Sur la planète deathcore, je voudrais
Enterprise Earth. Quoi ?!! Vous ne connaissez pas ?!! Ah oui, il est vrai qu'aujourd'hui, ce style n'a quasiment plus rien de neuf à apporter... Bref, passons,
Enterprise Earth est un groupe américain fondé en 2014 non pas par un inconnu, il s'agit de Dan Watson, que nombre d'entre vous ont certainement connu à travers son ancien projet "
Infant Annihilator". A peine un an après sa formation, le groupe débarque déjà avec un premier album nommé: "
Patient 0". J'ai toujours eu des doutes quant à la scène deathcore, mais ma curiosité n'ayant pas de limite, j'ai donc décidé de me lancer dans la chronique de cet album.
Et les hostilités commencent avec "Shallow breath", pas de piste introductive, on lance les hostilités d'entrée de jeu avec un Dan Watson lançant une vocifération d'outre-tombe à glacer le sang, le tout accompagné de guitares et d'une batterie dopées à je-ne-sais quelle substance illicite, mais ça joue très vite, et le tout se termine par un gros breakdown. Bien que l'influence principale semble être leurs compatriotes de
Rings Of Saturn, le côté gamer en moins,
Enterprise Earth s'en distingue car ses prouesses techniques à la guitare comme sur "
Theophany" ou "
Hollow face" ne tombent jamais dans la surenchère, et la batterie ne sonne pas synthétique.
Même si les chansons sont plutôt classiques pour le style, seule une aura un petit effet: c'est l'éponyme avec son intro en chant clair qui déstabilisera (en bien comme en mal, c'est à vous de voir), mais cela sera vite entrecoupé par la brutalité deathcore qui reprendra le dessus. On sent que la formation a la rage au ventre et nous le fait bien comprendre avec des morceaux très rentre-dedans comme "Amid
Vulture" qui ne fait pas de cadeaux dans son riffing.
On pourrait crier à la réussite, mais des erreurs viennent malheureusement gâcher le plaisir. En effet,
Enterprise Earth tombe dans les mêmes pièges que beaucoup de formations du même style, à savoir, premièrement, des breakdowns clichés et monotones ("Porcelain whore" et "
Transorbital Awakening") qui n'apportent rien et qui sont placés juste pour faire joli... Deuxièmement, le chant de Dan Watson peut se révéler lassant à long terme, entre ses hurlements stridents qui peuvent agacer l'oreille ou ses grognements presque pig squeal à la limite du vomissement qui peuvent être particulièrement dégueulasses, on ne sait plus trop quoi penser. Troisièmement, la lassitude pointe très vite le bout de son nez. J'ai parfois eu l'impression d'avoir écouté le premier titre en mode repeat pendant 30 minutes tant les pistes suivent quasiment le même schéma: Une grosse intro bien lourde, une accélération, un sweeping et/ou un breakdown par-ci par-là et on finit sur un gros breakdown.
Pour faire simple,
Enterprise Earth n'est pas un mauvais groupe pour autant, juste que ces jeunots ont encore du mal à organiser leurs idées et ils ont encore besoin de temps pour s'améliorer. Espérons que le futur soit de meilleur acabit pour ces jeunes Américains.
Vous l'aurez donc compris, "
Patient 0" est efficace, mais pas complètement réussi pour autant. Si vous aimez le deathcore bourrin, vous ne devrez pas avoir de problèmes pour l'écouter. Quant aux autres, je vous conseille d'attendre un peu avant de jeter une oreille dessus.
13/20
Je suis d'accord pour dire que 30 minutes de bourrinage valent parfois mieux que 30 d'originalité ratée, mais vient toujours un moment où on a envie d'autre chose.
Quant au manque d'originalité, c'est un fait, près des 3/4 des groupes deathcore se ressemblent. On ne peut pas y faire grand chose et ce n'est pas ce disque qui apportera un nouveau souffle au style. Mais il y a quand même de bonnes choses, espérons que l'avenir soit de meilleur acabit.
Après je n’ai absolument rien contre les gens qui peuvent pas blairer le deathcore. Je conçois totalement que les breakdown peuvent énerver parce qu’ils cassent la dynamique et que du 000-00-000 casse les couilles à la longue. Bref tout ça pour dire que je trouve ça un peu con de dire qu’une scène n’a plus rien à proposer alors que justement, elle est en pleine progression. Je souhaite pas lancer un débat mais juste donner mon avis (je le fais pas souvent). De toute façon j’aurais trop la ramme de réécrire un message ;)
Remarque, tu mets le doigt sur le point où de nombreux groupes pèchent: les breakdown. Je ne crachent pas dessus, certains sont très réussis, mais je trouve que ce n'est pas le cas de la majorité d'entre eux. Si ça trouve, la réponse est certainement dans ce que tu dis sur la jeunesse du mouvement. Peut-être que dans 10 ou 15 ans cette scène aura créé des caractéristiques propres à un pays. Mais ça, seul l'avenir le dira.
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