Désormais basé à Londres,
Ygodeh ne perd pas de vue son ambition première: officier dans le death metal synthétique, qu’importe le prix. La bande commence à faire son petit bonhomme de chemin depuis 2010 avec déjà plusieurs albums à leur actif. Ces derniers n’ont pas forcément eu le succès escomptés mais avait le mérite de proposer une musique particulière, synthétique, expérimentale, hors de propos pour certains et pour cause.
Ygodeh propose une forme de cyber death quasi unique. Toutefois, de nombreuses faiblesses lui ont mis des battons dans les roues, que ce soit le manque de puissance des guitares, les problèmes de sons, et une retenue palpable, l’empêchant de dégager complètement son potentiel. Il faut espérer qu’avec ce troisième opus, «
Inside the Womb of Horizonless Dystopia, »
Ygodeh parvienne à enfin se dépasser.
L’intro de «
Morbid » n’est pas très encourageante mais la suite s’annonce plus hostile et intéressante.
Ygodeh délivre un groove comme il ne nous en avait jamais offert, avec une basse très audible, des guitares toujours synthétiques mais cette fois-ci bien intégrées, une voix entre le black et le death toujours étouffée mais un peu plus poussée, et des bidouilles électroniques bien placées.
Ygodeh garde toujours sa principale originalité, qui est de mettre en symbiose le cybernétique et le symphonique. Avec le groove, l’ensemble est plus mécanique qu’il ne l’avait été et décidément moins humain. L’ambiance futuriste dégagée est donc bien mieux développée.
Le groupe nous propose quelque chose de plus agressif en raccord avec le concept, basé sur les effets irréversibles de nos actions sur la société, menant à une inéluctable apocalypse. Les riffs sont ainsi plus tranchants à mesure que l’on avance dans l’opus, le chant clair arrive à bien s’incorporer et les claviers dégagent une ambiance futuriste, inquiétante et décadente comme sur «
Through the Fog intro
Misery », mélancolique sur «
Descension » avec ces riffs entêtants, ou robotique sur « Rhythm of the
Beast ».
Certains titres proposent une rage metallique et électronique comme sur « Take the Blue Pill », inspiré de Matrix et clin d’œil à
Sybreed (« Take the
Red Pill »). Certains sont plus en retenu mais dégagent du coup pas mal de sensibilité comme « Callous » qui montre comment
Ygodeh utilise l’électro et le sympho. A noter l’influence rap dans le chant.
Ygodeh fait un grand pas en avant dans sa carrière avec cet album mieux produit et mieux composé. Avec un son énigmatique atypique, il arrive à se forger une réelle personnalité qui lui permettra de sortir des sentiers battus et se faire un nom sur la scène underground. Les Londoniens ne sont plus en retenu cette fois-ci et montrent leur potentiel, un potentiel qui devra de nouveau se confirmer sur les prochains méfaits. Bravo à vous.
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