Mabool - The Story of the Three Sons of Seven

Liste des groupes Folk Death Orphaned Land Mabool - The Story of the Three Sons of Seven
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Nom du groupe Orphaned Land
Nom de l'album Mabool - The Story of the Three Sons of Seven
Type Album
Date de parution 23 Fevrier 2004
Labels Century Media
Style MusicalFolk Death
Membres possèdant cet album253

Tracklist

DISC 1
1. Birth of the Three (The Unification)
2. Ocean Land (The Revelation)
3. The Kiss of Babylon (The Sins)
4. A'salk
5. Halo Dies (The Wrath of God)
6. A Call to Awake (The Quest)
7. Building the Ark
8. Norra el Norra (Entering the Ark)
9. The Calm Before the Flood
10. Mabool (The Flood)
11. The Storm Still Rages Inside
12. Rainbow (The Resurrection)
DISC 2 - THE CALM BEFORE THE FLOOD
1. The Evil Urge
2. A Never Ending Way
3. Mercy
4. The Beloved's Cry
5. The Orphaned's Medley

Chronique @ skydreamer

19 Octobre 2009
Il y a des musiques qui dépassent le cadre bien trop restrictif des genres, sous-genres et de cette obsession des étiquettes que notre société, obnubilée par la traçabilité, fait valser à tout-va. Il est des œuvres musicales qui transcendent toutes les barrières. Des chefs-d'œuvres qui se révèlent délicieusement inclassables. Vouloir les compartimenter à tout prix reviendrait à forcer David Douillet à enfiler une des robes de Mimie Mathy. Improbable et risible.

Ainsi en est-il à mon sens de ce Mabool - The Story of the Three Sons of Seven, troisième essai discographique du groupe israélien Orphaned Land. Pour l'occasion, le combo développe un concept-album ambitieux ayant pour cadre le déluge et qui se voit souvent affubler de l'étiquette death folk. Or, si les deux premiers skeuds, Sahara et El Norra Alila, pouvaient effectivement être classés sous cette appellation, le petit dernier se révèle rétif à toute conclusion hâtive.

Du death, il en est bien entendu encore un peu question avec l'emploi de growls essaimés ici ou là par Kobi Farhi, grogneur de son état, ou encore avec le tricotage de certains riffs rugueux et bruts de décoffrage propres au style.
On peut aussi admettre bien volontiers que le groupe utilise des influences folk, à condition de prendre le terme dans son sens le plus large. En effet, de très nombreuses parties sont directement issues des folklores arabe et juif, qui d'ailleurs s'accouplent sensuellement à la surprise générale.
Mais voilà, Orphaned Land ne se contente pas de cette recette death folk et va puiser son inspiration bien au-delà de ces univers musicaux.

Un rapide calcul pour s'en convaincre : la moitié des titres ne contient absolument aucun élément death, pas même un ch'tit cri bestial. Rien. Nada. Quant aux autres titres, ils sont parfois si complexes, constitués de tellement de parties aux ambiances particulières et basées sur des styles différents, que les injections death me semblent être présentes que pour magnifier les envolées mélodiques et émotionnelles que Orphaned Land concocte avec gourmandise. Les israélites, portés sur la philosophie et la spiritualité, mettent en musique avec une rare maestria la philosophie développée dans l'album précédent : "Il n'y a pas de sainteté sans impureté et il n'y a pas de blasphème sans sainteté. Aussi les deux faces doivent vivre en harmonie."

Prenons l'exemple significatif de "The Kiss of Babylon" : le titre commence sur les chapeaux de roue par un riff tranchant soutenant des cris d'ours en rut, puis le morceau vire au heavy calme et mélodique sur lequel Kobi pose un chant clair presque aérien avant que des chœurs israélites débarquent pour finalement laisser la place à la sublime voix féminine de Shlomit Levi qui achève l'auditeur avec ses vocalises arabisantes tandis que les guitares rythmiques semblent s'éloigner au loin. Le tout est évidemment saupoudré par l'utilisation de multiples instruments orientaux. Et encore, je vous la fais court. Sachez qu'un bon paquet de morceaux sont constitués de cette façon.
On retrouve donc pêle-mêle du death, du metal traditionnel, du metal mélodique, du folklore arabe, juif, de la guitare classique (les instrumentaux "The Calm Before the Storm" et "Rainbow"), une bonne dose d'influences de la grande musique (les chœurs latins sur l'acoustique "Building the Ark" ou les violoncelles sur l'ouverture de "Mabool" par exemple), voire une partie au piano limite jazzy ("Norra El Norra"), et j'en oublie.

Bien évidemment, un tel enchevêtrement de styles et d'influences assemblés dans une construction alambiquée pourrait à première vue n'aboutir qu'à un capharnaüm indigeste ou un absurde fatras. Pourtant, il n'en est rien. L'album est d'une cohérence rare et d'une intelligence peu commune. Toute cette effervescence créative sert le concept et fait progresser la musique dans le bon sens du terme vers le but que le combo s'est fixé.

Il serait aussi coupable de passer sous silence le travail remarquable des gratteux, Matti Svatiski et Youri Saharon, qui se révèlent inspirés dans tous les domaines : riffs, soli, parties acoustiques ou classiques. Pour preuve, ce solo hallucinant de simplicité mais pourtant d'une musicalité et d'une beauté rares qui prend véritablement aux tripes sur un "The Storm Still Rages Inside" ainsi catapulté direct chef-d'œuvre absolu pour mes oreilles métallisées.

Je pourrais vous tartiner des pages sur ce disque, sur sa richesse ahurissante, sur sa musicalité incroyable, sur la finesse des arrangements ou sa production aérée, sur ... Pardon ? OK, OK, j'arrête. Cependant, j'insisterai sur ce mélange entre deux cultures rivales dont les peuples se bourrinent joyeusement la tronche depuis tant d'années et créant tant de drames, de peurs et de haines. A son modeste niveau, Orphaned Land prouve, en mêlant subtilement les deux faces, que les ennemis héréditaires ont pourtant des points communs et que l'entente peut exister. Rien que pour cet engagement et cette prise de risque, le groupe mérite d'être encouragé. En tout cas, il me rend fier d'écouter du metal.

Alors Death Folk, ce The Story of the Three Sons... ? Non. Bien plus que cela. C'est un voyage musical dont les esprits curieux et ouverts ne devraient pas sortir indemnes. Une ode au monde et à l'homme. Un manifeste pour la paix et la tolérance. Un pont jeté entre le divin et l'humain. Une œuvre magistrale, tout simplement.

9 Commentaires

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Fonghuet - 21 Octobre 2009: le studio a sauté!
Adarkar - 01 Septembre 2010: Super chro !
Scoss - 06 Octobre 2010: Très.............Très bonne chronique! Mais pourquoi n'ai je mis que 18 à cet album?
Ginbat - 20 Octobre 2011: Très belle chro!!!!!!!!
Merci Sky!!!!!!
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Chronique @ Matai

19 Mai 2009

Un voyage dépaysant chaleureux en orient, où l'on peut aisément redécouvrir le mythe du déluge...

Armé d’un Death assez hargneux teinté de légers éléments folk, Orphaned Land avait fait la fierté de son pays d’origine et avait montré son talent indéniable en matière de compositions, de force, mais aussi d’agressivité. « Sahara » et « El Norra Alila » avaient été deux véritables bombes que beaucoup d’amateurs de death avaient réussi à s’emparer tant la puissance et la rage emplissaient irrémédiablement ces deux opus ci.

Et il aura fallu attendre 2004, huit ans exactement, pour qu’Orphaned Land revienne sur le devant de la scène israélienne avec, cette fois-ci, un concept album des plus intéressants et innovants, « Mabool – The Story of the Three Sons of Seven ». L’album prend pour thème la Bible et aussi le périple de Noe, racontant l’histoire de trois fils (un pour chaque religion monothéiste) qui essayent de prévenir l’humanité de la venue d’un déluge (« mabool » en hébreu) comme punition de leurs péchés. Un récit pacifiste, qui pour certain, peut être en contradiction avec la musique…

Pour mettre en musique un tel concept, Orphaned Land change en grande partie sa recette exceptionnelle pour d’ors et déjà intégrer au fil de leurs compos, des ambiances plus aériennes, une diversité plus accrue des instruments, mais aussi une pluralité étonnante des langues. Car là où un album comme « El Norra Alila » fondait ses bases sur un death ravageur, « Mabool » quant à lui, repose sur une mélodicité indéniable et une variété inexorable d’éléments folks qui plus est. Et c’est là qu’on se rend compte que le groupe a bien travaillé au fil de ces huit années : tous les morceaux sont emplis de claviers, percussions, sitars, flûtes orientales mais aussi chœurs, chants traditionnels et religieux, à l’instar de « Building the Ark » ou de l’introduction de « Ocean Land ». Six langues auront été utilisés (dont l’anglais, l’arabe, l’hébreu, le yéménite…) qu’on peut entendre dans « Birth of the Three », « Norra El Norra » ou même « A’salk » où la guest Shlomit Levi vient poser son timbre de voix si particulier et envoûtant.

Mais ne vous y méprenez pas, les éléments death sont tout de même présents à l’intérieur même des compositions même si la tendance semble s’être renversée, ci bien que « Mabool » devient dès lors l’antithèse de « Sahara » et de « El Norra Alila ». Le growl est étrangement moins puissant et caverneux mais le chant clair s’est davantage amélioré, de même pour l’alternance occasionnée. Les riffs, même si certains peuvent être ultra tranchants à la manière de « The Kiss of Babylon » ou l’éponyme « Mabool », sont moins empreints de cette flamme death qui brûlait ardemment dans les précédents opus.

En réalité, il s’avère que ce sont les parties progressives et aériennes qui parviennent à prendre le dessus. Les titres sont en effet beaucoup plus longs et dotés de nombreux breaks mélodiques et atmosphériques, offrant la possibilité aux instruments orientaux de se mettre en avant, mais aussi aux deux guitaristes de nous prouver leur talent en matière de technique, de mélodies et de solos. Impossible de ne pas évoquer ces deux génies qui ne lésinent pas une seule seconde sur la possibilité de coupler leurs guitares pour notre plus grand plaisir. Le résultat est pour le moins spectaculaire comme sur « Birth of the Three », mais l’exemple le plus fragrant reste « The Storm Still Rages Inside », suite d’un morceau du même nom dans « Sahara », qui cette fois ci nous gratifie d’un solo immense de près de cinq minutes en véritable fil conducteur, soutenu en début et en fin par le chant clair de Kobi Fahri. Autre exemple étonnant, le duo imparable sur « Mabool » entre guitares et…violoncelles, sous fond de tempête et de pluie. Et le joli « Rainbow » en fin d’album, instrumental mais si significatif de paix…

Enfin, outre tous ces éléments importants qui plus est au sein de la musique, les claviers ne sont évidemment pas à épargner, ci bien que même s’ils octroient aux chansons un fond d’ambiance des plus doux et chaleureux, ils n’en restent pas moins techniques sur le fameux « A Call To Awake », faisant irrémédiablement penser au duo de claviers de chez Dream Theater. Enfin niveau piano, le final de « Norra el Norra » est totalement déroutant…

Cependant, tout cet assemblage reste des plus périlleux. Car même si les morceaux sont très bien ficelés et moins « death », dans le fond, certains ont parfois tendance à se ressembler, notamment « The Kiss of Babylon » et « Halo Dies », construits de la même façon. Idem pour les deux instrus qui possèdent ce même ton de guitare.

Finalement, on comprend pourquoi Orphaned Land aura mis autant de temps pour nous concocter un bijou pareil. Les israéliens ont bel et bien réussi à nous faire voyager hors de nos contrées occidentales et à nous faire rêver. L’auditeur redécouvre le mythe du déluge grâce à ce « Mabool – The Story of the Three Sons of Seven », qui marque la transition du groupe vers quelque chose de plus posé, de moins agressif et plus aérien.



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chris - 11 Septembre 2009: Quel merveille, dans un style que l'on pourrait qualifier de "death-prog-oriental", de superbes mélodies, un super chant; bref un sacrée découverte; Ca va etre difficile de faire aussi bien
AlonewithL - 13 Fevrier 2011: Je n'ai pour l'instant que "The Never Ending Way of ORwarriOR", plus folk oriental. Celui là serait donc plus progressif, mais c'est surtout l'aspect oriental qui m'intéresse chez ce groupe. A voir pour celui là.
Merci pour cette chronique.
Ginbat - 20 Octobre 2011: Superbe chro!!!
Superbe album!!!
Ginbat - 22 Octobre 2011: Le chant death se rapproche beaucoup d'Opeth!!!!!!!
Un beau message de paix cet album!!!!!!!!
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Commentaire @ Disarmonia

16 Mai 2009

On n'y croyait plus !
8 ans ! C’est le temps d’attente qu'il aura fallu pour voir les Israéliens d’ORPHANED LAND revenir sur le devant de la scène.
Même si leur dernier album en date « El Norra Alila » nous avait un peu laissé sur notre fain, on n’en attendait pas moins ce nouveau disque avec impatience.
Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’a pas attendu pour rien ! Loin de là !
Ce Mabool – The Story Of Three Sons Of Seven est tout simplement admirable !
Mêlant sonorités orientales, voix féminines et chant death masculin, le groupe nous avez habitué à faire dans l’originalité, cet album n’échappe pas à la règle.
Diversité est le maître mot : l’œuvre a été enregistrée en 5 langues différentes (anglais, arabe, yemen, hébreu et latin), on a droit à de nombreux instruments orientaux (bouzouki, saz, percussions), les vocaux sont agrémentés de chœurs.
Malgré tout ce côté folklorique, Mabool préserve une tonalité death grâce à la voix de son chanteur Kobi Farhi qui nous prouve en plus qu’il peut passer d’un chant death à un chant clair plus calme (trop ? ) sans aucune difficulté.
Le concept tourne autour du déluge (oh, la jolie pochette !) peut surprendre mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un groupe Israélien.
Vous l’aurez compris, Mabool est un très bon album à conseiller à tous les amateurs d’exotisme et de métal !


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