A Boire et à Manger

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Nom du groupe Pensées Nocturnes
Nom de l'album A Boire et à Manger
Type Album
Date de parution 16 Janvier 2016
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. Black Orleans Bump
2. Le Rat des Goûts
3. La Marche de Travers
4. Interlude Satierienne
5. Les Yeux Boiteux
6. L'Aphone et la Flore
7. La Java Niaise
8. L'Hélicon
9. Morceau en Moins

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Pensées Nocturnes


Chronique @ Vinterdrom

02 Fevrier 2016

Ceci n'est pas une chronique

– L’artiste et sa troupe n’ont point encore commencé à jouer que je sens déjà poindre l’indigestion. Et dire que nous sortons à peine des fêtes de fin d’année…

– Très franchement, de quoi vous plaignez-vous, monseigneur… Arthur de Reins-Beaux, si j’en crois ce qu’indique le plan de table que ce bien affable Vaerohn nous a distribué à l’entrée. Je trouve pour ma part cette ginguette francilienne des plus agréables. Et il fait à ce point doux pour la saison que nous pouvons même profiter de la terrasse, en plein hiver. Cette histoire de réchauffement climatique, au demeurant très à la mode de nos jours, n’est-elle pas merveilleuse ?

– La raison vous est vôtre, comte de… l’Eau Réamont, d’après ce que mentionne le petit carton d’invitation agrafé à votre bien élégante redingote. Ravi de faire votre connaissance.

– J’en suis tout aussi enchanté, très cher monseigneur. Et en l’occurrence très cher voisin de tablée d’un soir. Alors racontez-moi un peu ce qui vous chagrine…

– Voyez-vous, très cher comte, je n’ai jamais guère apprécié le black metal néoclassico-anticonformisto-blueso-jazzo-pseudo-et-tutti-quanto-avantgardiste, ce soi-disant « art » que compose… ou dirais-je plutôt que défèque notre artiste en question depuis huit interminables années maintenant. Et par « artiste », comprenez artiste dans le plus minable sens du terme.

– Si je puis tout à fait concevoir la dureté de vos mots, selon votre manifeste aversion pour Pensées Nocturnes, je reste néanmoins aussi sceptique qu’une fosse face à votre présence à cette cinquième représentation…

– Cinquième, dites-vous ? Il me semble pourtant n’en avoir dénombré que quatre…

– Vous oubliez « Ceci Est de la Musique »…

– Ah ! Ce fameux numéro privé ! Cette maison si close que seuls les proches de l’artiste ont pu jouir des prétendus charmes. Vous m’excuserez alors de ne point y avoir été invité et de n’être donc, pour ce gratiné artiste, que l’huile de fond de plat là où vous vous en élevez au rang de la chapelure.

– Auriez-vous pris cette démarche selon un angle si élitiste qu’elle vous aurait vexé ?

– Du tout. Nul besoin est de m’auto-infliger moult nœuds à l’âme et aigreurs à l’estomac pour une simple musique de manchot dont bien peu m’en chaut.

– Ce qui nous ramène à votre présence ici…

– Sachez en cela que je dois répondre, pour les besoins de mon journal, au contraint autant que difficile exercice de la chronique. Et par respect, sinon pour l’artiste du moins pour le bien-fondé de mon papier en devenir et avec peut-être un brin de masochisme en plus, faille-t-il au minimum que je sache exactement de quoi il en retourne.

– Bien que mon goût au demeurant fort prononcé pour Vaerohn et ses Pensées Nocturnes, jusqu’aux confins même d’une admiration que ma propre chronique retranscrira, diffère radicalement du votre, voilà une attitude que je respecte au plus haut point. Vous êtes bien au-delà de ces chantres de l’apriori balançant leur fiel aussi gratuitement qu’à tout-va, sans même assister au spectacle.

– Une façon comme une autre pour eux d’exister. Laissons ces faubouriens forbans aller se faire cuire un œuf sur la cime du Mont-Blanc.

– Et puissent-ils se noyer dans leur atrabilaire venin, nous sommes au moins d’accord sur ce point. Mais trêve de futiles bavardages, voilà notre Vaerohn en scène, enfin en place pour une langoureuse glissade de doigts sur les cordes de sa guitare, telle la caresse sur l’ample chevelure d’une jolie jeune damoiselle en fleur.

– Une caresse qui finira, à n’en point douter, dans certaines profondeurs situées bien en-dessous des jupons, nous connaissons « l’homme », ce coureur dans le plus vulgaire sens du terme…

– C’est un trait de caractère que, ma foi, j’apprécie beaucoup chez lui. Tout comme les jeux de mots tarés-biscotés émaillant le menu qu’il nous propose.

– Des jeux de mots tarés-biscotés ? Voilà une bien curieuse formule, cher comte de l’Eau Réamont, dont je brule de connaître le sens profond.

– Je voulais dire par là, cher monseigneur de Reins-Beaux, de bien fols jeux de mots, qui retombent toujours du côté le plus gras.

– N’appréciant aucunement le gras sous quelque forme que ce soit, eu égard à mes reins que je souhaite par-dessus-tout conserver à l’image de mon patronyme, je me trouve fort peu aise pour m’en amuser.

– A défaut de mots, enivrez-vous de notes dans ce cas-là.

– Justement, notre artiste et ses acolytes de scène se sont enfin décidés à s’activer. « Black Orleans Bump », nous annonce le menu pour commencer.

– Un fameux apéritif qu’il nous offre là, avec cet air de trompette si magnifiquement fuselé qu’il nous transporte par-delà l’Atlantique tout droit jusqu’à la Nouvelle-Orléans et au quartier du Vieux Carré.

– J’en déduis, d’après vos dires, que ce que nous entendons là serait un hommage aux origines black de Pensées Nocturnes ?

Plus qu’un hommage ! Avec une telle entrée en matière, honte à ceux qui oseront prétendre que Pensées Nocturnes ne joue pas du black !

– Sympathique mise en bouche en tous cas et, croyez-en ma parole, je suis le premier surpris de mes propres mots.

– Commenceriez-vous à apprécier Pensées Nocturnes ?

– N’allons point vite en besogne, ce ne sont là que les premières minutes. Et ledit Vaerohn n’a pas encore fait entendre sa voix, pas plus que branlé son manche.

– Ce qui ne saurait tarder, car voilà « Le Rat des Goûts » qui pointe son museau hors de sa tanière !

– Et ce qui devait arriver arriva. Quelle horrible cacophonie en peau de bête que voilà, sans queue ni truffe.

– La raison est que vous n’êtes point sensible au buffet garni à la mode Vaerohn, cher monseigneur. Ici l’on a tout le loisir de piocher comme bon nous semble dans plusieurs nuances guitaristes, dissonantes ou plus mélodiques, de même que dans plusieurs tempi, servis tantôt largo tantôt allegro, tantôt moderato tantôt presto, à chœurs et à cris, toutes et tous exquis, à la condition que l’on prenne le temps de les goûter.

– Cher comte, tout ce que vous décrivez, autant que tout ce qui me parvient depuis la scène, me donne plutôt l’image d’un vide-ordures où les notions de créativité et de générosité ne sont que prétexte à servir un incommensurable n’importe quoi.

– C’est souvent et à notre plus grand malheur, la manière que l’on peut avoir de qualifier l’originalité. Non mais goûtez-moi un peu cette savoureuse trompette déposée sur une tartine de blasts et vous m’en direz des nouvelles !

– Tromperie sur une marchandise sans saveur intrinsèque aucune. Du vide, du vide et rien que du vide. Mais l’artiste ne nous avait-il pas prévenus de ce fait, dès son premier spectacle… Et cette « Marche de Travers » qui débute ne semble tituber vers rien de mieux…

– Au contraire ! Moi, comte de l’Eau Réamont, lève solennellement mon verre au groupe et l’accompagne on ne peut plus volontiers dans son éthylique chaloupé.

– Aussi ridicule qu’un chat qui a loupé son pas et tombe du toit, tout droit vers son trépas quelques vingt mètres plus bas.

– A cette différence près que le chat, à l’inverse de la tartine, retombe toujours sur ses pattes. Mais dites-moi… les bulles de Pensées Nocturnes vous monteraient-elles à ce point à la tête que vous vous mettiez à inventer, vous aussi, de ces jeux de mots que je qualifiais plus tôt de tarés-biscotés. Et, qui plus est, avec une facilité des plus déconcertantes !

– Facilité, là est bien le mot… Dites-vous bien que je trompe l’ennui qui pèse sur moi tel un gigantesque éléphant, rien de plus. Et cette vilaine manie qu’a notre artiste d’ouvrir sans cesse son gosier a le don de me lasser, en plus d’être aussi agréable que de vieux relents d’estomac, ou de foie, voire de plus loin encore. Très sérieusement, je finis par en avoir les dents du fond qui baignent.

– De relents, il est certes question au travers de cette particulièrement vindicative « Marche de Travers » mais je leur trouve, pour ma part, une portée éminemment sociale.

– Sociale ? Vous m’en voyez très étonné…

– La trompette déliquescente, ces plans rythmiques lâchés à tout berzingue et cette fanfare entonnant un air d’un désenchantement tel que la fermière Mylène l’aurait trouvé tout sauf mi-coton sont autant de jets bilieux crachés au visage de la bêtise humaine et de cette société en passe de mourir sous le poids de tous ses excès. Une façon pour l’artiste et son vecteur musical d’agir comme un miroir. Et bien entendu, ce que l’on y voit peut blesser voire outrager.

– Ou tout simplement déplaire voire indifférer. Pour ma part, cher comte, j’en ai bien assez de contempler le marasme dans lequel notre pays s’enfonce aussi lentement que sûrement pour qu’un banal artiste de rue vienne encore me l’agiter sous le nez.

– Tout dépend si l’on choisit de le considérer au premier ou au dernier degré ; l’Alpha et l’Omega de l’interprétation humaine, voyez-vous.

– Vaste sujet que voilà. Et sur lequel nous pourrions circonvoluer des heures durant sans trouver issue ni accord, entre l’un qui croyait que l’autre avait cru et l’autre qui avait cru croire que l’un croyait avoir cru.

– Très juste. Cependant, cher monseigneur, nous sommes à présent au cœur de l’instrumental « Interlude Satierienne » et vous devriez vous sentir à tout le moins soulagé de ne plus subir aucune diatribe vocale.

– Allons bon, sous l’impulsion de votre communicatif enthousiasme, je ferai pour une fois l’effort de voir le verre de vin à moitié plein et reconnaître une lichette de qualité à ce morceau somme toute entraînant et point trop confus. Au moins le batteur semble-t-il être revenu de ses fraises et ses compagnons ont-ils arrêté pour un temps de les sucrer. La guitare y joue une vraie mélodie comme on peut en apprendre dans tout conservatoire qui se respecte et le final au piano offre une intéressante longueur en bouche.

– Si vous continuez ainsi, cher monseigneur de Reins-Beaux, vous allez flatter notre artiste.

– Je vous arrête tout de suite, cher comte de l’Eau Réamont. Ce n’est pas parce que j’ai parlé de verre de vin et de longueur en bouche que je boirai l’un jusqu’à la lie ni que j’irai sucer l’autre jusqu’à la garde.

– Nez en moins, je suis ravi de constater que votre avis ne demeure pas aussi tranché que ce délicieux foie gras servi avec « Les Yeux Boiteux ».

– L’entame au piano, présentée en sauce liante avec la clôture de l’interlude, me laissait augurer le meilleur. Malheureusement, tout porte à constater que notre artiste du soir est tel une caquesangue : irrémédiablement tiré vers le bas dès lors qu’il revient avec son fatras de partitions dignes des bordels les plus fréquentés de notre capitale.

– Pour ma part, les ariettes d’accordéon qui viennent accompagner ce morceau sont des condiments des plus enivrants, ne me donnant qu’une seule envie : me lever de table et inviter cette généreuse autant qu’appétissante damoiselle assise à la table d’à côté !

– Celle s’appelant Hélène, dépêchée par AB Productions et portant un corset lui remontant les escalopes comme deux coucous hurlant midi ?

– Celle-là même ! Diable que je brûle de me lancer avec cette plantureuse créature dans une valse méphistophallique, d’inviter cette belle Hélène à monter dans ma modeste chambre pour arroser son cache à l’eau jusqu’à en faire une plante heureuse et la laisser ainsi autant rêveuse que cet évanescent carillon s’évanouissant en même temps que « Les Yeux Boiteux » laissent place à « L’Aphone et la Flore ».

– Vos tentaculaires élans envers cette plante grasse me laissent sans voix. Ces pensées nocturnes seraient-elles en train de vous transformer en dangereux maniaque ?

– Vous n’aurez nul besoin de me plaquer au sol ni d’appeler au secours toute la maréchaussée du monde. Bien entendu, tout ceci reste de l’ordre du rêve.

– Vous m’en voyez rassuré. D’ailleurs, les riffs flasques et la cadence apathique de « L’Aphone et la Flore » sont en train de me pousser droit dans les bras de Morphée. Au moins, la cacophonie de certains des précédents morceaux parvenait-elle à me maintenir éveillé…

– Étranges, ces sentiments dépressifs qui se dégagent de ce morceau et qui rappellent le premier spectacle de Vaerohn à mon bon souvenir. Comme si, en plein milieu de la fête, il avait tout à coup décidé de regarder vers le passé, d’en faire ressurgir l’affect et de revenir au présent pour y poser un regard désabusé.

– Et que déduiriez-vous de tout cela, socialement parlant ?

– Que la sensibilité animant Pensées Nocturnes semble peu ou prou suivre la tournure de l’actualité. Voyez-vous : « Nom d’une Pipe ! » a été donné peu de temps après la déchéance du roi Nerveux Ier et l’avènement du nouveau roi Bouffi Ier, nous en étions encore à la franche rigolade en cette époque insouciante ; tandis qu’à présent, presque trois années plus tard, c’est de la soupe à la grimace que nos dirigeants nous font boire et manger quotidiennement.

– Décidément, vos élucubrations me surprendront toujours. Vous semblez pris dans une telle transe dans ces moments-là…

– Ah, qui sait ce que nous devenons lorsque les abysses du psychisme nous guident. Mais reposons les pieds sur terre et goûtons à cette piquante « Java Niaise » qui nous donne un bon coup de fouet pour nous stimuler jusqu’à la fin du spectacle.

– Un bon coup de bambou pour nous assommer, vous voulez dire…

– Diable que vous êtes moqueur ! J’adore ! Tout comme cet excellent pot-pourri de Java Niaise qui se croque comme une seule bouchée concentrant à elle seule tous les goûts penséesnocturniens. Et cet ensemble choral, quel grand moment de partage !

– Pourri, là est bien le mot… Et pour le reste du pot, cousez dé à goûts puis détournez le sens sémantique de partage vers carnage et vous aurez mon opinion sur le sujet.

– Franchement, ne trouvez-vous pas grandiose ce final où tous les gens du peuple, vociférateurs et cantatrices, sont invités à pousser la chansonnette avec Vaerohn ? Regardez ! Cette belle Hélène dont nous parlions plus tôt les a même rejoints. Dieux quels poumons ! Il m’en vient encore des pulsions lyriques !

Grotesque, tout simplement. Mais l’artiste ne nous avait-il pas prévenus de ce fait, lors de son second spectacle…

– Je n’attendais pas remarque moins acerbe de votre part, cher monseigneur de Reins-Beaux.

– Tout comme je n’attendais pas onomatopées moins puériles sur cet « Hélicon » en train de battre son plein. Pon pon pon !? Pan pan pan boum toc !? Est-ce bien ce que je crois entendre !? Diantre, se trouve-t-on à un concert ou dans un bac à sable ?

– Manifestement les deux, cher monseigneur. Après tout, comprendra qui pourra et la vie n’est-elle pas un immense bac à sable où tout le monde gesticule à qui Miou-Miou ? Prenons-la - je parlais de la vie bien sûr - plutôt sous l’angle de la comédie, car à en risquer un terme prématuré vaut-il mieux profiter de chaque occasion de rire un bon coup.

– En tous cas, nos musiciens en profitent plus que de raison. Sont-ils aussi beurrés qu’une plaquette pour produire pareil beuglements ! M’est avis que le coin buvette a dû sérieusement endurer ces piliers, et ce bien avant notre arrivée.

– Mais l’alcool ne représente-t-il pas pour tout artiste la clé de l’inspiration ?... Ayant déjà eu l’occasion de croiser le sieur Vaerohn en soirée, ai-je ainsi pu l’entendre proférer à la jungle mondaine que, sans mentir, si son grammage se rapportait à son langage, il était le pénis des hôtes de ces bois.

– Tout cet abattage est d’une telle absurdité…

– D’une absurdité telle qu’il pourrait se voir ouvrir les portes de l’Elysée pour son prochain spectacle, ne pensez-vous pas ?

– Il est vrai qu’avec un tel tapage, notre clown en question s’y trouverait comme larron en foire.

– Tout à fait. Et voilà que « Morceau en Moins » nous conduit tout doucement vers la fin du spectacle. En guise de dessert, cette mignardise remplit parfaitement son office, histoire de terminer sur une note plus légère là où on aurait pu craindre une pâtisserie bourrative.

– J’ai plutôt l’impression que les musiciens s’empressent d’expédier le morceau pour retourner vite fait au coin buvette que nous avions évoqué.

– Quoi qu’il en soit, je suis très heureux d’avoir pu converser avec vous cette soirée durant, cher monseigneur de Reins-Beaux.

– Moi de même, cher comte de l’Eau Réamont. Vous avez quelque peu égayé une soirée que je redoutais au plus haut point. Il est toujours agréable, autant que rare, de pouvoir échanger deux points de vue opposés et ce dans la plus grande civilité.

– En effet, il aurait été fort dommage autant qu’inutile de s’entre-balancer ce délicieux banquet dans nos figures respectives. Le stade de l’enfance se trouve depuis bien longtemps derrière nous.

– Et le stade de l’animal encore davantage. En théorie, tout du moins…

– Ce que je ne peux que plussoyer, cher monseigneur. A titre personnel, je compte traîner encore un peu mes guêtres par ici, histoire d’aller bavarder avec cette belle Hélène qui s’attarde et, pourquoi pas, réaliser mes rêves les plus fols. La chronique du spectacle pourra toujours attendre à deux mains.

– Et bien, avant que je m’en retourne par chez moi et que vous alliez, cher comte, conter fleurette à votre belle Hélène, nous pourrions peut-être présenter une conclusion claire autant que concise aux quelques convives qui ont pu tenir le coup jusque-là ?

– Excellente idée de votre part. Dans ce cas, je vous propose de couper la belle Hélène en deux et de dire que, d’un côté, les braves gens qui appréciaient déjà Pensées Nocturnes pourront trouver leur compte dans ce nouveau spectacle…

– … tandis que, de l’autre, les tout aussi braves gens que ledit projet de Vaerohn rebutait auparavant le seront toujours autant, sans grand doute.

– Nous pourrions également ajouter que, du fait d’un tirage et d’une promotion aussi maigres que les arêtes de poisson jonchant le banquet après la becquetance, ce spectacle tout neuf n’aura que très peu de chances d’attirer un nouveau public. A moins que celui-ci ne soit prêt à subir les désagréments d’un spectacle autoproduit, soit a fortiori à petit budget, se déroulant dans une minuscule ginguette plutôt que dans un grand théâtre, comme c’était le cas auparavant.

– En somme, une démarche qui consiste, pour Vaerohn et ses Pensées Nocturnes, en un retour dans le caniveau qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

– Je reconnais bien là votre corrosivité désormais légendaire, cher monseigneur de Reins-Beaux.

– Tout comme je reconnais parfaitement dans vos propos exaltés, cher comte de l’Eau Réamont, l’indéfectible ferveur qui vous caractérise et que les âges n’oublieront pas.

– Très bonne fin de soirée à vous, cher monseigneur.

– A vous aussi, cher comte, même si j’imagine qu’elle ne fait que commencer. Saluez la belle Hélène de ma part et veillez à ne point trop la pocher sur le feu de votre bouillonnante ardeur.

– J’y veillerai, cher monseigneur. A la revoyure !

5 Commentaires

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vincysteria - 02 Fevrier 2016: Quelle chronique! J'ai adoré te lire, merci!
Peacewalker - 02 Fevrier 2016: Je l'attendais cette chronique, tu t'es surpassé ha ha
Concernant l'album, après quelques écoutes je le trouve excellent, peut-être même meilleur que Nom d'une Pipe! qui avait déjà placé la barre très haut.
Vinterdrom - 03 Fevrier 2016: Merci pour vos commentaires.
Effectivement, cet album est dans la continuité de Nom d'une Pipe! mais en moins dispersé (sans aucun sens péjoratif) et plus maîtrisé, je trouve.
En se concentrant sur une palette d'instruments plus réduite, et notamment la trompette (excellente tout du long), les morceaux ont gagné en liant.
Helvestrom - 21 Fevrier 2016: Un peu à la bourre, mais décidément, très belle chro cher Vinterdrom. Je me suis fait l'album plusieurs fois, et j'adhère totalement. Étant friand de "Nom d'une pipe" j'ai tout de suite accroché à cette nouvelle valse. Je dois admettre que sans ta chronique je n'aurais jamais découvert ce dernier album (tout comme le dernier Spektr, pendant que j'y suis).
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