Kong Vinter

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14/20
Nom du groupe Taake
Nom de l'album Kong Vinter
Type Album
Date de parution 24 Novembre 2017
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album38

Tracklist

1.
 Sverdets Vei
Ecouter04:14
2.
 Inntrenger
Ecouter07:18
3.
 Huset i Havet
Ecouter07:12
4.
 Havet i Huset
Ecouter07:35
5.
 Jernhaand
Ecouter06:18
6.
 Maanebrent
Ecouter08:00
7.
 Fra Bjoergegrend mot Glemselen
Ecouter10:21

Bonus
8.
 On Top (De Press Cover ) (Vinyl Edition)
 

Durée totale : 50:58

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Taake



Chronique @ chub42

10 Août 2020

Gardien du trône

Quand j'ai acheté ''Nattestid Ser Porten Vid'' au moment de sa sortie, fin 99-début 2000, les noms de Thule-Taake circulaient depuis longtemps dans l'underground norvégien. La première sortie officielle s'étant vraiment fait désirer, j'en attendais beaucoup, d'où une relative déception... Il faut dire que, depuis l'essor du black metal norvégien en 93-94, ce pays nous a tellement gâtés ; début 2000, on commence donc à être un peu blasé, à une époque aussi de plus en plus encombrée en sorties souvent quelconques. Je ne dirais pas cela du premier Taake, mais doté d'une production un peu vieillotte, il aurait été bien plus marquant en sortant quelques années plus tôt...

J'ai remarqué sur la Toile que beaucoup de monde vénère les trois premiers albums (que Hoest présente comme une trilogie), dédaignant la suite, à tort! Je m'inscris à contre-courant de cette vague d'opinion. J'ai longtemps considéré au début des années 2000 Taake comme un sympathique second couteau qui monte lentement en régime, le deuxième album, ''...Bjoergvin...", s'avérant sensiblement meilleur.Pour moi, Taake a clairement changé de statut avec les deux albums suivants, ''Hordaland Doesdskvad'' et surtout ''Taake''. Avec l'album éponyme, doté d'une remarquable production (le groupe a depuis pris ses habitudes au Conclave), Hoest accélère singulièrement le rythme et ajoute à l'ancien Taake un léger feeling thrash'n roll, pour un résultat qui déboite sévère! Et que dire de ''Noregs Vaapen''?... Un disque à l'image de la pochette, un monument de noirceur qui finit sur un titre d'anthologie. Aussi, je recommande aux sceptiques d'écouter à la suite les albums 4 et 5 et de comparer avec l'un des 3 premiers ; à côté, ça parait un peu gentillet.
On en arrive aux deux derniers albums dont bizarrement personne n'a daigné faire de chronique, La place étant libre, j'ai donc choisi de prendre ma plume, d'évoquer mon rapport au groupe et de m'arrêter sur la période récente. J'ai longtemps hésité, je chronique le sixième ou le septième, voire les deux? Ces deux albums, avec leurs pochettes grisâtres sont assez proches, on va faire une sorte de deux en un à la rigueur...

"Striden Hus" arrive après un cinquième album tellement réussi que j'ai eu un peu de mal lors des premières écoutes. Ne le répétez pas à Hoest (je ne voudrais pas avoir d'ennuis à un prochain concert) mais cette pochette ridicule ne facilite pas les choses. Avec le temps, on tombe par contre sous le charme d'un disque qui ralentit un peu le rythme et privilégie le côté instrumental avec un certain groove, une certaine plénitude qui se dégage, un côté un peu contemplatif, mais tout cela est fait avec mesure. Rassurez-vous, le style Taake est toujours bien là, il n'y a aucune trahison à la cause.

Puis vient "Kong Vinter"...tout un programme! Il y a surtout deux petits détails, de prime abord, qui me font saliver plus que sur l'album précédent. C'est, premièrement, le titre du disque (beurk, ça voulait dire quoi Striden Hus!?!). Non, Hoest n'a absolument pas pris le melon, sa majesté peut volontiers s'autoproclamer le roi de l'hiver, au regard de cette belle discographie : Taake, à mon humble avis, n'a pas sorti de disque culte comme ses compatriotes un peu plus âgés, mais, pour moi, il les surpasse sur la durée par sa fidélité et son attachement à un black metal des origines (qui n'exclut pas une sensible et intelligente évolution). La deuxième chose, c'est tout simplement la pochette dans la droite lignée du titre de l'album, où l'on voit le seigneur Hoest de dos (excellente idée!) par une sombre et glaciale nuit d'hiver arpenter ses terres. Bref, avant même d'appuyer sur la touche play , il y a déjà une certaine atmosphère, une aura qui se dégage du disque qu'on tient dans ses mains et qui force le respect, le retour tous les 3 ans du gardien du trône qui reprend sa place...

Le disque tient plutôt ses promesses, il n'y a pas vraiment de surprise, on est dans la droite lignée de Striden Hus. La production, comme toujours, est remarquable d'équilibre : de la guitare bien saturée, juste ce qu'il faut, une basse qui bouillonne, le petit côté old school est bien là (Ha il est très fort aux manettes le gars de Vulture Industries!). On démarre par un très bon "Sverdets Vei", assez long, comme d'habitude, avec un remarquable passage instrumental en son milieu, puis on enchaine sans coupure sur la deuxième chanson, ''Inntrenger", tout aussi réussie, avec une belle fin instrumentale. Je serais un peu plus réservé sur les trois morceaux suivants, plus rentre-dedans, mais le niveau baisse. J'ai le souvenir d'un Striden Hus un peu plus percutant sur la durée. Hoest retrouve toutefois de l'inspiration sur le sixième titre, "Maanebrent",qui finit sur une magistrale fin instrumentale de 5 minutes, tellement réussie que notre compère, si fier du résultat, en "oublie" carrément de chanter sur le titre final de 10 minutes.

C'est tout à l'honneur et à l'intelligence du personnage de se mettre en retrait au service d'une musique qui se suffit à elle-même, un peu plus joueuse, aventureuse. Derrière le visage sévère de Hoest se cache le musicien et, bien sûr, l'homme qui sort (à petits pas) d'un carcan, de sa zone de confort, le masque tombe, on pourrait dire, une certaine introspection et une respiration prennent le dessus...




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