Prayers for the Damned, Vol.1

Liste des groupes Hard Rock Sixx:AM Prayers for the Damned, Vol.1
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17/20
Nom du groupe Sixx:AM
Nom de l'album Prayers for the Damned, Vol.1
Type Album
Date de parution 29 Avril 2016
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album57

Tracklist

1. Rise
2. You Have Come to the Right Place
3. I'm Sick
4. Prayers for the Damned
5. Better Man
6. Can't Stop
7. When We Were Gods
8. Belly of the Beast
9. Everything Went to Hell
10. The Last Time (My Heart Will Hit the Ground)
11. Rise of the Melancholy Empire
Bonustracks (Japanese Release)
12. Prayers for the Damned (Acoustic)
13. Rise (Acoustic)

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Sixx:AM


Chronique @ Eternalis

18 Mai 2016

"Prayers for the Damned" est le meilleur opus de Sixx:Am à ce jour et le meilleur disque de Nikki depuis "Dr.Feelgood"

Priez pauvres prêcheurs !

Si la foi n’est pas forcément un terme semblant être indubitablement lié à l’existence de Nikki Sixx, bien des êtres seraient morts pour un tiers de la vie du célèbre bassiste. Brûlant littéralement la vie par les deux bouts, le tatoué est à peu de choses près l’exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire dans une vie humaine sans prendre le risque de considérablement la raccourcir. Mais le bougre est toujours là et on peut dire qu’à désormais 57 ans, il traverse probablement l’une des périodes les plus riches et créatives de sa carrière.
Jugez plutôt ; il vient de mettre définitivement un terme à Mötley Crüe après une immense tournée mondiale et son propre groupe, Sixx:Am est plus que jamais soudé et la priorité de tous ses membres, DJ Ashba ayant quitté les rangs de Guns N’Roses pour la reformation du groupe avec Slash.

Sixx:Am, même s’il n’a encore jamais tourné en Europe (ce sera une première en juin) a écumé les salles aux États-Unis et le récent succès de "Modern Vintage" a donné une légitimité plus complète à ce qui apparaissait toujours aux yeux de beaucoup comme un side-project uniquement tourné autour de la personne de Nikki.
Devenu la priorité du trio, le groupe s’apprête maintenant à réaliser un pari risqué, à savoir sortir deux disques à quelques mois d’intervalle entrecoupé d’une tournée en Europe pour « prendre la température » une première fois et repasser dans de plus grandes salles derrière. Il est d’ailleurs assez étonnant de voir des artistes aussi accompli arriver en Europe avec autant de précaution et d’humilité, eux qui pourraient viser d’emblée de très grosses salles en misant uniquement sur les noms de leurs membres. Mais c’est mal connaître Nikki, Ashba et James Michael.
"Prayers for the Damned (vol I)" sera le premier de ce diptyque et il est peu dire qu’il est radicalement différent du controversé "Modern Vintage" qui, pour ma part, était une singulière erreur. Trop éloigné des racines de ses musiciens, intégrant de l’électronique et de la pop sucrée en délaissant le rock crade de Mötley ou les aspirations mélancoliques de "The Heroin Diaries", l’opus semblait taillé pour le succès commercial qu’il est devenu. De là à dire qu’il s’agissait d’un calcul mesuré, il n’y a qu’un pas...surtout que ce nouveau disque reprend les choses là où on attend réellement ces hommes…

Disons le clairement, "Prayers for the Damned" est le meilleur opus de Sixx:Am à ce jour et le meilleur disque de Nikki Sixx depuis "Dr.Feelgood". Oui rien que ça et je n’ai pas peur des comparaisons. Abouti, extrêmement bien produit, émotionnellement très puissant et techniquement en place, il apparaît comme le résultat de divers tâtonnements mais aussi comme celui de musiciens enfin complètement libérés de leurs autres obligations et désormais à 100 % dans l’aventure.
Puisant dans le meilleur des deux premiers opus du groupe et délaissant les aspirations du précédent, ce quatrième album regroupe la mélancolie et force de caractère de "The Heroïn Diairies" avec la puissance de "This Is Gonna Hurt" pour une osmose explosive et diablement rock n’roll, telle la bande-son d’hommes certes brisés par la vie mais souhaitant regarder face à eux et espérer un espoir futur.
Ce concept servira de fil conducteur aux textes, souvent évocateur de vie chaotique et d’espoirs déchus mais désormais propre à regarder vers demain et à montrer une pointe d’optimisme, apportant une réelle lumière et une inavouable beauté dans la musique du trio.

"Rise" ouvre logiquement l’album dans cette veine (« Rise - Hands up High ») et débute sur la voix d’un James Michael qui n’a jamais aussi bien chanté. Complètement en phase avec la musique et les paroles, il se dépasse littéralement, autant dans les lignes mélodiques que la hargne rock qu’il témoigne sur certains couplets. "Prayers for the Damned" est un véritable nid à tubes où presque chaque titre se révèle un single en puissance. "You Have Come to the Right Place" et son riff bien lourd fait la part belle à la basse sur les couplets tandis que le refrain est un hymne sublime qu’il est impossible de se sortir de la tête une fois qu’il s’est insidieusement fourré dans notre cerveau. "Better Man" est comme une power-ballad très émotionnelle, sans artifices, très rock où James fait des miracles sur un refrain absolument magnifique et poignant (« Heaven, Help me be a Better man... ») et DJ Ashba livre un solo superbe d’espoir et de mélodie.

Une musique d’homme brisé ne cherchant plus à paraître ce qu’ils ne sont pas, évoquant les erreurs du passé et espérant, peut-être vainement, qu’on leur pardonnera leurs excès. C’est également, sous forme de métaphores, comme cela que l’on peut comprendre l’intense "When we Were Gods", intimiste et pesant, où le groupe évoque une vie où tout leur était permis, lorsqu’ils étaient aux firmament d’une jeunesse désormais perdue. Le refrain est cinglant, la voix s’envole mais le riff est tranchant comme rarement chez eux, très moderne mais dans le sens de la puissance et de l’intensité.
Il faut aussi évoquer le plus agressif "I’m Sick", virevoltant notamment dans sa seconde partie qui risque de tout détruire en live dans sa puissance d’exécution (les petits breaks de batterie bien sentis risque de faire leur effet!) et surtout un solo de guitare déchirant tout sur son passage.
Pour la première fois, aucun morceau ne fait office de remplissage (à part peut-être "Can’t Stop", qui montre ce qu’aurait pu être "Modern Vintage" avec de meilleurs choix) et chacun mérite qu’on s’attarde dessus. Du mélancolique et déchirant titre éponyme qui parvient à conserver beaucoup de puissance et ne jamais paraître mièvre au catchy "The Last Time" et son refrain imparable en passant par l’intriguant et sensiblement industriel "Belly of the Beast" où apparaissent des chœurs fantomatiques, chaque composition est différente mais s’intègre parfaitement dans un bloc homogène et cohérent. Nikki a d’ailleurs déclaré qu’il y aurait des liens directs entre certains titres de cet album avec la seconde partie...de quoi attendre des titres fleuves ou des riffs remaniés…

"Prayers for the Damned (Vol I)" se termine sur le plus long "Rise of the Melancholy Empire" (rien que ça), débutant à la guitare acoustique et au piano. Une lente montée en puissance, un James Michael bourré d’empathie et retenant sa puissance sur un riff sec et lourd et une partie de batterie encore une fois très dynamique (le son de caisse claire est littéralement explosif). Le titre se coupe en deux en plein milieu, avec comme point d’orgue un long solo de Ashba et un final lyrique aux multiples arrangements très ambitieux pour le groupe. On y entend des voix, la batterie multiplie les cassures, le ton y est presque solennel...comme si le groupe ouvrait une porte sur le prochain opus afin d’annoncer quelque chose de plus ambitieux encore, de plus grand.
En attendant cette fameuse seconde partie (prévue pour la fin de l’année), nous pouvons dès à présent nous délecter de celle-ci qui, je le répète, est probablement la meilleure chose qu’ait réalisé Nikki depuis plus de vingt ans. Un album sans faux pas, un disque puissant, honnête et sincère de musiciens au sommet de leur art. Dire qu’on ne les attendait pas à ce niveau est peu dire mais ils démontrent qu’ils n’ont finalement à souffrir d’aucune concurrence dans le genre.
Priez pauvre prêcheurs, ils arrivent parmi nous. Très bientôt...

9 Commentaires

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PhuckingPhiphi - 20 Mai 2016: Mouais, faudra que je jette une oreille dessus, et puis un petit coup d'œil au Hellfest, s'il n'y a rien de mieux au même moment.

Je suis un énorme fan de Mötley Crüe, mais les deux premiers Sixx AM ne m'ont jamais vraiment excité ; je trouve ça d'un mou… Bref, à voir si cette nouvelle galette, visiblement beaucoup plus inspirée, réussira à m'intéresser à nouveau à la carrière du bassiste le plus laqué de la galaxie.

Merci pour la kro !
frozenheart - 22 Mai 2016: Merci Eternalis , ta chronique m'a donné envie d'aller écouté l'opus! En effet, n'ayant pas été trop emballer par son prédécesseur Moderne Vintage, celui-ci à l'air de tenir ses promesses avec des compositions originales et qui tienne mieux la route.
Sonadenn - 22 Mai 2016: Merci pour cette chronique qui m'a donné envie de me pencher sur cet album...dont j'achève la première écoute à l'instant.Et que dire si ce n'est que c'est une tuerie. tout y est, émotion à fleur de peau, riffs d'enfer, bref une bien belle sortie. J'aime particulièrement le titre "Belly of the Best". J'espère cependant que le second volet ne sera pas une "copie" de celui ci, mais
réellement son complément.
fishbelly - 30 Juin 2016: Vraiment sympa ! Du bon rock US made in L.A.aucun titre superflu....le talent de Nikki fait encore mouche.Un mix entre les Motley "Saints..et Motley avec Coraby".Rien de revolutionaire mais ça passe....
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