Darkness of Eternity

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Nom du groupe Amberian Dawn
Nom de l'album Darkness of Eternity
Type Album
Date de parution 10 Novembre 2017
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album25

Tracklist

1.
 I'm the One
Ecouter04:06
2.
 Sky Is Falling
 04:03
3.
 Dragonflies
 05:42
4.
 Maybe
Ecouter03:36
5.
 Golden Coins
 03:51
6.
 Luna My Darling
Ecouter04:58
7.
 Abyss
 03:25
8.
 Ghostwoman
 04:01
9.
 Breathe Again
 04:49
10.
 Symphony Nr. 1, Part 2 - Darkness of Eternity
 04:16

Bonus
11.
 Anyone
 03:38
12.
 My Only Star (Re-recorded)
 04:23

Durée totale : 50:48

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Amberian Dawn



Chronique @ ericb4

04 Novembre 2017

Une proposition pimpante et acidulée totalement assumée par le combo finlandais...

Groupe emblématique du metal symphonique à chant féminin depuis plus de dix ans déjà, Amberian Dawn poursuit son chemin sereinement. Et ce, dans une voie qui pourra décontenancer leurs aficionados de la première heure, celle où Heidi Parviainen (Dark Sarah) officiait en qualité de frontwoman. Sans pour autant avoir fondamentalement changé de casquette, le quintet finlandais originaire d'Helsinki a souhaité faire évoluer son œuvre par l'adjonction d'une touche pop-rock typée années 80 aux lignes mélodiques accrocheuses et épurées. Empreinte stylistique déjà remarquée sur son précédent opus, « Innuendo » (2015), mais plus manifeste encore concernant ce huitième album full length, lui aussi sorti chez Napalm Records. Un pari osé mais qui lui avait réussi il y a deux ans. Va-t-il réitérer ou même dépasser cette performance à l'aune de cette proposition à l'ingénierie du son plutôt clean, et continuer à s'imposer en cador du genre auprès des Nightwish, Epica, Delain ou encore Xandria ?

Une orientation pop metal symphonique qui tenait à cœur et qui sied particulièrement bien tant à Capri, chanteuse au timbre chatoyant et aux fines modulations, qu'à Tuomas Seppälä (Conquest, ex-Atheme One, ex-Twisted Silence...), compositeur et claviériste du groupe. On comprend d'autant mieux cette alternative que les sessions d'enregistrement des claviers ont eu lieu dans le studio de Benny Andersson, connu pour avoir été l'un des compositeurs et claviériste du groupe pop suédois Abba entre 1972 et 1982. Expérience qui donna l'idée à Tuomas, fan du pop band, d'utiliser les instruments, parfois vintage, de Benny. D'où l'insertion de sonorités propres aux années 80 et des arrangements dans l'ombre du célèbre quartet nordique parsemant certains des 11 titres de la galette. Aventure musicale un poil rétro, aussi risquée pour certains que fédératrice pour d'autres, dans laquelle ont été également impliqués, tout comme sur « Innuendo » : Emil Pohjalainen (Epicrenel, Thaurorod, ex-Dotma) à la guitare ; Jukka Hoffren (Adamantra, Bride Adorned, Epicrenel...) à la basse ; Joonas Pykälä-aho (Lost in Grey, Lathspell, Wyrd, ex-Dotma...) à la batterie.

Pour nous prouver qu'il n'a pas tiré un trait sur son passé, loin s'en faut, le combo nous octroie quelques moments épiques qui retiendront plus d'une âme rétive. Ainsi, sur un tapping véloce et d'identifiables gimmicks guitaristiques, l'entraînant « I'm the One » aux riffs émoussés fouette prestement le tympan. Ce faisant, son atmosphère sulfureuse rappellera dès les premières mesures celle de « Innuendo ». Par l'octroi d'une muraille de choeurs secondant une sirène en totale apesanteur, et voguant sur une irrépressible onde vibratoire, sous-tendue par une sente mélodique ''abbaesque'' quasi imparable, le propos n'aura que peu de mal à s'inscrire dans les mémoires de ceux qui y auront plongé. Dans cette lignée, l'énergisant « Ghostwoman » aux samples orientalisants recèle lui aussi de redoutables armes de séduction. On ne restera pas moins scotché par la ferveur du corps instrumental et les séries d'accords infiltrantes du trépidant « Dragonflies » et du polyrythmique « Abyss ». Aux puissantes inflexions de la belle de contribuer à nous rallier à la cause de ces deux galvanisantes offrandes.

Pour les amateurs des travaux antérieurs du collectif finlandais, ils passeront aisément leur chemin sur les pistes pop métalisées plus typées Abba, toutes susceptibles de figurer dans les charts. Dans cette salve, des nappes synthétiques surannées et une section rythmique tout en légèreté inondent « Sky Is Falling », titre pop metal aux couplets engageants, aux refrains acidulés et aux accents vintage nous immergeant dans l'ambiance enjouée d'une époque révolue ; celle où le groupe suédois fut à son apogée. Bref, un changement de cap radical auquel nous convient nos cinq acolytes. Dans cette mouvance, les tubesques « Maybe » et « Luna My Darling » n'échapperont pas à ce dessein, nous éloignant encore un peu plus des premières amours de la troupe finlandaise. L'empreinte vocale de Capri se rapprocherait même de celle de Frida, notamment sur des refrains certes mielleux, voire kitsch, mais propices à pousser à une certaine addiction un public plus éclectique aujourd'hui qu'hier. Bref, une kyrielle de titres proprets et dotés d'une mélodicité éminemment accessible et fédératrice, que l'on croirait avoir été sculptées par Benny lui-même.

Lorsqu'il ralentit un poil la cadence, tout en restant fidèle à ses fondements stylistiques, le combo ne s'est nullement montré maladroit, réservant alors quelques moments de pure jouissance auditive, nous faisant par là-même renouer avec un passé magnifié. On retrouve alors sa patte, celle qui, précisément, a défini sa personnalité artistique. Ainsi, on retiendra le truculent mid tempo « Golden Coins » tant pour les aériennes ondulations oratoires de la maîtresse de cérémonie que pour son chapelet d'harmoniques susceptible de nous aspirer d'un battement de cils.

Plus en retenue, deux passages se révèlent être de véritables invitations au voyage. Ayant finement sculpté ses mots bleus, comme il sait si bien le faire, le combo nous imprègne d'un parfum éminemment enivrant. D'une part, on ne pourra se soustraire à « Breathe Again », aérienne ballade progressive aux magnétiques séries de notes, elle aussi dans la continuité de l'opus précédent. Dotée de soyeux arpèges au piano et d'un riffing ample et profond et interprétée avec force, détermination et beaucoup de sensibilité par la frontwoman, cette tendre et émouvante aubade recèle moult atouts pour satisfaire les exigences de l'amateur du genre. Et que dire de « Symphony Nr. 1, Part 2 - Darkness of Eternity » ? Radieuse ballade opératique au graduel déploiement orchestral, ce message musical délivre une charge émotionnelle difficile à contenir. Et, une fois encore, la magie ne manquera pas d'opérer.

Ainsi, on effeuille un message musical aux compositions pop metal symphonique finement échafaudées, éminemment efficaces, faisant la part belle à d'entêtantes sentes mélodiques. Mélodies toutefois souvent convenues et sous-tendues par des samples que l'on croirait issus du célèbre pop band suédois. De plus, la technicité instrumentale originelle serait en proie à une inquiétante discrétion, état de fait que déploreront les fans de la première heure. Virage cependant totalement assumé par le combo finlandais, revendiquant d'ailleurs quelques influences ''abbaesques'' dans son projet metal actuel. Une manière habile de faire cohabiter les novices du genre avec une fan base que cette nouvelle option n'aura pas rebutée.

Jouissant d'une qualité d'enregistrement d'excellente facture, d'un mixage parfaitement ajusté entre lignes de chant et instrumentation et d'une belle profondeur de champ acoustique, la galette se parcourt d'un seul tenant. C'est dire que le combo nous octroie une œuvre clinquante, pimpante et acidulée où pas une piste ne se situe en-dessous du lot, mais où aucune ne se détache vraiment. Ce faisant, cette proposition aurait valeur d'expérimentation, où ni la diversité atmosphérique et vocale, ni l'originalité ne sont de mise, les prises de risques se réduisant à peau de chagrin. Sans mésestimer leurs sources d'influence, il serait souhaitable que nos acolytes ne s'y réduisent pas exclusivement et surtout qu'ils ne finissent pas par s'échouer dans un pop metal symphonique commercial et sans profondeur d'âme qui n'est pas le leur. Un retour ému aux années 80, pourquoi pas, mais pas deux...

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