Heavy Rocks

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
18/20
Nom du groupe Boris
Nom de l'album Heavy Rocks
Type Album
Date de parution 2002
Labels Quattro
Style MusicalDrone
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 Heavy Friends
 
2.
 Korosu
 
3.
 Dyna-Soar
 
4.
 Wareruride
 
5.
 Soft Edge
 
6.
 Rattlesnake
 
7.
 Death Valley
 
8.
 Koei
 
9.
 Kane (The Bell Tower of a Sign)
 
10.
 1970
 

Durée totale : 00:00


Chronique @ Corwin

21 Août 2007
Puisque je suis lancé dans les chroniques pour Boris, je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin. Voici donc Heavy Rocks, album dont le nom ne trompe pas le moins du monde sur le contenu. C'est rock et c'est pesant. Cet album est à rapprocher le la partie discographique des japonais composée par Akuma No Uta et Pink, dont il est le plus qu'honorables prédécesseurs. A vrai dire, il est même probablement meilleur que ces deux albums.

En mettant l'oreille sur ce disque, il faut s'attendre à une très forte influence rock shootée, jouée avec un son de sludge gras -le son Boris pour ceux qui ne suivent pas-, a une frénésie ambiante déjantée, à quelques passages plus sombres et lourds se rapprochant du doom, à des bidouillages sonores décalés. Et pourtant, malgré tout ça, ce disque est sans doute le plus direct de Boris, le plus simple d'accès. Moins de juxtapositions hasardeuses que dans Pink, pas de titres surchaotiques et assommants comme Ibitsu et Furi sur Akuma No Uta. Et pas de folies sonores déchirantes à la Feedbacker 4, ou encore à la Absolugeto. Un amateur de rock bien rentre dedans devrait pouvoir aimer ce disque, s'il fait l'effort de l'écouter vraiment.

On commençe sur une intro doom/rock'n'roll (si, si) envoûtante (Heavy Friends) pour débarquer sur le survolté Korosu, qui va sans doute provoquer quelques réactions horrifiées au premier abord (pour avoir entendu le morceau auparavant, je sais que ma réaction était un peu moyenne au début, mais en réécoutant deux ou trois fois, on apprend à l'apprécier pour ce qu'il est, une bonne plage frénétique bien travaillée). On note que pour la première fois dans l'histoire de Boris, on se trouve en face d'un VRAI CHANT, tenu par Takeshi, qui nous livre une prestation claire criée un peu choquante au premier abord, mais qui finit largement par convaincre, surtout quand on a entendu les bouts de chorus insipides de Flood. Et puis le japonais passe ici comme une lettre à la poste, ce qui est plutôt rare quand on entend certains groupes de Visual Key... On enchaîne sur le duo Dyna-Soar et Wareruride, les deux morceaux les plus bidouillés du disque, parcourus de larsens et autres, ce qui en fait des compos touffues et tarabiscotées, complètement jetées et broyeuses de neurones. Le disque a l'intelligence ne ne pas infliger un troisième morceau de la sorte, nous laissant gavés mais pas trop, enchaînant avec Soft Hedge, morceau ambiant ou le son gras s'écarte un peu pour laisser tout le champ libre au jeu ambiant et sensible de Wata, qui rafraîchit le cerveau en surchauffe sans se départir du petit goût de chaos qui accompagne le groupe partout.
Le rock gras rentre-dedans reprend de suite du service, Rattlesnake réouvrant les hostilités sans les arrangements tortueux développés dans Dyna-Soar et Wareruride, pour déboucher sur le nettement plus posé Death Walley, d'une relative lenteur, ou la ténébreuse basse de Takeshi se tait pour laisser des bidouillages sonores papillonants accompagner son chant résonnant. Avant que la basse revienne, sur un petit plan groovy surprenant et rafraîchissant, et que le morceau s'achève sur une nouvelle explosion sonore.
Koei continue dans la lignée du rock/sludge, éclaircissant un peu le son (mais juste un peu, on entend quand même clairement les notes que joue la basse, ça, c'est un signe). Puis surgit Kane, pièce de huit minutes qui ralentit franchement, retrouvant cet étrange mélange doom/rock'n'roll qui faisait le charme du premier morceau; on retrouve la voix d'Atsuo qui vient se mêler à celle de Takeshi pour des chorus plaisants.
1970 clôt l'album sur une nouvelle plage de rock gras, morceau qui est le seul dont le disque aurait pu se passer. il aurait peut-être mieux valu prolonger la fin de kane pour clore l'album sur elle. N'empêche que le morceau reste assez bon, lui aussi. Tout de même le plus faible du disque.

On se retrouve donc avec un disque extrêmement touffu, et qui pourrait bien être indigeste. mais le savoir faire de Boris est ici à son sommet et à l'opposé de Pink, la construction est on ne peut plus juste: une montée en puissance débridée qui va vers l'annihilation complète, puis une passage calme qui ramène vers une nouvelle structure frénétique, elle même se perdant peu à peu dans une piste plus ambiante. Tout cela fait qu'on respire juste quand il le faut, et que l'on peut jouir de tout le travail fourni sans finir la tête comme une citrouille. D'aucun le trouveront quand même indigeste, mais ça n'est pas mon cas, loin de là.

A noter que cet album est, avec Feedbacker, celui ou Wata s'exprime le plus, et cela se sent. Ses solos et ses parties contemplatives sont à se rouler par terre, d'une maîtrise impressionnante et d'une efficacité imparable. L'album mérite quelques écoutes attentives rien que pour elle et son jeu vraiment unique, ici exprimé à son plein potentiel. Et en plus elle est plutôt mignonne, ce qui ne gâche rien (oups, pardon, oubliez cette dernière remarque, ça manque un peu d'objectivité et n'a pas grand rapport avec ses talents de musicienne).

A noter encore, cet album est dédicacé à la marque d'amplis Orange que Boris a en affection, comme le prouve la couverture... orange... et un petit passage de narration dans Heavy Friends.

Un disque vraiment à part, et qui se trouve être le meilleur des essais rock crasseux de Boris. Et puis ces solos, raaaah.

0 Commentaire

2 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire