Heart of the Hurricane

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17/20
Nom du groupe Beyond The Black
Nom de l'album Heart of the Hurricane
Type Album
Date de parution 31 Août 2018
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album58

Tracklist

DISC 1
1.
 Hysteria
 04:37
2.
 Heart of the Hurricane
 03:39
3.
 Through the Mirror
 03:34
4.
 Million Lightyears
 04:42
5.
 Song for the Godless
 05:09
6.
 Escape from the Earth
 03:08
7.
 Beneath a Blackened Sky
 05:07
8.
 Fairytale of Doom
 04:43
9.
 My God Is Dead
 05:01
10.
 Dear Death
 04:09
11.
 Scream for Me
 04:04
12.
 Freedom
 03:44
13.
 Breeze
 03:51

Bonus
14.
 Echo from the Past
 05:31
15.
 Parade
 03:41
16.
 Spiderweb of Eyes
 03:49
17.
 We Will Find a Way
 04:26
18.
 Still Breathing (Painkiller)
 04:11

Durée totale : 01:17:06



DISC 2 - BLACK EDITION
1.
 In the Shadows
 04:55
2.
 Lost in Forever
 04:45
3.
 When Angels Fall
 05:23
4.
 Beautiful Lies (ft. Rick Altzi)
 04:08
5.
 Songs of Love and Death
 04:17
6.
 Hallelujah
 05:23
7.
 Love's a Burden
 03:41
8.
 Unbroken
 04:28
9.
 Written in Blood
 04:21
10.
 Night Will Fade
 04:29
11.
 Love Me Forever (Motörhead Cover)
 03:28
12.
 Forget My Name (Re-Recorded)
 06:14
13.
 Shine and Shade
 06:12

Durée totale : 01:01:44

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Beyond The Black


Chronique @ ericb4

10 Septembre 2018

Un troisième et poignant mouvement insufflé par le collectif teuton...

Les choses se sont accélérées à la vitesse grand V pour le combo allemand depuis ses débuts en 2014... En effet, en seulement quatre années, le voici déjà à la tête de trois albums full length, dont l'encourageant « Songs of Love and Death » (2015), le sémillant « Lost in Forever » (2016) et le présent « Heart of the Hurricane », galette généreuse de ses 15 titres égrainés sur un ruban auditif de quelques 64 minutes. De plantureuses productions auxquelles s'ajoutent trois singles, dont le vibrant « In the Shadows » (2015), le magnétique « Forget My Name » (2017) et le seyant « Heart of the Hurricane », ainsi qu'une succession de clips et de prestations scéniques significatives à l'échelle locale et européenne (Wacken Open Air, Z7 Prateln, Full Metal Cruise...).

Au vu de ce remarquable palmarès, on comprend que le prolifique sextet germanique entend désormais tenir la dragée haute à ses plus redoutables concurrents, dont Elvellon, Sleeping Romance, Metalwings, Winterstorm, Walk In Darkness, et surtout se positionner parmi les valeurs confirmées du metal symphonique à chant féminin. Ce nouveau bébé sera-t-il le sésame pour les voir, à terme, se hisser en haut des marches du podium?...

Dans ce dessein, le line up a subi de radicales modifications. Autour de la charismatique frontwoman Jennifer Haben, on y décèle désormais : les guitaristes et vocalistes Christian Hermsdörfer (Serenity) et Tobi Lodes (Winterstorm) en lieu et place de Nils Lesser (Cypecore) et Christopher Hummels (Lamera, PanicZone) ; le bassiste Stefan Herkenhoff se substituant à Erwin Schmidt ; le batteur Kai Tschierschky (God's Second Son), remplaçant Tobias Derer ; et le claviériste Michael Hauser, cédant, quant à lui, le poste à Jonas Roßner. De cette jeune collaboration naît une œuvre pop/rock'n'metal mélodico-symphonique éminemment efficace, empreinte de maturité compositionnelle, dispensant des arrangements instrumentaux de premier ordre et bénéficiant d'une ingénierie du son d'excellente facture.

Fidèle à ses sources, le collectif reste dans la lignée atmosphérique et rythmique de ses précédentes offrandes. C'est dire que les influences de Within Temptation, Amberian Dawn (seconde période), Delain, Sirenia et consorts ne sauraient être éludées. Ce qui n'exclue nullement la singularité architecturale et scripturale du présent message musical, celui-ci ayant dès lors gagné en épaisseur artistique.


A l'instar de son précédent manifeste, le combo allemand a déployé des trésors d'ingéniosité pour concocter, restituer et enfiler ces cheminements harmoniques qui font mouche et dont on se surprend à se les repasser en boucle. Ainsi, on restera happé par les truculentes séries d'accords des ''delainiens'' « Hysteria », « Million Lightyears » et « Parade » ; vivifiantes propositions pop metal symphonique jouissant toutes trois de fines variations rythmiques, d'un flamboyant solo de guitare et de refrains catchy. Mises en exergue par les troublantes volutes de la sirène, dans le sillage de Sharon den Adel, ces entraînantes ritournelles ne mettront que peu de temps à encenser le tympan...

Dans cette énergie aisément communicative, on retiendra encore le cinématique mid tempo progressif « Beneath a Blackened Sky » à la fois pour sa sente mélodique immersive à souhait et la sidérante gradation du corps oratoire, une muraille de choeurs faisant écho aux sulfureuses impulsions de la frontwoman. Quant au souriant « Echo from the Past », à la manière d'un Within Temptation à l'époque de « The Silent Force », il nous invite à entrer dans la danse en douceur, avant de nous immerger dans de grisants couplets relayés par des refrains des plus accrocheurs.

Lorsqu'il intensifie le rythme de ses frappes et que le vrombissement de sa basse s'épaissit, l'inspiré sextet nous invite le plus souvent à un échevelant headbanging. Ce qu'illustre « Heart of the Hurricane », up tempo metal symphonique dans la lignée d'un Within Temptation estampé « The Unforgiving ». Octroyant un sillon mélodique d'une précision d'orfèvre coalisé à un riffing crocheté, enjolivé par les claires inflexions d'une princesse bien habitée, le brûlot s'infiltrera sans l'ombre d'une difficulté dans nos pavillons alanguis. Dans cette lignée, on ne passera pas outre le frondeur « Fairytale of Doom » et l'enjoué « Dear Death » pour leurs riffs corrosifs, leur rythmique sanguine et leur éblouissant solo de guitare, le corps orchestral évoluant, par ailleurs, sur un cheminement mélodique des plus sécurisés. On s'orientera encore vers l'offensif et ''sirénien'' « Freedom » aussi bien pour ses infiltrants gimmicks guitaristiques et ses gammes au piano que pour la puissance dévastatrice de ses frappes de fûts. Dans ce magmatique champ de pression, les claires inflexions de la belle donnent cette fois le change aux growls déchirants d'une bête enragée. Une manière habile d'allier élégance formelle et insolente tonicité...

Parfois, et plus qu'ils ne l'ont consenti jusqu'alors, nos acolytes se plaisent à diversifier les atmosphères, démarche qui leur sied à merveille. Aussi, à l'aune des ondulations d'une troublante cornemuse, « Song for the Godless » se pose comme une pénétrante offrande folk symphonique, dans la veine de Midnattsol. Faisant résonner ses tambours et rougeoyer ses fûts, mise en habits de lumière par les enivrantes patines d'une interprète touchée par la grâce, cette plage aux accents celtiques s'imposera d'un battement de cils à l'aficionado du genre.

Dans ses intimistes moments, et comme elle nous y avait déjà sensibilisés par le passé, la troupe délivre avec une déconcertante aisance une charge émotionnelle difficile à contenir. Aussi ne pourra-t-on que malaisément esquiver une petite larme sur « Through the Mirror » et « Breeze » deux ballades romantiques jusqu'au bout des ongles, que n'auraient reniées ni Delain ni Within Temptation. Démarrant sur un délicat piano/voix, toutes deux nous octroient une soudaine montée en puissance, le convoi orchestral peu à peu se densifiant alors, tout en rétractant opportunément ses griffes. Dans cette mouvance, on ne restera pas moins suspendu aux lèvres de la maîtresse de cérémonie sur « Scream for Me », power ballade dont les accélérations ne sont pas sans rappeler Ancient Bards, tout comme sur « Escape from the Earth », élégante et sensuelle ballade atmosphérique dont la filiation avec Tori Amos ne saurait être démentie. Et comment résister aux vibes de « My God Is Dead », enchanteresse aubade aux airs d'un slow qui emballe, dans la droite lignée d'un Delain millésimé « Moonbathers » ?


Carton plein donc pour la formation teutonne à la lumière de ce troisième opus, digne héritier de « Lost in Forever ». Certes, le manifeste témoigne de timides prises de risques, concède une surdose de ballades et le niveau de composition n'a guère dépassé celui du précédent effort. Toutefois, la technicité instrumentale et les prestations vocales se révèlent plus aguerries et les exercices de style plus variés aujourd'hui qu'hier. Et ce, même si l'une ou l'autre fresque et/ou instrumental manque à l'appel. De plus, l'accessibilité de la plupart des plages a pour corollaire des lignes mélodiques travaillées en profondeur, à l'image du niveau d'exigence actuel du combo en la matière.

Bref, on effeuille une œuvre seyante et bien customisée, à la fois headbangante et émouvante, à la logistique rutilante, qui, selon votre humble serviteur, devrait laisser quelques traces dans les mémoires de ceux qui y auront goûté. Que les fans de la première heure se rassurent, si le propos ne s'avère pas des plus novateurs, ils trouveront néanmoins dans cette livraison matière à se sustenter. C'est dire qu'à l'aune de cette offrande, après seulement quatre années d'existence, le collectif allemand peut désormais caresser l'espoir de se hisser parmi les valeurs confirmées de son registre metal d'affiliation. A l'image d'une réaction qui ne s'est pas fait attendre bien longtemps, un message fort est ainsi lancé à ses féroces concurrents...


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