Blood Ceremony nous vient tout droit du Canada avec un 4ème opus intitulé «
Lord of Misrule ». Il a été enregistré à l’ancienne, sur des bandes analogiques avec le producteur Liam Watson aux Toe Rag Studios à Londres.
Il sera disponible via Rise Above Records, le label de Lee Dorian (
Cathedral pour les nuls).
L’artwork reste assez simple et énigmatique, représentant le groupe posant sur un canapé derrière une table sur laquelle sont posés un couteau ainsi qu'un cendrier encore fumant...
BOUH.
The
Lord of Misrule (ou chez nous Le Prince des Sots), était celui qui présidait la fête ou le banquet des fous, dont la date se situait aux alentours de Noël. C’était généralement un humble paysan qui devenait ainsi pour un temps l’organisateur et le roi de la fête. Issue et inspirée des Saturnales (fêtes célébrées dans l'Antiquité romaine en l'honneur de Saturne), l’alcool y coulait à flots et ça finissait toujours en orgie. Les Saturnales, elles, se déroulaient pendant une semaine (celle qui précède Noël) et les rôles étaient inversés, c’est-à-dire que les maîtres devenaient des esclaves et les esclaves devenaient les maîtres.
Seul bémol, à la fin de la fête, le Prince des Sots finissait égorgé en sacrifice à Saturne.
Bien.
L’entrée en matière sur The
Devil’s Widow se fait plutôt doucement avec une petite mélodie et l’utilisation de la flute par Alia O'Brien rappellera immanquablement Jethro Tull et les années 70. La méthode utilisée pour enregistrer la voix avec un poil de reverb et d’echo aussi. Les lignes de chant d’Alia sont truffées de mélodies et la façon d’accentuer ou de faire durer certaines syllabes renforcent le côté hypnotique et surtout occulte de la musique de
Blood Ceremony. Assez haut perchée, puissante, envoûtante à vous faire jeter du haut du premier pont venu, ah, quelle voix...
La musique de groupe est un hommage permanent aux vieux films horrifiques truffés de magie des années 60 et le son des claviers d’Alia (eh oui encore elle) y est aussi pour quelque chose. Les quelques choeurs présents relèvent plus de l’incantation d’une assemblée de sorcières que d’une chorale de primaire.
Le son global reste moderne et les influences sont autant à chercher dans le Heavy que dans le Folk Rock 60‘s, le
Doom ou le
Hard Rock. On pourra citer Jethro Tull comme on l’a déjà vu (The
Rogue’s Lot), mais aussi
Black Sabbath (un peu partout), QOTSA (Loreley, The
Rogue’s Lot), du Rock Sudiste (la base et le rythme de Half
Moon Suite),
Deep Purple (
Old Fires), les Beatles (Flower Phantoms) ou Blackmore’s
Night (The Weird of Finistere).
Blood Ceremony ne se contente pas de tempi lents et sait aussi accélérer comme pour marquer une fuite en avant (The
Rogue’s Lot, Half
Moon Suite). Le son des soli et des rythmiques est bien gras (The
Devil’s Widow), parfois truffé d’effets (The Weird of Finistere) et la batterie est régulièrement mise en avant lors de breaks ou elle se retrouve seule (The
Devil’s Widow).
Et la basse? Oui, mais en fait non, désolé...
La fin dissonante du dernier titre semi acoustique, Things Present, Things
Past, laissera un certain malaise s’installer en vous... Fermez les yeux et laissez-vous sombrer dans une torpeur dont vous ne reviendrez pas indemnes...
Blood Ceremony se démarque de tous les groupes de cette catégorie surtout par l’utilisation de la flûte. Mais même sans cet apport, la musique du groupe reste d’une grande qualité et l’album est une vraie réussite. La diversité des titres le rend beaucoup moins linéaire que d’autres qui ont choisi de s’enfermer dans un style bien précis. Il ne manque plus qu’un chaudron, quelques têtes de crapauds, de la Belladone et la pleine lune pour sombrer totalement...
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