Coroner

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Nom du groupe Coroner
Nom de l'album Coroner
Type Compilation
Date de parution 1995
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album118

Tracklist

1. Benways World
2. The Favorite Game
3. Shifter
4. Serpent Moves
5. Snow Crystal
6. Divine Step (Conspectu Mortiis)
7. Gliding Above While Being Below
8. Der Mussolini
9. Last Entertainment (TV Bizarre)
10. Reborn Throught Hate
11. Golden Cashmere Sleeper, part 1
12. Golden Cashmere Sleeper, part 2
13. Masked Jackal
14. I Want You (She's So Heavy)
15. Grin (No Religion Remix)
16. Purple Haze (Radio Live Cut)

Chronique @ eulmatt

23 Novembre 2007
Est-il pertinent de chroniquer un best-of, une simple compilation dont la raison d’être n’est qu’une exigence contractuelle d’une maison de disque peu scrupuleuse à l’heure de la belle mort du légendaire Coroner ? Sans doute, pour au moins deux raisons. La première est la présence de pas moins de 5 véritables morceaux inédits (je passe sous silence les intermèdes instrumentaux), ce qui à la vue de la courte et élouissante carrière des thrashers suisses justifie déjà l’achat du disque, pour tout fan du groupe qui se respecte. La seconde raison de cette chronique est justement la nécessité de rendre un hommage à la hauteur de cette légende, et d’inviter ceux qui ne connaissent pas Coroner à tendre une oreille attentive à cette compile, qui offre une bonne vision de sa discographie.

Les choses étant dites, passons au contenu de cet album éponyme, qui fait figure de testament artistique.
Les deux premiers titres, des inédits, permettent de retrouver une dernière fois la joie fugace d’une première écoute d’un disque de Coroner. The Favorite Game n’est pas forcément décontenançant, puisqu’il se situe dans la droite lignée du metal technique et dépouillé de Grin, le dernier album de Coroner. Riff épuré et élégant, art du contre-temps, rythmique redondante qui procure son effet au bout de quelques minutes, pour amener un solo dont seul Tommy Vetterli a le secret, avec cette fluidité et cette facilité déconcertantes. Shifter a un peu plus de personnalité, plus pointu et plus acéré, marqué du sceau de Coroner au travers de son atmosphère froide et un peu malsaine. Ces deux morceaux inédits, sans être transcendants, sont assez caractéristiques des qualités du trio Suisse. On quitte pour un temps les inédits avec ce joyau qu’est Serpent Moves, pièce majeure de l’album Grin. Lent, ensorcellant, c’est une véritable jubilation que de se laisser envoûter tout au long de ces presque huit minutes légendaires. Après une courte transition instrumentale, on attaque un autre titre d’anthologie – sans hélas son intro géniale – à savoir Divine Step, tempête de thrash technique version Coroner, à son apogée sur l’album Mental Vortex. Après être monté très très haut avec ces deux titres, le tout couronné par un titre instrumental aérien (Gliding Above While Being Below), le retour sur terre s’effectue sur fond de Der Mussolini, reprise de DAF, carrée et sans fioriture. La remontée dans le temps reprend avec Last Entertainement, titre instrumental final de No More Color, particulièrement angoissante et sombre, avec un enième solo d’anthologie au passage. S’en suit un morceau encore plus ancien, le fameux Reborn Through Hate, icône du thrash technique et sophistiqué des débuts de Coroner. Complexe, fouillé voire alambiqué, il est symptomatique de l’étalage déployé par les Helvètes à cette époque, qui fait (presque) oublier la production très faiblarde qui était alors à leur disposition (un handicap qui persiste sur les trois premiers albums).

On retombe huit ans plus tard sur un inédit scindés en deux parties, Golden Cashmere Sleeper, qui réussit avec brio à atteindre son but avoué, à savoir fournir une véritable évasion onirique. Le talent de composition et d’exécution de son brillant guitariste fait là toute son oeuvre, empreinte de finesse et de précision. Dans ces moments là, la musique de Coroner franchit allègrement les frontières du metal.

Retour un peu violent à l’année 88, avec un Masked Jackal issu du second album de Coroner, Punishment for Decadence, frère jumeau de R.I.P dans le style proposé. L’occasion de retrouver quelques riffs légendaires qui n’ont pas franchement vieilli.

La fin de l’album s’autorise quelques fantaisies. Si la reprise des Beatles, I Want You, est un classique de la discographie de Coroner (morceau final d’anthologie de Mental Vortex), la reprise techno de Grin qui suit est plus surprenante, et n’apporte pas grand chose, en tout cas bien loin de l’impact de ce morceau tel que présent sur l’album éponyme. Le dernier morceau est un remix de la reprise d’Hendrix Purple Haze, qui figure sur Punishment for Decadence. Là encore, la reprise originale avait un relief tout autre.

Personnellement, j’aurais souhaité voir intégrer des morceaux comme No Need To Be Human, titre phare et très caractéristique de l’évolution enregistrée sur No More Color, sous-représenté dans la compilation. Mais globalement, les grands classiques sont bien là.

Quoi qu’il en soit, cette conclusion sur un morceau anodin est finalement significative de la conclusion de la carrière de Coroner, qui n’aura jamais eu le succès qu’aurait mérité sa magistrale discographie, et dont cet album offre une vue succinte mais suffisamment riche pour que le néophyte s’empresse de l’explorer.

2 Commentaires

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coroner - 05 Août 2008: Tous les inédits de ce testament musical sont des monuments qui me font encore plus regretter le split du groupe (ils en avaient marre de marre d'être traités comme de la merde par leur label). Coroner avait dix ans d'avance sur son temps, mais finalement aucun groupe n'a su atteindre les sommets que le trio Helvète a atteints. C'est d'une tristesse infinie...
 
Draakh - 08 Fevrier 2011: Je trouve cette compil plus que décevante et contrairement à toi Eulmatt, je trouve qu'elle représente mal leur courte mais très bonne discographie.

Déjà 2 interludes musicaux (dispensables) qu'on pourrait trouver sur un album mais sur une compil' je ne vois pas l'intérêt.
3 reprises qui pouvaient être largement remplacé par leurs compos même si I Want You s'en sort mieux que Der Mussolini et Purple Haze.
Une reprise techno de Grin qui ne sert qu'à massacrer le morceau d'origine qui est très bon comme tu le dis.
Ne reste plus que 5 morceaux best of qui eux sont bons mais sur 5 albums ça fait pas lourd pour se rendre compte de leur talent.
Et donc 5 inédits qui, à part Golden Cashmere Sleeper pt1 & 2 (D'ailleurs la partie 2 pourrait sortir tout droit de l'album 34,788 . Complete de MDB) et l'instrumentale aérienne Gliding Above While Being Below (qui elle ferait plus figure d'un long intermède) ne sont pas transcendants.

Comme dit Coroner, leur label les prenaient pour de la merde et nous ont sortis une compil' foutage de gueule.
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