Hørizøns

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15/20
Nom du groupe Beyond The Black
Nom de l'album Hørizøns
Type Album
Date de parution 19 Juin 2020
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1.
 Horizons
 05:00
2.
 Misery
Ecouter03:44
3.
 Wounded Healer (ft. Elize Ryd)
Ecouter04:15
4.
 Some Kind of Monster
 04:21
5.
 Human
Ecouter05:09
6.
 Golden Pariahs
Ecouter03:35
7.
 Marching On
 04:01
8.
 You're Not Alone
 04:37
9.
 Out of the Ashes
 04:35
10.
 Paralyzed
 03:56
11.
 Coming Home
 04:42
12.
 I Won't Surrender (ft. Tina Guo to Cello)
 03:56
13.
 Welcome to My Wasteland
 03:49

Durée totale : 55:40

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Beyond The Black



Chronique @ ericb4

29 Juin 2020

Aussi subtil et efficace qu'audacieux, ce quatrième effort bousculera quelques certitudes pour mieux nous retenir...

De l'eau aura coulé sous les ponts pour la talentueuse et prolifique formation teutonne depuis sa sortie de terre il y a tout juste six ans. Le temps pour le quintet allemand d'écouler la bagatelle de trois albums studio et six singles, mais aussi de diffuser moult clips vidéos, d'essaimer et affûter ses prestations en live, celui-ci se muant désormais en valeur confirmée de l'actuelle scène metal symphonique à chant féminin. Encensé par un accueil favorable aussi bien du public que des médias, et qui, jusque là, ne s'est jamais démenti, mû par un indéfectible élan créatif, témoignant, en prime, d'un potentiel technique affermi et d'une inspiration mélodique que d'aucuns parmi ses pairs pourraient avoir à lui envier, le groupe n'allait pas s'arrêter en si bon chemin...

Après un encourageant « Songs of Love and Death » (2015), un mémorable « Lost in Forever » (2016), un poignant « Heart of the Hurricane » (2018), le collectif nous revient deux ans plus tard, muni d'un quatrième mouvement répondant au nom de « Horizons ». Aussi, effeuille-t-on une galette généreuse de ses 55 minutes où s'enchaînent sereinement 13 pistes à la fois volontiers pulsionnelles, éminemment fringantes, des plus charismatiques, un brin romantiques, signée, tout comme sa devancière, chez Napalm Records. A l'instar de son prédécesseur, la production d'ensemble demeure difficile à prendre en défaut, la plantureuse rondelle jouissant, en outre, d'une belle profondeur de champ acoustique, de finitions passées au crible et d'arrangements d'excellente facture. A l'aune de cette nouvelle livraison, la troupe d'outre-Rhin serait-elle en mesure de mettre définitivement ses homologues générationnels en respect et, par là même, de caresser l'espoir de devenir dores et déjà l'une des valeurs de référence de ce si concurrentiel registre metal ?

A bord du vaisseau amiral, nous accueille l'équipage au grand complet, inchangé depuis quatre ans, à savoir : Jennifer Haben, frontwoman au limpide et magnétique filet de voix, dans l'ombre de Sharon den Adel (Within Temptation) ; Christian Hermsdörfer (Serenity, ex-Visions Of Atlantis) et Tobi Lodes (Winterstorm), aux guitares et aux choeurs ; Stefan Herkenhoff, à la basse ; Kai Tschierschky, à la batterie. De cette étroite collaboration émane un set de compositions au caractère rock mélodico-symphonique bien trempé, au filet metal, cette fois, plus discret que naguère, et aux effluves pop-rock plus marqués aujourd'hui qu'hier ; et ce, dans la veine de Within Temptation (dernière mouture), Delain, Xandria, et consorts. Comme pour mettre les petits plats dans les grands, pour l'occasion, ont été requis tant la sensuelle empreinte vocale d'Elize Ryd (Amaranthe, Raskasta Joulua) que l'émérite violoncelliste chinoise Tina Guo, du groupe néo metal éponyme, dont le sensible coup d'archet a infiltré les bandes son des films « Wonder Woman » et « Batman v Superman : L'Aube de la Justice ». Mais levons plutôt l'ancre, et embarquons pour une traversée au long cours en quête de quelques terres d'abondance...


A l'aune de ses passages les plus enfiévrés, comme il nous y avait déjà accoutumés, c'est le plus souvent d'un battement d'aile que le combo teuton encensera le pavillon du chaland. Ainsi, l'accroche s'effectuera sans ambages sous le joug du refrain catchy jaillissant des entrailles de « Horizons » et « Some Kind of Monster », impulsifs efforts rock mélodique aux riffs épais, dans le sillage de Within Temptation ; l'un, mis en exergue par les toniques et fluides inflexions de la sirène et décochant un bref mais flamboyant solo de guitare, le second, recelant un infiltrant cheminement d'harmoniques. Dans cette mouvance, on ne sera guère moins bringuebalé par le mordant « Welcome to My Wasteland » ou encore le ''delainien'' « Paralyzed », véritables torches incendiaires dotées de fines nuances mélodiques et de choeurs aux abois, qui ne lâcheront pas leur proie d'un iota.

Comme pour renouer, l'espace d'un instant, avec ses gênes metal symphonique, le groupe nous octroie une pièce que l'on croirait volontiers issue de son introductif opus. Ainsi, voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques un brin violoneuses coalisées à ses riffs acérés, eux-mêmes adossés à une rythmique sanguine, à la fois vitaminé et invitant, le ''xandrien'' « You're Not Alone » trouvera à n'en pas douter un débouché favorable auprès du fan de la première heure.

Plus directement orientées vers les charts, nous éloignant certes des fondamentaux metal symphonique du groupe, d'autres pistes ne tariront nullement d'arguments pour faire plier l'échine à plus d'une âme rétive. Ce qu'illustre, d'une part, « Misery », entraînant et ''delainien'' up tempo pop metal mélodico-atmosphérique, un tantinet symphonisant, aux enchaînements intra-piste ultra sécurisés, où s'inscrit un refrain immersif à souhait, mis en habits de lumière par les chatoyantes patines de la déesse. D'autre part, un headbang bien senti étreindra assurément le chaland à l'aune de « Golden Pariahs », éruptif et efficace manifeste rock symphonique aux effluves électro metal et dance, à la confluence de Delain et Amaranthe. Difficile également de se soustraire aux vibes enchanteresses déversées par « Out of the Ashes », frissonnant espace d'expression pop rock progressif où de délicats arpèges au piano se conjuguent à une section rythmique pétrie d'élégance, enjolivée, là encore, par le gracile filet de voix de la princesse. Et comment ne pas se sentir aspiré par les sensibles arpèges d'accords émanant de « Coming Home », galvanisant mid tempo syncopé aux riffs roulants et pourvu d'un refrain propice au total enivrement de nos sens ?

Quand la cadence se fait plus mesurée, la magie n'opérera pas moins, loin s'en faut. Ainsi, le mid tempo de nature rock'n'metal mélodique « Wounded Healer » laisse entrevoir un duo en parfaite osmose et d'une confondante délicatesse entre les claires et enveloppantes volutes de Jennifer Haben et les toniques impulsions d'Elize Ryd. Parallèlement, s'observe une tubesque offrande aux riffs massifs et à la basse résolument vrombissante, où couplets finement ciselés et entêtants refrains glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis. Sur fond d'un subtil picking à la guitare acoustique et voguant sur une ligne mélodique des plus hypnotiques, le félin « Human », quant à lui, est un modèle de progressivité orchestrale et vocale. Enfin, sous-tendu par un grisant duo mixte en voix claires, recelant d'insoupçonnés changements de tonalité et un fin legato à la lead guitare, l'engageant « Marching On » ne ratera pas davantage sa cible.

Que l'aficionado d'intimistes moments se rassure, nos compères ne l'auront pas laissé pour compte, lui adressant par là même leurs mots bleus les plus sensibles. Ainsi, rien ni personne ne saurait empêcher la petite larme au coin de l'oeil de perler sur la joue sous l'impact des troublantes séries d'accords infiltrant « I Won't Surrender ». Aussi, s'offre à nous une ballade a-rythmique, éminemment classique et romantique jusqu'au bout des ongles, glissant le long d'une radieuse rivière mélodique. Mis en habits de soie par les câlinantes impulsions de la maîtresse de cérémonie, que vient rejoindre un mélancolique et ensorcelant violoncelle, signé Tina Guo, l'instant privilégié ne se quittera qu'avec l'irrépressible envie d'y revenir sitôt l'ultime mesure envolée, histoire de plonger à nouveau au cœur de cet océan de félicité.


Ayant opté pour une fusion de ses assises metal symphonique gothique avec un univers pop-rock mélodico-symphonique à la fois magmatique et enivrant, le combo teuton a pris un pari pour le moins osé, au risque de bousculer les certitudes d'un auditorat déjà acquis à sa cause. Plutôt que de simplement les juxtaposer ou de les opposer, nos cinq belligérants ont judicieusement unifié les tendances, et force est d'observer que l'enjoué et rayonnant message musical ne manque ni d'allant ni de panache. Jouissant d'une ingénierie du son rutilante, ne concédant pas l'ombre d'un bémol, tout en témoignant de l'une ou l'autre prise de risque et de sonorités inédites, la luxuriante rondelle n'a pas été sans armes bien affûtées pour asseoir sa défense.

On aurait toutefois souhaité des exercices de style un tantinet moins stéréotypés, par l'octroi d'instrumentaux et/ou de fresques symphonico-progressives, par exemple, souvent requis dans ce registre metal, et un brin d'originalité supplémentaire inscrit au cahier des charges. Des carences néanmoins compensées par une diversification du propos sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, et une féconde inspiration mélodique de ses auteurs. Bref, un quatrième effort aussi subtil et efficace qu'audacieux, susceptible de sensibiliser un auditorat qu'une inattendue fusion de styles ne saurait désarçonner, permettant de positionner définitivement le collectif allemand parmi les valeurs confirmées du genre. Selon votre humble serviteur, l'essayer, c'est assurément l'adopter...

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