Atavisme : terme en biologie signifiant la réapparition chez un descendant d'un caractère ancestral demeuré latent chez les parents. Bizarre introduction me direz-vous, mais je me devais de mettre cette définition, titre du nouvel album des pionniers du Neo américain, j'ai nommé
Otep. Les Etats-Unis, terre qui a vu éclore, grandir, puis suivre la déchéance de bon nombre de mouvements du
Metal, tel le Thrash (Bay
Area, avec entre autres
Metallica en tête) ou encore le Death (avec
Possessed, Death, et
Cannibal Corpse pour les plus connus). Terre qui a également vu naître un nouveau genre de
Metal, alors en plein déclin durant les 90's, j'ai nommé le Neo, avec
Korn et Slipknot, pour ne citer qu'eux...
Fondé en 2000, à l'initiative de la charismatique et torturée
Otep Shamaya,
Otep se démarque alors de tous les dérivés de l'époque qui sortent pèle-mêle, c'est-à-dire un mélange de gros riffs bien lourds et de Rap, souvent chanté et incorporé via des scratching du plus mauvais effet et indigestes. Oui,
Otep se démarque de cette masse grouillante et infâme via sa frontwoman. Il doit vous sembler étonnant que je chronique un album de Neo. Je ne suis pas friand du genre, je l'avoue, mais
Otep a eu le mérite de prendre le côté le plus sombre et le plus brutal du Neo, pour en faire un mélange malsain et violent, un concentré de pure haine, qui vous retombe en plein dans la tête, et dont il vous est difficile de vous relever. Après quatre albums ; un
Sevas Tra (2002) et un
House of Secrets (2004) grandiloquents, un
The Ascension (2007) en demi-teinte, et un
Smash the Control Machine (2009) totalement raté (pour ma part), comment
Otep allait-il remonter la pente, et regagner le cœur des fans déçus ? Réponse dans les lignes qui vont suivre ! Un p'tit arrêt sur la pochette s'impose :
Otep nous livre à ce jour sa pochette la plus violente qui soit, avec sa Gorgone qui fourmille de symboles en tous genres, et qui procure déjà une sensation de gêne, un petit côté malsain où la curiosité nous pousse encore et toujours à regarder, pour nous sentir totalement happé dans un tourbillon d'horreur. Mais le contenu de l'album est il en concordance avec sa pochette et son titre ? Comme à leur habitude, le groupe nous livre une intro malsaine, où se livre différents sons, cris, et rugissements en tout genre, qui enchaine directement sur... Damned, mais
Otep a mangé du lion ou quoi ? L'heure de la renaissance est-elle arrivée ? Quelle brutalité dès le début, c'est bien le
Otep que j'ai connu avec
Sevas Tra et
House of Secrets ! Ça fait franchement plaisir à entendre !
J'ai même l'impression que le groupe n'a plus tellement cette étiquette Neo qui lui collait à la peau, seul Drunk on the
Blood of Saints peut prétendre à être encore un peu Neo avec ses parties de chants rappées. Mais pour le reste, ma parole, y'a de la double en veux-tu en voilà, des riffs qui arrivent franchement à sortir leur épingle du jeu, et une basse carrément audible et qui est bluffante ! Plusieurs titres sentent le hit en puissance (tel Remember to Forget, avec son refrain hyper accrocheur), ou sont juste faits pour vous casser la tronche, vous briser les genoux, vous exploser les dents, bref vous m'aurez compris! La voix, qu'elle soit claire ou braillée, d'
Otep Shamaya n'a jamais aussi bien collé à sa musique! On la sent possédée, habitée, elle nous vomit sa haine, et on adore ça! On peut aussi aisément s'amuser à chercher les influences : des impressions Metalcore sur Atom to Adam, forcément Neo sur Drunk on the
Blood of Saints, on repère facilement les riffs thrashy, accrocheurs qui parsèment l'album, et qui apporte un certain vent de fraîcheur sur le groupe. Ça va en décrocher la tête de certains ! Il est à noter également que le groupe n'a pas oublié ses petites chansons malsaines (Baby's Breath, Bible Belt) et nous gratifie même d'une ballade (We
Dream Like
Lions), étonnante, sans vraiment casser le rythme de l'album, et d'une reprise des Doors (Not to Touch the
Earth), qui colle parfaitement à l'esprit du groupe, oppressante et malsaine. Je peux l'affirmer, sans aucun doute,
Otep, a tenu ses promesses : à l'image de son titre, la brutalité que l'on ne trouvait plus dans
Smash the Control Machine s'est exprimée à travers cet
Atavist, qui affiche une violence déconcertante. Sans vraiment se renouveler,
Otep a réussi à se relever, ce qui n'est quand même pas rien, et qui laisse présager un meilleur avenir! Là où
Korn se casse la gueule et agonise,
Otep s'en tire haut la main et s'envole un peu plus haut... The Art Saves...
En tout cas, merci a tous pour vos commentaires !
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