Massive Addictive

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Nom du groupe Amaranthe
Nom de l'album Massive Addictive
Type Album
Date de parution 21 Octobre 2014
Style MusicalMetal Moderne
Membres possèdant cet album89

Tracklist

1. Dynamite 03:13
2. Drop Dead Cynical 03:17
3. Trinity 03:11
4. Massive Addictive 03:29
5. Digital World 03:17
6. True 03:30
7. Unreal 03:36
8. Over and Done 03:38
9. Danger Zone 03:01
10. Skyline 03:39
11. An Ordinary Abnormality 03:28
12. Exhale 03:43
Total playing time 41:02

Chronique @ ericb4

09 Décembre 2014

Des progrès techniques et esthétiques malgré quelques redondances atmosphériques.

Nombreux attendaient une maturité artistique qui peinait à s'affirmer jusqu'alors pour le sextet suédois. Peu après le dynamique "Nexus", largement plébiscité, l'appel de leurs fans a été entendu. Aussi, Elize Ryd a poussé ses cinq acolytes à fluidifier leurs mélodies et à renforcer techniquement leurs compositions.

A l'heure où sévissent sur la scène metal europénne des formations à chant féminin de la trempe d'Epica, Within Temptation, Stream Of Passion ou encore Delain ou Xandria, la réaction ne s'est pas fait attendre. Et Amaranthe n'a pas plaint sa peine pour nous offrir un solide opus d'une douzaine de titres plutôt immersifs. Contrairement à ce que suggère la pochette d'une sobriété minimaliste, cette oeuvre s'avère pléthorique et survitaminée. Ce qui n'empêche nullement de déambuler dans une atmosphère apaisante par moments.

L'efficace recette déjà utilisée sur "Nexus" tend à se répéter. Des riffs accrocheurs émergent à la surface d'un océan synthétique déchaîné. Un touchant piano vient parfois s'inviter et de bien belle manière. La rythmique, quant à elle, se fait diversifiée et plutôt entraînante. Au sein de cette joyeuse orchestration s'inscrivent de subtiles lignes mélodiques, notamment le long des refRains que viennent fouetter les puissantes inflexions de l'interprète. Mais parfois, elle se pare de voix masculines, l'une lui répondant en écho, l'autre sous forme de growls, selon les morceaux.

De belles pièces parsèment cette oeuvre d'une quarantaine de minutes, dans la mesure où les harmonies ont été finement taillées, l'instrumentation savamment maîtrisée et le chant magnifié. Parmi les plus significatives, le titre éponyme de l'album, aux riffs rageurs et à l'épaisse rythmique, nous octroie de gourmands refRains mis en relief par les hypnotiques modulations de l'interprète. Le duo mixte qui s'engage est corroboré par des screams impressionnants. Cette triangulation trouve un prolongement dans l'outro "Exhale". Les riffs agrippent davantage les tympans tout en contrastant avec de beaux arpèges au piano sur ce titre bien entraînant. La mélodicité des couplets autant que l'accroche des refRains n'ont rien à envier au titre sus-cité. Un bémol tout de même concernant la soudaineté de la coupure en fin de piste pour ces deux plages pourtant bien inspirées.

Dans une ambiance plus feutrée, la sauce prend également quand les screams s'effacent pour ne laisser s'exprimer que le duo mixte en voix de tête. Lors d'une sulfureuse ballade progressive introduite au piano, "True" séduit par une souriante complicité vocale apte à enjoliver des refRains nuancés. En toile de fond, si on échappe difficilement aux vapeurs synthétiques propres au son du groupe, celles-ci n'entravent aucunement le plaisir éprouvé à suivre nos tourtereaux dans leurs pérégrinations atmosphériques. Non moins immersif, "Over and Done" suit cette architecture vocale et instrumentale. Aussi bien sur les couplets que sur les refRains, de par la richesse de leurs harmonies, la magie opère sur chaque note. On regrettera néanmoins la brièveté de la durée pour ce type de piste habituellement plus joufflu. Pas le moindre solo instrumental non plus à se mettre au creux de l'oreille. Au-delà de ces titres dominants, le reste de l'opus, pourtant scindé en deux parties inégales, demeure de bon aloi.

La première phase de l'opus se veut affriolante à la fois par son empreinte proprement metal mélodique, sa rythmique invitante et surtout ses déliés de notes aux claviers. Ce faisant, elle ne lâche pas l'auditeur d'un pouce. Le bien-nommé "Dynamite" est une bombe d'énergie. Les screams déchirants et les puissantes impulsions féminines s'accordent avec les riffs rugueux pour nous assaillir. Quant aux démoniaques serpents de notes synthétiques, ils font le reste pour nous immerger dans une ambiance électro trépidante. Sur une même mouture vocale, la "belle" et la "bête" finissent par se dédoubler, comme pour nous enserrer dans leurs anneaux sur le tubesque "Drop Dead Cynical". Les refRains catchy peuvent évoquer ceux de Delain, voire Within Temptation. Difficile donc de passer à côté d'un titre résolument taillé pour les charts. Le combo remet le couvert sur "Trinity", avec un solo de guitare à la clé. Au bout du compte, si l'exercice n'est pas malhabile, on commence toutefois à ressentir une petite lassitude à force d'user des mêmes artifices. Parfois même, les instruments s'agrègent entre eux dans une profusion d'effets qui nous mènent droit au bord de la saturation.

La seconde partie de l'album ne diffère que peu de l'ambiance des premiers titres. Une empreinte atmosphérique se répète donc, que ce soit sur le cinglant "Unreal" ou sur "Skyline", ce dernier offrant toutefois un tapping martelant, une cohésion instrumentale convaincante et de jolis couplets. Idem pour "Danger Zone", où, malgré des refRains alléchants, l'environnement synthétique masque à peine une orchestration en proie à la confusion, cette dernière distillant, de fait, des lignes harmoniques approximatives. Ce n'est pas la radicale sortie de piste qui rachètera ces arrangements peu cohérents. Que dire alors du frétillant "An Ordinary Abnormality" avec son trio vocal mal assorti ? Il achève tout bonnement de nous convaincre de la présence de regrettables carences relatives aux enchaînements. Même le séduisant refRain et son solo de guitare ne font pas illusion tant le terRain vocal est en friche.

Ainsi, l'écoute des deux-tiers des pistes est propice à l'éveil d'authentiques plaisirs. Là, pas de doute, on touche du doigt les progrès esthétiques requis par leurs aficionados. D'autre part, les aspects techniques ne sont pas en reste. Seulement, on reste inlassablement cloué sur de reptiliennes notes synthétiques d'obédience électro. Sur le plan vocal, Elize, ayant progressé sur l'amplitude et la tenue de ses notes, aurait gagné à se distancier de ses compères masculins, ceux-ci ayant parfois manqué de brio. On aurait ainsi évité la répétibilité d'un schéma vocal devenu classique. Heureusement, la belle parvient à s'en extraire, le plus souvent au cours de refRains qui, du coup, s'avèrent addictifs. Enfin, si l'équilibrage concernant la durée des pistes demeure cohérent, les finitions, touchant aussi bien à la cohésion instrumentale qu'à la distribution de l'espace vocal, restent à parfaire.

Plus abouti que son prédécesseur, cet album marque indéniablement l'entrée du groupe dans la cour des grands. Il lui aurait néanmoins fallu s'affranchir de ses relatives faiblesses pour nous toucher davantage. Il manque également une diversification atmosphérique, voire une originalité pour en faire une oeuvre incontournable. Ceci dit, il pourra intéresser les fans du groupe ainsi qu'un auditorat sensibilisé au metal mélodique à chant féminin. Sans être une perle rare, cette troisième production mérite bien plus d'une écoute, ne serait-ce que pour y déceler toutes ses subtilités. Et elle n'en manque pas!...

2 Commentaires

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frozenheart - 12 Décembre 2014: Chronique intéressante !
J'avais pas mal accrocher le premier album et m'apprêtais a acheter ce massive Addictive de bonne facture. Les voix sont d'une efficacités et ça joue très bien.
Le petit bémol c'est que le groupe a peut être trop accentuer le côté électro et froid ce qui fait perdre de la puissance a l'ensemble de l'album ...
En résumé un bien bel album tout de même,mais pas assez pour l'acheter!
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Chronique @ crocodileduloch

25 Novembre 2015

La machine à tubes.

Surfant sur la réussite de leurs premiers opus, Amaranthe me devait personnellement une petite revanche car leur petit dernier (le bien nommé"Nexus") ne m'avait pas pleinement convaincu. Passée la découverte du chant à trois voix et la combinaison de plusieurs styles (death mélodique/power metal/"trance metal"), il faut reconnaître que le groupe a su apporter un peu de fraîcheur à un marché du power metal quelque peu uniformisé. Mais voilà, lorsqu'un petit nouveau sort une bombe dès le départ bien souvent la confirmation tarde à venir; quelquefois, elle ne vient jamais.

Pour cette troisième offrande, le groupe a sérieusement retravaillé ses compositions et ses mélodies pour nous offrir un album bien plus mature et... commercial. Homogène et ultra dynamique, "Massive Addictive", c'est un peu une machine à tubes. Et l'album porte bien son nom car les mélodies restent gravées dans votre esprit toute la journée comme une "bigrement grosse addiction".

La première partie de l'album est ultra séduisante avec un metal mélodique préparé aux petits oignons. La galette commence d'entrée avec "Dynamite", un condensé d'énergie (comme les autres morceaux finalement) avec des riffs accrocheurs et des refRains ravageurs. L'équilibre entre les trois chanteurs est bien maintenu même si je trouve que la gent masculine manque un peu de pep. La rythmique est toujours aussi lourde, suivant le modèle du metal moderne qui prédomine sur la scène actuelle ("Unreal"). Les claviers sont toujours aussi présents, animant la rythmique tout au long des différents morceaux.
Pour preuve, la galette maintient la cadence avec le très bon single promotionnel "Drop Dead Cynical", suivant toujours le même schéma peut-être linéaire mais dont la mélodie est hyper travaillée. Après une ballade bien sympathique, la puissance revient avec un morceau éponyme plutôt sombre.
"Digital World" est mon morceau préféré. A chaque écoute, c'est le même plaisir ressenti. Certes, il est très caricatural de ce que sait faire le groupe mais pardon! C'est trop bon! Ici, le côté "trance metal" s'exprime pleinement et cet extrait donne vraiment envie de danser, de faire virevolter sa cavalière sur la piste de danse. La musique est directe et elle permet de se vider la tête ou de se défouler durant sa séance de cardio-tRaining.

La deuxième partie de l'album est peut-être un peu plus calme mais probablement moins marquante malgré la qualité des compositions proposées. Pour assagir les sauvages que nous sommes, "True" est une des ballades ralentissant la cadence au sein de l'album, tout comme "Over and Done", un peu plus conventionnelle et taillée pour la bande FM. Néanmoins, "Danger Zone" demeure la piste la plus faible, composition d'un pseudo morceau "mi death, mi pop" qui malheureusement ne prend pas.
Enfin les trois derniers extraits (notamment "Exhale") concluant cette nouvelle offrande sont un peu comme le "Trinity" précédent: ils auraient très bien pu être sur "Nexus" car la nature des compositions et la qualité des mélodies ne peuvent se confondre avec la vitalité des premiers morceaux de cet album, excellent au demeurant. Au final, nous avons affaire à un skeud qui s'essouffle progressivement en terme de matière mais qui paradoxalement ne s'effrite pas le moins du monde en terme de qualité.

Continuant d'assumer leur démarche que certains pourraient qualifier de "commerciale", ce jukebox metallisé confortera l'adhésion des fans en délivrant des morceaux endiablés. "Massive Addictive" est aussi une excellente introduction au metal mélodique comme peut l'être "The Unforgiving" de Within Temptation. Vous retrouverez donc les débuts fougueux du groupe avec une dose supplémentaire de maturité artistique qui restera à confirmer dans le futur.
Note: 18/20.

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Sonadenn - 29 Novembre 2015: Merci pour cette chronique! Cet album est certes commercial, mais commercial ne signifie pas mauvais comme d'aucuns le considèrent trop souvent. Pour moi ça veut dire avant tout accessible au plus grand nombre et donc fédérateur, comme l'est cet album. Les titres sont enthousiasmants, rafraichissants et donnent vraiment la pêche. Bref ça fait du bien et après tout n'est ce pas ce qu'on demande à la musique! Donc peu importent les étiquettes!
crocodileduloch - 30 Novembre 2015: Je partage totalement ton avis, mon intention n'était pas de descendre cette production en la qualifiant de commerciale. Bien au contraire, c'est du très très bon boulot.
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