La Masquerade Infernale

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Nom du groupe Arcturus
Nom de l'album La Masquerade Infernale
Type Album
Date de parution 27 Octobre 1997
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album288

Tracklist

1. Master of Disguise 06:44
2. Ad Astra 07:41
3. The Chaos Path 05:34
4. La Masquerade Infernale 02:00
5. Alone 04:43
6. The Throne of Tragedy 06:35
7. Painting My Horror 05:59
8. Of Nails and Sinners 06:07
Total playing time 45:17

Chronique @ Fabien

01 Mai 2010
Pionnier du revival blackmetal issu de Norvège aux côtés de Mayhem, Arcturus définit très tôt ses propres codes. Envoutant sur son EP My Angel en 1991, impérial sur son MCD promotionnel Constellation en 1994, le groupe emmené par le pianiste et compositeur Steinar S. Johnsen impose un black sortant déjà des carcans du style, notamment dans ses thèmes astraux et littéraires, souvent bien plus subtils que les propos anticléricaux & nihilistes avancés par ses homologues de l’époque.

Pour les blackers ayant découvert Arcturus avec ses toutes premières réalisations, bien que somptueux, Aspera Hiems Symfonia constituait une semi-déception d’une certaine façon, tant l’avant-garde du groupe et la profondeur de son EP culte Constellation montraient une formation capable de montrer encore bien plus de grandeur. Il suffit alors moins de deux années au quintette norvégien pour mettre sur pied sa nouvelle offrande et prendre toute la scène à contre-pied, lors de la parution de La Masquerade Infernale. En effet, depuis la sortie de Written in Waters, HEart of the Ages, Bergtatt et Min Tid Skal Komme (Ved Buens Ende, In The Woods, Ulver, Fleurety) en 1995, si l'on sentait déjà une frange de la scène blackmetal norvégienne en train de s'emanciper, jamais on aurait imaginer combien Arcturus allait exploser toutes les frontières en cette année 1997.

Surprenant déjà par sa couverture montrant Garm costumé pour le carnaval de Venise, La Masquerade Infernale s’ouvre sur un Master of Disguise déconcertant, tel un véritable bal où s'imbriquent le couple basse batterie technique & subtil de Hellhammer et Skoll (Hugh Mingay), les guitares fines et aérées de Knut M. Valle, les claviers astraux de Steinar, ou encore son piano tantôt grave ou débordant de majesté. Désormais à mille lieux de ses intonations black passées, Garm ajoute enfin son timbre rauque, chantant parfois merveilleusement faux, et croisant régulièrement la voix si gracieuse de Simon Hestnaes, créant un contraste de chaque instant.

Loin de leur rôle rythmique habituel, les guitares sont éléments de ce décor fantasmagorique, laissant l’articulation et le fil conducteur de chaque morceau aux soins de Steinar, qui livre des lignes de piano trahissant sa formation classique et sa passion pour Jean S. Bach. Cette inspiration est d’autant plus évidente sur le prodigieux Ad Astra, le titre le plus orchestral de cette mascarade infernale, véritable osmose entre parties de piano, guitares, samplers, flûtes et véritable quatuor à cordes. Doux, parfois grave, le morceau désarme ainsi par sa richesse et sa qualité de mise en place.

Troisième titre et nouvelle surprise, l’incroyable The Chaos Path, dominé par le chant théatral & tout en majesté de Simen et les lignes de guitares si riches & surprenantes de Knut. Si bien sûr claviers et violons sont de la partie, apportant une profondeur accrue, le titre n’en finit pas d’étonner, se concluant en tout en intensité sur des rythmes aux samples pourtant impensables.

Laissant pantois sur la première partie de son oeuvre, tant ses structures peuvent paraitre déconcertantes, Arcturus parvient encore à gagner en dimension sur ses ultimes morceaux. Le somptueux Alone, l’hypnotique The Throne of Tragedy, l’impérial Painting My Horror, le tragique Of Nails and Sinners, sont autant de moments magiques où les émotions se bousculent, où l’osmose entre musiciens n’a jamais été aussi forte.

Difficile d’accès aux premières écoutes, incohérent pour celui n’ayant pas la volonté de pénétrer son univers, La Masquerade Infernale emporte définitivement l’auditeur avec le temps. Grand, tragique & envoutant, ce théâtre baroque reste parallèlement toujours aussi indomptable au fil des représentations, afin de préserver avec pérennité toute sa magie et ses mystères. En véritable visionnaire, Arcturus impose ainsi en cette année 1997 un album d’une avant-garde et d’une richesse exceptionnelles, semblant tout comme Faust avoir définitivement vendu son âme au diable pour accoucher d’une telle oeuvre, qui présente comme seul défaut son impardonnable faute de français en son titre. Ultime !

Fabien.

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Matai - 18 Juillet 2011: Je sais, mais pour le coup je pense que les deux mots et les deux sens se mélangent pour cet album %) d'où cette faute pas vraiment faute.
Hibernatus - 11 Septembre 2011: Ah oui, la faute de français... Hem, comment dire...C'est vrai qu'en français, la masquerade infernale, ça le fait pas trop. Par contre, en italien...
Comme toutes tes chroniques que j'ai eu l'occasion de lire, Fabien, celle-là est excellente et a contribué à placer ce disque en bonne place dans la liste de mes futurs achats.
Quand j'ai écouté la première fois ce chef-d'oeuvre, j'ai pensé au mot de Baudelaire: "Le beau est toujours bizarre"...
swit35 - 16 Octobre 2014: Ah la vache, je suis déconcerté, c'est vraiment surprenant ce mélange construit de sons chaotiques... je ne sais pas encore dire si j'apprécie.
LeMoustre - 14 Mars 2016: Que dire de plus, si ce n'est que ce disque est touchant au sens propre, et ô combien magique. Une bien belle réussite qui semble faire l'unanimité, ce qui n'est pas gagné sur un disque aussi étrange de prime abord. Perso, ce côté baroque et musicalement très riche constitue un intrus dans ma CDthèque, plus habituée à des styles plus convenus. Mon unique Arcturus, réécouté avec beaucoup de plaisir et toujours aussi magique en 2016. 17/20.
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Commentaire @ Nattskog

07 Mai 2004
Aaaah. Quand je pense que j'ai détesté cet album. Bon, quand on est jeune, on est con, et s'en rendre compte est déjà un progrès ! (lol)
Le première chose à dire, c'est que ce n'est pas du metal, et encore moins du black, donc rien à voir avec « Aspera Hiems Symphonia ». Ca ressemble plus à une sorte de prog déjanté, pas malsain pour un sou (une fois n'est pas coutume) et surtout assez proche du classique dans la construction des morceaux.
L'ambiance de l'album est celle d'une Venise des temps passés : les déguisements sont de mise, et tout ce qui s'en suit comme trahisons, tromperies, débauches organisées et compagnie. Un décors de fête pour une musique qui sent la tristesse refoulée, une fête bon enfant dans un cimetière. les émotions qui passent montrent une profonde nostalgie de cette période de fastes où le Carnaval durait 6 mois et où les gens ne pensaient qu'à s'amuser, étant pour cela capables de pousser le vice jusqu'à l'extrème.
Romantique, je pense que c'est le bon qualificatif pour la Masquerade. Cet album est comme un concentré de sentiments opposés... gaieté et tristesse, haine et amour, admiration et mépris, les deux pôles ne font plus qu'un : l'alliage parfait de la folie et de la raison.
Je ne pourrai rien dire de plus sinon que cet album est pour moi le seul de ma collec' qui mérite 20/20, et pourtant je les aime tous. Je le conseille donc à tous amateurs de belle musique, et surtout, laissez vous envahir par la « Philosophy of the Crazed » !

Attention : titre secret sur l'édition Misanthropy !

Nattskog

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Abyssion - 02 Fevrier 2009: Superbe chronique pour superbe album. Mais permet moi d'exposer une petite incohérence dans tes dires, je site : "cet album est pour moi le seul de ma collec' qui mérite 20/20".
N'as tu déjà pas mis cette note à un album d'Ulver et à un album de Paysage d'Hiver?
Sur ce, bien le bonsoir ;).
keketomax - 04 Juillet 2013: J'ai moi aussi remarqué ce détail, mais je pense que c'est obligé qu'il aie pas découvert Paysage D'hiver avant.
keketomax - 04 Juillet 2013: En tout cas, merci à Nattskog de m'avoir convaincu de me procurer cet album, car rien qu'après la première écoute, ça déchire tout!
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Commentaire @ Toorop

30 Juin 2008
Grandiose, théâtral, avant-gardiste, expérimental, déroutant, étrange, subtil, mystérieux, décadent, grandiloquent sans être pompeux, créatif, symphonique, electro, technique, tout en finesse...etc

On pourrait multiplier jusqu'à l'infini les adjectifs qui caractérisent la musique de La Masquerade Infernale d'Arcturus, sorti en 1997. Deuxième album du groupe norvégien après Aspera Hiems Symfonia et quelle réussite !!
Les voix de Garm (Ulver) et de Vortex sur les titres 1, 3 et 7 sont assez uniques dans leur genre. Elles sont très expressives, théâtrales, celle de Vortex est parfois quelque peu hystérique (The chaos path). D'ailleurs dans le dernier album du groupe, Sideshows Symphonies sorti en 2005, c'est lui qui assure la totalité du chant.
Mention spéciale pour la batterie, Hellhammer est comme bien souvent parfait. Techniquement impeccable, il pose des contre-temps tout en finesse.

Les titres regorgent de détails, allant de simples petits bruits à des samples, jusqu'à des nappes de claviers.
Cet album ne se limite pas uniquement à l'univers du métal puisqu'on trouve des passages limites électro. Quant à la fin de Paint my horror, elle me fait un peu penser à The wall des Pink Floyd, le début d'Ad Astra fait un peu jazzy...etc
La Masquerade Infernale est au final un album déroutant et il vous faudra de nombreuses écoutes pour vous familiariser avec l'univers si particulier d'Arcturus. Mais laissez-vous entrainer, le voyage en vaut la peine !!
Une chanson caractéristique de cet album est le titre Ad astra qui dure près de 8 minutes sur lequel le chant n'intervient qu'après 5 bonnes minutes.

A écouter en priorité : Master of disguise, Ad astra, The chaos path, Alone...

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