Hall of the Mountain King

Liste des groupes Heavy Progressif Savatage Hall of the Mountain King
Paroles
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Nom du groupe Savatage
Nom de l'album Hall of the Mountain King
Type Album
Date de parution 28 Septembre 1987
Style MusicalHeavy Progressif
Membres possèdant cet album280

Tracklist

1. 24 Hours Ago 04:54
2. Beyond the Doors of the Dark 05:08
3. Legions 04:50
4. Strange Wings 03:45
5. Prelude to Madness 03:13
6. Hall of the Mountain King 05:32
7. The Price You Pay 03:51
8. White Witch 03:21
9. Last Dawn 01:07
10. Devastation 03:48
Bonustracks
11. Stay
12. Hall of the Mountain King (Live)
13. Devastation (Live)
Total playing time 39:29


Chronique @ AlonewithL

03 Juin 2010

In the Hall of the Mountain King symbolise la consécration du groupe au plus haut niveau

Appelez les pompes funèbres, l'album ici présent va probablement vous tuer. "Hall of the Mountain King" arrive pile au bon moment en pleine apogée du heavy metal. Alors convoité et apprécié des majors et des médias, avant d'être lâchement et injustement délaissé au profit de styles musicaux plus faciles, plus corrompus aux appels de l'argent et du sponsoring. Ce que l'on peut dire en considération de "Savatage" et de son divin album de 1987, c'est qu'ils ont remonté de manière hallucinante le niveau musical du genre, chamboulant le monde du heavy metal en son entier. Cet album oriente le groupe dans une vraie révolution. "Savatage" qui a oeuvré assez gentiment dans la pure tradition heavy metal à la sauce des années 80, à quelque peu changé sa recette pour prendre une tournure plus progressive, en inventant en quelque sorte le heavy mélodique. On s'initie alors à des compositions plus travaillées, sérieusement enrichies. Juste histoire de démontrer aux autres formations concurrentes, qu'ils boxent dans une catégorie supérieure.

Les frères Oliva, le noyau dur de "Savatage", concentré mortel de talents, ont quartier libre pour laisser court à leur foisonnante imagination. Le résultat obtenu est tout simplement sidérant. Il serait difficile de ne pas être interloqué par une telle oeuvre d'une aura surpuissante. Le groupe a créé ici un exploit, qui sera renouvelé avec un registre un peu plus différent sur le surprenant "Gutter Ballet". Il est rageant de se rendre compte que "Savatage" n'ait pas été admis parmi les premiers de la classe. Le grand public est donc appelé à reconsidéré sa position en réécoutant "Hall of the Mountain King", oeuvre que je qualifie des plus édifiantes, et qui est en bonne place dans ma vaste collection de galettes.

Dès la première piste l'auditeur n'est pas ménagé. Il est littéralement renversé sur les riffs extraordinairement acérés de "24 Hours Ago". Le ton est coupant, enragé. C'est une musique extrême aussi bien au niveau de la technique que de la puissance. Enflammée et prenant aux tripes. Le chant est particulièrement fort. Jon Oliva en dieu de la guerre, se fait torture à lui même. Il pousse sa voix cassante à la limite que les cordes vocales d'un humain peuvent supporter.

J'avais indiqué préalablement que "Savatage" avait pris une certaine tournure progressive, c'est clairement le cas avec le titre suivant "Beyond the Doors of the Dark", celà est également aussi vrai sur le joyau, titre de l'album "Hall of the Mountain King". "Beyond the Doors of the Dark" commence sur une certaine douceur inquiétante, aux frontières de la perversion. Puis c'est l'arrivée des riffs de guitare de Criss Oliva tout droit venu des enfers, électrisant sur du câble à haute tension. La voix vibrante et filandreuse suit parfaitement les enchaînements, malgré le rythme effréné. De longs développements de couplets, assurément contagieux de rage, nous comblant et nous faisant vibrer à tous les étages. On retrouve ici ce qui fait la force de « Savatage » dans l’association d’un véritable duo de choc à la guitare et au chant. Les frères Jon et Criss Oliva excellent parfaitement dans chacun de leur domaine.

La formation offre aussi des prestations un peu plus classiques, du moins plus conventionnelles au heavy metal de l’époque, quoique. « Legions », « The Price you Pay », « White Witch » sont des titres plus conformistes, mais qui ne laissent certainement pas de marbre. On tombe à la reverse sous les salves incandescentes de la guitare de Criss. La voix de Jon peut être clair, bien qu’il préfère en rajouter, en impulsant sa voix sur les suraigües. Les titres peuvent s’écouter des milliers de fois de suite et en boucle, le sortilège fera toujours autant son effet.
« Strange Wings » est un morceau plus à part. Voilà une chanson bien bâtie faite pour la diffusion radio. Le ton y est plus chargé en émotion et démontre toute la polyvalence de la voix de Jon qui ne perd aucunement en puissance. La technique est toujours au rendez-vous. Les riffs qui structurent chaque couplet sont des cas d’école, prêts à être étudiés par les futurs guitar heroes.

Le moment le plus magique de l’album se situerait à partir de « Prelude to Madness », ambiance de fin du monde. Eclairs et tonnerres parsèment la piste instrumentale sous les provocations de Criss Oliva. « Prelude to Madness » est un arrangement de « In the Hall of the Mountain King » extrait de la musique de scène que le norvégien Edvard Grieg composa en 1874 pour la pièce de théâtre « Peer Gynt ». C’est ici une introduction au titre suivant « Hall of the Mountain King ». Bien abouti, exploitant sans vergogne la magie noire. La voix de Jon Oliva claque dans l’obscurité orageuse dessinée par les instruments.

« Savatage » fait un entracte sur le titre instrumental « Last Dawn ». De superbes accords de guitare égayent le ton inquiétant qui résonne depuis l’entame. Le groupe sonne la fin de la pause avec « Davastation », titre qui porte bien son nom. On est ici sans cesse pilonné par les instruments et le chant assourdissant, rempli d’assurance de Jon Oliva.

Pour ceux qui ont la version rééditée de 1997. Un titre bonus acoustique est inclut à l’album. « Stay » avait été originellement prévu pour l’album « Streets – A Rock Opera ». Il ne fait pas dans l’édifiant mais davantage dans le sobre et le sinistre. Le chant prend une forme mélancolique et assoupie.

« In the Hall of the Mountain King » symbolise la consécration du groupe au plus haut niveau. Les frères Oliva tiennent leur plus grande forme. On est éblouit, subjugué par un album absolument grandiose. J’épuise tous les superlatifs existants en évoquant une telle œuvre, il faudra en réinventer d’autres.

18/20

25 Commentaires

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MarkoFromMars - 12 Avril 2012: N'empêche quand j'y repense, que de brûlots sortis dans ces années bénies par les forgerons! On a quand même ramassé claque sur claque et on est toujours là, debout à en redemander. Un album indispensable pour ma part.
samolice - 02 Octobre 2012: En même temps que j'écoute cet album je lisais les commentaires et je comprends tout à fait l'avis de Rambo. C'est vrai que chant et guitares sont trés en avant, surtout la voix d'ailleurs,et que Jon envoie du "ahahah" à tout bout de chant (c'est le cas de le dire).
Donc 19 seulement pour moi :-)
samolice - 02 Octobre 2012: Etonnant comme l'intro de "Strange wings" m'a soudaint fait penser à Scorpions.
Albireo - 22 Mai 2013: Oui : Jon Oliva en fait parfois trop ; il n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai ! C'est à la limite de gâcher certaines chansons ; "Hall of the mountain king" est une des plus touchée, mais heureusement une des meilleures !

Globalement, l'album déchire et envoie du lourd sur la forme mais aussi sur le fond ! Car les deux sont totalement en cohérence pour offrir une atmosphère sombre et oppressante. Dès "24 hours ago", les éructations aiguës de Jon, aussi surmixé que la batterie est sousmixée (dommage !), chantant une mélodie hallucinée en réponse à un riff imprégné de démence, donnent le ton : un mélange de transe et de folie. Le tout servi par un production sombre elle aussi.

L'album enchaine ensuite les chansons dans le même esprit avec réussite : "Beyond the doors of the dark" assez proche de la précédente, "Legions" plus ancrée dans le style habituel de Savatage, puis une perle ! "Strange wings"... Mais pourquoi j'aime tant cette chanson ? Pas très violente, pourtant... Mais quel jeu inspiré à la guitare, quelle voix claire de Jon sur les couplets, quelle mélodie !!!

La deuxième face (ah oui : je l'ai écouté pendant plus de 15 ans uniquement en vinyle !) nous met à genoux d'entrée : "Hall of the mountain king" et son intro "Prelude to madness" revisitant avec fougue ce classique de la musique classique (l'oeuvre "Peer Gynt" est une pure merveille !) explose littéralement avec un des riffs les plus percutant que je connaisse.

le reste du disque est plus classique, moins surprenant, mais super bien fichu !!!

Et puis, bon, le timbre de voix si particulier de Jon Oliva me fait dresser les poils, même quand c'est moyen ! ("Fight for the rock").

Dès que le décès tragique de Criss Oliva a eu lieu et que Jon a laissé sa place, son remplaçant ne pouvait pas lutter : j'ai décroché. L'osmose avait disparue. Restent 5 albums sublimes mais, hélas, bien trop peu connus. Heureusement Jon Oliva nous est revenu avec son groupe "Jon Oliva's pain" et son premier album dans lequel sa peine incommensurable habite son chant alors exceptionnel !
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