Herzwerk II

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16/20
Nom du groupe Megaherz
Nom de l'album Herzwerk II
Type Album
Date de parution 2002
Labels pas de label connu
Style MusicalMetal Industriel
Membres possèdant cet album17

Tracklist

1.
 Herzblut
 
2.
 Glas und Tränen
 
3.
 I.M. Rumpelstilzchen
 
4.
 5. März
 
5.
 F.F.F. (Flesh for Fantasy)
 
6.
 Hand auf's Herz
 
7.
 Zu den Sternen
 
8.
 Licht II
 
9.
 Heute Schon Gelebt?
 
10.
 An Deinem Grab
 
11.
 Perfekte Droge
 
12.
 Spiel Nicht ...
 
13.
 Gold
 
14.
 Es Brennt
 

Chronique @ Groaw

16 Janvier 2019

Une quatrième offrande au-delà de toute espérance

« Rien ne caractérise mieux un miracle que l’impossibilité d’en expliquer l’effet par les causes naturelles. ».

Les albums se suivent mais ne se ressemblent pas pour notre quintuor allemand. Depuis le début de cette folle expédition, nous sommes passés par toutes les émotions : de la joie à l’énervement, de la stupéfaction à la déception, de la sérénité à l’appréhension ou encore de l’admiration à l’horreur. Mais n’est-ce pas la définition même de l’univers large mais surprenant de la musique ? Nager entre assurance et crainte, entre quiétude et détresse, entre fraîcheur et langueur, n’est-ce pas le danger qui guette sans cesse nos amis musiciens ?

En tout cas, pour Megaherz, le chemin n’a pas été de tout repos et avec un Himmelfahrt remontant parfaitement la pente ardue, nos allemands semblent désormais en pleine confiance. Reste maintenant à voir si ce sentiment de sécurité va se confirmer avec Herzwerk II. Pour ne pas changer ses bonnes habitudes, notre quintuor va tomber de nouveau dans une période délicate, un an après deux gros morceaux que sont Mutter et Ego. Mais nos germaniques n’ont plus froid aux yeux et semblent désormais prêts à entrer dans l’arène pour en découdre.

Et il y a sans doute de quoi avec Herzblut commençant par ces jolies notes symphoniques mais tout en gardant son instrumental hargneux d’antan. Alexander mise plutôt sur un vocal profondément mystérieux, proche de ce que peut proposer son compatriote Dero avant de montrer un part de lumière, un appel à atteindre les cieux. On retrouvera d’ailleurs, lors des refrains, cette touche harmonieuse qui nous avait quitté dès les premières secondes pour un résultat totalement inattendu mais bienvenu.

Nos musiciens nous épatent en ayant presque totalement abandonné le côté électronique, pourtant devenu au fur et à mesure du temps la marque de fabrique du groupe pour proposer une musique plus percutante, notamment avec une batterie fortement industrielle et un vocal toujours aussi rude. On garde également des schémas entraînants, relativement bien variés pour ne pas sombrer dans la lassitude, l’album ayant tout de même une durée supérieure à une heure. Megaherz semble aussi opté pour un metal industriel parfois moins rentre-dedans, plus attrayant, synonyme de renouvellement et de prise de risques.

Ni 5. März avec son texte fort, au refrain très aguicheur, offrant un excellent compromis entre tristesse et colère, ni la reprise de Billy Idol, Flesh For Fantasy, où Alexander impressionne sur son aisance vocale et sur ses différentes techniques pour nous offrir un refrain entêtant mais néanmoins bougrement efficace et sa batterie moins carrée viendront ôter cette aspect novateur et rafraîchissant du groupe, qui semble pour la première fois, pouvoir réellement nous emmener dans un autre monde, celui de la victoire et de l’espoir.

Megaherz n’oublie pas non plus la promesse qu’il avait énoncé lors de sa création, à savoir proposer à chaque nouvel opus un conte ou comptine. Serment toujours tenu par nos allemands avec I.M Rumpelstiltskin, narrant l’histoire de cette créature surnaturelle du folklore germanique gothique. On retrouve d’ailleurs ce côté extravagant dans le morceau avec son introduction où nous avons l’impression d’entendre durant quelques instants l’inquiétante voix de Till Lindemann avant d’explorer des riffs malicieusement déstructurés et où les percussions sont nettement moins prépondérantes, ce qui n’enlève aucunement le charme du morceau.

Mais il semblerait invraisemblable de ne pas parler de An Deinen Grab, véritable chef-d’œuvre et où une ballade nous fera littéralement plonger dans la noirceur et la dépression : un thème, celui de la mort et de son après, qui semble être une parfaite banalité mais raconté d’une manière si brutale, si amer que l’on en ressort véritablement mélancolique ; un faux air optimisme, une mélodie insouciante et presque innocente qui démontre d’une bien belle manière l’art de l’émotivité et de la perception de nos allemands.

Herzwerk II est une quatrième offrande au-delà de toute espérance, clôturant d’une bien belle manière l’ère Alexander, qui s’en ira un an plus tard pour devenir le vocaliste d’Eisbrecher. Un vent de liberté et d’audace semble s’être installé pour notre formation qui vient, avec ce bijou, de tenir tête aux grands condors. Sincérité, impressionnabilité et sensibilité seraient les trois mots clés décrivant à la perfection un album qui restera malheureusement dans les abîmes de l’oubli.

« La musique chasse la haine chez ceux qui sont sans amour. Elle donne la paix à ceux qui sont sans repose, elle console ceux qui pleurent. ».

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