Gutter Ballet

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Nom du groupe Savatage
Nom de l'album Gutter Ballet
Type Album
Date de parution 01 Décembre 1989
Style MusicalHeavy Progressif
Membres possèdant cet album286

Tracklist

1. Of Rage and War 04:47
2. Gutter Ballet 06:20
3. Temptation Revelation 02:56
4. When the Crowds Are Gone 05:45
5. Silk and Steel 02:56
6. She's in Love 03:51
7. Hounds 06:27
8. The Unholy 04:37
9. Mentally Yours 05:19
10. Summer's Rain 04:33
11. Thorazine Shuffle 04:43
Bonustracks
12. All That I Bleed (Piano Version)
13. Hounds (Live)
14. When the Crowds Are Gone (Live)
Total playing time 52:14

Chronique @ MattMaiden

03 Décembre 2011

Un bijou de précision, de fureur et de larmes...

Gutter Ballet… Si ce nom ne dira rien à la majorité des lecteurs de ce site, cela évoquera pour d’autres un album épique et grandiose, qui sera moult fois la muse ou la Madeleine proustienne de nombreux mélomanes chevelus !

Commencons par un peu d’histoire afin de mieux connaître cet album !

Depuis 1979, Savatage, emmené par les frangins Oliva, délivre un Heavy assez classique et il faut bien le dire, sanctionné d'un succès commercial relatif avant la sortie du fameux « Hall of the Mountain King » en 1987.

En 1988, le groupe fait la première partie de Dio dans sa tournée européenne faisant suite à son album Dream Evil avec également Megadeth. Jon et sa bande sont relativement frustrés de cette tournée et Jon tue le temps en abusant de drogues diverses et variées en compagnie de Dave Mustaine…

Suite à la pression de son entourage, Jon Oliva décide enfin de régler son problème d’addiction aux drogues et entame un séjour de huit semaines en cure de désintoxication dans le Minnesota où il rencontrera d’ailleurs un certain Eric Clapton ! Jon profitera de ce temps « d’enfermement » pour écrire plusieurs mélodies. Il est traité notamment avec un médicament anti-psychotique nommé Thorazine qui lui occasionne des effets secondaires inappropriés… et qui lui donnera quelques idées de chansons ! On en reparlera plus tard…

A sa sortie de cure, Jon rejoint son frère guitariste Criss et ils partent à Pinellas Park où un de leurs amis a un studio d’enregistrement. Ils y enregistrent quelques démos comme « Before I Hang », « Target », « Metalhead », « Stranger in the Dark ». Cependant les frères Oliva ne sont pas entièrement satisfaits de ces compositions et décident de repartir à zéro: Jon pense introduire des synthés pour apporter un vent de fraicheur à leur musique ainsi que des compos encore plus élaborées que leur précédent album. C’est assez osé pour l’époque!

En effet, même si l’on trouve des synthés dans leurs chansons « Sirens » ou « Dungeons Are Calling » ou même chez d’autres groupes comme Black Sabbath (chanson "Who Are You" en 1973 dans l'album Sabbath Bloody Sabbath), Judas Priest avec l’album « Turbo » (1986) ou Iron Maiden avec « Somewhere in Time » (1986) ou « Seventh Son of a Seventh Son » (1988), le monde du Heavy metal est encore assez hermétique aux instruments autres que guitares et batterie! Les synthés sont alors plus en vogue dans le Hard / Hard FM ou dans le Heavy Rock / Heavy Glam voire... chez Mylène Farmer (succès national 1989 avec « Sans Logique », quand on dit que les Français ont du goût, j’ai un doute…) ou chez Jean-Pierre François qui malheureusement pour nous a survécu à l’enregistrement de sa « chanson »…

Fin 1989, pendant que Bush père et Gorbatchev annoncent la fin de la Guerre Froide et que tombent une à une les pierres du Mur de Berlin, les frères Oliva & Co se rendent donc aux fameux studios Record Plant à New York où tant d’artistes ont écrit des chefs d’œuvre, dans ce lieu à la pointe de la technique de l’époque: Jimi Hendrix, Fleetwood Mac, The Eagles (Hotel California, mon Dieu quel morceau !), Franck Zappa, The Velvet Underground…

Dans ce fameux studio trône un piano Steinway qui a notamment servi à l’enregistrement de « Born to Run » de Bruce Springsteen en 1975 mais surtout à une certaine chanson enregistrée ici le 4 et 5 juin 1971: si je vous dis John Lennon qui chante « You May Say I’m a Dreamer… » ?

Bien sûr, vous avez trouvé, « Imagine »! Vous avez gagné une bise de Yoko…
Selon ses propres dires, l’aura dégagée par ce piano aidera Jon à se surpasser et à vouloir intégrer du piano traditionnel dans l’album en gestation alors qu'au départ seul du synthé était prévu. Jon y passera des heures à travailler avec son frère et le producteur Paul O’Neill alors que passe en boucle sur les ondes radio le nanard « Like A Prayer » de Madonna, hit de l’année au Hit Parade…

Paul O’Neill avait écrit à la fin des années 70 une chanson nommée… Gutter Ballet! Ce titre plaira tant aux frères Oliva qu’il est alors décidé d’appeler le futur album par ce nom et non « Streets » comme initialement prévu (là encore le nom ne partira pas aux oubliettes…). C’est aussi la raison pour laquelle O’Neill sera l’auteur des paroles de tout l’album et explique l’importance souvent méconnue de leur producteur dans la création de cet opus.

Après avoir vu la fameuse comédie musicale « Le Fantôme de l’Opéra » sur les conseils d’O’ Neill (musique d’Andrew Lloyd Weber, d’après le livre de 1910 écrit par Gaston Leroux, surtout connu pour son héros de roman Rouletabille), Jon compose l’introduction au piano de « Gutter Ballet » et décide d’inclure un orchestre dans la chanson afin de jouer sur un rendu sonore de « duel » entre la guitare solo de Criss et les musiciens qui lui répondent.

Sans être une révolution, l’apport d’un orchestre et/ou d’un piano non électrique (contrairement par exemple à un orgue Hammond) est relativement rare dans le Metal : à part quelques chansons (dont « Prelude to Madness » de Savatage) la réunion de ces deux mondes est anecdotique si l’on excepte quelques chansons de Hard Rock (« Stargazer » de Rainbow enregistrée avec le Munich Philarmonic Orchestra en 1976, « Concerto for Group & Orchestra » de Deep Purple fin 1969…). L’alliance Heavy + piano + orchestre est donc assez innovante en 1989 !

Cependant la complexité et la diversité accrues de l’album en gestation entraînent suivant les conseils d’O Neill l’arrivée d’un second guitariste pour compléter Criss : Chris Caffery (anciennement dans Big Mouth puis Dirty Looks). Il s’occupera aussi des synthés dans cet album (« The Unholy » par exemple). Son premier concert avec le groupe sera en Mai au Dynamo Open Air Festival aux Pays-Bas devant 30 à 50 000 fans. Il y restera jusqu’à la séparation du groupe en 2007. A noter pour l’anecdote qu’il commencera sa carrière solo en 2004 avec l’album de Power Progressif « Faces – God Dawn War ».

Ainsi à une époque (fin des 80’s) où la musique électronique prend une place prépondérante, où le Hard survit plus ou moins (avec de bonnes sorties comme « Pump » d’Aerosmith, « Dr Feelgood » de Mötley Crüe, « The Great Radio Controversy » de Tesla, « Trash » d’Alice Cooper, « Twice Shy » de Great White…) et où le Heavy Metal traditionnel est en perte de vitesse (apparition du Death, de la deuxième vague du Black, du Grunge…) oser sortir des sentiers battus était une certaine forme de courage pour le groupe et la maison de production…

Maintenant… le résultat !

L’album, sorti à l’époque où cohabitaient CD et disques vinyles, est pensé en deux parties: la première (de « Of Rage and War » à « Silk and Steel ») étant une nouvelle étape dans le style de Savatage, et la seconde plus proche de leurs anciens opus, à part sans doute la ballade « Summer’s Rain ».

Ainsi on trouve dans cette première partie un seul morceau typique du Heavy habituel de Savatage avec riffs percutants, voix haut perchée agressive presque à la façon d’un Rob Halford (Of Rage And War) mais aussi deux instrumentales fabuleuses où la technique se met au service de l’émotion et non l’inverse: le jeu chromatique saturé de la guitare de Criss associé à l’orchestre dans « Temptation Revelation » où la dextérité de son jeu à la guitare sèche dans « Silk and Steel » ne sont en aucun cas de la démonstration pure à la Michael Angelo Batio voire le TGV suédois Yngwie Malmsteen dans ses mauvais moments. Silk and Steel me rappelle d’ailleurs « Orchid » de Black Sabbath (sur l’album « Master of Reality » sorti en 1971): il y a pire comme référence !

Quant à Gutter Ballet… Que dire à part accumuler des superlatifs?! Une intro tout en douceur au piano, une envolée superbe, des cordes qui soutiennent admirablement le jeu de Criss, un jeu à quatre entre le piano, la guitare, l’orchestre et la basse/batterie, le tout accompagné d’une voix qui ferait fondre un glaçon en Alaska ! Des adjectifs que l’on pourrait attribuer à la superbe ballade « When the Crowds Are Gone » où les musiciens nous montrent encore une fois l’étendue de leurs talents en étant capables de nous tirer des larmes de bonheur musical sans faire dans le mièvre !

La deuxième partie (de « She’s In Love » à « Thorazine Shuffle ») est elle quelque peu plus classique: morceaux pêchus et parfois paroles salaces (« She’s In Love », « The Unholy », « Mentally Hours »), Heavy inquiétant à la Black Sabbath ou BÖC dans « Hounds » et « Thorazine Shuffle » (clin d’œil au médicament utilisé par Jon pendant sa cure de désintoxication), mais aussi une ballade comme dans la première partie de l’album: Summer’s Rain. Celle-ci est là encore poignante de par sa mélodie mais surtout de par la voix de Jon Oliva, d’une intensité incroyable.

Quand je dis « plus classique » je n’entends pas par là inférieure qualitativement: simplement on y retrouve des structures et des mélodies plus habituelles pour Savatage.

Les amateurs de technique pure seront comblés par cet album (riffs acérés comme un scalpel, sweeping, tapping, legato, structures de contrepoint rigoureux, fausses relations de triton avec deuxième de dominante…) mais aussi les amateurs de mélodies et de belles voix: en effet les rafales de riffs et les solos de Criss sont autant mélodieux que techniques, mais surtout Jon Oliva délivre ici une partition littéralement époustouflante. D’abord par ses caractéristiques vocales (quelle puissance, quelle maîtrise dans les aigus!) mais aussi et oserais-je dire surtout par ses modulations et le travail sur sa voix qu’il a effectué ici: voix caressante voire implorante (Gutter Ballet, When the Crowds Are Gone, intro de Mentaly Hours), agressive voire inquiétante (Hounds, The Unholy)… Un grand moment ! Et n’oublions pas la section rythmique avec la basse précise et bien audible de Johnny Dee Middleton et la frappe chirurgicale et les toms puissants de Steve « Doc » Wacholz. Le piano joué par Jon est ici un instrument à part entière et non juste là pour quelques touches de poésie musicale: il lance le thème et distille une émotion rare à chacune de ses interventions. Quant au synthé joué par Criss Caffery, il apporte ça et là une ligne mélodique fort appréciable sans pour autant occulter la puissance des compositions ni les autres instruments.

Le clip de « Gutter Ballet » aura un certain succès sur MTV, même s’il laissera de drôles de souvenirs au groupe ! Entre le froid glacial de -7°C lors du tournage à Manhattan et les nombreuses reprises nécessaires avec seulement des jeans et des vestes en cuir, on les comprend! Un clip pour « When the Crowds Are Gone » sera également tourné en 1990 (avec colombes à la John Woo!).

Cet album donnera une autre image à Savatage: celle d’un groupe de Heavy teinté de Prog et extrêmement talentueux, et leur permettra de faire leurs tournées avec King Diamond, Nuclear Assault, Testament (où officie un certain Alex Skolnick qui remplacera Criss Oliva après son décès) à armes égales et non plus seulement en tant qu’éternelle première partie (même s’ils feront la première partie de Motörhead au Fight for the Rock).
Ils fêteront d’ailleurs la fin de la tournée américaine en faisant un barbecue avec Metallica, Exodus et Testament!

Mais surtout, cet album sera la première pierre d’un style de Heavy Prog avec du piano et une orchestration classique, trame que reprendront de nombreux groupes par la suite (dont Metallica avec Michael Kamen en 1999 avec l’album « S&M ») et qui, pour Savatage, permettra de créer leur chef d’œuvre « Streets » peu de temps après…

Ainsi, cet album est pour moi indispensable à toute discothèque digne de ce nom, et attendez-vous à recevoir un magistral coup de pied au fondement administré par Criss Oliva depuis sa tombe si vous passez à côté de ce bijou !

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MarkoFromMars - 07 Janvier 2013: Un véritable joyau cet album, ce genre d'album maîtrisé sans être pompeux, transpirant d'émotions sur chaque piste et qui me prend aux tripes à chaque écoute. Je rejoins Didier sur le chant de Jon. Magnifique.
Merci Matt.
Albireo - 22 Mai 2013: Un album magnifique ! La chronique, fort intéressante, décrit bien les émotions qui se dégagent des chansons avec l'apport toujours à bon escient du piano, une des meilleure performance vocale de Jon et une inspiration à couper le souffle.

Deux "trous" : "Of rage and war" qui me gonfle - C'est dommage pour un premier titre, et "Mentally yours" qui pourtant démarre super bien, mais, le riff passé, tombe dans un métal informe et ennuyeux.

Mais pour rattraper, et de quelle manière, il y a "Gutter Ballet" exceptionnelle de richesse et d'inspiration, "Hounds" inquiétante et "Summer's rain" très bien décrite dans la chronique : poignante !



Le reste ? Un ton en dessous de ces 3 sommets, c'est à dire proche du génial !!!
Bolverkrheathenlord - 18 Mars 2014: Sacrée chronique... J'ai repéré le disque chez mon disquaire et j'hésitais... Plus maintenant, je vais m'y jeté dessus si il y est encore.
Merci pour ce texte que j'ai pris plaisir à lire, tout est dit sur le disque et bien plus encore sur une partie de l'histoire du groupe et des musiciens. Bravo.
Je ne passerais pas à côté de ce bijou comme ça, en plus ça tombe bien que je m’interroge maintenant sur cet album et lise cette superbe chronique puisque le mercredi c'est ma journée de repos donc chez le disquaire, du coup j'ai moins de 24h à patienter avant de pouvoir écouter un chef d’œuvre que j'ignorais.
Bolverkrheathenlord - 07 Avril 2014: Et bien... Quel album! De toute beauté, un disque tétanisant... L'infernal "Of Rage and War", Heavy qui fracasse tout magistral, ouvre le bal tout en furie dévastatrice, la voix de Jon Oliva toujours au sommet...

Et je suis sans mot tant l'émotion est profonde et le choc pour mes oreilles se veut puissant à l'écoute frénétique et répétée des monumentaux chef d’œuvre "When the Crowds Are Gone" et "Thorazine Shuffle"...
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Chronique @ Darklau

04 Octobre 2008
Allons, allons, pas de chronique pour cet album "Gutter Ballet" qui est l'un des plus beaux chef-d'oeuvres du heavy progressif ! Il fallait absolument combler ce vide.
Voici donc :

D'abord un peu d'histoire.
Formé en Floride en 1979 par les frères Jon et Criss Oliva sous le premier nom de Avatar, le groupe a délivré au début des années 80 des compositions orientées plutôt heavy metal pur dans le style du Priest.
Ce n'est qu'avec les albums "Gutter Ballet" et "Streets" que Savatage prit une tournure nettement plus progressive.
Mais entendons-nous bien, les compos de ces albums restent quand même largement imprégnées de heavy metal. La différence avec les premiers efforts du groupe réside surtout dans la place plus importante données aux mélodies et aux effets techniques.
A propos de technique justement, les musiciens de Savatage ne sont certainement pas les derniers de la classe, loin de là, et si vous êtes vraiment amateur du genre envolées guitaristiques aux notes superposées et exécutées avec rapidité et précision, ce " Gutter Ballet" est fait pour vous.

Les mélodies qui agrémentent cet album sont tout simplement géniales et vous donneront certainement le frisson. A commencer par le titre éponyme phare "Gutter Ballet" avec ses notes de piano au début et sa trame ultra dramatique qui évoquera surement de nombreuses images magiques dans votre esprit. Le piano est d'ailleurs un instrument important ici et se retrouve sur plusieurs morceaux comme sur le très beau "When the Crowds Are Gone". Il donne une dimension lyrique et une profondeur mélancolique à la musique, appuyé par la magnifique voix de Jon Oliva qui sait se faire féroce comme sur "Hounds" mais aussi légère quand il le faut et qui utilise un registre propre à l'opéra rock.

Quant aux parties de guitares de ce virtuose qu'est Criss Oliva, elles relèvent d'une technique époustouflante et je ne peux que les recommander aux amoureux de solos incendiaires et de rythmiques entrainantes jouées avec feeling. Les deux morceaux instrumentaux de l'album ne me contrediront pas sur ce point, la prouesse technique y est de taille, vraiment à tomber par terre.
Malheureusement, la vie n'a pas fait de cadeau à Criss. Renversé par un chauffard ivre, il est décédé en 1993. C'est alors le guitariste de Testament Alex Skolnick qui s'est vu confier la lourde tâche de le remplacer au sein du groupe à cette époque.

"Gutter Ballet" est sans doute avec "Streets" le plus bel exemple classique de heavy progressif bien écrit, bien produit, bien exécuté et ô combien jouissif.
N'attendez pas de vous procurer cet album complètement indispensable, véritable pièce maîtresse de l'"art" rock.

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cahan - 02 Janvier 2009: C'est clair Gutter Ballet est un chef d'oeuvre, merci pour la chronique, Savatage reste un groupe à part dans le paysage heavy métal. cool
ZazPanzer - 09 Mai 2010: 2 frères. 2 génies. Criss, guitariste charismatique, au jeu unique que ce soit en rythmique ou en solo, et Jon, distilleur d'émotions, maître d'œuvre de cette musique divine qui a chamboulé ma façon de voir et de faire de la musique. Et dire qu'ils sont allés encore plus loin avec Streets...
boule - 27 Fevrier 2011: un chef d'oeuvre .
MikeSlave - 17 Novembre 2011: Un de mes albums de chevet.Et mention spéciale au titre éponyme!
Indéniablement une oeuvre majeure.
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