Arcturian

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Nom du groupe Arcturus
Nom de l'album Arcturian
Type Album
Date de parution 08 Mai 2015
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album85

Tracklist

DISC 1
1. The Arcturian Sign 05:08
2. Crashland 04:10
3. Angst 04:28
4. Warp 03:54
5. Game Over 05:59
6. Demon 03:31
7. Pale 05:13
8. The Journey 04:16
9. Archer 05:37
10. Bane 05:51
DISC 2
1. Angst (Industrial Club Remix by Pride And Fall) 05:44
2. Archer (Sun of The Sleepless Geisterbahn Remix) 04:29
3. Game Over (Germ Remix) 06:02
4. Warp (Wormhole Remix by Encephalon) 05:12
5. Angst (Nailbomb Remix by Fractured) 04:03
6. Arcturian Psychedelic Sign (by Mollarn) 05:53
7. Warp (Germ Remix) 03:58
8. Pale (Necro Deathmort Remix) 06:19
Total playing time 1:29:38

Chronique @ Matai

08 Mai 2015

50 nuances d'Arcturus

Pionnier du black sympho/atmo en compagnie d'Emperor au début des années 90, puis représentant d'un metal avantgardiste poétique, sophistiqué et barré, Arcturus s'est longtemps imposé comme une figure phare et très respectée. Ses albums, portés par les claviers astraux de Steinar "Sverd" Johnsen, ont charmé bon nombre d'adeptes, au point d'influencer des formations telles que Vesania ou Quadrivium, pour ne citer qu'elles. Le départ de Garm et l'arrivée à plein temps de Vortex (ex-Dimmu Borgir, Borknagar) en 2005 ont marqué un tournant dans la musique d'Arcturus, plus soft et plus progressive, avant une séparation en 2007 et une reformation inespérée en 2011. Les nombreuses tournées semblent avoir fait revivre la flamme arcturienne car arrive cette année le nouvel album tant attendu, "Arcturian", presque dix ans après le "Sideshow Symphonies".

Toujours composé de membres passés et présents d'Ulver, Mayhem ou Dimmu Borgir, Arcturus nous embarque au sein de dix voyages interstellaires. Le nom "Arcturian" représente à lui seul une forme d'hommage au travail passé et présent du quintet norvégien. Les pistes contiennent, à la fois, les éléments du vieux Arcturus et du nouveau Arcturus : le charme, l'authenticité, le côté baroque et organique d'un côté, la modernité, le prog, et l'électro de l'autre. A ce mélange, le groupe revient aux fondamentaux et évite la programmation par ordinateur : la batterie est "vraie", les violons et instruments à cordes sont réels eux-aussi, et les solos de guitares ont tous été improvisés. Le son est donc particulier, loin des standards actuels aseptisés et synthétiques.

"The Arcturian Sign", présenté en avant-première il y a quelques semaines, ouvre l'album avec des expérimentations industrielles et des saccades électroniques qui ne sont pas sans rappeler la dubstep. La suite présente une progression intéressante, entre passages posés et aériens et passages plus rentre-dedans et barrés. Le mixage fait, cette fois-ci, plus de place aux instruments et ne relègue pas au premier plan la voix de Vortex, qui semble ici plus en phase avec ses acolytes. Il alterne parfaitement bien envolées déjantées à la Garm sur "The Sham Mirror" et chant black rageur pour un résultat très convaincant.

Arcturus enchaîne étonnamment avec "Crashland", morceau en deux temps, alternant moments doux et planants, mélodiques et acoustiques, avec un violon à la Borknagar (clin d'oeil?), et moments plus inquiétants et sombres où les guitares grinçantes nous embarquent dans des contrées froides et incertaines...contrées qui s'avèreront assez angoissantes, comme en témoigne "Angst", chanson la plus extrême de l'album, où les blasts intersidéraux d'Hellhammer côtoient les vocaux black dérangés de Vortex et la folie des violons, comme si le "Radical Cut" de "The Sham Mirrors" avait fusionné avec un titre de la "Masquerade". Une sacrée réussite.

Les Norvégiens nous prouvent qu'ils peuvent autant faire dans le rugueux que dans la douceur, et la douceur cosmique nous tend les bras sur de nombreuses pistes, que ce soit sur "Demon" ou "The Journey", toutes deux marquées au fer rouge par une empreinte industrielle et par un côté easy-listening que certains aimeront ou détesteront. La ballade acoustique et les chants spirituels du second rappelleraient presque l'aventure "Ghost" de Devin Townsend.

Pour du rugueux, il faudra se pencher par exemple sur "Pale" avec son début à la "Ad Absurdum", assez barré, ou sur "Bane" avec ce côté théâtral et complètement décalé qui fait tout le charme d'Arcturus. Le violon et le piano ont une place très importante mais leurs mélodies ne sont pas aussi entêtantes que par le passé. Malgré le talent de Sverd et sa bande, ils oublient parfois d'attirer notre attention, si bien que l'ennui peut parfois se faire sentir. En particulier sur "Archer", fade et très peu inspiré. Malgré un début encourageant, la suite semble être de l'auto-plagiat du "Hufsa" mixé aux passages les plus calmes de "Hibernation Sickness Complete", tous deux présents sur "Sideshow Symphonies", à la différence qu'il n'y a pas de passages chantés en norvégien. Etrange!

"Arcturian" n'est pas un chef d'oeuvre complet et peut en cela décevoir les plus fervents admirateurs. Certains passages manquent de force, d'émotion, et de folie, si bien qu'il arrive de passer à autre chose. D'autres possèdent énormément de qualités, comme la première partie de l'album, dont rien n'est à jeter : les quatre premiers titres sont impressionnants. Et d'autres s'apprécient au fil des écoutes. Cet opus ne se digère donc pas facilement. Il faut du temps, pour en capter toutes les nuances et y découvrir tous les mystères...même si certains ne risquent pas d'être résolus !

20 Commentaires

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David_Bordg - 11 Août 2015: Et la conclusion de la chronique décrit exactement ce que je pense d Arcturian!!
Hellsheimer - 11 Août 2015: Va falloir se calmer rapidos...
David_Bordg - 17 Août 2015: J ajouterai qu Arcturian est un album, qui se révèle avec le temps, j y reviens sans cesse, et je l aime de plus en plus!! Il rattrape les quatre précédents tout doucement, musicalement et dans mon cœur aussi!!
Fabien - 12 Octobre 2015: Très bel ouvrage d’Arcturus, qui n’a rien perdu de sa magie, ni sa richesse, ni son côté théâtral et majestueux, malgré une longue interruption. Bizarrement, après le concert du mois de mai, j’avais plus ou moins laissé le disque de côté, pour finalement repartir à sa conquête à la rentrée et, force est de constater combien chaque morceau prend davantage de corps au fil des semaines. Les six premiers titres d’Arcturian, notamment le rageur Angst ou l’imposant Game Over, sont carrément magiques, et l’osmose entre ses musiciens, tant en composition qu’en interprétation, est toujours aussi forte. Une bien belle œuvre, unique comme d’habitude. Fabien.
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