Odium

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Nom du groupe Morgoth (GER)
Nom de l'album Odium
Type Album
Date de parution 25 Mai 1993
Labels Century Media
Enregistré à Woodhouse Studios
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album166

Tracklist

1.
 Resistance
 04:49
2.
 The Art of Sinking
 03:33
3.
 Submission
 05:14
4.
 Under the Surface
 05:23
5.
 Drowning Sun
 05:13
6.
 War Inside
 04:41
7.
 Golden Age
 07:13
8.
 Odium
 06:17

Durée totale : 42:23


Chronique @ eulmatt

26 Septembre 2007
Odium n’est pas forcément l’album emblématique de la carrière des Allemands de Morgoth. En fait, il constitue plutôt le point final de sa courte présence dans le gotha du Death Metal européen au début des années 90. La faute sans doute à un style trop en décalage avec l’évolution que connaissait le Death Metal, à cette époque où la recherche de vitesse et de brutalité était de mise.

A l’image de ce que nous a offert Morgoth pendant sa courte carrière, Odium est carré, consistant, empreint d’une personnalité marquée et d’une atmosphère singulière. Le tout non denué d’une certaine prise de risque artistique, qui n’a pas toujours fait l’unanimité d’ailleurs.

Ce fameux death metal old school, façon germanique, voilà la marque de fabrique dont on affuble souvent Morgoth. Odium en a certaines caractéristiques, dont celle de ne jamais s’envoler dans des blastbeats supersoniques. En fait, en bon disciple d’Obituary, Morgoth est l’antithèse du Death brutal et technique, auquel on peut parfois reprocher l’absence d’émotion. Glauque, sulfureuse, infernale…une certaine évocation de fin du monde, voilà l’essence même d’Odium, dont la musique privilégie des rythmiques puissantes, mid-tempo, aux mélodies angoissantes. Les vocaux sont plutôt écorchés, évoquent la colère et le désespoir. Le son des guitares est plutôt agréable bien qu’assez atypique, offrant un grain consistant et adapté à l’ambiance générale de la musique, à la fois chaud et rêche. Quant à la batterie, elle assène ses coups avec régularité et virulence, donnant un corps très martial à l’ensemble.

Cependant, Odium n’est pas que cela, les Allemands ayant toujours prouvé dans leur discographie qu’ils n’hésitaient pas à prendre des risques et explorer des voies musicales très personnelles.
C’est donc avec surprise qu’on découvre l’utilisation de samples, au demeurant très discrets, qui teintent le death de Morgoth d’une touche industrielle qui d’une manière générale se dégage assez régulièrement des compos, ce qui sied parfaitement à la forte atmosphère du disque.

Il est finalement difficile de ressortir quelques morceaux de l’album, car il est avant tout très homogène et compact dans l’enchaînement des titres, entre tempos lents sur fonds de riffs épurés et morbides et accélérations mid-tempo avec des structures plus hachées et agressives, sur fond d’atmosphère très, très lourde. De là à y trouver un aspect monolithique, le pas est vite franchi. Ce serait minimiser l’impact et la personnalité forte qui se dégage de titres comme ″War Inside″, ″Under The Surface″ ou ″The Art Of Sinking″... en fait, aucun morceau ne révèle de faiblesse...ce qui explique qu’au-delà de cette (fausse) première impression compacte et monotone, je ne me suis jamais ennuyé à l’écoute d’Odium, que je trouve très immersif. Et ce long voyage dans cet univers apocalyptique, s’achève sur un morceau instrumental au doux nom d’″Odium″, lente descente aux enfers assez jubilatoire.

En conclusion Odium est pour moi un disque qui n’a pas eu la reconnaissance qu’il mérite. Evolution moderne d’un style alors en désuétude, il n’est pas de son temps. Pourtant, à la lumière d’aujourd’hui, il ressort étonnement moderne, sortant des sentiers battus et des schémas éculés. A découvrir ou redécouvrir donc.

14 Commentaires

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Eaque - 12 Novembre 2014: PS: J'ajouterais que Morgoth m'as toujours fais beaucoup plus pensé à Asphyx qu'Obituary dans ce credo...
eulmatt - 12 Novembre 2014: Merci pour ton com'. Asphyx, Obituary, plus une question de feeling qu'une copie conforme, mais l'idée est là: tempo peu enclin à monter dans les tours, growl plutôt écorché, ambiance lourde et poisseuse de fin du monde. Héhé pour Samaël fallait oser le rapprochement mais j'ai fait l'exercice. Faut se concentrer sur les passages où les jeux se rapprochent (en allant chercher du riff en palm mutting chez les helvètes) mais c'est vrai que la prod n'est pas foncièrement éloignée...enfin faut y penser, ça ne me serait pas venu à l'esprit, même si ce sont deux albums que j'ai plutôt beaucoup écouté.
Eaque - 15 Novembre 2014: "Asphyx, Obituary, plus une question de feeling qu'une copie conforme, mais l'idée est là: tempo peu enclin à monter dans les tours, growl plutôt écorché, ambiance lourde et poisseuse de fin du monde..." En effet, et c'est vraiment mon style de prédilection très haut la main. Les tempos rapides se contentant du "boum-tchak" comme le thrash/HxC/Punk, pas plus et c'est très bien !). Quand au brutal death, peu de groupes font parties de ma collec' mais je citerais tout de même Devilyn, sur qui j'avais misé beacoup d'espoir (hélas) et bien que ce ne soit pas du Nile ou Hate Eternal, je le compte dans le brutal car utilise souvent des blasts. Enfin pour la comparaison Odium, Ceremony, après réecoutes, tu es plus dans le vrai en citant (pas faonçièrement éloigné à l'inverse de ce que j'ai pu dire=Presque identique). Affaire classé !^^
NICOS - 15 Décembre 2014: J'adore cette album. Il est unique, puissant et d'une rage...
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