Appréhender cette troisième toile de la fresque des Italiens de
Centvrion sera une épreuve désagréable qu'il nous faudra pourtant supporter stoïquement. Un calvaire durant lequel, une fois encore, le discourt analytique de votre modeste obligé devra s'alourdir du vernis terne, des soupirs déçus et de cette monotonie grise habituelle devant une telle obstination aveugle. Un entêtement lié à une évolution anecdotique attendu qu'une fois encore le quintette ultramontain aura volontairement omis des notions aussi élémentaires que la nuance et l'inspiration. Et en nous offrant, avec ce nouvel album baptisé Non
Plus Ultra, l'expression la plus cinglante de son inaptitude à nous émerveiller au son d'un Heavy Speed
Metal Thrashy américano-britannique aussi prévisible, aura, de surcroit, confirmé nos pires craintes nées de l'écoute d'un
Hyper Martyrium frustrant.
Débutons donc cet examen par l'aspect le plus crucial de ce disque, ses chants. Les intentions d'un Germano Quintaba seront toujours encore dévouées à ce systématisme ultra-aigu formidablement instauré par Rob
Halford et par ses comparses au son d'un superbe Painkiller. Toutefois l'Italien semble aujourd'hui peiner à atteindre des hauteurs où son organe, par ailleurs, s'épanouit assez modérément. Sa voix paraît, en effet, avoir perdu de sa superbe et de sa fluidité donnant à entendre le résultat d'une interprétation qui semble un peu forcée et qui a l'air douloureuse pour lui (
Maximum Golgotha par exemple). C'est d'autant plus regrettable que lorsque l'artiste consent à rester en des intonations plus médiums et plus naturelles, doublées par ces voix gutturales qui, et on le regrettera, sont ici plus discrètes qu'elles ne le furent sur
Hyper Martyrium, du moins dans la première partie de ce disque, il parviendrait presque à nous convaincre de l'intérêt d'un art aussi conventionnel (Non
Plus Ultra).
La bataille semble donc inéluctablement perdue.
Pas tout à fait car dans ce désastre consternant, et alors que rien ne semblait être à même de le laisser présager, étonnamment, le bon Megalometal sonne la charge d'un nouvel assaut nettement plus convaincant. Passé ce titre l'œuvre prend en effet une tournure plus intéressante. Soyons juste, ce regain n'a rien d'un bouleversement.
Pas plus qu'il ne sera un susceptible d'ailleurs de faire de ce caillou un diamant. Cependant il est suffisamment notoire pour que ce manifeste se bonifie un peu et pour qu'il nous offre, enfin, quelques satisfactions (Ivs Primae
Noctis, Soap Opera,
Neanderthal). Un plaisir succinct qu'une mise en exergue plus importantes des voix
Death gutturales souligne aussi.
Pour finir, inutile de nous appesantir trop longuement sur cette pochette qui, à nouveau, nous offre le summum de l'anachronisme en mettant dans les mains d'un centurion romains une arme plus contemporaine, un fusil.
En définitive, difficile de conclure sur un album aussi changeant. A la fois pénible et moyennement inspiré dans sa première moitié, il affirme quelques qualités certes ténues mais bien réelles dans sa seconde. L'ensemble reste cependant bien trop bancal, bien trop convenu et bien trop pénible pour réellement nous satisfaire pleinement.
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