Grin

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Nom du groupe Coroner
Nom de l'album Grin
Type Album
Date de parution Septembre 1993
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album277

Tracklist

1.
 Dream Path
 01:12
2.
 The Lethargic Age
 04:18
3.
 Internal Conflicts
 06:19
4.
 Caveat (to the Coming)
 06:39
5.
 Serpent Moves
 07:39
6.
 Status: Still Thinking
 06:14
7.
 Theme for Silence
 01:32
8.
 Paralized, Mesmerized
 08:08
9.
 Grin (Nails Hurt)
 07:22
10.
 Host
 08:24

Durée totale : 57:47


Chronique @ eulmatt

04 Septembre 2007
Julien a déjà tout dit dans sa chronique, pourtant je ne peux m’empêcher d’exprimer tout ce que me procure ce disque, celui qui est peut-être le plus précieux et le plus choyé de ma discographie personnelle. Dire que je l’ai acheté sur un coup de tête quelques semaines après sa sortie, en 1993, sans vraiment mesurer la valeur de ce disque...Dire qu’aujourd’hui il est introuvable, quelle hérésie...

Comment définir Grin simplement ? Je le vois personnellement comme l’aboutissement final en forme d’apothéose de l’évolution artistique d’un groupe de génie. Et il n’est pas paradoxal de constater que c’est dans son oeuvre la plus lente, la plus dépouillée et la plus pure que se matérialise l’art absolu de Coroner. Pourtant, à ses origines, le trio Helvète semblait avoir tant de choses à exprimer musicalement qu’il jouait un thrash technique ultra sophistiqué, complexe, baroque. A des années lumières de Grin. Mais son talent et son potentiel intacts, le groupe a cheminé en mûrissant d’albums en albums, parvenant à gagner en maîtrise pour, touche par touche, épurer ses structures, affiner sa musique, éliminer les figures de style inutiles tout en concentrant avec toujours plus de force et de puissance son art créateur. Abandonnant définitivement toute référence à un modèle stylistique, toute construction superflue, gommant la moindre note qui pourrait nuire à la signification musicale profonde, Grin est né, touchant à la perfection, dépouillé et pur.

Pour apprécier l’oeuvre, il convient néanmoins de prendre quelques précautions. Pour ma part, j’estime que la meilleure situation pour appréhender Grin est de l’écouter entièrement, d’un trait, dans des conditions telles que l’on peut se laisser plonger sans dérangement dans la musique. Il convient également d’avoir le relâchement et la patience nécessaire pour se laisser hypnotiser.

La musique proposée est en effet hypnotique. C’est notamment le cas des deux premiers titres, aux structures redondantes, aux riffs épurés et à la batterie maîtrisant l’art du contre-temps, ce qui au fil des minutes vous rend prisonnier des compos, et ce qui prépare le terrain pour mieux apprécier les soli libérateurs et quasi mystiques. Mid-tempo sur The Lethargic Age, plus rapide sur Internal Conflicts, cette entrée en matière constitue une passerelle musicale avec le thrash de l’album précédent, Mental Vortex, tout en augurant l’atmosphère incroyable qui va se révéler par la suite.

Le coeur de l’album, passé ces premières dix minutes, bat à un tempo plus lent; l’incroyable maîtrise des mélodies et des constructions, tout en subtilité et en précision, emmène l’auditeur dans un voyage profond vers des sentiments exacerbés, de la douce mélancolie, à la colère, à une morbidité glaciale ou un désespoir d’une obscurité incroyable. Cette débauche d’émotions, cette intensité évocatrice des atmosphères visitées, constituent tout bonnement un tour de force. En effet, pris avec un peu de recul, ces morceaux sont fortement teintés d’une froideur presque industrielle par moments, et leur dépouillement confine avec l’austérité. C’est là justement que j’y trouve une forme d’apothéose: l’incroyable union de la forme fondamentalement redondante et épurée, et la richesse et la profusion du fond musical. Je ne trouve aucun autre artiste ayant réussi ce tour de force. Quand bien même Celtic Frost s’en est approché avec Monotheist, les sentiments et les émotions transmises, bien que très intenses, n’ont pas la richesse et la diversité de celles que l’on éprouve à l’écoute de Grin.

Cette lente évasion musicale atteint des sommets de bonheur avec le titre Paralized, Mesmerized, dont on souhaiterait qu’il dure de longues, longues minutes encore...l’hypnose étant désormais totale, Coroner parachève son oeuvre par un prodigieux Grin, agressif à souhait. La lente montée en régime explose dans un blast libérateur qui nous achève longuement, la batterie faisant son oeuvre quasiment seule, livrée à elle-même, sans figure de style aucune; c’est simple, mais tellement pertinent à cet instant. Enfin, comme pour aller au bout de son exploration musicale qui devient abyssale, il y a Host, ce long monologue destructuré, amené par un riff de basse désabusé d’une noirceur sans égale.
Entre folie et colère, monumental et violent comme une agonie...puis le silence, sur un fond de bruit de mouches. Un silence de mort.

Je ne vais pas en rajouter. Vous aurez compris que me concernant, Grin va bien au delà d’un simple disque de metal. Je ne peux que vous souhaitez de connaître les mêmes sentiments à son écoute.

20 Commentaires

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ZazPanzer - 29 Septembre 2012: Ahaha, excellent, eh ben vu le prix qu'ils valent aujourd'hui tu peux dire à ta maman que c'était un investissement finalement ! J'en profite pour remercier Eulmatt de sa chronique, j'ai d'ailleurs lu dans un com d'un autre texte que tu avais acheté le cd à Cora Cormontreuil à côté de chez moi et ça m'a bien fait rire aussi. Décidément tout le monde a une anecdote sur ce skeud, que j'ai découvert récemment et qui me file de beaux frissons, particulièrement le passage instrumental concluant Host à la basse, juste magnifique...
MCGRE - 29 Septembre 2012: Ah ça oui le passage final de Host bouhouh que des frissons .
 
sendo - 12 Novembre 2012: Très chouette chronique. Je suis totalement en phase avec les sentiments exprimés. Un album à écouter absolument en suivant les conseils du chroniqueur !
lochness - 31 Décembre 2012: "Grin" UN CHEF-D'OEUVRE !! qu'est devenu les membres du groupe et pourquoi une séparation après tant d'albums excellents ??? un beau gachis!!
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Commentaire @ Julien

19 Décembre 2005
J’ai cherché ce disque presque toute ma vie, mais l’attente valait vraiment le coup. Car ce CD est le plus beau des testaments. Le groupe a fini ce carrière avec ce qui restera comme l’un des disques de thrash les plus complexes qui soient. Apogée d’un groupe mythique!!!!!

Quand je dis apogée c’est encore un euphémisme tant ce CD est probablement le chef d’œuvre parfait que rêverait de faire n’importe quel groupe. Alors pourquoi tant d’engouement pour le disque le moins rapide du groupe. Eh bien c’est simple, jamais un groupe n’aura joué autant sur les contre temps. J’ai essaye de battre la mesure au pieds, impossible, la mesure ne colle avec rien de connu et pourtant cette structure ne donne jamais l’impression d’être perdue. L’auditeur musicien l’est mais, eux jamais.
Alors oui le disque va moins vite mais le coté expérimental est poussé à son paroxysme. Les structures alambiquées confèrent au disque une atmosphère toute particulière. Comme quoi il n’est pas nécessaire de faire de l’ambiant pour faire du malsain, le thrash peut l’être tout autant. Car ce rythme bizarre, ne génère pas instamment un mal-être, mais c’est seulement au bout de quelques titres que ce sentiments s’installe. Comme elle n’est pas naturelle, elle perd son auditeur qui peut devenir fou (je vais un peu loin mais de nombreuses touffes de cheveux ont été arraché pendant son écoute).
Pour le reste le son est le plus qu’il n’est jamais eu (mais tout est relatif ce n'est pas le son du black album) mais reste très caractéristique du groupe. Le chant est toujours impeccable et les solos de guitares moins rapides, sont en revanche les plus techniques jamais vu chez Coroner.

C’est le chef d’œuvre d’une vie, ne passez surtout pas à côté de cette merveille si tant est que vous puissiez vous le procurer. Pour une raison encore inconnue il n’a jamais été réédité donc bon courage pour votre recherche. Ma quête a duré longtemps, trop longtemps...

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Metalder - 14 Juin 2010: skotchant! avant-gardiste! puissant! une turie pour tout les métalleux!
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