité. Il est légitime de se demander si la magie Keep of Kalessin a disparu, si tout ce que nous aimions d’eux s’est envolé, si le plaisir éprouvé à l’écoute de « The Black Uncharted » dans Armada ou « Warmonger » dans Kolossus pouvait se retrouver ici, dans Reptilian. Je ne sais pas si on peut parler ici de « plaisir » mais il faut tout de même le dire, quelques titres, quelques passages sont bons et bien sympathiques sans pour autant être incontournables. Et d’autres, forcément, sont très décevants.

Le titre introducteur, « Dragon Iconography », ouvre l’album avec une intro semi acoustique, des chœurs, et des guitares ayant pour le coup un peu de mal à lancer des offensives. Des riffs tantôt orientaux à la Melechesh, tantôt thrash, quelques touches de claviers en fond par moment, et le tout est lancé. Rapide, tranchant, le chant black est assez fade cependant, surtout quand arrive le refrain, où tout est propre. Les guitares sont entraînantes, des solos sont de la partie, la batterie est un chouillat trop linéaire. La fin est intéressante, surtout quand arrivent les chœurs et la symphonie mais le chant est de nouveau assez décevant.
« The Awakening » est sans doute la pièce maîtresse de l’album et le meilleur morceau. Long de plus de huit minutes, l’intro atmosphérique aux guitares saccadées est assez particulière mais originale. L’ambiance est assez sombre et maléfique jusqu’à l’accélération du rythme, les riffs et la batterie étant assez rapide. L’apparition des chœurs et des claviers peut surprendre mais apporte pas mal de saveur au titre. Le chant est assez incisif pour une fois et s’ancre bien dans la musique, à mesure que les minutes passent et nous révèlent de plus en plus de sonorités et d’harmonies ténébreuses. La rapidité du rythme nous entraîne dans un tourbillon d’agressivité jusqu’à des passages étonnants et plein de sensibilité, où les atmosphères et le chant clair nous embarquent vers quelque chose de plus lumineux et mélancolique. Une excellente alternance de brutalité et d’ambiance apportant beaucoup d’émotions.

Tiens, vient « The Dragontower » est un sourire se dresse. Le titre de l’Eurovision ! On a tout de suite une certaine appréhension avant d’écouter, et même dès les premières secondes. Qu’est-ce que ça va donner ? A quoi cela va-t-il ressembler ? On se doute tout de suite que cela risque d’être mauvais. Et c’est bien le cas. Le combo sort le grand jeu, claviers, chœurs et chant clair en priorité, rythme entraînant, certes, mais pas agressif pour un sous, guitares assez linéaires et fades, un refrain niait comme pas possible avec ces mélodies trop claires et trop mignonnes, des bons solos, techniques, ça rattrape un peu le coup mais ça suffit pas. Et la fin est décevante. Rien à voir avec du black ni du thrash, l’ensemble se rapproche beaucoup plus du power métal.
Ah, heureusement qu’on a « Leaving the Mortal Flesh » pour remonter un tant soit peu le niveau. Ce titre est excellent et correspond bien à la patte Keep of Kalessin. L’ultime mélange de la brutalité des titres et de la mélodie. Les guitares bien black nous offrent des riffs étonnants et bien recherchés, thrash par moment, mais surtout rageurs. Le rythme est très rapide et bien entraînant, le chant assez tranchant et caverneux. C’est efficace, c’est bien bourrin, les claviers sont très effacés et n’offrent que quelques nappes de ci de là, histoire d’apporter une petite harmonie. Un réel plaisir, d’autant plus qu’il suit directement le titre de l’Eurovision, ça permet d’oublier cette petite blague…(peut-être pour ça qu'on l'aime bien finalement!).

J’ai un avis mitigé sur le dernier morceau, « Reptilian Majesty », le pavé de l’album vu qu’il dure plus de quatorze minutes. On ne peut pas dire qu’il soit très bon, surtout qu’il y a des passages assez ennuyants, mais certains sont vraiment intéressants. Notamment l’intro, qui n’est que le calme avant la tempête, vu que la suite se veut plus bourrine et black, avec ces nappes de claviers en fond, ce chant tranchant et ces guitares agressives mais mélodiques. Une véritable déflagration en somme mais elle dure trop longtemps pour ma part si bien qu’on s’ennuie au bout d’un certain moment. Le rythme ralentit subitement pour nous apporter quelque chose de planant et mystérieux (une sorte de passage à la Arcturus avec ces claviers qui donnent beaucoup d’importance à la musique). Ce qui suit est assez lent mais la technique des grattes est mise en avant si bien qu’on entend pratiquement qu’elles pendant plusieurs minutes (ça en devient même lassant surtout que les mélodies sont répétées comme pour nous hypnotiser…). La suite se veut être la parfaite copie du début pendant plusieurs minutes aussi du coup on a l’impression d’avoir mis une deuxième fois le titre mais bon, vu que la mélodie est assez prenante, on s’y fait. Et puis, le rythme décélère petit à petit, on croit que c’est la fin, mais non, il n’y a plus de guitares peut-être, mais les claviers sont de la partie. Ambiance planante et froide, pour une fin tout en délicatesse.

On retiendra de cet album pas mal de déception même si certains titres font assez bonne impression, même si certaines mélodies sont envoutantes, même si le surplus de claviers donnent un style, mais tout de même, Keep of Kalessin perd peu à peu son âme et devient quasiment (si ce n’est déjà fait) une entité commerciale. Le tout n’est pas mémorable, surtout que, comme annoncé, la longueur des titres, la trop bonne production n’arrangent pas les choses. Les points négatifs prédominent sur les points positifs. Juste un sentiment d’amertume. Et la pochette fait pâle figure ! On pourrait croire que la musique est à l’image de ce dragon, au regard perçant prêt à vous sauter au cou, mais non. Une chose est sûre, Keep of Kalessin continuera de vendre mais perdra sans aucun doute pas mal de fans…

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Krypt - 05 Juin 2010: A mon goût Kolossus était absolument nul et cette dernière sortie n'est pas bien meilleure. Ceci-dit, Keep of Kalessin garde son utilité en tant que "groupe passerelle" (comme Cradle of flth et Dimmu Borgir), c'est-à-dire un groupe qui permettra à de nombreux "non-initiés" de découvrir petit à petit la monde du Black Metal. Donc, fan de Slipknot ce groupe est fait pour vous, il vous permettra peut-être de vous mettre sur le droit chemin…
leatherface - 06 Juin 2010: en même temps ça m'apprendra a ouvrir ma gueule pour rien, je ferais mieux de prendre position en ecrivant des chros comme dans le bon vieux temps plutot que de filer des leçons aux jeunes qui se la donne
cile - 06 Juin 2010: Kolossus fut également un très bon album pour moi, celui sur lequel j'ai découvert KOK (sur les conseils de leatherface qui a bien fait par ailleurs), outre le fait que j'accroche particulièrement à ce mélange black thrash ultra rapide, les superbes parties mélo de cet opus ont le don de me déconnecter complètement.



C'est une approche différente, peut être un peu plus basée sur l'émotion, mais remplie de subtilités des plus plaisantes.

Venons en à Reptilian, je l'ai pas encore écouté énormément mais déjà une chose est sure, je suis assez mitigée. Comme le dit Matai certains morceaux sont bien accrocheurs et on retrouve la patte KOK comme dans The Awakening, tout à fait dans la lignée de Kolossus et d'autres comme The divine Land, ses chants mielleux et ses riffs dénués de profondeur ont tendance à m'emmerder sérieusement...

Je ne m'étendrais pas sur Dragontower, le terme blague étant tout à fait adapté.

Par ailleurs le timbre rauque de thebon qui m'avait tant fait craquer sur Kolossus a quasiment disparu au profit d'une voix sans âme.

Donc bon, album à revisiter pour ma part mais je sais d'ores et déjà qu'à mon goût c'est le moins réussi en terme de compos et qu'il dégage pas grand chose en terme d'émotions.
ArchEvil - 08 Juin 2010: Comme la plupart, la video de promotion du groupe pour l'eurovision a été une douche froide.
Je n'ai pas écouté ce Reptilian, et je pense ne jamais le faire. Kolossus ne m'a jamais marqué comme Armada, il a même presque tué l'engouement que j'avais pour le groupe qui perdait cette patte dans ses compos.
Quelque part, je m'y attendais un peu. KoK a eu une évolution progressive qui les sortait de l'ug scandinave et ont proposé une recette sur armada qui mariait une efficacité brute avec virtuosité et atmosphères, quitte à arrondir son contour pour qu'elle passe mieux, ce qui leur a promis un succès énorme.
Comme d'autres, KoK semble avoir vidé son sac et recherche à présent le moyen le plus rapide et le plus efficace pour toucher le grand public, mais d'une manière hypocrite et mercantile.

Quoiqu'il en soit, excellente chronique, matai, même si comme les autres, l'intro qui résume parfaitement ton opinion concernant ce disque m'a suffit à me faire une bonne idée.
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Chronique @ EternalTearsOfSorrow

18 Janvier 2011

Reptilian est un album bon, dans l'ensemble, mais certains morceaux laissent franchement à désirer.

Keep Of Kalessin est un groupe qui a déjà subi quelques changements de style depuis sa formation. Les deux premiers albums, sortir respectivement en 1997 et 1999, nous montraient la première facette de ce groupe, cet à dire un black metal froid, avec quasiment aucune mélodie dans les guitares, un chant hargneux à l'extrême, les blast beat étaient déjà omniprésents de la part de la batterie. Après une longue pause de 7 ans, Armada accueillait quant à lui un nouveau vocaliste, Thebon, qui apporta un brin de mélodie en plus dans le chant, tout en gardant la musique plongée dans un black thrash très varié. Mais à partir de Kolossus en 2008, Keep Of Kalessin a commencé à perdre quelques fans. En effet, la mélodie était de plus en plus présente, à tel point que le chant, qui avait déjà changé depuis Armada, a même commencé à devenir clair à certains endroits ! Deux ans après ce dernier, Keep Of Kalessin sortent leur 5ème album, appelé sombrement Reptilian, un titre qui colle très bien avec la pochette. Est ce que ce nouvel album sera dans la veine de Kolossus ? Ou est ce que Keep Of Kalessin reviendra sur la lignée de Through Times of War, Agnen : A Journey Through The Dark et Armada ?

L'album débute avec "Dragon Iconography", et dès l'intro, nous sommes prévenus, guitare plutôt douce, qui laissera très vite sa place aux fidèles blasts de la batterie, accompagnés d'une mélodie de guitare assez tranchante, suivi d'un premier couplet, qui laisse penser que Keep Of Kalessin est revenu 4 ans en arrière, puisque le chant ne lâche quasiment aucune mélodie... A croire que Keep Of Kalessin ne possèdera jamais une notoriété bien longtemps... Et c'est bien ce que je disais... "The Awakening", fresque de 8 minutes, s'avère déjà être un morceau plus mou, encore plus mélodique que son prédécesseur, blasts beat beaucoup moins présents, mais convaincant tout de même.

D'autres morceaux sont ainsi, dans cet album... Comme par exemple le piètre "The Dragontower", morceau extrêmement décevant, aucun suspense, refrain manquant totalement de recherche. Vous aurez certainement tous constaté que ce morceau a servi à Keep Of Kalessin pour l'Eurovision 2010 ! Moi, cela m'a intégralement laissé penser que le groupe a composé ce morceau exprès pour l'Eurovision, et non un autre, de peur de ne pas convaincre beaucoup de gens à cause des fidèles blasts, ou du chant growl... Oui, "The Dragontower" ne contient strictement rien de tout ça ! Honnêtement, je crois même que ce morceau aurait pu être un cadeau à Helloween, pour leurs périodes sombres, ou même un autre groupe... C'est vrai, ce morceau est une tartine de Power Metal à la Pantera, sans suspense, direct et simpliste. "Dark A Moonless Night" est également de ce genre, me direz vous. Mais ce morceau possède une intensité énorme, un chant growl entièrement présent durant les couplets, oui car dans le refrain, le chant clair, plus encore les choeurs, nous font don d'une chorale magnifique. Oui, vous avez bien compris, magnifique, car on sent bien le chant dépressif, dans une atmosphère totalement sombre. Voilà comment bien exploiter un chant clair, dans ce style de musique !

"Reptilian Majesty" me laisse plutôt perplexe. Alors oui, les ambiances sont plongées dans la noirceur, oui, ce morceau est speed, mais non, la durée n'est pas du tout adaptée... 14 minutes est une durée bien trop longue ! Car cette trop longue durée provoque des périodes trop longues qui finissent par être franchement lassantes, à force. Sans compter que ce morceau ne nous montre pas beaucoup de facettes différentes. Ces lignes exprès pour résumer ce morceau en un mot : Déception. A côté de ceci, il y a "Leaving The Mortal Flesh". J'avais cru me tromper de CD, en écoutant ce morceau, je croyais que j'écoutais Armada, ou Agnen. Car ce morceau a absolument tout pour faire partie de ces deux albums. Pour ce dernier, Keep Of Kalessin nous montre un Black Thrash à la hauteur de nos attentes, ce qui fait franchement plaisir aux oreilles...

Reptilian est donc un album bon, dans l'ensemble, mais certains morceaux laissent franchement à désirer. Keep Of Kalessin nous montre un autre style de musique, plus molle, par moments, mais plus mélodique, toujours aussi plaisante. Notre quatuor norvégien favori aura sans doute à retravailler pour leur prochain album, que j'attends toujours avec impatience. Mais sans vouloir paraître pessimiste, je ne pense pas vraiment que le groupe optera pour nous ressortir des albums de black metal dignes de ce nom. Mais cependant, le groupe restera sans doute un bon groupe de métal extrême, en espérant que les prochains albums ne se dégradent pas vers un Power Metal à plein temps. Je sors.

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