Generation Doom

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Otep
Nom de l'album Generation Doom
Type Album
Date de parution 15 Avril 2016
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album36

Tracklist

1. Zero
2. Feeding Frenzy
3. Lords of War
4. Royals
5. In Cold Blood
6. Down
7. God is a Gun
8. Equal Rights, Equal Lefts
9. No Color
10. Lie
11. Generation Doom
12. On the Shore
Bonustracks
13. Lie (Acoustic Version)
14. Breathing in the Fire (Spoken Word Poem)
15. On the Shore (Jonny Dope Remix)

Chronique @ Icare

25 Mai 2016

Un neo metal balisé et convenu parfaitement exécuté mais manquant singulièrement de la folie si particulière du groupe

Rappelez-vous en 2002. Un groupe totalement inconnu faisait une entrée fracassante sur la scène neo metal alors en plein essor en balançant une bombe incandescente flirtant dangereusement avec le metal extrême. Emmené par miss Shamaya, Otep (anagramme de Poet) imposait un Sevas Tra rageur, furieux, violent et torturé qui, à l’instar des premiers Kittie, résonne encore aujourd’hui aux oreilles de nombre d’ados boutonneux d’alors en quête de sensations fortes.

Fort de son succès, le combo californien sort rapidement un bon House of Secrets et enchaîne régulièrement les albums dans les années 2000, mais il ne parviendra jamais à faire mieux que son premier album et à s’imposer définitivement, la faute à une musique moins violente, moins noire, moins explosive, en un mot moins inspirée et singulière. Sans pour autant démériter, Otep finit par se noyer dans la masse des groupes neo qui pullulent sur les ondes à cette époque et sombre dans un relatif anonymat au moment où cette nouvelle scène souffre des premiers signes d’un essoufflement prématuré trahissant le manque flagrant d’inspiration et de renouveau d’un mouvement metal qui n’aura finalement été qu’un feu de paille.

La musique étant pour elle une véritable thérapie, la belle blonde s’accroche et traverse bon han mal han la décennie, 2013 voyant la sortie d’un Hydra boudé par les fans de la première heure car trop mou, fade et consensuel...


C’est fort d’un deal avec Napalm que le quatuor nous revient en cette année 2016 avec son nouveau bébé, Doom Génération, dont la jaquette et les photos promo à la Mad Max semblent bien afficher les dernières ambitions : moderne, rageur, violent et sophistiqué, voilà les adjectifs qui viennent en tête si l’on s’arrête à l’artwork.

Zero est une entrée en matière décapante nous ravageant le bulbe à grand coups de riffs schizophrènes sur lesquels la belle s’époumone, alternant hurlements à s’arracher les cordes vocales, gémissements d’animal traqué et parties rappées. Le rythme, particulièrement saccadé, appuyé par une double au millimètre rappelant Slipknot, montre si besoin était que les zicos savent jouer et que le neo ne se limite pas forcément à trois accords et à un poum tchak binaire de batterie. La fin du titre, avec ses stridences électriques, cette violence rythmique débridée, ces gros riffs gras qui tabassent et ces hurlements déments font immanquablement penser à Heretic Anthem des affreux de l’Iowa. Une mise en bouche plus qu’efficace qui nous met une bonne calotte derrière la tête.
S’ensuit Feeding Frenzy, avec ces guitares accordées très graves typiques du style et ce riffing très propre et syncopé rappelant Machine Head sur le pré refrain. Le refrain est assez bien foutu et entraînant, porté par des gros riffs simples et efficaces, et sur le break de milieu de titre, Otep pousse quelques beuglements bien graves à la limite du death, ce qui fait toujours plaisir aux brutasses épaisses que nous sommes. Du bon neo en somme, qui reste bien au-dessus de la moyenne, même si le titre est moins représentatif de la noirceur et de la personnalité unique du combo californien.

Mais la suite n’est malheureusement pas à la hauteur de ce début prometteur. Car si pour beaucoup, Otep s’illustre avant tout par sa violence et son côté malsain et torturé, Generation Doom nous servira finalement 55 minutes d’un neo metal très balisé et convenu certes parfaitement exécuté mais manquant singulièrement de la folie si particulière qui habite le groupe sur certains trop rares titres : A part le tonitruant Zero, il y a bien le morceau éponyme, hystérique et furieux, qui nous déchausse les gencives en fin d'album (la performance vocale de la chanteuse est tout simplement incroyable, quel dommage que tout l’album ne soit pas du même acabit !) mais à part ça, oubliez l’ultra violence schizophrène si délicieusement jouissive qui fait en grande partie la personnalité d’Otep.

Lords of War est un titre intéressant, avec ces couplets glauques introduits par des arpèges de basse torturés et une instru sombre qui monte lentement en puissance et sur laquelle la frontwoman impose un rap traînant et poisseux suintant le malaise. Le problème, c’est que cela est déjà entendu, et celui qui ne reconnaît pas l’influence de Manson là-dessous a déjà les oreilles bien entamées par notre musique préférée (c’est d’autant plus flagrant sur l’excellent refrain avec cette batterie électronique et ces guitares qui explosent en des riffs simples et énormes à l’efficacité imparable).

Sur In Cold Blood, très belle balade par ailleurs, c’est Linkin Park que le groupe semble plagier de manière trop évidente (petite mélodie de clavier, refrain mélodique, pont hurlé, tout y est !), sorte de mix entre Crawling et Numb en moins âpre et avec le chant de Chester remplacé par celui de Shamaya.

Equal Rights Equal Lefts est quant à lui presque purement rap, avec cette petite instru glauque et inquiétante (la chanteuse se démerde d’ailleurs plutôt pas mal dans le style, avec son chant susurré et suggestif rappelant Lil Kim qui monte lentement en puissance au fur et à mesure que le couplet avance) et un refrain simplissime electro metal qui semble avoir pour unique vocation de faire jumper les kids dans la fosse.

Enfin, que dire de Lie, titre encore une fois très catchy et parfaitement foutu, visiblement calibré pour carburer auprès d’un jeune public en quête de sensations (pas trop) fortes, mais simple resucée de l’excellent Open Your Eyes de Guano Apes avec vingt ans de retard ?



Vous l’aurez compris, cette galette s’adresse avant tout aux nostalgiques du neo metal de la fin des années 90/début des années 2000 et, s‘il est parfaitement exécuté, il manque singulièrement d’originalité et souffre du syndrome du copier/coller de bon nombre de combos majeurs du style.

La personnalité noire et maladive qui caractérisait Otep sur son premier album semble toujours plus loin, ne resurgissant qu’à de rares moments qui sonnent presque artificiels dans cet océan de mélodies metalliques parfaitement calibrées.
Generation Doom reste un album plus que correct, très catchy et efficace, et qui remonte un peu la barre d’un Hydra vraiment peu inspiré, mais qui n’apportera pas grand-chose ni à la carrière du groupe ni au style pratiqué. A vous de voir, en ce qui me concerne, je retourne m’écouter le premier Korn...

4 Commentaires

7 J'aime

Partager
peto - 26 Mai 2016: Merci pour la chronique!
Pour ma part, j'apprécie assez cet album. Est-ce parce que les 2 précédents ne m'avaient pas branché???
Je suis du même avis que toi Icare: si il y avait plus de morceaux violents comme le monstrueux Zero, ou même Feeding Frenzy, cet opus aurait eu du mal à quitter ma voiture au cours des prochains mois!!!
Silent_Flight - 28 Mai 2016: Belle chronique, par contre malgré le fait qu'Otep ait laissé de côté la folie au profit d'un son plus accessible ne me dérange pas bizarrement, parce que les morceaux sont quand même bien efficaces. Ça sonne propre, et il y a moins d'ambiances sombres, mais ça reste néanmoins sincère.
Icare - 28 Mai 2016: D'accord avec vous. Generation Doom reste un bon album de neo parfaitement torché et efficace, même les ballades sont bien troussées je trouve.

Je reproche juste un manque de prise de risques et d'originalité flagrants, ainsi finalement qu'une trop grande hétérogénéité dans l'ensemble, Zero et le titre éponyme dépareillant trop avec le reste et donnant l'impression d'un groupe qui se cherche encore entre néo puissant et mélodique extrêmement calibré et sursauts rageurs et schizophrènes. Ma note est sans doute un peu dure, car, à l'écoute du premier titre, très trompeur, j'avoue que j'attendais autre chose de cet album, un sursaut de violence et de folie...
supertiptip - 03 Juin 2016: Je suis pas d'accord avec la chronique. Album Varié, rempli de très bon lyrics, morceaux puissant même pour le neo en général.
Je sais pas ce que tu recherche dans un groupe de neo sachant qu'il est radicalement différents des autres et il possède bien plus de qualités que hydra et ça reste bien meilleur que la plus-part des autres groupes neo.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire