Nom d'une Pipe

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16/20
Nom du groupe Pensées Nocturnes
Nom de l'album Nom d'une Pipe
Type Album
Date de parution 30 Mars 2013
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album45

Tracklist

1. Il a Mangé le Soleil 05:18
2. Le Marionnettiste 08:13
3. Les Hommes à la Moustache 02:32
4. Le Berger 05:35
5. La Chimère 06:08
6. L'Androgyne 07:53
7. La Sirène 06:02
8. Le Choeur des Valseurs 04:39
9. Bonne Bière et Bonne Chère 03:42
Total playing time 50:06

Chronique @ Vinterdrom

09 Avril 2013

Quelques grammes d’humour dans un monde de brutes

« Nom d’une pipe ! » s’exclama Jacques à la vue de l’engin, salivant par avance d’en goûter les délices.
La bave aux lèvres, il observait le paquet reposant dans la boîte aux lettres, hésitant à le toucher de peur de le faire disparaître, se pinçant à tel point il craignait de rêver. Finalement, Jacques se lança, prenant le paquet à pleine main et l’extirpant de son cocon métallique. La grandeur de son soulagement le disputa à la profondeur de son soupir, dès lors qu’il fut assuré que le sésame ne se transforma point en poussière de songe ni en visqueux poisson. Ouf, dieu merci, ce n’était point un mirage, pas plus qu’une blague du premier avril !
Il n’est aucun mot suffisamment fort pour qualifier l’impatience qui rongeait Jacques et les questionnements qui le taraudaient depuis l’annonce de la sortie du quatrième album de Pensées Nocturnes. Le mastermind Vaerohn allait-il rééditer le coup de "Ceci Est de la Musique" ? Le spectre de l’album-fantôme allait-il frapper à nouveau ?

C’est peu dire que Jacques avait été déçu, il y a deux ans de cela, lorsqu’il s’était aperçu que "Ceci Est de la Musique" n’avait bénéficié que d’un tirage aussi limité que le QI d’un tocard. Lui qui avait tant voulu s’en nourrir à s’en faire péter la pensée nocturne, en boire les paroles jusqu’à l’hallali. Lui qui, simple ouaille, avait subi le gigantesque choc de l’ultra-violente révélation selon laquelle il ne faisait point partie des rares élus dignes de caresser le disque-fantôme comme la Vierge Marie (bas les pattes, non mais !).
Cette brusque déprogrammation du spectacle avait laissé Jacques mortifié ; pauvre clampin à la porte d’une salle désertée. « Si j’avais su, j’aurais pas venu » s’était-il dit tristement (Petit Gibus inside).

Mais Jacques n’était point homme à nourrir une atrabilaire rancune, ni même pessimiste esprit à ressasser ses noirs regrets. Portant son précieux colis, fragment d’un être idolâtré, il courut, courut et courut encore, jusqu’à en perdre la laine, tel un mouton enjambant les haies, défonçant la porte d’entrée, montant au palier, et s’enfermant dans sa chambre à double-tour verrouillée. Sa piaule, son prieuré.
Sur l’autel trônait une immense chaîne hifi, entourée de ses deux enceintes telles d’imposants gardes du corps. Plaquée au mur, au-dessus du magnifique bijou de technologie moderne, une photo de l’idole gouvernait, bordée d’une parure dorée aux motifs angéliques, éclairée par un spot diffusant une lumière d’une pureté divine.
« Ce Vaerohn, quel bel homme » pensa alors Jacques (n’avait-on point précisé que son patronyme était Langue ?), en contemplant malicieusement le visage du musicien. Ce visage aux traits harmonieux, aux longs cheveux à la souplesse déliée et à la brillance des blés, gracieusement surmonté de l’auréole (parce qu’il le vaut bien).
Jacques s’agenouilla, adressant une brève prière, puis entama l’ouverture du paquet. Débuta alors un langoureux strip-tease, sensuel effeuillage de couches de carton, de morceaux de papier à bulles et de lambeaux de blister, jusqu’à dévoiler la rondelle à chroniquer (non, ce n’est pas sale). Jacques déplia les trois panneaux du sublime digipack, toute peur d’y tomber dedans s’étant évaporée, puis en extirpa la galette qu’il introduit dans la bouche offerte du lecteur-CD. « Nom d’une pipe ! ». Tant d’attente, Jacques n’en pouvait plus. Les nuages du passé évacués, le lumineux espoir était si proche de renaître. Après la pluie, le bouton. Jacques appuya sur « Play ».

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« Internazionale pubblicazione ! Following the breathtaking “Grotesque” and the phantom “Ceci Est de la Musique”, “Nom d’une Pipe” ventures even further: black metal, reggae, tango, musette and many more, everything mixed together! Exclusive limited digipack edition avec booklet 20 pages tout confort et artwork jantes alu. Für die ganze Familie ! Wir leben LADLOS. »

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… (c’était un communiqué de Gérald de chez Les Acteurs De L’Ombre ; désolé chers lecteurs, mais il faut bien qu’on ait de quoi vivre, nous pauvres chroniqueurs sans le sou) …

La musique se diffuse dans la pièce et le spectacle commence par des harmonies arabisantes desquels surgit un speech en l'horreur de notre ancien Président de la République, histoire de diviser les foules dès l'acte premier. "Il a mangé le Soleil", certes, mais son successeur a quant à lui d’ores et déjà avalé la trompette. Pas un pour rattraper l’autre. Les artistes engagés, qu'ils disent ! Con-nivence ? Suce-picion ? Allez savoir… Ça sent fort l'affaire louche qui se trame là-dessous et qui ne va pas tarder à éclabousser le petit écran autant qu’un obsédé en manque devant un film porno. Ne trouvez-vous pas bizarre que (sauf son respect) un simple artiste de rut comme Vaerohn puisse bénéficier d’une qualité de production aussi phénoménale ? Pour sûr que lui aussi est allé soutirer du pèze à la vieille folle, patronne des studios Druden-os où a été réalisé le mastering de "Nom d’une Pipe !". Là, on se vautre dans le graveleux. L'orchestre électrique se déchaîne avec force cordes dissonantes et rythmiques s'emballant dans un total lâchage à faire sauter les braguettes. En accompagnement, le saxophone balance un solo de karcher. L'instrument se métamorphose par la suite en charmeur sexophone, sur "La Chimère" et "Le Chœur des Valseurs", où il réapparaît en nous régalant d'une chaude danse du ventre. De ses notes gigotantes, le virevoltant instrument y exécute une choré (du nord) explosive.
Tel un journal de 20 heures sous acides, Vaerohn dynamite notre sinistre actualité via le périple dramatico-déconnant d'un mystérieux personnage et de ses rock-ambolesques rencontres, sur le chemin le menant aux sommets (quelle hyperboule sur la condition de rock-star ! ). Et qui autre que nos ridicules et impuissantes autorités peut mieux personnaliser le grand cirque de la vie, où les malheureux protagonistes tournent en rond comme en bourrique et en dérision, condamnés à subir l'éternel supplice de la colline et du rocher, mis en paroles penséesnocturniennes d'une plume in-sisyphe avec multiples sens, niveaux de lecture et jeux de mots tarés-biscotés inclus dans le forfait 50 minutes de communication pour 10 euros seulement.
Encore ? "Le Marionnettiste" se règle sur la cadence d'un ventripotent accordéon, laissant place à un reggae endiablé autant qu'enfumé, traversé de trémolos rappelant les origines black de Pensées Nocturnes (sans équivoque).
Encore ? La fiesta bat son plein et le basson sautille sur "Les Hommes à la Moustache" et "Bonne Bière et Bonne Chère", parade des couillons déglingués.
Encore ? Et ça continue avec "Le Berger" et son pataquès de free-jazz. Nom d'un bâton, il a tout compris l'sauvageon !
Encore ? Choc des cultures sur "L'androgyne" et ses percussions de souk qui se tapent un raï de coke avec notre bonne vieille trompette bouchée, ça en bouche un coin.
Encore ? Les vocaux mi-haine mi-coton de "La Sirène" se la jouent La Belle et le Clochard. Le scénariste mixe sans vergogne les torchons et les serviettes, interpénètre sans complexe le beuglement alcoolisé et la volupté lyrique.
Encore ? Chaque acte possède cette invraisemblable capacité à partir en couille pour ensuite revenir à pied. Et en plus de la poire, notre boute-en-train s’est fendu d’un concept liant les neuf actes du spectacle, en direct-live du fil rouge de Simone Garnier (souvenez-vous, Intervilles !).

Jacques (tiens, on l’avait oublié celui-là) est aux anges et se revoit parcourir les rues d'Avignon en plein mois de juillet, suant à porter son lourd sac de festivalier en bandoulière.
La fibre dépressive originelle de "Vacuum" s'est complètement délitée au profit d'un cabaret théâtral déjanté et jubilatoire (deux qualificatifs qui cartonnent sur les flyers distribués par les troupes). "Grotesque" avait planté le clou, "Nom d'une Pipe !" l'enfonce jusqu'à la garde ; « Le changement, c’est maintenant » serine la face bouffie dans un trait d’humour coincé à l’âge de la bière sur l’échelle de l’évolution.
Bazar-metal ? Bordel-metal ? Tartuffe-metal ? Metal'nawak ? Choisissez l’étiquette que vous voulez, il y en autant pléthore que dans un supermarché. Allez-y, c’est journée portes ouvertes !
Difficile de trouver un équivalent au lard imaginé par Pensées Nocturnes, si ce n’est peut-être le dernier Sigh en date "In Somniphobia". Et encore, le parallèle reste-t-il limité à une forme d’entertainment musical à base metal. Car pour le reste, chacun son trip ; les japs dans leur délire nippon et Vaerohn dans son délire bien franchouillard : béret sur le teston, baguette sous l’aisselle, sauciflard dans le cul et camembert étalé dans le slibard. Zéro censure ; là où règne la gêne, succombe le plaisir.
Les invités du temps de "Grotesque" se nommaient Edvard, Johannes, Guiseppe et Piotr Ilitch. Ils s'appellent aujourd’hui Michel, Georges et Raymond. Vaerohn a troqué l’apparat du chef d’orchestre pour endosser la bonne salopette des familles. Et comme Francis, on peut se poser la question : est-ce que ce disque est sérieux ? … Car j’entends qu’on s’amuse et qu’on chante au bout du couloir. Gégé a touché le verrou et Vaerohn a plongé vers le grand jour, a vu les fanfares, les barrières et les gens autour.
Stupéfiant stupre et lucratif lucre, quelques grammes d’humour dans un monde de brutes, normal comme approche pour un musicien dont le nom de scène rappelle une illustre marque de chocolat (non, ce n’est pas Lindt).

Génie ou guignol ? Habile tricoteur d’harmonies ou débile brasseur de notes ? Potache détonnant ou pot de chambre et tache de merde ? Entité de l'Olympe ou idiot du village ? Modeste étalon ou prétentieux enculeur de mouches ? … Vaerohn est à la musique ce que Gordon Zola est à la littérature : un trublion loin d’être au goût de tous, mais qui ne manque pas une occasion de s’éclater.
Qu’on l’acclame (encore ?) ou qu’on veuille le jeter au fleuve (va au Rhône ! Sal’té d’salopiaud !), au centre de l’arène comme dans l’intimité de la reine, Vaerohn n’en a cure et restera droit comme un « i », quitte à ce qu’on lui mette le poing dessus. Jamais il ne s’avouera vaincu, il aura toujours quarante fesses. Con s’le dise !

10 Commentaires

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mayhem13 - 15 Avril 2013: Je n'avais jamais lu pareille chronique, seigneur je suis scotché!!!
Ca me donne envie de découvrir cet album pour le coup!
Certains sont habités ici c'est pas possible!
Doomouton - 18 Avril 2013: Chronique à l'image de l'album, completement barrée !
Icare - 08 Octobre 2014: Putain, je réagis pas souvent, mais elle est bluffante celle-là! Une anthologie, dont je me délecte encore des jeux de mots, différentes allusions, assonances et autres anacoluthes! Un grand bravo à l'auteur de cette sublime chronique, qui donne évidemment envie de découvrir l'album!
Cannibalpoulpe - 12 Novembre 2014: Très bonne chronique qui reflète bien l'esprit de l'album. Il me fait penser à ce que fait Igorrr, la touche breakcore en moins. Par contre je ne sais pas si ce n'est que le hasard, mais "La Chimère" semble clairement pompée sur "Dimension Canvas" de "Le Grand Guignol"
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Chronique @ Kuza

09 Avril 2013

Vaernoh au pays des merveilles.

Qui ne connaît pas Pensées Nocturnes en France, ne serait-ce que de nom pour les moins amateur de black métal ? A l’origine, c’était un one-man band entre les mains de Vaernoh, qui avec Vacuum, son premier album, se révèle en un coup de maître. Indiscutablement un album culte de la scène du Black Métal Dépressif, le DSBM comme l’appellation branchée veut le nommer. Indiscutablement, Vacuum se hisse parmi les grosses pointures aux côtés de Gris, Diagnose Lebensgefarh et Totalselfhatred. La première édition, sortie par les Acteurs de l’Ombre à 1000 exemplaires, est écoulée bien vite.
Alors comme le gars n’a plus rien à prouver, il sort un deuxième album, dans un style un peu différent, qui lui vaudra alors l’étiquette flou et un brin fourre-tout – allant du très mauvais à l’excellent - d’avant-gardiste. Moins touché par ce deuxième opus, je n’en garde qu’un souvenir très diffus et pas forcément très agréable, sans doute déçu, je ne savais plus que penser du groupe qui avait alterné le brillantissime avec le médiocre en seulement deux albums.

Quand vient alors l’annonce d’un troisième album, celui qu’on appelle de la maturité – cette bonne blague ! – et de la réédition du premier chef-d’œuvre. Un rapide jet d’oreilles sur le site des Acteur de l’Ombre, une annotation intrigante qui définit désormais Pensées Nocturnes de musette black metal, et on y est. La pré-commande est passée, Nom d’une Pipe est dans le panier, le pari est pris.

Alors ? Réussi le pari ? Un formidable OUI. Vaernoh signe une production incroyable. Si certaines musiques peuvent être placées sur différentes images pour illustrer musicalement une scène, la musique de Vaernoh, elle, invoque déjà son univers sans qu’on puisse l’intervertir avec un autre. C’est un voyage au pays des cauchemars, un affreux délire d’un esprit torturé et poétique, où se mêle le Grotesque, l’amusant, le déconcertant, l’horrible, le triste et le cynique. Les formes visqueuses s’agitent étrangement, pataudes, dans la déstructuration musicale et les cris de souffrance des instruments.

Si Pensées Nocturnes ne peut souffrir que d'une comparaison avec un autre, il ne pourra être comparé qu’à un seul, le tout aussi génial et malade Général Gribbsphiiser, maître à composer de Slagmaur, un groupe avant-gardiste dont la spécialité est la disharmonie sur un fond d’opéra baroque Grotesque. Un univers pas si éloigné de celui de Vaernoh avec cet excellent album, qui nous entraîne dans un spectacle de circaciens, mélangeant clowneries burlesques et opérette musette, dans des danses, dans des envolés jazzys, dans des chants bien étranges. De l’accordéon dans le black métal ! Toujours étonnant de voir comme cela passe bien. La musique nous présente des actes, chaque titre étant une petite histoire, une mascarade qui met en scène un personnage, le marionnettiste qui s’écorche vif, les hommes à la moustache, le ver qui n’a pas d’ailes, le saxophoniste bourré, le berger sans chien, la chimère et l’escargot, la sirène, le cœur des valseurs, et le hurlement dans la controverse.

Nom d’une Pipe pousse l’expérimentation dans des tranchées où la folie ne se soucie guère des retombées commerciales, ni même de ce que le public en pensera. Vaernoh est un grand compositeur qui ne veut pas faire de classique. Il a son univers, comme Picasso avait le sien, s’affranchissant de l’académisme de la même manière. Disharmonie, instruments incongrus, dans un capharnaüm puisant ses influences dans la musique hispanique, l’orientale, la musette, la fanfare festive du 14 juillet, le classique, et bien entendu dans le rock et le black métal. Curieux mélange sur lequel s’ajoutent des samples pas moins surprenants. Une chanson qui s’ouvre sur l’annonce de l’hymne national du Président Nicolas Sarkozy, une autre sur des phrases tirées d’un one-man show à l’humour douteux digne d’un Dieudonné – peut-être même que c’est lui, mais je n’affirmerais rien – avec les rires enregistrées, qui se superposent sur une musique tragique et lancinante, dans la pure veine noire de Vacuum ; et même le célèbre refrain d’une non moins célèbre ritournelle de George Brassens. Et pourtant, le symphonique et le grandiloquent le disputent au ridicule et au misérable. L’Instant Beauté ? Il est là. La notion du beau académique est balayé pour ne faire place qu’à la dialectique de l’atroce et du magnifique, qui s’entremêlent jusqu’à fusionner.

Une dernière précision : la musique ne s’abordera et ne se comprendra pleinement qu’avec le livret, magnifique, en main. En effet, faire une chronique sans parler du travail qui accompagne la musique serait complètement vide de sens. D’autant que le travail sur le livret et ce qu’il contient est conséquent, presqu’autant que le contenu du CD lui-même, donnant à l’ensemble une valeur artistique qui ne se dévoile dans son intégralité qu’au moment où l'on réunit textes et musiques. En dehors du graphisme, magnifique, très travaillé, et constituant déjà la première porte pour rejoindre Vaernoh dans son pays des merveilles, l’intérêt provient surtout des « paroles », si on peut les appeler ainsi, qui sont la véritable porte pour accéder à l’imaginaire.
Les plus curieux se demandent alors pourquoi les paroles ont été mises entre guillemets dans ma phrase précédente. Et bien parce que de paroles, ce n’en est pas. La réalité : Vaernoh hurle, parfaitement incompréhensible, ou entonne les chants burlesques d’un opéra bizarre. Et les écrits dans le livret ne sont pas les paroles de ces cris et de ces chants, mais une histoire pour effrayer et faire rire les enfants, un conte fantastique et Grotesque, où les personnages sont d’une poésie sotte et difforme, à la façon de ces grossières marionnettes que l’on agitait autrefois sur les boulevards et dans les marchés.

Le défi, c’est que les textes soient à la hauteur de la musique. Défi relevé ! Ils auraient pu être prétentieux, ces textes. Mais heureusement, de nombreuses touches d’humour dans l’écriture très bien senties, souvent absurdes, parfois vaseuses, rendent le tout incroyablement drôle, pas moins qu’un véritable spectacle d’artistes de rue. Les textes nous transportent dans un rêve étrange et les images viennent d’elles-mêmes à l’esprit du lecteur qui se laisse entraîner par la musique et la narration, se superposant merveilleusement bien ! Un rêve où le personnage central erre de lieux en lieux et rencontre de nouveaux protagonistes au fil de son périple, tous plus étranges et clownesques les uns que les autres. Si vous n’avez aucune envie de parler à des gens complètement fous, et bien passez votre chemin, car tout le monde est fou, ici, et le cauchemar Grotesque prend des allures de rêve psychédélique très amusant, mais pas si effrayant que ça. La laideur devient agréable à côtoyer, on s’attache, aux personnages, comme à la musique, et ainsi, on peut l’affirmer : c’est une réussite.

On applaudit, on en redemande, dans la foule s’élève les bis ! bis ! et on chante, festifs, avec nos amis fous, Vaernoh, et tous ses comparses qui lui ont prêté main forte pour ce spectacle qui fait un tabac. Ah ils nous auront fais passer un très bon moment ces hommes à la moustache ! Honnêtement, les Pensées Nocturnes frappent à nouveau un grand coup. Pour l’album de la maturité, on n’y est pas encore, mais pour l’album de la créativité, banco, c’est le jackpot, on peut faire tourner le chapeau, et le mettre bien bas pour saluer l’artiste !

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gogol69 - 17 Avril 2013: Excellente chronique. C'est très agréable de te lire. Par contre j'arrive pas trop à adhérer sur le fond. Alors certes cet album est très créatif, mais est loin d'être transcendant. Je trouve qu'on s'ennuie vite, et ça tourne rapidement en rond. Hormis quelques titres très bien exécutés, dommage.
 
Kuza - 18 Avril 2013: Merci. Certains ont crié au génie pour Grotesque, mais moi-même, je n'avais pas plus adhéré que ça. Je pense que l'avis qu'on se fait d'un album tient surtout de l'état d'esprit qu'on a quand on l'écoute la première fois, c'est donc très subjectif. Et puis dans l'avant-garde, les goût et les couleurs, ça ne se discute même pas.

A la fois, il m'est impossible d'y mettre une note.

En tout cas merci pour ton commentaire.
Peacewalker - 24 Juin 2013: "une autre sur des phrases tirées d’un one-man show à l’humour douteux digne d’un Dieudonné – peut-être même que c’est lui, mais je n’affirmerais rien – avec les rires enregistrées,"

C'est un spectacle de Coluche..

Merci pour la chro sinon !
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