Race Against Time

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Nom du groupe Deep Sun
Nom de l'album Race Against Time
Type Album
Date de parution 09 Septembre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Race Against Time
 05:23
2.
 Riders of Death
 04:04
3.
 The Believer
 02:46
4.
 Good Old Times
 06:48
5.
 Dreaming Leprechaun
 05:48
6.
 Nostalgia
 06:54
7.
 Deep Sun
 05:09
8.
 For Eternity
 04:30
9.
 Des Königs Krieger
 07:56
10.
 Dark Ravine
 04:11
11.
 Whispering Screams
 03:17

Durée totale : 56:46

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Deep Sun


Chronique @ ericb4

14 Mars 2019

A l'aune de cette luxuriante et pulsionnelle proposition, le collectif helvétique a une belle carte à jouer...

Deux ans suite à son infiltrant mais friable EP « Flight of the Phoenix », le quintet suisse revient dans les rangs, plus boosté que jamais, mû par une furieuse envie d'en découdre. A cet effet, le collectif helvétique nous octroie, cette fois, un puissant et luxuriant album full length répondant au nom de « Race Against Time ». Aussi, effeuille-t-on une galette généreuse de ses 57 minutes où s'enchaînent sereinement 11 pistes estampées, tout comme son aînée, metal mélodico-symphonique un brin opératique, dans la lignée de Nightwish, Xandria, Amberian Dawn, Dark Sarah, ou encore Sirenia, pour l'essentiel. Cette nouvelle offrande marque-t-elle une réelle évolution relative au projet depuis les premiers pas du groupe sur cette scène-là? Plus encore, cette seconde proposition sera-t-elle de nature à placer le combo parmi les valeurs montantes du metal symphonique à chant féminin, et ce, quelque dix années après sa création ?

A la barre du navire, on y retrouve l'équipage d'origine, à savoir : Debora Lavagnolo, au chant ; Tobias Brutschi, à la batterie ; Angelo Salerno (ex-Green Labyrinth, ex-Dystera), à la basse ; Pascal Töngi, aux guitares et Tom Hiebaum, aux claviers. De cette conjugaison de talents émane une seyante et pénétrante auto-production, jouissant d'une ingénierie du son plus soignée aujourd'hui qu'hier, à commencer par un enregistrement de bonne facture accolé à un souci permanent du petit détail. De plus, un mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation et des finitions passées au peigne fin renseignent sur le niveau d'exigence actuel du combo sur son œuvre. Mais entrons plutôt dans le vaisseau amiral en quête d'éventuelles pépites secrètement enfouies...

Tout comme son prédécesseur, c'est notamment au regard de ses passages les plus mordants, les plus nombreux, que le combo encense tout d'abord le tympan. Dans cette énergie, eu égard à leur sidérante force de frappe, leurs riffs acérés et leur enivrante mélodicité, les ''nightwishiens'' up tempi « Race Against Time », « Deep Sun » et « Dark Ravine » jouent chacun dans la catégorie des hits en puissance. Ainsi s'observent trois headbangants efforts : les deux premiers, pourvus d'un subtil legato à la lead guitare et mis en exergue par les sensuelles patines oratoires de la sirène ; le troisième, disséminant d'élégantes gammes au piano et se dotant d'un fuligineux solo au synthé. Tout aussi efficaces, d'un battement de cils, les séries d'accords égrainées sur le ''delainien'' et très entraînant « The Believer » comme sur le ''sirenien'' et hispanisant « For Eternity » feront mouche, et ce, en dépit de refrains des plus convenus. Dans cette dynamique, on retiendra encore le pimpant et opératique « Dreaming Leprechaun » pour ses couplets bien customisés, ses délicates modulations mélodiques, son indéfectible allant et les saisissantes envolées lyriques de la déesse.

Parfois, l'atmosphère se fait plus suffocante, la lumière plus sombre, avec, pour effet, de nous interpeller, voire de nous aspirer. Ainsi, histoire d'élargir le champ des possibles, le tortueux up tempo « Riders of Death » offre une alternative dark gothique encore inédite pour nos acolytes. A mi-chemin entre Xandria, Darkwell et Draconian, l'énigmatique propos se pare d'un léger tapping tout en livrant de fulgurantes accélérations de son dispositif percussif. Dans ce champ de turbulences, les cristallines volutes contrastent avec des screams bestiaux.

Lorsqu'elle s'aventure dans d'amples espaces d'expression symphonico-progressifs, et ce, pour la première fois, la troupe révèle, là encore, une féconde inspiration, allant même jusqu'à nous réserver quelques moments de pure jouissance auditive. Ce qu'elle prouve, d'une part, à l'aune du charismatique et chatoyant mid tempo progressif « Good Dark Times ». Pourvu d'une démoniaque rythmique, d'intarissables frappes sèches et graduelles de fûts, d'enveloppantes nappes synthétiques, de moult variations atmosphériques, d'une touche latina, et enjolivé par les solaires inflexions de la diva, le fringant et ''nightwishien'' manifeste dissémine ses 6:48 minutes d'un spectacle aussi émouvant qu'épique. D'autre part, on plonge au cœur d'un tourbillon de saveurs exquises à l'aune du chevaleresque « Des Königs Krieger » qui, dans le sillage de Dark Sarah, parvient à aspirer le pavillon sans avoir à forcer le trait. C'est dans une mer limpide à la profonde agitation intérieure, sous couvert de truculentes rampes synthétiques, parallèlement aux ensorcelantes oscillations de la belle, que nous conduisent les 8 palpitantes minutes de la fresque. Peut-être bien la pépite de l'opus.

Quand il se fait plus tendre, le collectif nous plonge dans un océan de félicité duquel l'aficionado du genre éprouvera quelques regrets à s'en extraire prématurément. Aussi ne pourra-t-on que malaisément contenir la charge émotionnelle émanant des entrailles de « Nostalgia », sculpturale et touchante ballade atmosphérique que n'auraient reniée ni Nightwish ni Amberian Dawn. Mise en habits de soie par les frissonnantes ondulations oratoires de la maîtresse de cérémonie, voguant sur une hypnotique sente mélodique, cette classique mais envoûtante offrande recèle ce petit supplément d'âme la rendant particulièrement liante. Et comment ne pas succomber aux enchanteurs arpèges émanant d'un troublant piano/voix dont se pare « Whispering Screams », ballade a-rythmique, légère et romantique, d'une sensibilité à fleur de peau ? Un exercice de style qui sied particulièrement bien à nos compères.

A l'issue de notre périple, force est d'observer qu'en l'espace des deux années séparant le présent opus de son prédécesseur, le combo helvétique a considérablement fait évoluer son projet, à commencer par une ingénierie du son actuellement bien moins lacunaire dans son principe d'émission et des compositions travaillées en profondeur, aux arpèges millimétrés et d'une redoutable efficacité. Message a donc été entendu par nos acolytes, ces derniers ayant dès lors étoffé leur offre par l'octroi d'exercices de style plus variés et techniquement plus aboutis qu'autrefois. Cette fois, le propos est rendu plus accessible, mais nullement simpliste, mélodiquement plus impactant et éminemment varié sur les plans stylistique, atmosphérique et rythmique.

Cela étant, l'inspiré collectif suisse devra encore prendre quelques distances par rapport à ses maîtres inspirateurs, et son propos gagner en originalité et en épaisseur artistique, pour prétendre impacter plus largement un auditorat déjà sensibilisé aux travaux des cadors du genre. Aux fins de quelques ajustements logistiques et d'une pluralité de joutes oratoires, nos gladiateurs trouveront de quoi maintenir l'âpre concurrence en respect. Quoi qu'il en soit, à l'aune de cette luxuriante et pulsionnelle proposition, la troupe a déjà une belle carte à jouer pour espérer s'imposer parmi les valeurs montantes du metal symphonique à chant féminin...

Note : 15,5/20

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