Afin de mettre fin à tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une controverse stérile, et pour faire court, pour moi, le second album des Américains d'
Extreme sorti en 1990,
Pornograffitti donc pour ceux qui n'auraient pas compris, est une œuvre d'exception, intemporelle et à la sensualité charnelle dévoilant des atours à la fois funk, soul, piano bar et rock. Un disque splendide qui révéla, entre autres, le talent d'un chanteur, Gary Cherone, et celui d'un formidable guitariste,
Nuno Bettencourt. Deux musiciens sur lesquels on pourrait avoir de longues heures de discussions tant, par la suite, les deux ne furent pas épargnés par le destin l'un égaré au sein d'un
Van Halen en perte d'inspiration et l'autre perdu tout court. Mais ceci est sans doute une autre histoire. Une autre histoire qui intervient aussi après que le quintet de
Boston nous ait refroidis avec deux albums beaucoup moins spontanés pour l'un et beaucoup trop ambitieux pour l'autre (
Waiting for the Punchline (1995) et
III Sides to Every Story (1992)). Puis vint le temps de ce silence pesant laissant près de deux décennies s'écouler. Un silence à peine interrompu par un timide
Saudades de Rock en 2008.
En cette année 2016, ce mutisme est enfin brisé par ce
Pornograffitti Live 25
Metal Meltdown. Un disque qui a été enregistré au Joint -
Hard Rock Hotel & Casino de Las Vegas à l'occasion du concert donné pour le 25ième anniversaire de ce deuxième opus des Bostoniens. Un show durant lequel ils ont donc joué entièrement ce disque. Ni plus. Ni moins. Ce qui permit à certaines pistes jamais jouées en live de l'être.
On retrouve donc avec un certain plaisir les
Decadence Dance, Li'l
Jack Horny, When I'm
President ou
Get the Funk Out laissant délicieusement s'exprimer la sensualité très particulière d'
Extreme. Une bonne chanson reste une bonne chanson même plusieurs années après.
Pourtant malgré tout le bien que l'on pense de cette formation, et malgré les qualités indéniables de ces titres, quelque chose ici ne fonctionne pas et il devient alors difficile de s'enthousiasmer une fois encore à leurs écoutes. Le point critique, la fracture, étant même atteinte avec un
More than Words qui pourtant devrait marquer le summum émotionnel de ce premier tiers et qui passe presque sans nous toucher. Terrible constat.
La suite est, malheureusement, très semblable à ces premières impressions. On est ravi de parcourir ces morceaux mais tellement détaché d'eux. Exception faites, peut-être, de ce très joli When I First Kissed You que l'histoire aura préféré oublier à côté du célèbre
More than Words mais qui, selon moi, aurait largement mérité, aussi, d'être reconnu pour ces superbes qualités.
Au fond, ce disque c'est un peu comme ce vieil ami que l'on n'a pas vu depuis longtemps, que l'on rencontre au hasard d'une rue avec plaisir avant de se rendre compte que la vie a passé et que l'on n'a plus rien à partager si ce n'est ces souvenirs communs que l'on ressasse de manière nostalgique.
Pour ne pas arranger les choses, la production de ce manifeste met très en avant l'incroyable groove de ce groupe hors norme au détriment de sa facette la plus électrique. Une impression accentuée encore par cette basse qui prend beaucoup de place dans le rendu final et par la présence parfois envahissante de ces chœurs (It ('s a Monster) par exemple) là où, personnellement, j'aurais préféré que l'on en offre davantage aux guitares. Rien d'insupportable mais ce mixage aura tendance à rendre l'ensemble bien moins excitant, brut ou fougueux. Du moins pour un féru de
Hard Rock dans mon genre. Bref.
Au final, dès lors que ce seront éteintes les dernières notes de ce
Pornograffitti Live 25
Metal Meltdown, hormis ce plaisir de retrouver un vieux camarade avec lequel on avait tant partagé, il ne restera donc pas grand chose d'autre que ce sentiment de tristesse provoqué par ce qui ressemble à un immense gâchis ou à un terrible aveu d'échec (l'un valant l'autre après tout) d'un groupe qui durant ces 25 dernières années n'aura jamais vraiment réussi à retrouver cet état de grâce qui lui avait permis de composer ce
Pornograffitti.
Même si c'est un peu hors sujet ici, je me demandais ce que tu trouvais de "raté" sur " III Sides to Every Story". Ambitieux, pour sur, mais tellement réussi à mon goût.
N'étant pas très friand d'albums live, celui-ci ne risque pas d'atterrir sur ma platine. Je préfère garder le souvenir du groupe lors de son premier concert mémorable le 27 octobre 1991 au Zénith de Paris.
Quitte à me passer un live, je m'en vais réécouter Restless & Live d'Accept.
Cela dit, je lui redonnerais sûrement sa chance un jour à ce Sides to Every Story.
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