More Than One Way Home est le troisième opus de
Voodoo Circle.
Et ce groupe n’est autre que le bébé de Alex Beyrodt, le guitariste de
Silent Force. Comme on le verra plus tard et comme il l’a lui même déclaré, « Les grands groupes des années 70 ont réalisés leurs meilleures idées dans des jam-sessions approfondies et ont eu la possibilité d'exprimer quelque chose de vraiment fort avec leur musique. Aujourd'hui, il semble que cette façon de créer de la musique et cette capacité a le faire se soient perdues. Maintenant
Voodoo Circle, c'est ma façon de poursuivre cet idéal. Un retour aux sons vintage, un retour aux longues et passionnées jam-sessions faites par de grands musiciens et des concerts moites ou seul persiste vraiment le plaisir de jouer. »
Pour rendre hommage à ces années de gloire du
Hard Rock, il s’est entouré de
David Readman (
Pink Cream 69, Chant),
Mat Sinner (
Sinner,
Primal Fear, Basse), Markus Kullmann (
Dezperadoz, batterie) et Jimmy Kresic (Liquid
Home, claviers). Des musiciens quelque peu confirmés comme on dit.
Sur ces bases, on a déjà une bonne idée dans quoi on s’aventure en posant ce
More Than One Way Home dans sa platine. On évolue donc bien ici dans
Hard/Heavy classieux aux influences 80‘s prononcées. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on fasse dans la vieillerie planquée au fond d’une armoire sous un monceau de naphtaline. Le son est on ne peut plus moderne, avec un production claire, limpide, et puissante.
Dés le début, on est extrêmement proche d’
Ozzy Osbourne dans sa période solo pour quelques rythmiques, de
Whitesnake mais surtout de
Whitesnake, et bien sûr aussi de...
Whitesnake. Certaines intonations et les montées dans les aigus ne sont pas sans rappeler
David Coverdale. Normal.
David Readman n’atteint jamais les sommets du maître mais s’en rapproche quand même de temps en temps. Il n’y a qu’a écouter le départ de
Heart of
Babylon pour s’en rendre compte.
Niveau guitare, c’est un mélange de haute technicité, de vélocité et chose très importante dans le style joué ici, de feeling.
On retrouve pas mal de gimmicks ou de passages dans les titres qui confirment l’attrait des musiciens pour
Whitesnake et la période 70‘s/ 80‘s.. Ce n’est pas vraiment surprenant puisque le jeu de Beyrodt a souvent été décrit comme influencé par ceux de
Rainbow ou
Deep Purple.
Beaucoup de chose nous ramènent encore et encore à la grande époque de
Whitesnake. Les titres des chansons par exemple.
Cry for Love, Tears in the
Rain, The Saint and the
Sinner ou
Victim of love n’auraient pas fait tache dans une trackist du
Serpent Blanc. Le break de Alissa, saccadé, celui de The
Ghost in Your
Heart placé en milieu de morceau, ou le titre éponyme dans son intégralité non plus. On pourrait même d’ailleurs presque tout citer...
Mais il y a quand même des choses qui fâchent...
Cry for Love, la semi-ballade, même si elle est bien interprétée plombe un peu l’album après les 3 excellent titres qui la précède. Ce n’est malheureusement pas le solo assez inspiré, le son de clavier à l’ancienne ou les chœurs relativement sympathiques qui viendront éviter l’échouage sur les rivages de la mièvrerie. Il est par contre surprenant d’avoir deux titres lents à suivre dans un album. Ici, c’est le cas puisque le titre suivant Alissa est plutôt basé sur le même tempo, Comme à la grande époque, on retrouve de la guitare acoustique sur l’intro et sur un bonne partie du morceau. Sauf que Alissa est d’un bien meilleur niveau que son prédécesseur. Les passages non saturés seront aussi de la partie sur
More Than One Way Home et
Victim of Love (une autre ballade).
Le groupe sait aussi varier les tempi. On retrouve bien sur tous les titres calmes et les (
Power) Ballads habituelles (voir la liste ci dessus) mais aussi des choses bien plus speed (tout est relatif) comme The
Killer in You ou
Graveyard City qui ouvre l’album de fort belle manière.
Le son du clavier sur l’intro The
Ghost in Your
Heart semble provenir de celui de Jon
Lord, celui ci ayant l’habitude d’en utiliser des comme ça par palettes dans les années 70. Un bel hommage de Jimmy Kresic en quelque sorte au musicien disparu récemment. Le panel des sonorités fait d’ailleurs la part belle à toute cette période et à l’orgue Hammond. Le solo de
Heart of
Babylon étant aussi à saluer car d’une exceptionnelle fluidité et d’une très grande technique.
Un rapide mot sur la section rythmique, irréprochable mais dont on aurait aimer avoir un peu plus de folie dans le jeu. La basse ayant un son bien trop sous mixé pour ma part pour être vraiment influente.
L’album se clôture à l’ancienne avec un vrai faux live, Open Your
Eyes, titre qui est en fait une très bonne synthèse de
More Than One Way Home puisque qu’on y retrouve tout ce qu’on y décrit plus haut, un solo de claviers poussiéreux en plus.
Voodoo Circle aurait sorti cet opus à la même période que 1987 ou Slide It In qu’on aurait crié au scandale et au plagiat pur est simple. Le seul élément différent étant la voix. C’est d’ailleurs celle ci qui fait que ce
More Than One Way Home n’est pas une réussite totale. Alors bien sûr
David Readman n’est pas non plus complétement hors sujet et il se rapproche vraiment de Coverdale dans les parties « criées » de son chant. Mais au vu des compos et de leur style, on en attendait beaucoup plus (trop?).
Sans conteste une des réussite de l’année.
après une dizaines d'écoutes, il ne me reste pas grand chose de cet album. D'où mon étonnement pour la note, mais ta chronique est malgré cela bonne. ;)
Mais pas de soucis, je pense que je me suis un peu emporté :-)
Pour ma part, je ne parlerais pas de la réussite de l'année mais d'un bon album de Hard réalisé par des pointures qui savent ce que "jouer" veut dire...Donc, un juste milieu entre vos deux avis avec un avantage "Hells" pour une chronique qui insiste bien sur le point fort du groupe : Une interprêtation de très haut vol lié à une très grande technicité.
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