Iconoclast

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Nom du groupe Symphony X
Nom de l'album Iconoclast
Type Album
Date de parution 17 Juin 2011
Labels Nuclear Blast
Produit par
Style MusicalPower Progressif
Membres possèdant cet album208

Tracklist

1. Iconoclast 10:53
2. The End of Innocence 05:29
3. Dehumanized 06:49
4. Bastards of the Machine 04:58
5. Heretic 06:26
6. Children of a Faceless God 06:22
7. Electric Messiah 06:15
8. Prometheus (I Am Alive) 06:48
9. When All Is Lost 09:10
Total playing time 1:03:10
DELUXE EDITION TRACKLIST
DISC 1
1. Iconoclast 10:53
2. The End of Innocence 05:29
3. Dehumanized 06:49
4. Bastards of the Machine 04:58
5. Heretic 06:26
6. Children of a Faceless God 06:22
7. When All Is Lost 09:10
DISC 2
1. Electric Messiah 06:15
2. Prometheus (I Am Alive) 06:48
3. Light Up the Night 05:05
4. The Lord of Chaos 06:11
5. Reign in Madness 08:37
Total playing time 1:23:03

Chronique @ Eternalis

21 Juin 2011

[...] n’arrivent pas à convaincre complètement…sans doute cette sensation, d’entendre un "Paradise Lost" pt II

[…]"Iconoclast", sans décevoir, souffre finalement du syndrome de « l’album de plus », incapable de complètement réinventer le genre ou le groupe […], se cantonnant un peu trop timidement à suivre la ligne directrice, quant à elle novatrice, du disque précédent. Probablement trop professionnel, ce huitième album ne pourra que rester humblement en retrait face aux chefs d’œuvre passés et, espérons-le, futurs.

[…]Revenons aux fondamentaux…Symphony X s’est forgé, depuis "The Divine Wings of Tragedy", une place de leader presque incontestée et incontestable du metal progressif aux côtés de Dream Theater, les deux combos jouant une musique pourtant très éloignée. Toujours bâti autour d'une rythmique en béton armé, de refrains accrocheurs ; même pour les longues épopées musicales, et d’une technique ébouriffante mais reniant toute forme de démonstration, les New-yorkais sont à chaque opus attendus comme le messie.
"The Odyssey" avait été en 2002 un accomplissement autant musical, artistique que pécunier. Le groupe est parvenu à créer cette mixture unique et indéfinissable faite d’une puissance incroyable, d’une rudesse rare, d’envolées sublimes (Russel Allen y étant pour beaucoup dans son chant exceptionnel) et surtout du titre éponyme de vingt-deux minutes à couper le souffle, véritable kaléidoscope sonore à la richesse inouïe. Devant cet aboutissement créatif, le groupe avait eu l’intelligence de changer complètement d’approche pour livrer un nouvel album culte en puissance grâce à la direction littéralement plus agressive et directe de "Paradise Lost", volontairement plus violent, très technique et sans fioritures. Les structures retrouvaient une forme plus conventionnelle tout en profitant de multiples subtilités, parfois agissant comme de simples éclairs de quelques secondes, mais ajoutant en intérêt à chaque écoute supplémentaire.
Qu’allait donc nous réserver ce nouveau cru ?

[…]Faisant suite à cette ouverture hautement épique et progressive, Symphony X repart en terrain très connu avec les brutaux (toutes proportions gardées) "End of Innocence" et "Dehumanized", qui ne délaissent pourtant à aucun moment la mélodie. Le refrain de End of Innocence est de ceux qui, en quelques écoutes, sont ancrés et que l’on se surprend à chantonner quelques heures plus tard. Un riff épais, typique du toujours aussi écœurant Michael Romeo agrémente des lignes de claviers plus présentes que sur "Paradise Lost" où Pinella s’était trouvé bien timide. "Dehumanized" se veut plus lourd et mécanique, syncopé presque, où Russel retrouve des vocaux plus âpres, à l’instar d’un Domination. Très en forme vocalement, le vocaliste est bluffant lorsqu’il s’envole sur le pré-refrain pour repartir sur un aspect beaucoup plus sombre et menaçant sur le refrain, là aussi très vite assimilable et digne d’un hit live en puissance. On pourra peut-être regretter une certaine simplicité (relativité une nouvelle fois…) dans le contenu…

[…]D’un point de vue sonore, la production ne souffre d’aucun défaut et s’affiche dans la même veine que "Paradise Lost", très puissante et grasse, tout en gagnant encore un petit peu en profondeur et en densité. Romeo s’est véritablement surpassé tout en ajoutant une touche parfois presque industrielle sur des moments épars, mécaniques et robotiques (liés au concept comme l’homme nous l’aura indiqué en interview) ou très mélancolique lorsque le piano refait surface.

[…]"Heretic" semble atteindre un nouveau palier dans cette recherche toujours plus agressive de leur art. Les riffs se font plus vicieux et rudes que jamais, tandis que Russel s’approche parfois du death, sans pour autant pleinement plonger dans le bain et revenir à une vitesse ahurissante sur ses bases mélodiques et lyriques. "Prometheus (I’m Alive)" gouttera aux mêmes extravagances, mais sur une base mid-tempo, très lourde sur les couplets et mélancolique lorsque le refrain surgit de nuages plus noirs que jamais. Néanmoins, une certaine impression de déjà-entendu persiste en cette fin d’album…Symphony X garde une recette préétablie et peine à surprendre, ne réussissant pas à apporter une nouvelle fraicheur à sa musique comme il l’avait presque toujours fait de disque en disque, toujours de plus séparé par une longue période (ici quatre années). La jouissance auditive survenue à la découverte de Paradise Lost n’est plus, faute de surprise face à cette agressivité nouvelle.

[…]Une introduction grandiloquente, bien que rapide, accueille les auditeurs sur le titre éponyme, long de plus dix minutes, un peu à la manière de "The Odyssey", avant que ne s’abatte un riff à la complexité absolue et jouissive, accompagné par une partie de batterie des plus alambiquées et expérimentales. Des chœurs latins résonnent en même temps qu’une ligne grandiose de claviers, pour repartir de nouveau sur le riff thrash technique servant de tremplin pour l’entrée en matière du ‘sieur Russel. Sa voix impériale résonne comme dans une cathédrale, avec rage et beauté mêlées. Magique, l’ambiance se veut purement métallique mais très progressive, notamment sur un refrain grandiloquent, bien que niais pour un groupe de cette envergure (« We are strong, We will stand and Fight »). Le break se laisse aller dans une atmosphère où déambulent des soli de toutes parts, particulièrement de la guitare plus aiguisée que jamais de Michael Romeo, insolent de fluidité. Les chœurs, présents depuis le début de la composition, prennent une nouvelle envergure juste avant la reprise du riff alambiqué initial, avant d’entendre revenir un Russel impérial (« Victory of Death !! ») et figurant sans conteste parmi les meilleurs chanteurs actuels. Symphony X repart sur le refrain une dernière fois, conclue de fort belle manière et entame son nouvel album de la meilleure des manières…la suite nous fait saliver d’avance…

[…]"Iconoclast", sans décevoir, souffre finalement du syndrome de « l’album de plus », incapable de complètement réinventer le genre ou le groupe. "When All is Lost", bien que le terminant de manière sublime, se perd parfois dans sa propre construction. D’une introduction étourdissante de beauté, au piano et à la voix éraillée et plus belle que jamais de Russel, les accélérations n’arrivent pas à convaincre complètement…sans doute cette sensation, encore une fois, d’entendre un "Paradise Lost" pt II.
Probablement trop professionnel, ce huitième album ne pourra que rester humblement en retrait face aux chefs-d’œuvre passés et, espérons-le, futurs.
Il est certain que les morceaux passeront sans problème l’étape de la scène, car ils sont taillés pour. Néanmoins, en tant qu’auditeur, c’est très rapidement que nous retournerons aux albums précédents, qui eux, auront eu l’effet, un jour, de nous coller une véritable claque en travers du visage. "Iconoclast" ne sera pas de ceux-là, faute de prises de risques. Un seul mot me vient à l’esprit… « Dommage… ». L’album est bon…le chef-d’œuvre sera pour une autre fois…

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xenesys - 02 Janvier 2013: idem pas vraiment convaincu. Je n'arrive pas a retrouver la fluidité et l'harmonie des mélodies des albums précédents. Sans comparer avec d'autres groupes, je trouve qu'ils ont voulu faire encore plus complexe niveau construction et ont fini par se mélanger les pinceaux. je ne l'ecoute que peu, je reste surtout sur les 1ers (damnation à V). Je croise les doigts pour qu'ils s'en rendent compte et corrigent le tir. je suis un peu vache avec mon 12/20. tant pis ^^
Djal - 19 Septembre 2013: Ce double album est tout simplement énorme bien qu'un seul suffirait en enlevant "Prometheus" que je n'aime pas trop... Mention spécial à "Bastards of the machine" et "Reign in Madness" ! J'adore aussi le côté plus agressif des 2 derniers albums de Symphony X. Evitez de trop comparer avec les albums précédents... Même s'ils sont fameux ! Impatient d'écouter le prochain !
edenswordrummer - 10 Janvier 2014: He bien, subjectivement parlant, j'ai juste adoré cet album, après, il est vrai que paradise lost le surpasse sur tous les points. Je ne retrouve plus cette technique chez le batteur...bien sur il est rapide et enchaîne magnifiquement bien ses lignes mais où cette interprétation au summum de la difficulté que l'on retrouvait sur paradise ? Et puis la structure musicale est devenu un peu trop simpliste (pour du symphony x évidemment :D). Bon album cependant, j'accroche totalement, mais, sentimentalement parlant :D
edenswordrummer - 10 Janvier 2014: P.S j'ai un gros faible pour "electric messiah" !!!!
Ha et deuxième P.S Merci pour ta chronique Eternalis, toujours très objective et très bien écrite :)
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Chronique @ dark_omens

02 Avril 2014

Avec ce Iconoclast, Symphony X confirme l'excellence qui est la sienne...

"En tant que musiciens, nous adorons nous lancer des défis, nous amuser à jouer des trucs complètement fous. Mais en même temps, les notions de refrain et de riff ne doivent jamais être éclipsées."

Michael Romeo.


Sans volonté aucune de s'écarter de la vision évoquée dans cette citation dont il est l'auteur, le musicien, guitariste, compositeur et âme fondatrice de Symphony X, aura donc, tout au long de son périple créatif, exercé son art en l'inscrivant dans cette démarche conceptuelle salutaire consistant à ne jamais oublier, au-delà de capacités techniques remarquablement irréprochables, l'aspect le plus naturellement mélodique de l'exercice. La tâche aura pourtant toujours été éminemment complexe dans cet univers Prog où les artistes les plus aguerris s'abandonnent assez facilement à une démonstrativité tentatrice s'adressant, essentiellement, aux initiés oubliant ainsi continuellement d'offrir à ces manifestations souvent absconses une simplicité pourtant décisive.

Ainsi, à l'aube du huitième effort de Symphony X intitulé Iconoclast, nul doute que les caractéristiques musicales, celles-là même dont nous parlons depuis le début et qui demeurent assez symptomatiques de ce groupe, viendront, une fois encore, séduire nos âmes. Nul doute que Michael aura, une fois de plus, été intransigeant avec ce principe mélodique fondamental.

Il n'y a donc ici rien de surprenant à entendre la musicalité de ces titres, et notamment de ces refrains fédérateurs superbes qui viennent illuminer les recoins les plus sombrement Progressif de ce Power Prog Metal. Car à dire vrai si, bien évidemment, la lumière est rédemptrice, elle ne peut que révéler l'obscurité de ces ténèbres sinueuses. Il serait, en effet, malhonnête d'affirmer ici que le propos défendu par ces Américains ne s'égare jamais en ces contrées aux constructions complexes que les détracteurs du genre ne pourront s'empêcher de dénoncer.

Toutefois, si, indiscutablement, Symphony X demeure un groupe aux aspirations Prog très prononcées, il aura toujours su intégrer à sa musique les éléments mélodiques les plus divers et ainsi trouver un équilibre assez remarquable à son expression. Prog, le groupe l'est donc assurément. Mais pas uniquement. Il aura su, en effet, garder l'âme foncièrement Power Metal d'une expression dans laquelle il ne sera pas rare, aussi, d'entendre quelques passages symphoniques orchestraux.

En d'autres termes, ce brassage Power Metal, Prog Metal et Metal Symphonique, dans lequel la simplicité reste un principe primordial, est ici, une fois encore, la terre sur laquelle Symphony X tente de faire éclore son propos.

Et qu'en est-il du résultat ? Que vaut ce Iconoclast?

Dès l'entame d'un superbe titre éponyme, l'œuvre nous comble. Ce morceau, à la fois âpre et harmonieux, symphonique et agressif mais aussi fédérateur et labyrinthique nous propose de délicieusement nous égarer dans le délectable univers de ce groupe. Très révélateur de la musique du quintette de Middletown, il séduira, d'emblée, les plus sensiblement sceptiques, dont votre humble serviteur fait partis, allergique à ce genre de complexité durant plus de dix minutes magiques au cours desquelles l'ennui ne poindra jamais.

Au-delà de cette première escale merveilleuse, rien ne pourra venir contrarier le plaisir ressenti. D'un The End of Innocence au refrain merveilleux en passant par les aspérités plus belliqueuses d'un The Deshumanized, Bastards of the Machine, Prometheus (I Am Alive), rugosités superbement mises en exergue par Russel Allen, mais aussi en passant par le refuge plus posé d'un joli When All is Lost ou par la fougue fébrile d'un excellent Electric Messiah, le voyage est intense.

Il convient d'ailleurs de noter, dès lors, le magnifique travail effectué, une fois encore, par ces musiciens et notamment par un Russen Allen dont les chants demeurent superbes. Ce vocaliste au timbre à l'étendue considérable, à la polyvalence admirable, transcende des titres qui, pourtant, n'en avaient nul besoin.

Avec ce Iconoclast, Symphony X confirme donc l'excellence qui est la sienne. Egaré dans les magnifiques affres d'un Power Prog Metal apprêté de quelques grandiloquences symphoniques, mais aussi de quelques aspérités rugueuses, il nous propose d'errer en un voyage tout simplement captivant.

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samolice - 04 Avril 2014: Merci Dark! J'ai découvert récemment "The New Mythology Suite" et je le trouve très convaincant. Du coup, j'ai envie de me pencher sur le reste de la disco qui ne semble souffrir d'aucune tâche. A suivre.
samolice - 29 Septembre 2015: Un album tout à fait à mon goût que j'ai bien du écouter une trentaine de fois en l'espace d'un mois et demi.
Ce groupe a vraiment quelque chose de particulier. Le chant de Russel Allen est à la fois puissant et mélodique, la guitare de Romeo ne tombe jamais dans la démonstration technique gratuite et les compos suffisamment variées et de qualité pour trouver son bonheur.
Je ne vais pas tarder à passer en mode groupie avec Symphony X...

Merci encore pour la chro qui m'a convaincu de tenter ma chance.
dark_omens - 29 Septembre 2015: Symphony X est un des rares groupes à consonances Prog que je parviens à aimer. Et ce pour les raisons que tu évoques dans ce post, à savoir la voix exceptionnelle de Russel et le jeu technique mais pas trop démonstratif de Romeo.

Merci surtout à toi. Même si je n'ai pas toujours le temps de te répondre, c'est toujours un plaisir de lire tes commentaires.
samolice - 29 Septembre 2015:

Je suis à des années lumières d'être un connaisseur de ce que l'on désigne communément par le prog, mais en écoutant Symphony X, j'entends un groupe que je trouve somme toute plutôt facile d'accès et qui a la qualité d'écrire des chansons avec (souvent) des vrais bons refrains.
En résumé, je ne m'ennuie jamais alors que leurs albums - ce que je possède en tous les cas - dépassent l'heure et que les titre de 8 à plus de 10 minutes sont courants. Je ne peux hélas pas en dire autant quand je me penche sur la disco de Dream Theater qui, pour une raison que j'ignore, a tendance à m'ennuyer ferme rapidement.
Et ce Allen quand même, quelle classe! Ca me donne envie de me pencher sur les albums qu'il a enregistré avec Jorn Lande et que je ne connais pas, si ce n'est quelques titres placés sur des samplers de Rock Hard.

Pour finir, as tu l'album précédent de Symphony X? Je le trouve encore meilleur que celui-ci, un pur régal.

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