Kronet til Konge

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Nom du groupe Dodheimsgard
Nom de l'album Kronet til Konge
Type Album
Date de parution 05 Janvier 1995
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album63

Tracklist

Re-Issue in 1999 by Century Media.
1. Intro 01:00
2. Å Slakte Gud 06:09
3. En Krig Å Seire 04:58
4. Jesu Blod 04:51
5. Midnattsskogens Sorte Kjerne 06:47
6. Kuldeblest Over Evig Isøde 04:13
7. Kronet til Konge 04:35
8. Mournful, Yet and Forever 07:05
9. Når Vi Har Dolket Guds Hjerte 04:47
10. Starcave, Depths and Chained 03:41
11. When Heavens End 05:18
12. Outro 00:44
Total playing time 54:08

Chronique @ Fabien

10 Fevrier 2012

Mournful, Yet and Forever.

Sous l’impulsion de Mayhem, Darkthrone, Burzum, Immortal, Emperor ou Satyricon, le blackmetal norvégien bat son plein en cette année 1994, lâchant tant de sorties de qualité et de nouveaux groupes que son vivier semble alors inépuisable. Cette année, c’est aussi l’arrivée de la marque « true norvegian blackmetal » inscrite au dos de l’inénarrable Transilvanian Hunger de Darkthrone, label sous-entendant un code musical précis, une pureté black et une absence totale de concession, auxquels on peut aussi volontiers rattacher le terrible Pentagram, le premier album de Gorgoroth paru cette même année.

Fondé en 1994 autour de Vitcotnik et Aldrahn, respectivement batteur et guitariste/chanteur, Dødheimsgard s’affiche clairement dans cette mouvance intransigeante durant ses premières années, désireux selon les propres termes de ses interprètes de créer un blackmetal dans la plus parfaite tradition du style, sans recherche d’originalité mais avant tout guidé vers cette quête de la noirceur. Le duo s’entoure d’ailleurs de Fenriz en tant que bassiste, le fameux batteur de Darkthrone, ayant certainement vécu ses années musicales les plus fermées, mais aussi les plus intenses, lors de la période d’Under a Funeral Moon et Transilvanian Hunger.

Notre trio signe alors avec la petite écurie Malicious Records qui semble suivre de près ce style en Norvège, et qui ralliera rapidement sous sa bannière d’autres groupes comme Zyklon-B, Gorgoroth, Borknagar, Kampfar ou Aura Noir, autant de formations gravitant souvent autour des mêmes protagonistes. Capturé en février 1995 et paru durant le second semestre, le premier album de Dødheimsgard baptisé Kronet til Konge arbore ainsi une illustration minimaliste en noir & blanc, symbole de cette volonté d’épuration et d’absence d’esthétique, le tout avec une revendication relativement claire de ses racines, qui passe par un chant majoritairement norvégien.

Sombre, violent et parfois chaotique, Kronet til Konge lâche effectivement un blackmetal sans concession, idéalement retranscrit sur ses morceaux A Skalte Gud et En Krig A Seire en ouverture. Si la technicité et la recherche d’une production limpide ne sont bien sûr pas les moteurs premiers de Dødheimsgard, les compositions du trio sont bien moins simples qu’en apparence, chaque titre renfermant de nombreuses idées et un vrai travail de mise en place, tant et si bien que chaque écoute apporte des éléments nouveaux et relance l’intérêt de l’opus.

Au-delà de cette intégrité qui ne peut être prise en défaut, Kronet til Konge tire également sa force dans son atmosphère sombre et dans l’intensité de ses riffs, à l’image du fabuleux titre Midnattskogens Sorte Kjerne montant idéalement au fil de son avancée, du tout aussi saisissant Kuldeblest Over Evig, ou encore de Når Vi Har Dolket Guds Hjerte où tant d’émotions se succèdent, chacun dominé par une rage de tout instant. Arme imparable, le chant charbonneux d’Aldrahn si singulier complète idéalement ce tableau noir dressé par Dødheimsgard.

Si Kronet til Konge n’a pas la prétention d’être une œuvre originale, reprenant volontairement les principaux codes du blackmetal norvégien dans sa première définition, il n’en reste pas moins un album singulier, grâce au talent et à la personnalité de ses trois interprètes. Dødheimsgard façonne en cette année 1995 un album envoutant, à l’éclat toujours aussi noir les années passant, et si emblématique de cette époque où le blackmetal nordique, encore exempt des ravages du business, possédait encore une signification et semblait être un puits aux ressources intarissables.

Fabien.

2 Commentaires

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jamesmith - 10 Fevrier 2012: Merci pour cette bonne chronique! Perso j'ai acheté ce disque à sa sortie (merci les bon vieux disquaires! R.I.P.). A l'époque je commençais à me lasser du Black norvégien tout venant, et Dødheimsgard m'a pourtant accroché à sa première écoute. Des compos très nuancées qui me hantaient même après leur écoute.
Rheindarst - 12 Fevrier 2012: Salut Fabien.

Ta rédaction me donne à réfléchir car je dois bien avouer que ce premier Dödheimsgard ne m'a pas laissé un grand souvenir. J'avais été bien plus marqué par "Monumental Possession". Je vais demander à mon ami de me passer le cd pour une nouvelle étude plus approfondie.

Cordialement.

Stephane
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Commentaire @ Nattskog

29 Septembre 2004
Dødheimsgard est un groupe d’avant-garde. Né en 1995 par la volonté de Fenriz et Aldrahn (Zyklon-B), ce groupe a commencé à officier dans un style assez proche de Darkthrone, plus recherché tout de même, mais fortement influencé par icelui.
« Kronet til Konge », premier album du groupe, sorti en 1995 chez Malicious Records (réédité par Century Black en 1999) est très black, très true black même (jugez en déjà par la pochette). Le son lui-même es très roots, franchement proche de ce qu’on peut entendre sur le merveilleux mini CD de Zyklon-B. C’est le son d’une époque révolue, où le pourri n’était pas forcément voulu, où les moyens n’étaient pas les mêmes que de nos jours.
Niveau de la composition de la tambouille, c’est simple : guitares, chant si particulier d’Aldrahn, et batterie black époque début du mouvement (peu technique, peu de double, mais tout de même indispensable – pas encore un instrument à part entière).
Les compositions pourraient paraître sans originalité. Le fait que j’ai eu puis revendu et enfin racheté cet album en est une preuve : on ne peut pas rentrer comme ça dans les albums de Dødheimsgard. Le premier abord est tellement froid, distant, presque ascète… rares sont ceux qui savourent au premier instant la petite merveille qu’est cet album. Le chant, presque toujours en norvégien, donne une tonalité plus distante encore à ces titres déjà de glace. L’inspiration doit provenir des hivers norvégiens !
Pour conclure rapidement, « Kronet til Konge » est un excellent album de black old school. On en reverra peu des comme celui-ci ! Le fait est qu’on ne rentre pas facilement dans le trip, mais une fois qu’on y est, on ne veut pas s’en défaire.
A tester, plusieurs fois si nécessaire… je savais bien que je n’avais pas tout saisi sur cet album !

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