Looking for You

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15/20
Nom du groupe Amberian Dawn
Nom de l'album Looking for You
Type Album
Date de parution 31 Janvier 2020
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album25

Tracklist

1.
 United
Ecouter03:41
2.
 Eternal Fire Burning
 04:16
3.
 Looking for You
Ecouter03:36
4.
 Two Blades
 03:40
5.
 Symphony Nr. 1 Part 3 - Awakening (ft. Fabio Lione)
 05:58
6.
 Go for a Ride
 03:55
7.
 Butterfly
 03:34
8.
 Universe
 03:44
9.
 Lay All Your Love on Me (ABBA Cover)
Ecouter03:53
10.
 Au Revoir
 02:02

Bonus
11.
 Cherish My Memory (Remastered)
 04:19

Durée totale : 42:38

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Amberian Dawn



Chronique @ ericb4

18 Fevrier 2020

A trop vouloir suivre ses idoles à la trace, on y perd un peu de son âme...

Loin du metal symphonique classique de ses premières livraisons, le quintet finlandais l'habille dorénavant de sonorités synthétiques vintage et de mélodies accrocheuses inspirées par l'univers acidulé et pailleté du célèbre groupe pop suédois Abba. Un choix totalement assumé par le guitariste, claviériste et créateur du projet, Tuomas Seppälä. En attestent « Darkness of Eternity » et, plus encore, « Looking for You », neuvième album full length, sorti trois ans plus tard, et tout comme trois de ses prédécesseurs, chez le puissant label autrichien Napalm Records. Ce qui ne signifie nullement que le combo soit resté en retrait de la scène metal, partageant notamment l'affiche avec Lacuna Coil (Z7 (Prateln, Suisse), Volta Club (Cologne, Allemagne), Santeria (Milan, Italie)...) et Edenbridge (Dynamo (Eindhoven, Pays-Bas), Nachtleben (Francfort, Allemagne), Viper Room (Vienne, Autriche)...), et participant au festival américain 70.000 Tons of Metal en 2018.

Preuve qu'il continue de marcher sur les pas du quartet suédois, Tuomas a à nouveau réinvesti le studio de Benny Andersson ; l'une des têtes pensantes et claviériste d'Abba. En émane un propos aux arrangements d'excellente facture et doté d'une ingénierie du son rutilante, à commencer par un mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation. En outre, les onze pistes de l'opus laissent entrevoir une belle profondeur de champ acoustique et des finitions passées au peigne fin. Ce faisant, cette œuvre metal symphonique infiltrée de vibes inspirées d'une pop atmosphérique et mélodique des années 80 n'est pas sans rappeler son engageante aînée. Allégeant ses riffs d'un cran, aérant volontiers ses lignes de basse et assouplissant sensiblement ses frappes de fûts, au profit de nappes synthétiques omniprésentes, un brin surannées, d'harmoniques convenus, le collectif finlandais nous éloigne toujours davantage de ses premières amours, au risque de déconcerter une frange non négligeable de son auditorat. Un pari pour le moins osé par nos acolytes...


L'influence du groupe suédois ne tarde pas à se faire sentir, le combo finlandais flirtant alors avec un espace pop metal typé eighties auquel il nous avait déjà accoutumés. Une recette certes indigeste pour les puristes et l'aficionado de la première heure, mais somme toute efficace, et qui pourrait bien finir par faire école. Ainsi, c'est d'un battement de cils que l'entraînant « United » et l'engageant « Eternal Fire Burning » imposeront leurs couplets satinés relayés de refrains catchy mis en exergue par les puissantes et claires inflexions de Capri, dont les attaques dans les médiums pourraient rappeler celles d'Anni-Frid Lyngstad, dite ''Frida'', l'une des deux chanteuses d'Abba.

Dans cette mouvance, voguant sur des rampes de claviers délicieusement rétro et se déversant sur un sillon mélodique des plus prévisibles mais quasi imparable, d'autres passages nous immergent plus volontiers encore dans l'''abba-metal'', si cher au maître d'oeuvre du projet. Dans cette veine, s'inscrivent les tubesques up tempi « Looking for You », « Go for a Ride » ou encore l'enivrant « Butterfly » ; une kyrielle de titres qui, en l'état, pourrait bien finir par faire quelques émules. Mais c'est surtout la reprise de « Lay All Your Love on Me » (in ''Super Trouper'' (1980)), l'un des titres favoris de Tuomas tant pour ses sonorités organiques qu'au regard de l'émotion qu'il véhicule, qui nous replonge d'un coup d'un seul dans cet univers pop enjoué fait de strass et de paillettes. Conforme aux lignes de claviers et à la mélodicité originelles, ce titre se pare néanmoins de riffs émoussés, d'une basse ronronnante et des poignantes impulsions de la belle. Une prise de risque consentie, mais parfaitement assumée par le groupe, susceptible d'élargir le champ de leur auditorat à un public non encore en phase avec le metal symphonique.

Lorsqu'elle ralentit d'un poil la cadence, la troupe trouve là encore matière à aspirer le tympan. Ce qu'illustre le mid tempo « Two Blades », pimpant méfait recelant un infiltrant cheminement d'harmoniques et offrant d'insoupçonnées variations rythmiques. Mis en habits de lumière par les ensorcelantes patines de la sirène, l'enjoué propos doit toutefois composer avec une bien prévisible et répétitive sente mélodique.

Quand les lumières se font douces et que s'évanouissent les tensions, nos acolytes nous adressent leurs mots bleus les plus sensibles. Ainsi, « Universe » se pose telle une ballade atmosphérique romantique jusqu'au bout des ongles, propice au total enivrement de nos sens. Troublant, pétri d'élégance et délivrant une charge émotionnelle difficile à endiguer, l'instant privilégié laisse entrevoir le chatoyant filet de voix d'une interprète que l'on croirait touchée par la grâce. Un classique du genre mais jouissant de grisantes séries d'accords, susceptibles de faire plier l'échine aux âmes les plus rétives...

Pour conclure, comme souvent dans ce registre, le groupe nous livre un bref instrumental, histoire de fermer la marche en douceur. Ce qu'atteste le bien-nommé « Au Revoir », cinématique et a-rythmique instrumental entièrement dispensé aux claviers, dont les enchaînements de séries d'accords et les rampes synthétiques se calquent sur ceux d' Abba, les effets et variations atmosphériques à ceux de Vangelis. A des années-lumière de leurs fondamentaux stylistiques, nos acolytes ne les ont toutefois nullement évacués de leur set de compositions...

Comme pour nous faire renouer avec la tradition, à sa manière, le combo nous offre une pièce symphonico-progressive d'envergure et un regard alternatif sur l'une des pièces de leur répertoire. D'une part, l'altier « Symphony Nr. 1 Part 3 - Awakening » délivre 6 minutes d'un spectacle à la fois épique et romanesque, où abondent les effets de contraste atmosphérique et rythmique. Pour l'occasion, un certain Fabio Lione (Angra, Lione/Conti, ex-Rhapsody) vient partager le micro avec la déesse, l'inspiré duo en voix claires, alors en parfaite harmonie, contribuant à magnifier une fresque aussi inattendue et complexe que bienvenue et opportunément positionnée dans la tracklist. D'autre part, la remastérisation de « Cherish My Memory » (extrait de l'album ''Magic Forest'' (2012)), l'habillant de lignes de claviers et orchestrations supplémentaires dans la veine du groupe suédois, lui confère une seconde jeunesse. Un heureux trait d'union entre passé et présent, en somme...


Résultat des courses : l'expérimenté combo finlandais nous livre un propos à la fois enjoué, fringant, des plus accessibles, à la production d'ensemble plutôt soignée, sans temps mort ni surenchère technique, dans la lignée atmosphérique de son aîné. Toutefois, à trop vouloir suivre ses idoles à la trace, on y perd un peu de son âme, le groupe restant rivé sur des lignes mélodiques et de claviers que l'on croirait volontiers empruntées au célèbre quartet suédois. Ce faisant, nos compères ne nous invitent que trop rarement à revivre les vibes enchanteresses d'un passé ponctué de rythmiques frondeuses, de guitares enflammées et d'orchestrations symphonisantes. De plus, jouissant certes d'arrangements instrumentaux et de prestations vocales difficiles à prendre en défaut, l'exercice de style tend à se répéter, au risque de lasser le chaland. Peut-être un retour aux sources réactualisé, incluant un éventuel clin d'oeil au groupe suédois, serait-il la formule gagnante, salvatrice d'une probable déroute pour la formation nord-européenne. Wait and see...


4 Commentaires

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Op467 - 21 Fevrier 2020:

Pop sympho plus heavy , où sont les guitares?

Eternalis - 23 Fevrier 2020:

Je ne serais pas sur les débats des guitares...on peut très bien avoir de supers titres avec des guitares en retrait. Mais là, c'est vraiment d'un niais ... et pourtant je suis client de mélodie, voir de pop, mais aussi et surtout d'émotion et rien à faire, la voix de Capri me laisse de marbre.
Les lignes de claviers sonnent cheap et surtout il n'y a jamais vraiment de coeur, de force...je trouve ça trop "facile". Même la reprise de Abba...quand Helloween et Avantasia ont déjà proposé leur version en apportant quelque chose (des riffs tranchants pour l'un, une ligne de basse débridée pour l'autre), cette version sonne si plate que ça en devient génant. Je n'étais déjà pas fan avant, trouvant leur sympho beaucoup trop maigrelet, mais cette évolution ne me va pas plus. Pas grave, les groupes qui me donnent des frissons dans le genre sont nombreux :)

Merci pour la chro !

TheTenth - 04 Mars 2020:

Je les suis depuis le premier album. Evidemment j'ai remarqué l'influence ABBA ici et là - et là je saute le morceau la plupart du temps parce que ABBA ça ma déplait fortement. Vu que je pes apprécie depuis longtemps, j'essaierai quand même de jeter une oreille, mais je ne vais pas l'acheter direct comme d'habitude.

 
Tltra - 25 Avril 2021:

C'est tellement décevant de leurs parts

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