Après la sortie de
Resurrection Through Carnage, chaque deathster pouvait se demander si
Bloodbath allait continuer, ou bien s’il s’agissait juste d’un projet parallèle monté par des musiciens accomplis, ayant juste envie de jouer du deathmetal au parfum old school le temps d’un EP et d'un album. Deux ans plus tard, rassuré, il constate que la bande est fort heureusement de retour pour lui marteler de nouveau ses tympans, pour son plus grand bonheur.
Bloodbath revient toutefois avec quelques remaniements, puisque Mikael Arkerfeldt trop occupé avec
Opeth cède la place de growler au célèbre Peter Tägtgren, leader d’
Hypocrisy. Le multi-instrumentiste Dan Swano décide quant à lui de jouer de la guitare aux côtés d’Anders Nyström, laissant la place vacante derrière les fûts à l’excellent Martin Axenrot de
Witchery, muni d’une sacrée frappe permettant de hisser force & précision à un niveau supérieur.
Avec une telle dream-team,
Nightmares Made Flesh renferme un deathmetal d’une qualité remarquable.
Bloodbath ne commet toutefois pas l’erreur de refaire un second
Resurrection Through Carnage, mais déboule avec un son puissant aux contours plus modernes, tout en restant totalement ancré dans le death. L’intensité apportée par Axenrot est phénoménale, le tout servi par une production tout aussi meurtrière, qui donne notamment toute l’agressivité et la lourdeur demandées par les guitares de Nyström &
Swanö. Enfin, le growl teigneux et varié de Tätgtren complète impeccablement le tableau.
Nightmares Made Flesh se place toutefois légèrement en dessous de son terrible prédécesseur pour deux raisons, histoire de chipoter. D’une part le son plus actuel place bien sûr
Bloodbath dans l’ère du temps, mais donne à son deathmetal un côté un peu plus conventionnel. D’autre part, bien que l’on puisse citer l’efficace Eaten composé par Dan
Swanö, les quatre morceaux écrits par Nyström, à l’image du destructeur Outnumbering
The Dead, renferment chacun ces petits plus croustillants (un refrain, un break ou un solo très typé) qui éclairent magnifiquement l’album, éléments moins présents sur les compositions de
Swanö & Renske un peu plus passe-partout.
Ne nous y trompons pas,
Nightmares Made Flesh est un disque racé & puissant, et s’inscrit à mon sens parmi les sorties death remarquables de cette année 2004. Ce second album aux guitares si envoûtantes de Nyström confirme ainsi définitivement tout le bien que l’on pense de
Bloodbath, tout en le plaçant désormais au delà d'une simple formation passéiste tournée vers le deathmetal des années 90. Reste à savoir si le cahier des charges très rempli de chacun de ses membres permettra à la bande une poursuite sereine de sa carrière.
Fabien.
Marrant d'ailleurs de constater que nombre des titres présents sur ce disque font toujours partie du répertoire live du groupe ("Eaten", "Cancer of the Soul" ou "Outnumbering the Day").
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