In the Nightside Eclipse

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Nom du groupe Emperor
Nom de l'album In the Nightside Eclipse
Type Album
Date de parution 21 Fevrier 1994
Enregistré à Grieghallen Studio
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album965

Tracklist

Re-Issue in 1999 and 2004 by Candlelight Records with 2 bonustracks
1.
 Into the Infinity of Thoughts
Ecouter09:07
2.
 The Burning Shadows of Silence
Ecouter05:36
3.
 Cosmic Keys to My Creations and Times
Ecouter06:05
4.
 Beyond the Great Vast Forest
Ecouter06:01
5.
 Towards the Pantheon
Ecouter05:58
6.
 The Majesty of the Nightsky
Ecouter04:54
7.
 I Am the Black Wizards
Ecouter06:01
8.
 Inno a Satana
Ecouter04:48

Bonus
9.
 A Fine Day to Die (Bathory Cover)
 08:29
10.
 Gypsy (Mercyful Fate Cover)
 02:56

Durée totale : 59:55

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Emperor



Chronique @ BEERGRINDER

30 Juin 2008

chef-d’œuvre du Black symphonique, provoquant des émotions auditives qu’aucun mot ne peut décrire

Attention ce disque est la référence absolue en matière de Black Metal symphonique, pour la bonne raison que c’est notamment avec In the Nightside Eclipse (1994) enregistré au désormais légendaire Grieghallen Studio que les bases du style ont été posées. Un élément va en effet tout changer par rapport à leur production précédente, le split avec Enslaved : l’utilisation d’un clavier, chose peu commune à l’époque.

Tout d’abord comment ne pas évoquer le magnifique artwork de Necrolord et ce paysage d’hiver sombre et bleuté aussi épique qu’inquiétant qui reste à tout jamais l’une des pochettes musicales les plus réussies et réputées.

Ceux qui ne juraient que par Hordane’s Land ont du être un peu surpris de la présence intensive de synthé et le côté symphonique que venaient de créer Ihsahn, Samoth, Tchort et Faust. Au passage on notera que le morceau Cosmic Keys To My Creations & Times déjà présent sur le split est repris ici de façon immensément plus travaillée et carrée, prenant réellement un aspect cosmique (vu le titre ça tombe bien), cette impression dure d’ailleurs tout au long de ce chef-d’œuvre qu’est In the Nightside Eclipse.
En effet dès l’intro de Into The Infinity of Thoughts on sent déjà le souffle maléfique et froid des norvégiens nous envahir et ce morceau se lance d’ailleurs dans un fracas de mélodies enchevêtrées qui nous assomme un peu plus à l’arrivée du clavier, un souffle mystique et misanthropique nous balaye durant ces 9 minutes d’une exceptionnelle intensité, les breaks centraux ainsi que la partie de clavier envoûtante qui suit finissent de mettre sur le cul l’auditeur dès le premier titre, jamais un groupe de Black Metal n’avait jusque là osé mélanger une telle agressivité à des parties symphoniques.

D’aucuns considèrent que Emperor a provoqué l’arrivée d’un ribambelle de groupe de Black Metal utilisant le synthé à outrance et déviant singulièrement de l’esprit de base de cette musique mais ce n’est quand même pas la faute de Samoth et les siens si la plupart de leurs clones n’ont jamais pu atteindre leur niveau et sont parfois tombés dans la mélodie à gogo et un adoucissement outrancier.

En tout cas tout au long de cette galette les linéaires tranchants de Samoth sont accompagnés par ce synthé hypnotique et la voix venimeuse de Ihsahn, avec des titres comme Toward The Pantheon on atteint des sommets dans l’art de captiver l’auditeur et faire participer celui-ci au voyage spirituel et initiatique vers la gloire toujours avec ses riffs agressifs alternant ou se superposant au tout puissant clavier.

Cependant le meilleur est encore pour la fin, après avoir pourtant subjugué par l’épique et lancinante partie finale de The Majesty Of The Nightsky, voici les deux hymnes incontestés du CD. I Am The Black Wizzards son premier riff caractéristique ses grands coups de clavier comme des coups de tonnerre, ce superbe mid-tempo central et ce break fabuleux avant le final nous plongeant dans la noirceur et la tristesse absolue.
Et pour finir en apothéose, Emperor crache avec Inno A Satana, sa misanthropie, sa supériorité et sa dévotion envers les forces obscures à la face de l’humanité, les voix claires d’Ihsahn y sont captivantes et le côté occulte des norvégiens est exacerbé par ces incantations au malin : INNO A SATANA !..., jusqu’à une fin hystérique où les cris de possédés côtoient une violence musicale sans précédent.

In the Nightside Eclipse et ses compositions fabuleuses a provoqué un renouveau et un regain d’intérêt immense pour la scène Black Metal, entraînant dans son sillage des groupes comme Dimmu Borgir, Setherial ou Gehenna, la nouvelle génération du Black Metal. Un album à marquer d’une pierre angulaire qui restera éternellement pour beaucoup d’entre nous le chef-d’œuvre ultime du Black Metal symphonique, provoquant des émotions auditives qu’aucun mot ne peut décrire.

BG

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Molick - 15 Mai 2013: Pour ma part, je vais entrer en totale contradiction avec ce qui semble être un avis récurrent chez les métalleux de ma génération, mais j'ai jamais accroché plus que ça aux albums d'Emperor post-ITNE.

Celui là aucun problème, c'est une tuerie, direct l'ambiance froide, cosmique m'a marqué et happé dans cet univers. Mais cette sensation je ne l'ai jamais retrouvé dans les albums suivants (ou même dans Moon In The Scorpio). Non pas que ces albums soient mauvais, loin de là, mais ils ne me procurent pas d'effets aussi intenses.

Autant ce lui là est indétrônable, autant j'apprécie plus l'écoute d'un The Adversary que des albums suivants d'Emperor.

En tout cas merci pour cette chronique !
David_Bordg - 05 Décembre 2014: D' accord avec toi molick cet album est monstrueux mon préfère même si j aime les autres également. Et comme doit j adors aussi ihsahn en solo et tout comme toi mon préfère reste peut être le premier adversary pour sa grande émotion véhiculée!
David_Bordg - 05 Décembre 2014: In the nigthside eclipse prend en plus un coup de jeune avec l édition somptueuse du 20 anniversaire: digipack de luxe et album remasterise!! La c est plus du 19 mais du 20/20!
Ghul - 06 Septembre 2015: Un chef d'oeuvre. Je le réécoute, en ressortant de ma période old-school, et je redécouvre un univers personnel, bien propre à Emperor. Un univers de neige, de forêts, de palais enneigés et de créatures terrifiantes se présente à chaque écoute, à partir de cet intro aux choeurs sombres et aux coups de tonnerre furibonds.

Et effectivement, les émotions fortes sont au rendez-vous, en plus de l'atmosphère. Cosmique, sombre et en même temps guerrière, cette dernière crée un contraste épique sur l'album, poétique comme le Black Sympho le plus pur l'est.

Je pourrai tergiverser encore longtemps et pondre un pavé en réponse à ta chronique. Je préfère donc m'arrêter là en concluant qu'il s'agit là d'une claque que j'ai eu le bonheur de découvrir et de redécouvrir. Et merci pour toutes vos chroniques sur cet album. Elles sont toutes bien écrites et donnent envie de l'écouter.
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Chronique @ LaBalafre

23 Avril 2007
"In the Nightside Eclipse", sorti en 1994, joue depuis treize ans le rôle de Bible du Black Metal. De fait, Emperor y a réalisé sa profession de foi.

À l’époque, le Black Metal naissait : aucune règle ne le définissait, ses frontières demeuraient floues, indéterminées. Il relevait de l’expérience artistique la plus pure. Du souffle vital d’une certaine jeunesse norvégienne.

Ce jeune sang allait canaliser sa force éparpillée, donc encore faible et vagissante, à travers une forme riche et nouvelle. Cette architecture unique lui permettrait de concentrer une puissance inouïe. Ce fut In the Nightside Eclipse.

Étrange album pourtant, dans la scène alors groupusculaire du Black Metal. Mais album doté d’un orgueil terrible, d’une fierté invincible. Jusqu’alors, le Black Metal niait et contredisait. Dorénavant, il affirme.

Emperor nous invite en effet à un nouvel Ordre harmonique.

Avec "In the Nightside Eclipse", le Black Metal se coupe définitivement du Death et du Thrash.

Le son est plus audible que les productions Black précédentes, y compris celles d’Emperor.

Dues pour leur caractère à Samoth, les guitares, d’un jeu complexe sans être compliqué, répètent en écho leurs complexités évolutives, sans pour autant se répondre, - mélodies obsessionnelles, insistantes comme d’une dimension à part, autistes ou schizophrènes, perdues dans leurs visions.

La voix d’Ihsahn, le chanteur, est à la fois rauque et aiguë, grêlée, transperçant dans ses pointes, très variées ; une invocation perpétuelle.

Mais la grande originalité de cet album est l’introduction, due à Ihsahn, de claviers. Elle résulte de l’âme profondément religieuse, mystique de ce dernier. Il apparaît d’ailleurs, à cette époque, dans une bure de moine, entrecoupée certes en son milieu comme un manteau, mais au capuchon en permanence relevé. Ces claviers, surtout présents par des chœurs de voix masculines et féminines, d’autres fois par des cordes classiques, instaurent une union brutale entre Ciel et Terre, rehaussent les accords en un pic, ou bien écrasent de majesté sombre et... opaque. Oui, ces claviers ont quelque chose de voilé. Car, paradoxe magnifique, tout en accentuant la religiosité, ils semblent désirer cacher l’image trop claire du Dieu ténébreux qu’ils adorent. Ô haine du public profane. Pudeur du sacré.

La batterie est écrasante, d’un jeu recherché, lien des divers instrumentistes, harmonies salvatrice. En avez-vous jamais entendu un tel usage ?

Point noir : la basse est inaudible.

Les poésies prosodiques sont à l’image de la musique. Des métaphores toujours célestes. Les textes d’Ihsahn visent un Dieu riche et puissant, communion rare, Christ luciférien (mais que cet homme est religieux !). L’écriture de Mortiis est plus païenne, et aime à plonger aux tréfonds des arcanes secrets les plus antiques. Samoth est le philosophe, exposant et définissant les nouvelles valeurs ou vertus de cet Art nouveau.

Ce qui prouve la sincérité d’Emperor est d’avoir par le Black Metal inventé une « sagesse ». Les paroles, la musique et l’habillement, ne sont encore que les apparences extérieures d’un Art de vivre aristocratique.

Le Black Metal naquit d’une volonté de résurrection, contre un monde de classes moyennes jugé décadent. D’où cette insistance sur la haine, contre les heureux, les bien-pensants. Et cette apologie nietzschéenne de la Force, de la guerre. Or, les années 1990, en Scandinavie plus qu’ailleurs, sont le triomphe absolu de la social-démocratie. C’et pourquoi ces rebelles âgés de dix-huit ou vingt ans eurent une tendance à frôler les idées d’extrême droite. Encore s’agissait-il plus d’anarchistes d’extrême droite. De libertaires au sens le plus noble.

Mais une vision aussi impériale n’a jamais pu se contenter de politique.

D’ailleurs, elle s’est plus exprimée par un antichristianisme virulent ; les couches moyennes étant désignées comme les Chrétiens.

"In the Nightside Eclipse" d’Emperor, malgré son destin « biblique », est un album très spirituel, et l’un des plus secret du Black Metal.

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ArchEvil - 08 Décembre 2007: Sieur LaBalafre, quelle chronique !!

Rien à ajouter. J'ai toujours eu un peu de mal avec ces vocaux, mais le reste est irréprochable. Quel disque tout de même.
LaBalafre - 08 Décembre 2007: Je vous remercie tous deux, Fabien avec retard, de vos commentaires.

Merci à Fabien d'avoir enrichi cette chronique d'une richesse de réflexion et d'une érudition qui ne furent jamais prises en défaut.

Merci à ArchEvil de son compliment. Je reconnais que la voix d'Ihsahn est particulière.

Espérons avoir pu rendre un digne hommage à cette oeuvre unique et initiatrice.

Sincères salutations,

LaBalafre
morgothduverdon - 16 Octobre 2008: Une excellente chronique, d'un album qui reste un de mes préférés de ma discothéque.

Tout simplement parce que quand j'écoute l'album, j'ai l'impression d'être plongé dans la pochette magnifique qui orne la jackette de ce chef d'oeuvre.

Particuliérement sur le titre The burning shadows of silence.

Le récit de mon impression pour les 35 premiéres secondes de ce titre (vue à la premiére personne, comme dans un rêve, comme si j'étais moi même un esprit dénué de corps) :

"Je franchis le seuil du manoir, après avoir parcouru la forêt durant la premiére piste, une explosion à ce moment là (le tout début de la chanson), je rentre dans le manoir, je vois mille chose, je m'avance, et à 33 secondes*,je me retourne, je vois la forêt dehors, et je regarde le ciel, je vois ces esprit, la faucheuse en tête. Je retourne dans le manoir"

Et chaque titre est une aventure dans la pochette...
La fin de Inno A Satana... L'intro d'Into the infinity of thoughts...

*Quand la batterie s'arrête, pour cet interlude qui... Les mots me manquent... Le meilleur passage du disque pour moi peut être, le passage qui me motiva à l'acheter, alors que j'écoutais les extraits de 30 secondes à la fnac. (Mais je ne l'ai pa acheté à la fnac ha ha! 20 euros, peuvent aller se faire enculer! J'écoutais les extraits à la fnac, et j'achetais à Hit import, le disquaire metal de Nice).
Rien de sorcier cet interlude pourtant : un accords qui baisse d'un demi ton, avant de revenir un demi ton au dessus (au départ quoi), auquel vient ensuite s'ajouter le clavier qui joue la même chose, avec la batterie furieuse qui blaste...

Cet album est incroyable.
LaBalafre - 18 Octobre 2008: Merci de tes compliment, Yann. Beau commentaire. Ca fait plaisir d'amener les lecteurs à participer en quelque sorte à la chronique, comme tu le fais ici.

Toutefois, tu oublies de préciser finalement quel est le passage qui t'a déterminé à acheter cet album... Emporté par ton lyrisme onirique... lol ++
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Chronique @ blackpsychoz

21 Avril 2007
In the Nightside Eclipse est le premier album de Emperor, sorti en 1994. Il est considéré comme un des plus grands albums de black de tous les temps, et fait encore l'unanimité. Cet album à fait découvrir Emperor au monde entier, et le monde entier a alors découvert le black metal symphonique, ainsi que le génie des membres de Emperor qui à l'époque n'avait même pas 20 piges!

Déjà, personnellement je trouve l'artwork absolument magnifique! Je pourrais regarder la jaquette pendant des heures sans me lasser! Créée essentiellement dans les tons bleu nuit, elle décrit un paysage étrange et féérique à la fois, fait de relief impressionnant et de forêt dense et obscure, plonger dans une nuit angoissante et apocalyptique. Les nuages imposant semble parfois décrire des visages ou des créatures.
Est-ce volontaire? Ou est-ce simplement le fruit de mon imagination?!

Malgré que l'artwork me scotche, il faut s'intéresser aussi au contenu musicale. Et ici, In the Nightside Eclipse peut se vanter d'être un des meilleurs albums black de tous les temps! C'est grandiose! Et je confirme car je l'écoute en même temps que j'écris l'article! La voix d'Ihsahn impressionne, semble venir de l'au-delà, d'on sait même pas où, mais surement pas de ce monde! Elle choque, vous saute au cou et vous coupe le souffle! Elle est indescriptible tellement elle parait horrible et effrayante! Mais on s'aperçoit qu'elle a bien évolué avec le temps.
Emperor mène le rythme à une telle rapidité que l'on distingue à peine les guitares jouant de leurs technicité en toile de fond. Le synthé nous plonge encore plus dans le monde que cherche à créer Emperor, donnant une ampleur à leur musique assez... flippante! On se sent comme aspiré dans un trou noir.
En gros, In the Nightside Eclipse fait voyager, vous dessine des paysages norvégien parsemés de forêts sombres et interminables, de ruines de châteaux juchés sur des montagnes gigantesques, et de lieux occultes plongés dans une nuit noire d'hiver gelés par l'enfer scandinave.
In the Nightside Eclipse est un hymne à la nuit et montre le génie de gosses qui ont su s'imposer dans le monde fermé du black métal. Je pense que cet album se doit d'être respecté comme un chef d'oeuvre, il est absolument indispensable même si l'on apprécie par forcément Emperor!

A écouter: I Am The Black Wizards, Towards The Panthéon, The Majesty Of The Nightsky, Inno A Satana...

Note : */*/*/*/*/*

Deux bonus tracks sont présent sur l'album depuis la réédition en 1998. A Fine Day To Die est une reprise de Bathory (magnifique), et Gypsy une reprise de Mercyful Fate, Ihsahn étant un fan incontesté de King Diamond (leader de Mercyful Fate), qui est un exemple pour lui.

Extrait de mon blog death-and-black.skyblog.com

Blackpsychoz

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Fraelor - 05 Novembre 2011: Un chef-d'oeuvre, LE Emperor à posséder dans sa collection!
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Chronique @ MyLordAngus

13 Juillet 2008
L'Emperor est là, dévalant les flancs de la montagne, et personne ne peut l'arrêter. Ses troupes sont à l'écoute de ses appels, ses adversaires partent se cacher... En 1994, période de gloire du black, pourtant tout le monde attend un seigneur du metal de la nuit, qui sera leur représentant.

Voilà en quelque sorte ce que m'évoque la mythique pochette, d'une teinte bleue resplendissante, une de mes favorites. A peine le cd mis que les appels de ses disciples se font entendre lors d'une courte intro, montant en puissance. "Into The Infinity Of Thoughs" arrive, et face à elle on plie irrémédiablement, on pose le genou à terre, et on se tait... Les guitares cisaillent comme jamais, affûtées nous entraînent dans des riffs prenants (l'intro de "Cosmic Keys To My Creations And Times"), la batterie blaste à n'en plus finir, et cette cymbale qui résonne tout du long... On tient alors un disque de black des plus réussis... oui mais... mais... ici, l'Emperor se l'ai dit, il ne veut pas suivre, il veut innover. Et il rajoute des nappes de claviers donnant un aspect symphonique à sa musique. Et à moi de m'imaginer le groupe maintenant dans une église, en train de répandre sa rage et de la faire résonner dans les plus hauts chœurs de sa cathédrale.

Déjà fini, moi qui ne connaissait du black que Satyricon et Cradle, j'en suis pour mes frais, et je repars me l'écouter. Et je me découvre ses moments magiques de l'album. Le break de "The Majesty Of The Nights", symphonique et planant est de toute beauté, où souffle le vent du nord. Bien sur, "I Am The Black Wizards" est la compo terrifiante, avec son pont si célèbre, qui vient nous anéantir. Formidable lien entre son intro glaçante et son outro contemplative. On finit par "Inno A Satana", un hymne à nous donner le vertige, une mélodie magnifique, avec un final grandiose, qui clôture l'album, mais qui résonne en nous bien plus longtemps après... Et j’imagine l’Emperor sortir de sa cathédrale et aller crier du haut de sa montagne pour que dans toute la vallée résonne « Inno… A… Satanaaaa… ».

"In the Nightside Eclipse" joue la carte de la froideur. Une prod bien hermétique, à en refroidir plus d'un. Mais mine de rien, elle est tout à fait audible, sans faire dans la surenchère. Tout l’art de la demi-mesure. Respect des racines black, mais évolution nécessaire pour intégrer le clavier. Le paysage de la pochette peut alors prendre forme et se mouvoir clairement dans nos têtes. On distingue bien les guitares et la batterie, mais la basse est malheureusement inaudible. Ihsahn a un chant à nous donner la chair de poule, pas toujours maîtriser, mais l'effet est réussi.

Mélange stupéfiant d’agressivité d'une part. Il n'y a qu'à retourner la boite de l'album pour découvrir l'imagerie sombre du groupe, avec les 4 photos des membres Ihsahn, Samoth, Tchort et Faust. "Beyond The Great Was Forest" est détonnant, possède un riff vraiment saignant et un passage bien lourd. D'autre part, on allie la mélodie sur le disque. Ainsi, les guitares jouent des riffs souvent complexes et variés, le clavier, qui accompagne le tout donne un caractère grandiloquent à la musique et distille parfois des ambiances calmes (intro de "Towards The Pantheon"). Un petit mot sur les paroles. Pas de couplets classiques, Ihsahn récite un texte en prose, avec des thèmes sur des paysages noirs, des héros sombres, avec une dimension cosmique.

Ainsi, Emperor créé un chef d’œuvre du black metal, et lance par la même occasion le black symphonique. 18/20 pour une musique grandiose, qui évoque les mystères des pays scandinaves. Il mérite sa place sur le trône, en seigneur de la nuit, séduisant violence et mélodie. Je ne serai pas étonné un jour de voir les étoiles former une constellation nouvelle représentant le nom du groupe, Emperor règne maintenant sur le metal de la nuit froide…

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Chronique @ BadaOfBodom

14 Janvier 2011

La naissance du Black Symphonique ou le conflit entre lumière divine et ténèbres lucifériennes...

À chaque décennie son traumatisme musical ?

Au début des années 1970, le monde de la musique retenait son souffle après l’apparition officielle du Heavy Metal sur le devant de la scène avec Black Sabbath. Les riffs des Britanniques, lourds et incroyablement torturés pour l’époque, avaient définitivement marqué les esprits, et notamment, à terme, les esprits en deuil après la mort du grand Jimi Hendrix. Mais l’aventure ne faisait en réalité que commencer…

Dans les années 1980, pendant que le Heavy Metal - au sens propre du terme - connaissait ses heures de gloire et brillait de mille feux au travers de la New Wave Of British Heavy Metal (NWOBHM), les forces du mal proliféraient, tapies dans l’ombre. C’est ainsi que, parallèlement à la NWOBHM, l’on vit rapidement émerger du Thrash l’allégorie de la noirceur : le Black Metal, en référence à l’album fondateur de Venom.

Dix ans plus tard, alors que le Metal semblait avoir exploité tout son potentiel délétère, le Black Metal fit peau neuve et revint à l’attaque avec toujours plus de hargne, de haine, de froideur, en musique comme dans la sphère réelle ; c’est la seconde vague dont on parle tant. Dans cette spirale destructrice de la violence idéologique entretenue par l’Inner Black Circle, au milieu de tous ces meurtres et de tous ces incendies criminels d’églises perpétrés par ces musiciens/militants intégristes, défenseurs de l’authenticité du Black Metal, se profilait pourtant une évolution créatrice majeure. Les membres d’Emperor, bien que partiellement impliqués dans la recrudescence de ces actes criminels en Norvège lors de la décennie 1990, ont été les principaux artisans de ce changement…

Après une série de morceaux sans concession et crus au possible qui parurent notamment dans la fameuse démo « Wrath of the Tyrant », Emperor décida de modérer la suprématie des guitares en faisant du clavier un instrument essentiel de son Black Metal si froid et malsain, au risque d’ailleurs d’entacher l’authenticité originelle du style que les membres avaient eux-mêmes défendue aux côtés de leurs acolytes de Mayhem, Darkthrone ou Immortal. De cette idée de génie aux allures de pari risqué naquit évidemment « In the Nightside Eclipse », et par extension le Black Metal Symphonique, véritable représentant de la noirceur salvatrice, du mal sublimé.

Enregistré en 1993 au Grieghallen Studio et sorti l’année suivante via le label Candlelight Records, « In the Nightside Eclipse » est la genèse d’un nouveau courant musical, c’est une impulsion puissante à l’origine d’un nouveau départ dont les instigateurs ne sont autres qu’Ihsahn (chant, guitare et clavier), Samoth (guitare), Tchort (basse) et Faust (batterie). « In the Nightside Eclipse », en véritable théâtre de forces antinomiques, est une œuvre dans l’indétermination permanente. Ici, tout est panthéisme et nihilisme, tout s’oppose et tout s’assemble. Le beau et le laid se confondent, ou du moins nous révèlent qu’ils sont bien les deux faces d’une même pièce. En somme, « In the Nightside Eclipse » est à l’image de Lucifer : il est le porteur de lumière, bénédiction divine, mais il est aussi le plus grand des pécheurs, le symbole de la malédiction. Notez bien la pertinence de cette métaphore qui, sans être fondamentalement révélatrice en elle-même, a le mérite de nous faire réfléchir sur le pseudonyme de la formation norvégienne : Emperor. Lucifer n’est-il pas, dans la tradition judéo-chrétienne, l’empereur du mal sublimé ?

Toujours est-il que, musicalement parlant, les « hostilités accueillantes » commencent par un égarement spirituel dans le dédale des structures compositionnelles du premier morceau : « Into The Infinity Of Thoughts ». Le souffle glacial et presque rituel qui s’abat sur nous dès le début, suivi par ce grondement diabolique des guitares, ces sonorités fantomatiques du clavier, et ces hurlements possédés nous entraînent quelque part loin de la civilisation, dans un lieu où néantisation rime avec existence, un lieu où la vie n’est que projection spectrale.

Grâce au talent certain du concepteur de la pochette, Kristian Wåhlin dit Necrolord, nous parvenons à visualiser avec plus ou moins de précision cet endroit maléfique, mais si attirant… C’est visiblement un lieu sombre et isolé du reste du monde, un lieu sauvage entre montagnes, forêts, et rivières, un lieu qui abrite une forteresse aux courbes hostiles, sans doute le refuge des démons du crépuscule. Les paroles de « Beyond The Great Vast Forest » semblent décrire ce paysage. En voici quelques extraits : « Beyond the great vast forest, surrounded by majestic mountains, dark rivers float like tears of sorrow. », « See the castle so proud, but yet so grey and cold. », « The frost submerge. The Moon is on the rise. » Sans doute est-ce là un endroit bucolique dès l’aube. Mais une fois que la Terre a tourné le dos au soleil, l’étreinte nocturne devient réalité, et les forces du mal prennent possession des lieux. D’ailleurs, c’est ce que l’on constate si l’on observe particulièrement le côté gauche de la pochette. Dans le coin inférieur gauche, on peut effectivement apercevoir des monstres humanoïdes en position offensive ; et dans le coin supérieur opposé, on peut apercevoir la Grande Faucheuse en personne sur son destrier, suivie dans son élan par des anges déchus (notez qu’il s’agit là d’une illustration bien connue qui apparaissait déjà en gros plan sur le split de 1993 avec Enslaved, et qui est en réalité une illustration biblique réalisée par Gustave Doré pour le dernier livre du Nouveau Testament, le livre de l’Apocalypse ou « Révélation »). « In the Nightside Eclipse » est donc avant tout un hymne aux ténèbres. Les paroles de toutes les chansons le montrent justement assez nettement avec la référence récurrente à l’astre lunaire et aux loups, mais c’est surtout « Inno A Satana », véritable éloge aux allures de serment interdit, de pacte avec le diable, qui officialise cet hymne. La preuve en quelques vers, rédigés par Ihsahn en anglais ancien : « Thou art the Emperor of Darkness. / […] / Forever wilt I bleed for Thee. / Forever wilt I praise Thy dreaded name. / Forever wilt I serve Thee. / Thou shalt forever prevail. » Attention, cependant, cet album n’en est pas moins un hymne aux éléments, et notamment à la nature austère des paysages norvégiens, comme le prouvent, par exemple, les quelques coups de tonnerre insérés ici et là dans la musique ainsi que les premières paroles d’« Into The Infinity Of Thoughts », et donc, de facto, les premières paroles du disque : « As the Darkness creeps over the Northern mountains of Norway and the silence reach the woods, I awake and rise... ». Petite anecdote, enfin, pour en finir avec le concept : remarquez l’effet de style dans l’écriture du titre de l’album… Le terme « Nightside » est étrangement souligné par ce qui semble être la queue du diable… Une preuve supplémentaire que ce disque est avant tout l’œuvre d’esprits lucifériens...

Toujours est-il que ce décor si particulier posé d’emblée par « Into The Infinity Of Thoughts » reste bien en place jusqu’aux dernières notes de l’album. Dans chaque morceau, ce mélange terriblement subtil entre agressivité et atmosphères répond à l’appel, et fait à chaque fois des miracles. Bien qu’étant la même sur toute ligne, la formule magique utilisée par ces sorciers/musiciens évolue au gré du temps, ce qui permet de nous tenir en haleine. Il ne faut donc pas s’attendre à un monolithe, tout ce qu’il y a de plus compact. Non, « In the Nightside Eclipse » est une œuvre qui conserve une grande cohérence d’ensemble, mais qui révèle progressivement toutes ses richesses au fil des morceaux. C’est une expérience unique qui confère à l’auditeur une pléthore de sentiments contradictoires… Glacé par l’intro malfaisante d’« Into The Infinity Of Thoughts », laminé par le départ en trombe de « The Burning Shadows Of Silence » et de « Cosmic Keys To My Creations & Times », galvanisé par les riffs furieux de « Beyond The Great Vast Forest » (cf. 01:17 et 04:16), envoûté par le clavier salvateur de « Towards The Pantheon », dérouté par l’ampleur symphonique de « The Majesty Of The Night Sky » (cf. 02:23), ensorcelé par la richesse du mythique « I Am The Black Wizards », transporté par le côté incroyablement incantatoire d’« Inno A Satana » ; tel fut très grossièrement mon parcours émotionnel à l’écoute de ce disque.

Accordons néanmoins une mention spéciale à « I Am The Black Wizards » qui symbolise admirablement la qualité de cet album et l’importance historique qu’il revêt. Dès les premières notes, ce morceau nous emmène déjà très loin aux confins du réel, et nous rappelle à quel point ce disque est fondateur. Tout y est : fougue implacable au début, riffs cérémoniels et profondément symphoniques au milieu, et ce final épique…

Pas de répit, donc, vous l’aurez compris. Une fois pris dans le blizzard suffoquant de cette contrée lointaine et mystérieuse, vous ne pouvez plus vous échapper, et vous devenez alors le témoin spirituel d’un monde en quête perpétuelle d’un ordre cosmique, loin de tout manichéisme. Comme je l’ai dit précédemment, « In the Nightside Eclipse » est la fusion des contraires. Mais un célèbre dicton ne dit-il pas que les opposés s’attirent ?

« In the Nightside Eclipse » est assurément l’un des albums les plus marquants de la mouvance Black Metal en cette première moitié des années 1990. À travers lui, Emperor nous donne un très bon aperçu de son talent et de son inclination pour l’expérimentation. Culte, tout simplement.

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Fenrisulfr - 15 Janvier 2011: Ok, justement je cherchais une traduction plus précise du mot, mais pas grave.
En fait j'adore l'ambiance de moon in the scorpio, ce que je reproche le plus c'est pas trop l'omniprésence du synthé au final, c'est surtout qu'il y a beaucoup de longueur.
Furia - 16 Janvier 2011: Bin "Nightside", ça veut dire la "Face de la nuit" ("face" dans le sens "face cachée de la lune").

C'est effectivement difficile à traduire.
Ma2x - 15 Fevrier 2011: Commentaire idiot et pédant :

D'après ma copine en Parcours LLCE Anglais option Traduction, ça voudrait dire " Dans la face sombre de l'éclipse "
BadaOfBodom - 15 Fevrier 2011: Ouais, ça me semble pas mal comme formulation.
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Chronique @ Schuldinounet

04 Avril 2012

Ce disque va très vite devenir un des chef d'oeuvres du Black Metal norvégien

1994. Le peuple norvégien est sous le choc, et vit dans la peur du fait des agissements de pas plus d'une douzaine de jeunes adulescents (j'aime ce terme).

Ces quelques jeunes gens sont connus comme étant les membres de l'" Inner Circle of Black Metal " (comprenez le cercle intérieur du Black Metal pour ceux qui sont fâchés avec la langue de Shakespeare), des membres de groupes de Black Metal locaux, se rendant fameux du fait de leurs méfaits, principalement des incendies d'anciennes églises médiévales en Norvège. Le plus grave restait à venir avec plusieurs meurtres, mais cela est une autre affaire.

Le dit Cercle fut créé par le désormais célèbre Euronymous alias Oystein Aarseth, guitariste du légendaire combo Mayhem et tête pensante fondatrice du mouvement Black Metal de ce pays, courant prônant la plupart du temps des idéaux profondément satanistes, anti-religieux et particulièrement anti-chrétiens, ainsi que souvent misanthropes.

La mouvance Black Metal norvégienne est alors sous l'influence de quelques formations pionnières comme Bathory, Venom et Celtic Frost, et possède déjà ses propres groupes cultes dans l'underground, Mayhem, Darkthrone et Burzum pour ne citer qu'eux.

Après la release de quelques démos et EPs prometteurs, la jeune formation va gratifier le paysage Black Metal d'un premier album plein de maestria, In the Nightside Eclipse. Ce disque va très vite devenir un des chef d'oeuvres de cette vague norvégienne de Black Metal, ainsi que l'influence principale dans la création du Black Metal Symphonique.

Ce disque possède toutes les caractéristiques du Black Metal norvégien que l'on connait alors : riffs de guitare joués en tremolo picking et favorisant les structures et arrangements les plus atypiques et effrayants, jeu de batterie presque uniquement basé sur des blast beats furieux, vocaux hurlés inhumainement violents, paroles et univers infernaux et méphitiques, et production à la qualité volontairement toute relative (même si on est loin ici d'un Nattens Madrigal d'Ulver ou d'un Transilvanian Hunger de Darkthrone).

Cependant, cet album va proposer quelque chose de jamais vu auparavant dans le Black Metal d'alors, et ce quelque chose réside dans un élément-clé bien précis : l'utilisation parfaite des claviers et synthés. Oui, ils étaient déjà présents sur des compositions plus anciennes du groupe, mais ils occupaient une place relativement moins importante, et le son du combo était bien plus " raw " et brutal qu'ici, pas encore façonné dans ce qui allait devenir le style Emperor.

S'appuyant sur ce que j'ai dit précédemment, l'intérêt principal du disque, et ce qui va sans aucun doute le rendre si culte, c'est l'usage des claviers. Ils ajoutent un sentiment mystérieusement atmosphérique et une beauté majestueuse dans cet univers de violence et de peur qu'est le Black Metal, tel sur l'intro vraiment terrifiante de " Towards the Pantheon ", les parties les plus lentes et mélodiques de " Cosmic Keys to my Creations and Times " ou encore le break de " The Majesty of the Nightsky ", qui est d'ailleurs une des choses les plus magnifiques qu'il m'ait été données d'écouter dans ma vie. Les prémices du Black Metal Symphonique sont contenus dans ce seul disque.

La musicalité n'est en aucun cas à remettre en cause, chaque membre du groupe fait preuve d'une certaine excellence dans l'exécution de son rôle au sein du groupe, chose qu'on se doit de saluer au vu du jeune âge des musiciens, âgés d'environ une vingtaine d'années, parfois moins !

Le batteur Faust délivre des blast beast solides tout au long de l'album, bien sûr on a pas affaire à Mayhem (Satyricon, 1349), mais notre ami batteur sait indéniablement marteler avec efficacité ses fûts, il fait son boulot, et c'est un bel euphémisme ! Ses rythmes effrénés ne trouvent de repos que lors de rares mid-tempos, comme à la fin de " I am the Black Wizards " ou pendant le break de " The Majesty of the Nightsky ".

En ce qui concerne le jeu des guitares, Ihsahn et Samoth nous offrent des riffs en tremolo picking vraiment extrêmes et faisant corps à merveille avec les compositions. Le riff principal de " I am the Black Wizards " est devenu légendaire, faisant de la chanson en question un des hymnes nationaux du Black Metal norvégien. Le son des guitares est doté d'une très lourde distorsion, mais il ne rend cependant pas les riffs indéchiffrables pour peu que l'on écoute avec attention la musique. Il n'y a pas une trace de guitare acoustique dans cet album, et les guitares clean y font une seule incursion, pendant l'introduction de " Towards the Pantheon ", coulant lentement des arpèges et intervalles très dissonants derrière le clavier, pour un effet des plus effrayants.

Le vocaliste Ihsahn est indubitablement unique. Ses hurlements sont parmi les plus aigus que j'aie jamais entendus, portant une force et une haine sans la moindre pitié pour l'auditeur, prenez pour exemple le cri qu'il pousse juste après que le groupe soit entré dans " Towards the Pantheon ", consécutivement à l'introduction. Suraigu, long, puissant et évocateur, à l'image du reste de l'album. Au cours de ses vociférations, il récite d'indiscernables vers et proses en hommage à la nuit, les anciennes légendes scandinaves et les paysages froids et hivernaux de la Norvège. Pas de blasphème stupide et provocateur, même si une chanson parle en effet de Satan, c'est réalisé d'une façon intéressante et quelque part belle, pas de façon involontairement comique comme dans la plupart des groupes. Un énorme plus pour cet album et par extension pour le groupe réside dans ses textes.

Un très petit, vraiment minuscule bémol, dans le fait que la basse est inaudible. Cependant, comme dans l'écrasante majorité des compositions de Black Metal, la basse, ici jouée par Tchort, doit certainement suivre les lignes graves de la guitare. De plus cela n'entame en aucun cas la qualité de la musique, écrite dans son entièreté par Ihsahn et Samoth.

Il n'y a pas une seule chose à jeter dans cet album. De l'introduction étrange composée de bruits sans nom jusqu'au final murmurant trois mots mystérieux " Inno a Satana ", l'écoute est hypnotique, et transporte l'auditeur d'une façon renversante, et ce où Emperor le veut, tantôt dans de sombres introspections, tantôt au cœur du blizzard de l'hiver du Nord, dans les paysages inquiétants dépeints sur la pochette de l'album.

Avant et après cet album, on n'est plus la même personne. La glaciale beauté d'In the Nightside Eclipse a laissé son empreinte en moi, à jamais, et il n'appartient qu'à vous de la laisser vous étreindre et vous fasciner si ce n'est déjà fait.

Nico.

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Autocannibalisme - 05 Avril 2012: C'est pas faux. C'est peu etre le seul album (a mes yeux) de metal où l'usage du clavier est bien utiliser malgré sa grande presence dans les musiques de In the Nightside Eclipse. Parce qu'en regle général je trouve qu'il y a toujours un sur-abus des claviers qui décrédibilise très vite les musiques et les rends moins impressionnante et envoutante (surtout avec les groupes des années 2000 et encore aujourd'hui).
Autocannibalisme - 06 Avril 2012: Schuldinounet ---> Je me suis peu etre un peu mal expliquer; Je voulais dire que c'est quasiment le seul album de metal avec beaucoup d'utilisation de la part du clavier que j'apprecie réellement. In the Nightside Eclipse est juste magnique et intemporel. Mais disont que j'ai un peu de mal avec les groupes avec des claviers, je trouve qu'en régle générale ils étalent trop le clavier se qui rend souvent les musiques involontairement "cul-cul" (mais cela reste mon avis). Une très belle mélodie au clavier dans une musique est toujours la bienvenu, mais la plupart des groupes moderne essayent de tellement la rentre trop présente et beaucoup trop mélodieuse et belle qu'au final l'effet ne marche plus du tout. Emperor à une sincérité tellement fort que cela ce ressent, alors que beaucoup d'autre sont plus avide de reconnaisance et de succès (je ne citerai aucun groupe) et faut pas croire, tout ça ca se sent quand on écoute bien les musiques.
fl0))) - 17 Avril 2012: Par pitié, arrêtez de chroniquer des classiques! Y a combien de chroniques pour ce disque? 5? On sait qu'il tue cet album, pas besoin que tout le monde le répète. Je peux comprendre que ce soit un truc personnel etc, mais moi j'appelle ça du spoile...ou de la surenchère. Désolé de gueuler ici, mais sur le coup ça m'a gonflé, surtout que la chronique précédente a même pas un an.

Farewell!
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Commentaire @ Nattskog

03 Mai 2004
Quelle tâche difficile que celle que je viens de me donner : chroniquer cet album d’un des fondateurs du Black Metal est très risqué… surtout que de cet album découle tout ce qui s’apparente de nos jours à du Black Metal Symphonique.
Revenons un instant dans le passé, pas si loin mais qui nous semble tellement distant tant par les évolutions que le style aura subi que par les changements d’état d’esprit de ces membres de groupes qui jadis formaient l’« Inner Circle » (qui s’avère en réalité n’être qu’un groupe d’ados sans grandes occupations qui n’avaient rien de mieux à faire que de graviter autour du célèbre magasin d’Euronymous, Helvete). A cette époque où le Black Metal était tout juste né et encore peu répandu, et voulait produire une musique inspirant le malaise à ceux qui l’entendraient (Abruptum, Mayhem, Burzum, …). Le but avoué était de faire la musique qui chassera la chrétienté de la Norvège (sans hésiter à passer à l’action quelque fois, comme l’auront prouvé les quelques 40 incendies ou tentatives d’incendies d’églises dans le pays).
C’est là qu’Emperor invente le Black Metal Symphonique : après une courte carrière dans le True Black du début des années 1990, ils nous sortent ce chef d’œuvre, « In the Nightside Eclipse », dont l’onde de choc n’a toujours pas fini de se faire ressentir (je pense particulièrement au dernier Nehëmah en date). En effet, contrairement à ce qu’on pouvait attendre, le quatuor mené par Ishahn et Samoth nous sortent un album où les claviers atmosphériques ont une part aussi importante que les guitares dans la composition des titres ! Du jamais vu !
Les titres composant l’album sont pour la plupart issus de précédentes galettes comme « Wrath of the Thyrant » ou leurs démos, mais réarrangés à la nouvelle sauce Emperor et les thèmes abordés sont aussi beaucoup plus cosmiques que chez leurs compères et la musique – en particulier les claviers – le met très bien en valeur…
Si de nos jours, la chrétienté est toujours religion dominante en Norvège, et ceci dit, on s’en tape, Emperor aura tout de même réussi un coup de maître avec cet album : créer un style musical.
A posséder OBLIGATOIREMENT !

Nattskog

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Commentaire @ Gothmog

22 Décembre 2004
Attention ! Sortez votre cultomètre, l'aiguille va péter ! Il était grand temps que je me procure cet album cultissime. Les mauvaises langues diront que les synthés sont neuneus et ont mal vieilli, mais il faut se replacer dans le contexte, alors qu'une telle entreprise n'avait jamais été tentée dans le domaine du black metal. Et voilà, l'album n'a pas pris une ride, il a conservé toute sa force. Et pour un deuxième album, il reste techniquement très élaboré. Bon, ça n'a pas la complexité d'un « Prometheus », mais il faut reconnaître que la bande à Ihsahn s'était tout de même sacrément foulée. Et ça commence très fort avec « Into The Infinity Of Thoughts », véritable hymne du black metal. Mais tous les morceaux de cet album sont des hymnes du black metal ! Là où certains groupes font un beau morceau et un album médiocre, en espérant que le beau morceau fasse oublier le reste, Emperor agit de même, mais à plus grande échelle : un album excellent, où chaque compo est travaillée comme si elle était le morceau principal de l'album et, à la fin, surprise ! Un morceau absolument magnifique, majestueux (« Inno A Satana » pour ceux qui n'auraient pas compris), également un Hymne Immortel du black metal. Les claviers se situent entre le sympho et l'atmos, c'est à dire que leur qualité n'étant pas énormément bonne, Emperor ne pouvait pas se permettre de mettre du sympho au premier plan, ce qui serait devenu neuneu ; les claviers sont donc là pour mettre en valeur des riffs installant déjà une certaine atmosphère, très réussie. Le tout bien empaqueté et emballé avec une des plus belles pochettes qu'il nous ait été donné de voir dans le domaine du black metal. L'ensemble de l'album nous fait donc voyager à cent à l'heure dans ce paysage ultra-chargé de batailles, de forêts, de châteaux, etc., en gros, ce qui deviendra les poncifs du black à tendance épique par la suite. Ce n'est pas le meilleur album d'Emperor tout en l'étant, car chaque album d'Emperor est le meilleur. Je ne citerais pas entièrement tous les groupes qu'il a influencé, mais en gros, ce sont tous les groupes de black sympho (et vous voyez, ça fait un sacré paquet). En plus, si vous possédez la réédition, vous avez droit à deux bonus : une reprise de « A Fine Day To Die » de Bathory, puissante et une reprise de « Gypsy » de Merciful Fate, complètement barrée.
Morceau recommandé : « Inno A Satana ».

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