Une mélodie calme, sombre à l’image de son artwork, et voici la porte d’entrée de ce
Mantra. Une voix extrême au ton Black, une atmosphère amplifiée par un clavier en arrière plan et des riffs lancinants et hypnotiques, le tout posé sur un mid-tempo et un son de basse rondouillard. Bientôt les chœurs approchent, et on se demande alors où est-ce qu’on est tombé.
Ce premier morceau ne saurait être plus représentatif de la musique livrée par
In Vain, quelque chose de riche et aux influences multiples. Vous ne me croyez pas ? Alors écoutez simplement ; des tempos lourds et pesants ou des rythmes agressifs et véloces, du chant clair, lyrique, des chœurs, du chant crié, guttural, Hardcore, des riffs lancinants et répétitifs, d’autres plus rock’n’roll et rythmés, des solos Heavy… C’est pas assez ? Bon bah tiens, ajoute également des cuivres, des breaks acoustiques, un morceau de transition bluesy à l’arrière-goût d’Oncle Sam, des passages de clavier/orgue rappelant les vieux disques de Rock Prog de papa. Secouez bien fort et paf ça fait des… Hum !
Tu vas me dire : «
Dis donc, ça m’a tout l’air d’être un sacré foutoir ce que tu nous décris là, t’es sûr que ça tiens la route ton machin ? »
Je vous répondrai donc « Aussi étonnant que ça puisse paraître, oui.»
Cela ne vous suffit pas ?
Bon, bon très bien...
La musique d’
In Vain est très diversifiée, pourtant elle apparait comme homogène, cohérente et identifiable. Rien n’est ici laissé au hasard et l’enchainement des titres se fait naturellement.
Les ambiances sont diverses, propres et découpées pour chaque morceau : tribales et épiques sur Wayakin, western et mélancoliques pour On The Banks of Mississippi, mais cela n’est jamais choquant. La présence de trois musiciens assurant les parties vocales permet d’ajouter encore plus de variété, le chant est différent sur chaque morceau. Comme énoncé plus haut, on trouvera ici des morceaux au chant uniquement clair, avec envolées lyriques et tout le tralala qui côtoient des parties au chant plus rauque et grave, parfois Black. Les voix sont employées de telle manière qu’elles se répondent, exprimant chacune une part d’ombre ou d’espoir, une personnalité différente dans la narration des titres. La virtuosité ne se trouve pas dans la pratique instrumentale mais dans la composition des morceaux, sinueux et dont la couleur paraît différente entre le début et la fin.
Un morceau comme
Circle Of
Agony apparait comme plus conventionnel et rappelle un Death Melo/Prog Scandinave avec voix grave, riffs et leads entrainants. La guitare se présente comme une masse informe et sombre, elle apporte à la fois densité rythmique et une touche de légèreté par les solis/leads parsemés ci et là. Mais il ne faudrait pas trop s’y habituer, parce que bon, c’est pas dans l’habitude de la maison, alors la seconde partie du morceau nous offre une magnifique pause acoustique, violon et guitares à l’appui, sonnant comme une libération, un moment de répit appréciable avant que la tempête ne revienne !
Car nous voici maintenant devant Sombre
Fall, Burdened
Winter la dernière étape de notre voyage et également la plus longue. L’ambiance est posée d’emblée avec quelque notes de piano flottant dans l’air, dont on se doute bien qu’elles cachent une chose inquiétante. Car oui, ce morceau est déchirant, sentiment sans doute renforcé par l’utilisation d’un chant hurlé typé Hardcore. On alterne ainsi entre parties calmes, mélancoliques mais pas dénuées d’espoir et complaintes torturées, violentes, rongées par le remord ou parties instrumentales accompagnées de cuivres. Ce titre sonne comme la fin du voyage, vous savez, ce type de voyage mouvementé mais dont on ressort grandi, la fin d’un voyage dont on reste nostalgique mais pour lequel nous sommes reconnaissants car il nous a permit de franchir une étape et d’évoluer.
Une identité propre, une richesse musicale et sentimentale, de l’originalité, voilà ce que je retiens de cet album. Il ne ressemble à rien de ce que j’ai bien pu entendre auparavant, emprunte ses influences ça et là, mais reste incroyablement mature.
Pas le temps de s’ennuyer car chaque morceau apporte sa pierre à l’édifice et se démarque de ses voisins.
C’est pour moi un voyage unique à faire et refaire, car cela permet d’autant plus de savourer la musique à sa juste valeur et de toujours trouver un élément qui nous avait échappé auparavant, tout en étant plongé dans un milieu qui reste familier. Une expérience à tenter, que chacun appréhendera et appréciera à un degré différent mais néanmoins enrichissante de par la qualité de sa composition.
Oui plusieur font de l'excellente musique mais In Vain sont tout simplement parfait.
C'est ma découverte 2012-2013 et à des lieux en avant des autres groupes, et allez savoir combien j'en écoute.
Longue vie à ces Dieux de la musique.
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