PumpKings

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Nom du groupe Masterplan
Nom de l'album PumpKings
Type Album
Date de parution 28 Juillet 2017
Labels AFM Records
Style MusicalPower Metal
Membres possèdant cet album15

Tracklist

1.
 The Chance
 
2.
 Someone’s Crying
 
3.
 Mankind
 
4.
 Step Out of Hell
 
5.
 Mr. Ego
 
6.
 Still We Go
 
7.
 Escalation 666
 
8.
 The Time of the Oath
 
9.
 Music
 
10.
 The Dark Ride
 

Chronique @ Eternalis

20 Août 2017

"Pumpkings" sonne comme un acte de satisfaction personnelle ...

Le passé, cet éternel poursuivant qui ne finit jamais de nous faire souffrir, de nous rappeler nos erreurs et nos gloires, nous assaillant de souvenirs et laissant penser que le meilleur est (peut-être) déjà arrivé.
Lorsque Masterplan dévoile son nouveau plan d’action, à savoir revenir sur le passé de son créateur (sous-entendu sa période chez les citrouilles allemandes), le projet parait trouble. Un peu à l’instar du récent "Legendary Years" de Rhapsody of Fire, ce type de relecture dépend énormément du niveau de santé de celui qui la fait. Lorsque Gamma Ray décide de le faire en 2000, il est en pleine période faste et vient de publier, un an plus tôt, l’un de ses meilleurs albums, à savoir l’énormissime "Powerplant". Quand Edguy ou Iron Maiden réinterprète certains titres initialement composé avec un line-up différent, ce sont des faces B de bons disques afin de donner une nouvelle vision aux fans. Dans un registre différent, au moment où Arch Enemy propose de réenregistrer avec Angela Gossow de vieux titres, ils sont en pleine forme et sortent de trois albums les ayant menés au sommet. Si on regarde un petit peu, Masterplan semble bien loin de tout ça en ce moment…

Incapable de conserver un line-up stable depuis les deux premiers opus les ayant propulsés en tête des groupes de power allemand (principalement le chef d’œuvre "Aeronotics" en 2005), le groupe a peiné à conserver ses fans, pas toujours tendres il faut l’avouer (le très bon "MK II" avec Mike DiMeo aurait tout de même mérité un meilleur traitement). Roland Grapow a été l’une des nombreuses victimes de la réputation peu facile d’un Jorn Lande sur lequel le groupe a trop reposé et a trop longtemps été collé, ce qui le conduisit à retravailler avec lui sur un "Time to Be King" sympathique mais loin des attentes, créant un nouveau clash quelques mois plus tard. "Novum Initium", sorti il y a (quand même) quatre ans, est donc le dernier opus de la formation (avec Rick Altzi au chant) qui a beaucoup tourné (notamment avec Edguy) mais n’a pas donné beaucoup de nouvelles franches ni rassurantes ces derniers temps. L’inspiration du dernier opus n’étant pas formidable (un album comme tant d’autres), "Pumpkings" apparait dans ce contexte comme un projet à même de faire raviver la flamme du fan nostalgique qui n’aurait peut-être pas jeté une oreille sur un « simple » nouvel album de Masterplan. Malin, mais pas forcément annonciateur de bonnes choses …

Roland Grapow a donc décidé de revisiter ses propres compositions de sa période Helloween (de "Pink Bubbles Go Ape" à "The Dark Ride", soit plus de dix ans) et de les partager avec son line-up inchangé depuis le dernier opus. Dans un premier temps, il faut tout de même préciser que les compositions de Grapow n’ont quasiment jamais été les classiques des citrouilles (écrites, selon les époques, par Kai Hansen, Michael Weikath, Markus Grosskoft ou plus récemment Andi Deris et Sascha Gerstner) et que, par conséquent, l’album ne contiendra pas les grandes tueries d’Helloween que certains pourraient attendre. Loin de moi l’idée de remettre en cause l’influence du guitariste (qui a quand même remplacé Kai Hansen, qui ne fut pas une mince affaire à cette époque) dans le groupe mais plutôt de replacer le contexte de ce que sera "Pumpkings" en 2017.
C’est donc sur trois titres de "Pink Bubbles Go Ape" (album controversé à sa sortie, même si moins que son successeur "Chameleon") que débute le disque. "The Chance" ouvre le bal et s’offre une nouvelle jeunesse notamment grâce à l’excellente production, bien plus puissante et massive que l’originale. On comprend rapidement que le groupe n’a pas pour ambition de changer quoi que ce soit aux compositions et, si ce n’est la différence évidente de timbre entre Michael Kiske et Rick Altzi, bien plus rocailleux et éraillé, rien n’a véritablement bougé. La partie soliste rappelle forcément des souvenirs d’antan, ceux qui ont créés tout un style, tandis que le refrain revient rapidement en tête, bien que l’album ne soit finalement pas l’un de ceux que l’on ressort instinctivement quand nous sommes dans l’envie d’écouter du vieux Helloween. "Mankind", titre plus épique et sentencieux, résonne quant à lui mieux qu’à l’époque, peut-être parce qu’il ne collait pas si bien, musicalement parlant, à l’humour très présent et décalé de l’album.

Globalement, ceux qui connaissent les titres de l’album ne seront pas réellement surpris. Les réinterprétations sont très fidèles, certaines sonnant mieux que l’original ou inversement selon les sensibilités et les sonorités. "Mr.Ego", titre culte pendant longtemps et accusant le caractère de Kiske, semble bien plus taillé pour la voix d’Andi Deris que celle de Rick (ou alors est-ce parce qu’il est l’un des titres qui représente véritablement le remplacement de Kiske par Deris chez Helloween) alors que le très étrange "Music" parait ici beaucoup moins caricatural que sur "Chameleon" et donne réellement envie de réécouter l’original. Dans l’absolu, les titres chantés par Deris change peu, les deux ayant un grain assez semblable. C’est assez net sur les plus sombres "Escalation 666" et "The Dark Ride" ou la tonalité plus grave est très proche du Masterplan actuel, pour finalement peu de changement (et d’intérêt ?). On appréciera en revanche l’excellent "The Time of the Oath", lourd et très heavy, qui colle comme un gant à Rick.

Que dire de plus ? Que l’artwork est magnifique ? (il l’est). Je ne suis personnellement pas convaincu que c’est de cela que Masterplan avait besoin pour retrouver son public et sa crédibilité (perdu autant par l’incapacité à se stabiliser mais également par les prestations plus que limites de Roland en live, clairement sous anti-dépresseurs et loin du compte musicalement). Il aurait fallu un album qui démontre que le bonhomme en a encore sous le capot, avec la niaque et fluidité, d’autant plus que son line-up actuel laisse rêveur techniquement. "Pumpkings" sonne plus comme un acte de satisfaction personnelle pour démontrer que son créateur a contribué à l’un des groupes les plus importants de l’univers heavy metal. En aucun cas, il ne dévoile un plan d’avenir, ni ne rassure sur le fait qu’il sera capable de réellement revenir dans un futur proche. Clap de fin ? L’avenir nous le dira …

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